Récit de la course : Le Grand Raid de la Réunion : La Diagonale des Fous 2017, par Génépi

L'auteur : Génépi

La course : Le Grand Raid de la Réunion : La Diagonale des Fous

Date : 19/10/2017

Lieu : Saint-Pierre (Réunion)

Affichage : 1364 vues

Distance : 164km

Objectif : Pas d'objectif

6 commentaires

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Comprenne qui pourra !

Plusieurs courses pour un seul but.


-Voici enfin la date du départ de la course le 19/10/2017, nous n’avions pas le choix dans la date. Peu après notre arrivée sur l’île, mon épouse et moi habitions des gîtes, elle ouvre une bouteille de vin blanc bien frais pour boire à ma santé, c’est une fine appellation, elle débouche en riant, elle a toujours aimé avoir le goût du blanc dans la bouche avant le départ d’une épreuve sportive. Le jour du départ nous voici dans le bus qui nous emmène à Saint-Pierre, ça pue dans le car, deux femmes âgées fument à coté de nous, ces dames nous dérangent, le reste du voyage se passe sans encombres. 
-Arrivés sur le lieu du départ nous apercevons des tentes à foison, nous faisons la queue pour les contrôles, on s’ennuie dans la file, ç’est le comptoir des fous à la Réunion.

 
-22 heures direction la ligne de départ, il nous faut avoir le courage du but, les coureurs en piste parlent à peine, le speaker égrène les secondes puis c’est le départ tant attendu, 22 heures  le cri d’une population, mon copain le gros Bob sort de la zone, lui qui vient de sa campagne, il aime le sport en ferme, il a le sang qui bout il regrette l’absence de biche dans la Crète, Antoine il se mouche. 
-Les kilomètres s’égrènent, le vent est trépidant et les bancs sont vidés, les joues semblent cuire, la pénombre tombe vite et les frontales s’allument, nous montons à Textor, arrivés en haut nous passons de la crête à l’abîme, nous arrivons à un ravito, deux carrioles sans mulets, s’offrant à nos yeux ébahis, dans lesquelles s'étaient entassés des crampons et des piles de boites. Ensuite direction la Pasta partie et je vois la cuisinière couper les nouilles au sécateur dans une cuvette pleine de bouillon, chouette, je vais me faire des nouilles encore, elle me dit "goûtez les flancs, goûtez nos farces nous avons aussi des petits pois pour dîner", les parts sont copieuses et la serveuse n'est pas femme à découper la biche en trente, nous décidons mon épouse et moi de manger ensemble car il faut être peu pour bien dîner, ce petit camp n’est pas si désagréable à la longue,  une bénévole me tend un bol de soupe et me dit « veux-tu boire ça vite » et rajoute « cours mon bon », je m’exécute et repart aussitôt. 

10 heures, nous arrivons à Cilaos, je vais voir les soigneurs car j’ai mal aux pieds, la podologue me mouille les cors et s’est souillée les mains, me met de la pommade et me dit « essuie ça vite et bien», je compte les fils et les ampoules et je gémis sans pouvoir lutter, un peu plus loin j’aperçois mon copain Bob, il en perdait sa belle mine je vais le voir et lui dit qu’il est bon de ne pas se quitter car il y a si peu de mecs pour faire l’équipe. Nous repartons donc ensemble, la mine piteuse, la lutte me dépasse, pour moi il n’y a plus qu’une course, qu’un but, finir. De plus mon Kamelback me joue des tours, des bulles sortent de sa valve, trop tard, la valve a fumée. 
-Bien plus tard, nous arrivons à Marla, nous avons du tracas jusqu’au cou, la transpiration est là, elle me mouille les corps, je gémis de froid, les côtes me font mal aux cuisses, les crampes me font bouder, moi qui ai l’habitude de voir des sites sans bosses, c’est l’assaut maudit avec le goût de Mont-Blanc. Il nous faut maintenant courir sur le mont, j’entends une voix qui me semble familière, je regarde derrière, et, avec la frontale de Bob je ne vois rien, « ôte ta lampe que je guette » lui dis-je, ô surprise, c’est notre ami Lafond qui habite Laval avec ma femme et qui ont fait l’effort pour nous rejoindre dans le col, ma femme est épuisée, Lafond l’assied, elle n’a plus de forces, elle est sur un rocher, ce roc est plein de confort, de plus sa lampe ne fonctionne plus, je mets une pile bienvenue, ils remplissent leur bidons et dosent leur part, et nous repartons sur la berge du ravin, elle s’étonne également de voir nos gants qui plissent. 
-Arrivant enfin au stade de La Redoute des danseuses avec de pétillantes fripes nous accueillent. 
Il y a aussi Nathalie une copine qui me dit que son copain est derrière moi, je l’ai donc battu cette fois, Mais le cœur de Nathalie est pour le vaincu. 

 


J’espère ne pas avoir fâché le lecteur. 

 

Pascal.

6 commentaires

Commentaire de bubulle posté le 23-10-2017 à 08:37:54

Un grand moment de littérature. J'admire cet art qui m'est inaccessible du jonglage des consonnes....

Commentaire de Arclusaz posté le 23-10-2017 à 08:42:42

Le lecteur ne sera pas fâché !!! bravo pour cette anthologie : des classiques et des trouvailles... et bravo pour ta course !

Commentaire de Benman posté le 23-10-2017 à 11:51:29

Cher Génépi, que de peine me fait votre malice.
Dépassé par cette lutte savante , je vous envoie dans la culture.
Je trouve votre plume trop riche à force de peiner. A trop en faire, alors, on en perd son pécule?

Commentaire de Antoine_974 posté le 23-10-2017 à 18:53:36

J’ai rien compris... on a fait la même course ???

Commentaire de L'Dingo posté le 24-10-2017 à 14:31:30

beau et chaud :-))

Commentaire de pinafl posté le 24-10-2017 à 17:43:39

Au Zambeze les filles sont belles et gentilles.

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