Récit de la course : Saintélyon 2018, par Bastoune

L'auteur : Bastoune

La course : Saintélyon

Date : 1/12/2018

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 202 vues

Distance : 81km

Objectif : Terminer

2 commentaires

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Voyage au bout de la nuit

C’est la première fois que je fais un compte-rendu de course, mais c’était aussi ma première SaintéLyon, je pouvais pas comprendre avant…

Si on m’avait dit, il y a quelques années, que je ferai un jour cette course, j’aurais doucement rigolé. Oui mais voilà, on commence par quelques tours de la Tête d’or, puis on s’inscrit à un trail, puis un autre, et de fil en aiguille on finit par y prendre goût.

Cela faisait 4 ans que je faisais la SaintExpress, et à chaque fois je me disais en arrivant que j’étais bien content d’être parti de Sainte-Catherine. Mais une édition spéciale avec 81km, je ne pouvais pas rater çà, c’était l’année ou jamais.

J’ai donc validé mon inscription en Aout, et embrayé derechef sur une préparation de trois mois un poil plus intense que lors de mes précédentes aventures. Le tout était d’arriver à finir sans trop se faire de mal, donc j’ai augmenté un peu les bornes et rajouté de la vitamine D+ à mes sorties.

Tout s’est plutôt pas mal déroulé, et je suis arrivé au jour J dans la meilleure condition possible, ce qui en soi était déjà une première victoire pour moi.

Moi qui étais habitué à l’ambiance de départ un peu spartiate de la SaintExpress (comme en 2016 où j’ai failli crever de froid en attendant 1h30 dehors qu’on veuille bien nous laisser partir), j’ai découvert le confort du parc expo de St-Etienne. Bon alors OK, poireauter des heures dans une salle bondée qui sent la trouille et la chaussette peut sembler rébarbatif, mais au moins c’est chauffé et moi çà me suffit. Puis çà fait partie de l’expérience, d’une certaine manière.

Ensuite, comme j’avais passé la semaine précédant la course à lire et relire des récits de la SaintéLyon (on se rassure comme on peut), j’avais compris que si on voulait pas trop attendre avant de partir, fallait aller se poster sur la ligne le plus tôt possible. Je suis donc sorti à 22:20, juste à temps pour le 2ème sas de 23:45. Pluie exceptée, l’attente sur la ligne ne m’a pas trop dérangé, les gens discutent pas mal, le temps passe vite. Sur la fin l’animation prend le relais. Mention spéciale du moment délicat au type qui nous a fait faire un échauffement 10’ avant le départ. Comment dire, on va faire 80 bornes là, je pense qu’on va avoir le temps de mettre le moteur en route dans les premières bornes. J’espère qu’il a touché son chèque parce que c’était courageux de sa part.

Puis à 23:30, les fauves, les vrais, sont lâchés. Nous on reste encore en cage pendant 15 minutes, puis à 23:45, c’est la libération. Cà y est, c’est parti, je suis en train de courir la SaintéLyon. Bon, je suis dans une zone industrielle de Saint-Etienne un samedi soir, il flotte à plein temps, et 200 types viennent de s’arrêter pour pisser sur le bord de la route, mais je suis en train de m’attaquer à une légende, donc je savoure et je reste bien calme. Je sais que çà sera très long donc je pars très lentement quitte à me faire doubler par tout le monde, c’est pas grave, on fera les comptes à la fin.

La première partie jusqu’à Saint Christo se déroule sans accrocs particuliers. On est au début, frais comme des gardons, on voit les frontales derrière nous, c’est joli, et celles devant nous, c’est loin. On commence à rencontrer la boue, timide mais bien présente. Avant d’arriver à Saint-Christo, vers le col de la Gachet, le froid des crêtes fait son apparition. Comme on est trempés c’est pas forcément le truc le plus agréable, mais on relance et çà passe. Le ravito est déjà bien blindé, mais je ne m’arrête pas. J’ai pris de quoi bouffer en route et j’ai pas besoin de flotte (j’en prend suffisamment sur la tronche). Je pars direct pour Sainte Catherine.

C’est ici que j’ai vraiment commencé à ressentir l’atmosphère particulière de cette course. Il est tard, il fait froid, la pluie tombe dru. On commence à sérieusement patauger dans la boue. Et là de temps à autre, au milieu de nulle part, il y a des gens sur le bord du chemin qui vous encouragent. Ils restent là toute la nuit, dans le froid, sous la drache, juste pour nous applaudir. Franchement respect à eux, je pense qu’ils ont évité pas mal d’abandons ce week end. Parce qu’au niveau course, c’est sur que le mental commence un peu à nous titiller en arrivant vers le ravito, surtout dans la dernière descente qui est en fait une piste de ski (rouge je dirais…).

J’ai lu beaucoup de choses sur le ravito de Sainte-Catherine dans les récits des années précédentes, c’est vrai que c’est un lieu particulier. Cette année c’était un peu l’apocalypse quand j’y suis arrivé: grosse averse, flaques de boue géantes (le ravito n’est pas abrité), froid,… On voit les bus chauffés qui attendent qu’on abandonne pour nous embarquer. Clairement, si on ne veut pas bâcher, c’est pas l’endroit où il faut traîner trop longtemps. Je prends donc juste une soupe bien chaude, et je repars en me disant qu’il me reste plus qu’une grosse SaintExpress au menu. Les jambes sont encore correctes, et elles donnent l’ordre à ma tête mouillée de ne pas monter dans le bus.

Je file donc en direction de Saint Genou, via le petit enchainement Rampeau-Signal qui nous est réservé rien qu’à nous cette année. Le Rampeau, je l’avais déjà fait en 2016, donc je savais à quoi m’attendre. Mais avec 35 bornes de plus dans les pattes, la saveur n’est pas la même, il faut l’avouer. Surtout que dès qu’on arrive là-haut, on repart presque tout de suite pour une autre montée, et là c’est très dur car en plus on voit au loin les frontales de ceux qui viennent d’en terminer et qui descendent sur le ravito suivant. Je sais que j’en aurais au moins pour 45’ pour arriver là, je prends mon premier gros coup au moral. J’attends que çà passe en continuant à patiner dans la boue, qui est désormais omniprésente, mais l’idée de lâcher l’affaire commence à faire son chemin dans ma tête. D’autant que le brouillard se joint à nous, rendant l’ambiance de plus en plus glauque. C’est dans cet état d’esprit assez moyen que j’arrive à St Genou,  Là c’est la cour des miracles, les gens commencent à être bien attaqués. Le brouillard, le froid, la flotte, la boue, tout çà crée une ambiance un peu flippante. Comme à Sainte Catherine, je me dis que si je reste là trop longtemps, ma volonté va se dissoudre. Je prend donc juste une soupe et file vers Soucieu où je sais que je retrouverai un semblant de civilisation.

Autant c’est une partie qui me plait sur la SaintExpress, autant là çà m’a paru très long. La boue nous lâche pas, et en plus ma cheville commence à en avoir marre. Elle vrille deux fois de suite dans une descente, je mets le frein tout de suite car je sais que si çà plie pour de bon, c’est la fin de l’histoire. Mais même comme çà, je ne suis pas à l’aise car ma frontale éclaire pas grand chose et je ne sais jamais trop où je pose les pieds. Je profite au maximum des coureurs qui sont en pleins phares (d’où ils sortent leurs frontales, je ne sais pas…) en attendant que le jour se lève. C’est ce qui fini par arriver un peu avant Soucieu et je dois bien admettre que çà me redonne bien le moral. Et puis on commence à croiser des panneaux sympas du type: ‘arrivée à 25km’, on se dit que çà devient réalisable. Soucieu approche, je sais que je vais pouvoir me refaire un peu dans ce ravito de luxe. Effectivement je prends bien mon temps et ma soupe. Je me goinfre un peu aussi, le ravito n’est pas bondé et j’ai donc un accès facile aux tartelettes et autres palets bretons, le genre de trucs sur lesquels je n’ai aucune retenue. Au bout d’un moment, je me dis qu’il faut en laisser aux autres et je repars pour les 20 dernières bornes avec des jambes bien lourdes, mais le ventre bien plein.

La partie entre Soucieu et Chaponost se passe très bien pour moi. Je vois où je mets les pieds, c’est le principal. Je me force à courir dès que çà ne monte pas. On va pas se mentir, à ce moment de la course, j’ai moyennement envie de courir, mais l’idée de marcher encore 4 heures me rebute encore plus. Donc je cours, j’ai mal mais je cours. Et puis je sais qu’après Soucieu, Chaponost arrive vite, donc je serre les dents. 

Arrêt express à Chaponost. Je suis chaud, je ne veux pas casser la dynamique mise en place. Je passe le panneau ‘arrivée à 10km’, çà commence à sentir vraiment bon cette histoire. J’arrive encore à courir jusqu’à la montée des aqueducs, mais je suis au bout, et j’accueille la montée avec soulagement, je vais pouvoir marcher tranquille.

Arrivée à 5 km, on y est presque. J’essaye de pas me boiter dans le parc Accrobranche. Je détestais déjà ce passage avant, ben j’ai pas changé d’avis. Se taper encore de la boue et une descente casse gueule alors que tu crois que t’es au bout, c’est énervant. A cet instant, tout est énervant de toute façon, et je pourrais donner beaucoup pour courir sur du bon bitume bien urbain, j’en peux plus de la boue. On sort du parc et là c’est terminé avec cette foutue boue, je peux commencer à savourer ce qui va arriver dans 2km. Je commence déjà à sentir les larmes qui montent. Je ne suis pas du genre émotif, mais là je sens que les 11 heures qui viennent de s’écouler ont fait sauter pas mal de barrières.

Après tout va très vite, le pont, la passerelle, l’arrivée à la Halle, tout les gens qui applaudissent,… Je passe sous l’arche d’arrivée après 11h20 en chialant comme un gosse. Toutes les douleurs ont disparues dans les 2 derniers kilomètres. J’ai passé 79 bornes à dire qu’on ne m’y reprendrait plus, et là je sais déjà que j’y reviendrai un jour.  Je pense que çà résume ce que je pense de cette course désormais…

2 commentaires

Commentaire de Mazouth posté le 06-12-2018 à 23:30:18

Belle course, solide, gérée, super chrono en plus. Je dis bravo m'sieur !

Commentaire de Marie-hrn posté le 07-12-2018 à 12:11:01

Bravo!! Super chrono et très belle gestion de course :)

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