Récit de la course : L'O'Rigole - 67 km 2006, par electron

L'auteur : electron

La course : L'O'Rigole - 67 km

Date : 3/12/2006

Lieu : Le Perray En Yvelines (Yvelines)

Affichage : 2945 vues

Distance : 67km

Objectif : Se dépenser

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Trail de l'origole

L’Origole… Quel nom étrange pour une course.
Et pourtant elle le mérite bien ce nom, et des rigoles on va en suivre ou en traverser quelques unes !

Après Millau, lorsque j’ai commencé à construire mon planning pour 2007, j’avais l’intention de reprendre les courses en Novembre. La recomposition de notre équipe des raids hivernaux de l’an dernier (avec quelques modifications) ayant été validée pour le Raid 28 et le Raid Normand Hivernal, il a été pendant un moment question d’aller refaire la SaintéLyon. Non pas que cette course me plaise plus que ça, mais c’était l’occasion de courir avec les copains.

Mais bon, avec 8 courses d’ultra prévues d’ici Août 2007, il faut parfois composer avec des contraintes familiales, et le fait d’avoir un trail long à 45mn de la maison était quand même plus facile à gérer que d’aller jusqu’à Lyon !

C’est donc parti pour l’Origole. J’en avais entendu parler l’an dernier après la première édition. Les échos en faisaient une course assez difficile avec près de 50% d’abandons, mais je n’avais guère plus de précisions. Je m’inscris donc de bonne heure (j’aurais le dossard n°12), technique que j’utilise de plus en plus souvent afin de rester motivé (je suis inscrit sur toutes mes courses jusqu’à fin mars 2007 pour le moment).

Dans les semaines qui précèdent la course, quelques informations commencent à apparaître. « le parcours a été revu à près de 40% par rapport à la première édition », « Le total approche les 69 km pour plus de 1400 m de dénivelé », « Parcours dans le Massif forestier de Rambouillet avec 95% de sentiers avec traversées de rigoles, des Etangs et bien sur du domaine des biches, cerfs, sangliers », bref de quoi se mettre en bouche, d’autant que les barrières horaires annoncées risquent de venir jouer les troubles fête. La boucle 1 (21km) doit être achevée en moins de 3h00 et la boucle 2 (la plus difficile) en moins de 7h00 avec un temps limite pour la course de 10h00 sur les 69km !

Les semaines qui précèdent la course voient aussi s’enchaîner les compétitions d’orientation (4 épreuves de 1h, 1h30, 2h et 4h) dont les 3 plus grosses en l’espace de 8 jours. Avec quelques entraînements au milieu de tout ça, je me sens un peu juste pour faire tout le circuit. Bon, de toutes façons c’est avant tout un gros entraînement en vue du Raid 28 et donc une sortie de 45km me suffirait largement (l’idée est déjà dans la tête avant même le départ).

Samedi 3 décembre 22h30. J’arrive au gymnase dans le centre du Perray en Yvelines. J’aime bien être en avance et sentir l’ambiance qui monte progressivement plus on se rapproche du départ.

Ce soir , même si la SaintéLyon a attiré pas mal de monde, je dois quand même retrouver pas mal de connaissances provenant de différentes communautés. Zoo, UFO, ADDM, Extrem’run, Kikourou… beaucoup sont représentées. Mon soucis c’est que j’ai toujours eu un problèmes pour mettre les noms sur les visages et que j’ai parfois du mal à me rappeler le contexte dans lequel j’ai rencontré ou couru avec untel ou untel… Je m’excuse par avance auprès de ceux que j’ai pu avoir du mal à « replacer »…

Les premiers que je rencontre en arrivant sont la Libellule et le Chacal du ZOO. Ca fait un petit moment qu’on ne s’était pas vu et c’est sympa de reprendre contact. Le Chacal m’a l’air un peu … non pas stressé, mais pas comme d’habitude. Il farfouille à droite, à gauche, j’ai l’impression qu’il se cherche et qu’il n’est pas dans son assiette. La Lib’ quant à lui a l’air bien. Je vais chercher mon dossard et je présente la matériel obligatoire (là, il y a un vrai contrôle).

Là dessus arrivent mes deux compères à savoir Domi et Soul accompagné par CloClo (c’était bien lui ?) de chez ADDM. On s’est tiré la bourre avec Domi sur les CO de nuit du challenge d’Esprit Raid il y a peu de temps (et il a gagné). Ce qui est cool c’est que depuis qu’on se connaît tous les 3, on sait d’expérience qu’on a des allures assez proches, ce qui se confirme en général sur les épreuves longues vu les temps que nous y passons en général. Je leur fait part de mon objectif qui est de faire les deux premières boucles et de voir pour la dernière uniquement si tout va bien mais sans grand optimisme. Là dessus ils m’expliquent qu’ils sont dans le même état d’esprit, ce qui fait qu’un départ groupé est alors décidé.

Je retourne à la voiture pour me changer et je reviens dans le gymnase en attendant l’heure de départ. Là les rencontres s’enchaînent les unes derrières les autres. Désolé de ne pas citer tout le monde, mais je doit avouer que par moment ça allait tellement vite que je ne suis pas certains d’avoir tout capté… Je retrouve quand même Jesus (UFO) avec qui je discute un peu pendant qu’il se grille une petite cigarette (hé oui… ), puis c’est l’arrivée de Guy et de Gak (ça fait un peu pif gadget comme noms ça ! Les aventures de Guy et Gak !!!) de l’équipe Extrem’run avec qui je suis allé m’entraîner il y a quelques temps en foret de Marly. C’est d’ailleurs un peu à cause de moi qu’ils sont venus ce soir. Un quatrième raideur doit nous rejoindre mais on sait juste qu’il s’appelle Lolo, mais personne ne le connaît (merci internet). Le seul truc c’est qu’il doit avoir un blouson vert (avec des basket et une frontale sur la tête pendant qu’on y est !!!). On arrive finalement a le trouver. C’est vrai qu’il a un blouson vert clair qu’on ne pouvait pas louper !

Je rate une partie des Ufos (Surfboy, Zabou, Wiluje…), principalement parce que ce sont des Ufos que je ne connais pas ou que , une fois en tenue avec bonnet et frontale, c’est pas toujours facile de reconnaître tout le monde…

Dernier briefing de Jacques Poleni qui remet les choses au clair… Ce sera dur… très dur ! Au moins ça a le mérite d’être clair. Le circuit commencera par une boucle 0 d’environ 2 km en ville histoire d’étirer un peu le peloton, puis on partira sur la première boucle avec un total de 21km pour environ 250m de D+. Cette boucle est déclarée comme étant « facile » (notez les guillemets) et servira également de support à la course de 21km. Ce sera la boucle verte, comme pour les niveaux de pistes de ski

Ensuite, on attaque le plat de résistance… La seconde boucle sera la boucle noire. 24km avec 800m de D+, sachant que ces 800M de D+ sont situé sur à peine la moitié de la boucle… ça promet ! D’ailleurs en raison des conditions météo, il a été décidé de rallonger le temps total à 10h30 au lieu de 10h00 et l’organisation décidera si il est nécessaire ou pas de passer la barrière horaire du 45km à 7h30 au lieu de 7h00.

En guise de dessert, on nous offre une boucle rouge de 23km pour 400m de D+. Bref de quoi s’amuser normalement. Jacques nous prévient aussi qu’une partie des circuits (environ 20km) ont été sauvagement débalisées et qu’ils ont du refaire certaines sections en urgence, avec un balisage un peu plus light au début de la 3ème boucle. A suivre…

LE DEPART

Un peu avant minuit, on se rend sur le lieu de départ dans un petit parc. Derniers papotage entre autre avec Taroc (que je n’ai même pas reconnu :((, 0h06, top départ, la course est lancée. Je n’ai pas mis le chrono en route. En fait la seule contrainte pour moi est de passer dans les barrières horaires. Pour le reste je vais travailler aux sensations. En fait je veux juste savoir où j’en suis après une première période d’entraînement associée à une perte de surcharge pondérale… Donc l’objectif est de ne pas regarder la montre, et de gérer la durée pour la durée… et de m’amuser.

Côté tenue j’ai fait simple.
- Chaussure de trail Montrail hardrock
- Chaussettes DK500
- Collant long
- Maillot technique
- Polaire fine
- Corsair’ jaune CLM sur la tête
- Ma frontale
- Sac DK 5L avec poche à eau 2L remplie de maxim neutre (60g/l)
- 3 gels energix pomme verte et une barre maxim pour tout ravito
- Pile de rechange, Gants fins, et coupe vent dans le fond du sac

Des le départ je part avec Domi, Soul et CloClo. Notre allure est très lente sur la petite boucle de lancement et assez rapidement on se retrouve en arrière garde du peloton. Il faut dire qu’on est environ 120 sur le 69 km et qu’il y a peut être une centaine de coureurs sur le 21km. On essaye donc pas de suivre le rythme général. Assez rapidement je me rend compte que leur allure est malgré tout un peu lente pour moi. Je me détache régulièrement, et même si l’objectif est de faire la sortie en vitesse spécifique Raid 28, j’ai quand même les mollets qui me titillent un peu. Du coup assez rapidement après le début de la première boucle, je vais me laisser aspirer par une petit groupe de coureurs, laissant Domi, Soul et CloClo derrière

LA BOUCLE VERTE

Assez vite je me familiarise avec le balisage mis en place. D’expérience je sais que les balisages de nuits sont parfois un peu léger (quelques souvenirs de la SaintéLyon par exemple), mais là ils ont vraiment fait très fort. Le dispositif réfléchissant utilisé est vraiment très efficace et le nombre important de balises (environ tous les 30 m en foret) nous fait comme une guirlande lumineuse dans la nuit…

Assez rapidement on trouve les premières rigoles. Les rigoles sont des sortes de fossés pouvant prendre environ 1 bon mètre de profondeur pour une largeur d’environ 1m50… Et là c’est suivant l’humeur du traceur… Soit on rentre dedans et on la suit, soit il préfère nous la faire croiser avec la montée/descente que cela suppose… D’ailleurs ce petit jeu se poursuivra toute la nuit.

On passe près de l’étang de Gruyer, et avec les premières côtes, très vite je me positionne dans la situation « longue distance » à savoir que je n’essaie pas de courir dans les montées (même là où j’aurais probablement pu) mais par contre j’applique la méthode Yoyo avec une relance systématique dès que le terrain le permet à nouveau. L’idée est d’essayer cette méthode sur tout le parcours, et visiblement, je ne suis pas le seul à avoir décidé de le faire.

La progression n’est pas terriblement technique mais il y a de quoi chauffer un peu les pattes quand même. Je n'échapperai pas à une petite gamelle d’ailleurs, glissant sur un morceau de tronc. Il faut dire que la foret est quand même très mal rangée. Il y a des feuilles et des branches partout. Ils pourraient faire un peu de ménage quand même et planter un joli gazon !!!

Plusieurs fois sur cette boucle je croise GAK (enfin il me dépasse, il s’égare, il me redépasse…). On se rend ensuite dans la zone des « taillis d’epernons » zone connue des orienteur puisque de nombreuses CO s’y déroulent. Il faut d’ailleurs faire attention aux rubalises car une CO est prévue sur cette zone le lendemain et que le pré balisage est déjà en place. Juste, il n’y a pas de réflecteur sur leur rubalise…

J’arrive tranquillement à tenir mon petit rythme sur cette boucle, gérant l’effort au mieux et espérant arriver de préférence un peu sous les 3h fatidiques…

On retrouve la zone semi urbaine autour du Perray, retour en ville puis passage au gymnase marquant la fin de cette première boucle. Le chrono indique 2h31. Parfait je suis même étonné vu mon allure d’avoir 30mn d’avance, mais ce temps ne sera pas de trop par rapport à ce qui nous attends maintenant. Il faut savoir que si cette boucle était jugée facile, malgré quelques passages un peu techniques quand même, je n’ose imaginer ce que va donner la suite.


LA BOUCLE NOIRE

Le ravitaillement est vite expédié. Je reste fidèle à mon habitude partant du principe que le temps d’arrêt est du temps perdu. En plus je sais qu’il faut éviter à tout prix de rester au chaud, la sortie n’en sera que plus difficile. Je fais le complément du camel, je bois un verre d’eau, un de coca, je prend une barre de céréale sur une table, deux carrés de chocolat et un dernier verre d’eau, quelques échanges de salutations avec ThierryM et un autre coureur (je ne sais plus qui…) et je vais consommer tout ça dehors en commençant à avancer sur la seconde boucle. Je sors du gymnase après 4mn d’arrêt… tout va bien.

Je n’ai rien changé à ma tenue. Je n’ai eu ni chaud ni froid, j’étais juste bien (la température n’est pas extrêmement basse non plus).

En partant je discute avec un autre coureur. On repart au même rythme et on fait le début de la boucle ensemble. Cette partie est assez roulante autour de l’étang du Perray. Passage dans Auffargis (avec une pensée pour l’équipe du Raid 28 2001) puis c’est le début des hostilités.

Alors là, ça devient du grand n’importe quoi… ;-)) Ca monte ça descend, ça remonte ça redescend, ça re re monte… bref visiblement si vous avez le malheur de donner une petite colline à Jacques, il est capable de vous la faire faire 20 fois sans passer deux fois au même endroit… Peu importe si il n’y a pas de sentier… Il nous fait passer tout droit… Après tout, pourquoi utiliser une chemin quand on peu la jouer ligne directe ??? je vous le demande !

Les montées sont bien raides, parfois glissouillantes aussi, et les descentes aussi très techniques. J’essaie bien de courir dedans pour voir, mais la nuit n’aide absolument pas à voir les reliefs, et surtout mon genoux me rappelle à l’ordre. Du coup je reviens dans la stratégie initiale. Marcher quand c’est technique et relancer dès que c’est possible.

Les montées se font à un rythme très lent mais en essayant de ne pas m’arrêter. J’ai les cuisses qui explosent à chaque fois, mais une fois la montée terminée en quelques secondes, tout redevient normal. Plutôt bon signe.

Par contre au fil des km, je sens que la fatigue est de plus en plus présente. Les compétitions des semaines précédentes pèsent encore (c’était prévisible), et du coup la décision prise de stopper au bout de cette boucle ne fait que se confirmer. Ca me fera quand même une sortie de 45km pour 1000m de D+. Je continue accusant au passage un premier coup de barre. Que je gère au mieux.

A ce moment là je suis rejoint par Lolo. Je repars avec lui et on se met à discuter en continuant notre progression. Je lui dit que j’ai décidé d’arrêter à la fin et que de toutes façons on sera trop près de la barrière horaire pour envisager de relancer sur la dernière boucle. Lui pense le contraire et me dit qu’il verra une fois sur place pour décider après un bon ravito.

Finalement à deux en discutant on ne voit pas le temps passer et on se retrouve bien vite de nouveau au Perray , en vue du gymnase. On rentre, on fait pointer nos dossards et là c’est la surprise. Moi qui pensait être proche des 7h00, je passe cette boucle en 5h51… Soit 1h10 avant la barrière… Pffffffffffffff quelle poisse… Même pas d’excuse pour arrêter maintenant… La décision de repartir est prise assez vite d’autant que le coup de pompe est passé pendant le trajet de retour avec Lolo est que finalement, je me dit que même lentement, ça doit le faire dans les temps.

Ravito rapide une fois de plus, salutation à Remy Mercier (l’organisateur du Trail de Chevreuse) venu en voisin, et à 5h55 je sors du gymnase pour la troisième boucle.
Je laisse Lolo au gymnase car il veut prendre le temps de se ravitailler pour repartir un peu plus tard. Chacun son rythme !


LA BOUCLE ROUGE

En sortant du gymnase je retrouve la libellule qui me dit que le Chacal était pas bien et qu’il a probablement du arrêter.. On repart en marchant tous les deux le temps pour moi de finir de consommer mon ravito et aussi d’enfiler le coupe vent car ça commence à souffler. On en profite aussi pour passer un coup de fil à l’Ourson qui est sur la SaintéLyon. Comme nous il est à 20km de l’arrivée et il nous indique que les autres membres du groupe sont partis devant car ils étaient bien ! Allez, ça va le faire, c’est sûr ! Allez l’Ourson.

On recommence à trottiner en suivant un groupe de 7-8 coureurs sur un morceau de route. Au bout d’un moment, on ne trouve plus de balisage. Il faut dire qu’on les suivait sans trop se soucier du marquage et qu’on a pas fait attention non plus. On pousse un peu plus loin, mais toujours rien. Du coup on décide de faire demi tour (la première boucle rouge sur le tracé) et on retrouve le vrai balisage. On perd 10 grosses minutes au moins dans cet écart. Dommage mais pas critique non plus. D’abord on savait que cette zone avait été rebalisée en urgence, et on aurait du être plus vigilant, ensuite ça nous apprendra à suivre les autres en discutant sans faire attention.

On rattrape une longue traversée de champ. Déjà là, je commence à ressentir la fatigue accumulée. Je décide donc d’alterner marche et course, tranquillement même sur le plat. J’ai presque envie de faire cette boucle en marchant mais bon, je sais qu’il reste 400m de D+ et que la petite avance que je peux me constituer en trottinant me servira toujours sur la fin.

A la fin du champ on est en lisière de foret. Sur la droite je vois un bout de rubalise dans le chemin que j’emprunte directement. Mais voilà, je ne vois rien d’autre. Comme on est toujours dans la zone débalisée et qu’il a été dit que sur les grands chemin il pouvait y a voir de l’espace entre les balises je continue un moment mais au second carrefour, n’ayant toujours rien trouver je préfère faire demi tour. Bien m’en prend, car personne ne m’a suivi, et il me faut rejoindre le premier croisement pour m’apercevoir de mon erreur… Encore un bonne dizaine de minutes de perdues. Il ne faudrait pas que cela se multiplie sans fin non plus.

Traversée des étangs et entée dans la forêt des Plainvaux. Là aussi c’est une sone connue des orienteurs mais pour être honnête, je n’ai rien reconnu du tout. La nuit, ça change pas mal les choses quand même… A partir de là on va se faire quelques jolies montées-descentes dont jacques à le secret. Le rythme est lent, mais je sais qu’il ne faut pas s’arrêter… jamais… Arrivée devant un tuyau avec un bout de balise devant. Là je me dis « heu… on est pas au raid 28.. on va quand même pas ramper là dedans ». Un coup d’œil autour et je vois les traces d’autres coureurs. Je passe sur le petit pont au dessus et retrouve le balisage de l’autre côté. Il paraît que certains ont joué au GIGN en passant dedans (n’est pas Kourpavix ?)…

Petite période d’accalmie à l’extrémité de la boucle avec même un petit bout de bitume (si, si, il y en avait un) puis retour en forêt avec un passage de montagnes russes mémorable. Les montées sont encore plus longues que sur la boucle précédente, et ça redescend aussi sec droit dans la pente, et ce ne sont ni les fougères, ni les ronces qui vont nous arrêter.
Cette section est tout simplement interminable… A chaque fois je me dis que c’est la dernière côte et que maintenant on va rentrer sur le Perray, et hop, à chaque fois au dernier moment on se refait une descente suivie d’une côte…

Ensuit il va s’en suivre une longue progression en forêt avec enfin moins de côtes. Le jour qu’i s’est levé permet aussi de déjouer certains pièges (comme passer dans une grande dépression alors que le sentier la contourne. De nuit on ne s(y risquait pas, restant fixé sur la rubalise, mais là je réfléchis avant d’en rajouter…

J’arrive à un point de contrôle. Le bénévole m’indique qu’il reste environ 3km ! C’est la première fois depuis le départ de la course que j’ai une indication kilométrique, mais je la prend avec prudence sachant que celles-ci peuvent parfois s’avérer légèrement différentes de la réalité. C’est aussi la seule fois où je regarde la montre. 9h15. Ca signifie que j’ai encore 1h15 pour finir dans les délais et 45mn pour entrer dans mon objectif de 10h. Normalement ça doit le faire !

Je repars avec un regain d’énergie provoqué par cette bonne nouvelle… Je traverse de nouveau les Etangs de Hollande, dernière traversée de bois avant de retrouver la civilisation. Le passage du pont au dessus de la N12 est terrible car les rafales de vent manquent de me faire tomber. On était mieux protégé en forêt.

La fin se fait en ville. A un moment je regarde derrière et je vois deux coureurs revenir sur moi… Alors là autant pendant la course je ne me suis pas occupé des autres (peu importe de doubler ou d’être doublé) autant là, dans ce qui doit être le dernier kilomètre, j’ai pas envie… J’accélère un peu mon rythme de marche, et sur la fin les voyant se rapprocher, je me décide a essayer de recourir. Etrangement la machine redémarre sans soucis (en dehors de la fatigue) mais non seulement je coure, mais je peux même dérouler. Je vais me faire deux sections de couse ainsi, me surprenant de cette facilité. J’aurais probablement pu le faire plus tôt mais je n’y avait même pas pensé.

Finalement j’arrive dans le gymnase et je passe la ligne en 9h50’55’’.
C’est gagné. Non seulement je l’ai fait , mais en plus dans les délais et surtout sans la moindre blessure.

Je retrouve la Libellule qui est arrivée un peu avant moi ainsi que Lolo étonné d’être arrivé avant moi sans m’avoir doublé. Je lui explique mes deux errances nocturne, et c’est pendant l’une des deux qu’il a du me passer. Je me renseigne sur mon classement. Je suis 44ème sur 120 au départ le résultat est plutôt satisfaisant surtout quand on sait qu’il n’y aura que 66 coureurs classés sur ce 69km.

Je récupère tranquillement en profitant du ravito. En plus c’est juste le moment de la remise des prix, l’occasion de féliciter le premier qui a quand même bouclé ça en
Moins de 7 heures

Juste avant la fin de la remise des prix je file me changer à la voiture car je commence a avoir vraiment froid. Erreur tragique puisque l’équipe UFO, remporte le trophée par équipe. Me croyant parti, Jacques donne les cadeaux à la Libellule sachant que j’ai des chances de le revoir. Finalement après un petit coup de portable je lui explique que je suis toujours là mais que je suis en train de me mettre au sec… Je récupère le carton de cadeaux… Allô les Ufos finisher, y’a des lots à venir chercher à la maison…

Côté bilan :
D’abord le physique. En dehors d’une fatigue due aux courses récente, tout le reste a été dans le vert pendant cette course. Bien sur elle est exigeante, et je manque clairement de travail dans le dénivelé, mais à côté de ça j’ai vraiment pu gérer ça sans gros bobos. Même pas une ampoule, et 24h après la course je n’ai même plus de courbatures… J’ai encore un peu de poids à perdre, mais ce que j’ai pu éliminer depuis quelques temps a forcément eu un impact sur mon état de forme…

Côté organisation c’est vraiment nickel. Bien sur il y a eu le soucis du débalisage de la 3ème boucle, mais finalement rien de très critique. J’aurais gagné 20mn, ce qui m’aurait fait remonter de 6 ou 7 places. Donc rien de réellement significatif, et en plus j’avais qu’à être plus attentif. En dehors de ça le balisage sur tout le reste du parcours était vraiment nickel. Ne changez rien sur ce point, j’ai rarement vu quelque chose d’aussi efficace en course de nuit.
Les bénévoles étaient aux petits soins pour nous, et ça c’est super agréable, surtout quand la course est difficile. Merci à eux toutes et tous.

Le parcours est terrible. Je me demande d’ailleurs ce qu’en pensent les coureurs qui on fait l’Origole et le Trail de Chevreuse pour comparer les deux. C’est un parcours où le mental doit tenir. C’est vrai que le système de boucles, si il est appréciable en termes de logistique est aussi dangereux pour les abandons, mais c’est justement là qu’il faut savoir être fort dans sa tête pour repartir sans se laisser attirer par la douce chaleur du gymnase.

voila une de plus au compteur !

merci d'avoir tenu jusqu'ici !

L'Electron

3 commentaires

Commentaire de agnès78 posté le 10-12-2006 à 16:02:00

merci beaucoup pour ton Cr "comme si on n'y était". Bravo pour le chrono également.
A bientôt sur un trail.
Bises
agnès

Commentaire de gdraid posté le 16-12-2006 à 17:27:00

Bravo electron !
On se régale quand on te lit.
Comme ton récit de Race200 Mauritanie, on arrive au bout, étonné d'avoir déjà fini.
Toi aussi tu me donnes envie d'O'rigole...pour 2007
PS : pas de bâtons ce coup ci ?

Commentaire de l'ourson posté le 26-12-2006 à 19:05:00

Bravo l'Electron ! Trèèèèès bon entrainement pour notre prochain Raid28 ou nous repasserons peut-être aux Etangs de Hollande... En tous les cas c'est clair qu'il y avait moins de monde qu'à la SaintéLyon;-))

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