Récit de la course : Marathon du Médoc 2007, par CLG

L'auteur : CLG

La course : Marathon du Médoc

Date : 8/9/2007

Lieu : Pauillac (Gironde)

Affichage : 2276 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Terminer

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Premier marathon pour un VRAI escargot au Médoc : une première !!!

Ce Marathon choisi fut le Marathon du Médoc : marathon le plus long du monde, un des plus difficiles mais dont la durée limite est la plus longue : 6 h 30 !

Voilà pourquoi ce marathon fut choisi : pour le temps limite !

Bon j’avoue : normalement, le premier marathon n’était prévu qu’en 2008 mais pour des raisons techniques, il fut avancé pour 2007.

J’avoue encore : vu mon niveau, cela devenait critique, avec juste un an voire 1.5 an d’expérience dans cette discipline, sans aucunes bases sportives (j’aurais encore pratiqué quelque chose avant, cela m’aurait peut-être aidé.). Ensuite, j’avais été blessée au cours de l’année donc avec un mois sans entrainement intensif, à 3 mois avant le marathon, cela sentait le sapin comme on dit par chez nous ! L’escargot semblait mort avant d’être arrivé ! Sans compter les quelques pronostics négatifs et sombres de certains voire même de médecins qui me jugeaient foutue pour un an !

Je vous confirme : un escargot, ça stresse énormément et là, il y avait de quoi !

Cependant, je tentais de mettre toutes les chances possibles de mon coté : bonne prépa alimentaire, glucidique et respect du plan marathon pour les deux mois qui me restaient avant le jour J.



Voilà donc notre jour J : départ tôt la veille pour ce pays du vin et retrait du dossard dans l’après-midi ! Déjà, je tâte le terrain : le soleil chauffe (aie), il y a beaucoup de monde (pas un mal pour une lente ! au moins pour une fois, je ne serai pas la dernière à la traîne !) tandis que les festivités se préparent... Le stress augmente…

Trop fatiguée par le voyage et ces jours de stress, je m’empaffe dès notre retour à l’hôtel, dès 21 h 00 : très bien car cela m’évite de penser et me permet de bien me reposer...

Réveil dès 6 h 00 du mat avec prise de petit-déj rapide car il faut arriver dans la ville de Pauillac avant la fermeture (ils ferment tout dès 7 h 00).

Déjà déguisés, nous sommes déjà sur place dès 7 h 30. On va étudier l’environnement et surtout trouver l’arme fatale qui accroit le succès dans une course : les WC !!  A cette heure, ils ont l’extrême grande idée d’en laisser qu’un ouvert au lieu des 10 autres : si bien qu’à 8 h 00, je peux dire que j’ai mérité mon marathon afin d'avoir réussi à y entrer et à en sortir, d’autres n’auront pas le même bol car il y a un stade à ne pas dépasser surtout lorsque la chasse ne fonctionne plus… L’autre fois, je retiens mon esprit guerrier pour plus voguer dans les grandes herbes du fleuve : eh, il faut économiser son énergie pour la course y compris l’odorat !!

8h30… ça commence à bouger dans la ville… Les premiers chars et équipes déguisées arrivent … Les photos commencent à crépiter …
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Arrivent en premier  et je devrais les supporter tout le long, très dur lorsqu’ils s’arrêtent et que cela vous force à marcher donc cela casse votre rythme !) : l’équipe et le bateau des vikings ! génial ! Puis, la charrette de La Fayette avec sa troupe de courageux soldats… Des pirates, des squelettes, des curés…

Un tit spectacle d’avant course et hop, à 9 h 40, la course commence, le cœur s’emballe : vais-je tenir ? ne pas se poser de question, avancer… Surtout ne pas penser. Suivre la troupe et on verra bien.
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Des milliers de coureurs partent donc joyeusement sous les applaudissement d’une foule immense et toujours présente (merci à eux, merci aux enfants, merci aux arroseurs : cela nous a été d’une aide précieuse !)

Je ressens déjà la douleur à l’insertion qui me tatillonne : ne pas y penser et se concentrer sur la foule et d’ailleurs déjà un premier ravitaillement se présente : les chars freinent tout le monde ! Très jolis et sympas mais je ne vous cache que le fait de s’arrêter ainsi à chaque fois (puisqu’il n’y avait pas toujours la place pour les doubler) me casse les pattes et le rythme, surtout que j’avais mon propre rythme (même lent).
Je bois beaucoup (surtout à respecter à la lettre : BOIRE BOIRE BOIRE, je prends une bouteille, je bois et je m’arrose systèmatiquement, tous les 3 km car il y avait des ravitos tous les 3 km), il vaut mieux avec une température qui ne doit pas être loin de 29 à 30°C ! (parfois un petit vent rafraichissait l’atmosphère !!)…

D’ailleurs on a vite fait de le voir sur les coureurs très respectueux de la règle Médoc : dès le 10ème et après km, certains vomissent dans des fossés, certains  sont penchés tentant d’oublier un étourdissement…

Comme je n’aime pas le goût de l’alcool, cela m’est très profitable !

Ce qui est dur et cassant est la variété de terrain : bitume (là encore ça va), terrain caillouteux (aie pour mon insertion !) et allée de gravier profond (aie aie aie) : les côtes sont très facilement gérables (enfin j’ai trouvé) ! par contre, ce qui est vraiment casse pattes sont les chars et trucs que des équipes déguisées tirent (courageusement jusqu’à l’arrivée et je leur tire mon chapeau pour cet énorme effort !!) car le gravier les ralentissent et bien sûr ralentissent les coureurs qui se trouvent derrière ! Pas vraiment leur faute : c’est le Médoc et l’esprit est celui de la fête donc il faut l’assumer !

Dès le 15ème et cela jusqu’au 25ème km, je les citerai de critique : j’ai mal, j’ai les jambes qui tirent déjà, il fait chaud et on se dit aisément « eh, je ne suis pas à la moitié et il te reste encore un gros morceau, tu ne risques pas de tenir...» mais je me refuse d’écouter cette voix !! En plus, je reçois des coups de téléphone pour m’encourager : je dois tenir, cela me booste et je pense à tous mes zamis de PCAP qui comptent sur mon arrivée, à tous ceux qui annonçaient un échec ou qui en espéraient !

C’est dur mais après j’arrêterai de courir 1 mois : disons que je dois finir la saison en beauté pour me reposer ensuite alors autant faire tous ces km pour être bien ensuite.

Je me dis aussi que quitte à être nulle, à être morte, autant l’être en finissant ! Je me dis alors dès le 30ème km, tellement mes jambes sont raides, la douleur forte, je suis morte… Maintenant je n’ai plus rien à perdre puisque je suis morte alors j’avance. On a rien à perdre quand est mort, non ?

A partir du 30ème km, un autre stade est atteint : je sais que j’ai fait péniblement ce cheminement du 1 au 30ème km. Je sais que je n’ai jamais fait autant de km de ma vie et que c’est la première fois que je rentre dans une zone inconnue. Combien de temps les jambes vont tenir ? elles tiendront car je veux rentrer, je veux finir, je vais finir. Le combat est le mien et je le mènerai à terme.

Allez encore 12 km. Maintenant, il faut gérer intelligemment car je peux y arriver : je décide de courir 3 km puis marcher 1 km et ensuite une fois arriver au 37ème, marcher le 37ème, courir les 2 km suivants, marcher 1 km et finir en courant !

Je ne vois que cela : mon chrono, ma gestion de km sur mon Garmin et j’en oublie les festivités, les chars, la musique, la foule autour, les bénévoles qui font un super boulot… Je suis en moi, concentrée… Je n’entend plus rien : encore 1 km de course et après je marcherai 1 km… Vivement que je marche, allez vite je finis ce km… Enfin de la marche, je bois… Je pense comme un robot bien huilé, dans un km, je vais reprendre la course et cela durant 2 km… Je fixe mon garmin… Allez… Puis, je vois un curé qui me double avec dans le dos un panneau : si vous êtes derrière moi, cela signifie que vous êtes hors délai ! Non, non, je ne veux pas !!!  Je me mets en colère toute seule : si je cours c’est pour avoir ma médaille (je crois – mais j’en ai eu la rectification après – que si je suis hors délai je n’aurai pas ma médaille !) ! tant pis, je n’ai pas fini le km à marcher mais je veux avoir ma médaille et je me mets à recourir… 2 km… les jambes fatiguent alors je prends un gel car je me dois d'arriver avant ces 6 h 30 ! j’ai déjà les boules de devoir faire plus de 6 h 00 mais à ce stade, ce qui compte est de finir !

Je ne sens plus mes jambes, tellement mal : mais allez, faut avancer, la ligne droite est facile, il n’y a plus rien qui freine, il faut mettre le turbo ! Comme dans un dernier sursaut avant la mort, je me mets à accélerer… Je sprinte car je vois 41 km, j’avance : le curé est derrière, ouaii… AIE, je me prends un coureur en pleine face qui allait en contre sens(un gars qui avait fini la course et qui ne devait pas se trouver là !!) : zut, ce crétin ne va pas m’arrêter, je ne pense pas à la douleur, je me relève et je me remets à sprinter ! je veux avoir ma médaille, je veux être classée !!!

Wow, wow, j’y crois pas, comment j’ai fait ??  je suis sur le tapis rouge ! j’arrive ! j’arrive !!! Mon dieu, je vois le chrono à 6h25 ! Et enfin, on me met ma médaille autour du cou ! J’y crois pas ! j’y suis arrivée ! J’ai souffert ! Mais ouf, c’est fini !

Je me précipite au massage car je ne me sens pas bien du tout : une heure d’attente et après … pas de soulagement immédiat ! CA FAIT MAL le massage !!! Mais il doit oter de l’acide alors je laisse faire !! ;)

Voilà donc le résumé long de cette course, de ce premier marathon !

Bilan : je dois être réaliste, je l’ai fait trop tôt, je manquais d’expérience et de foncier, je manquais de vitesse et la blessure a beaucoup compliqué les choses. Le positif : je l’ai fini, j’ai ma médaille et mon mental a tenu. Maintenant, après le repos nécessaire, il faudra que je m’entraîne plus sérieusement  car si je veux réaliser un autre marathon : 6 h 30 me sera fatal. Je peux gagner 30 mn (temps que j’ai perdu à cause des chars je pense et le Médoc est spécial par rapport aux autres marathons) mais pour le reste, y a du boulot car tous les marathons finissent au bout de 5 h 30 !

Tit cauchemar DU DIMANCHE MATIN : je me réveille après avoir  rêvé avoir fait  le marathon et  que je dois donc le.... faire ! haaaaaaa

CLO KO mais avec son étoile de shériff : BE AWARE, je représente la LOI !!
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13 commentaires

Commentaire de cat2513 posté le 10-09-2007 à 09:26:00

Merci pour cet agréable cr,
vraiment bravo pour cet exploit, au moins toi, tu as eu le courage de signer (j'ai du mal à me lancer, je remets chaque année pour le MDP) peut-être un peu trop tôt c'est vrai, mais au moins tu sais que mentalement tu as largement la force de tenir, ça ne pourra qu'aller mieux la prochaîne fois.

amitiés sportives

Commentaire de domdom g posté le 10-09-2007 à 10:43:00

bravo clo malgrée l'handicap de ta blessure tu y est arriver juqu'au bout
domdom

Commentaire de astra wally posté le 10-09-2007 à 11:25:00

pfiou tout juste CLG mais chapeau pour l'exploit ! Tu es allé jusqu'au bout de cette course et c'est là l'essentiel. Toute mes félicitations. Je ferais mon 1er marathon en 2008 en espérant le finir également. J'ai vu que tu étais d'Angers. Marrant ça. Je connais sur le site un barbare en kilt, détestant l'eau qui y réside également ! Lol
Bonne continuation sur cette distance.

Commentaire de l'ourson posté le 10-09-2007 à 11:30:00

Bravo Miss CLG ! Tu es marathonienne !!!! Dommage qu'on ne soit pas trouvés dans cette foule ;-((
Bonne récup

Commentaire de moumie posté le 10-09-2007 à 12:01:00

salut,

Etant aussi au Médoc, je me suis retrouvée dans ton cr, ne penser à rien à certains moments, avancer... :-) (c'était également mon 1er)

Félicitation à toi, tu as mérité ta médaille et tout le reste.

Repose toi bien maintenant

Commentaire de NoNo l'esc@rgot posté le 10-09-2007 à 20:19:00

Ta médaille, tu l'as bien méritée. Quel que soit ton chrono,
tu l'as fini ce marathon, et c'est ce qui compte avant tout !
Bravo pour ton culot (il en fallait !), pour ton courage (il en
fallait aussi !!) et ta tenacité (il en fall.. oui, bon !)
Quand je ferai mon 1° MDP (en avril 2008 ?) je penserai à toi !!!

L'escargot (le vrai !)

Commentaire de Khanardô posté le 10-09-2007 à 22:11:00

Te voilà marathonienne ! Dorénavant, il y aura le "avant" et le "après". Ca ne s'oublie pas, ça !

Bienvenue au "club" et merci pour ce récit !

Commentaire de bigout66 posté le 11-09-2007 à 00:56:00

Salut CLG,

bravo pour avoir terminé ton 1er marathon malgré la blessure et le parcours assez difficile.
Je me suis bien retrouvé dans ton récit avec les premières galères dès les km 15.

Tu finis limite mais ton mental a emagasiné une expérience qui te servira pour tes prochains marathons ce qui te permettras de les finir mieux que celui ci.
Bienvenue dans le club des marathoniens alors !!!

@+ ;-)

Commentaire de Mélie Jolie posté le 11-09-2007 à 19:35:00

Chère CLO,

Peu importe le chrono, peu importe le classement ... tu aimes la CAP, tu vis la CAP et ton CR s'en ressent ... Le petit escargot malgré les critiques a eu le mérite de s'élancer dans ce défi et à çà je dis : RESPECT ....et j'en aurai presque les larmes aux yeux, si, si...

En tout cas, très très heureuse de te connaître et de t'avoir rencontrer ... t'es une super chic fille .... BRAVO ;o)

Commentaire de La Tortue posté le 11-09-2007 à 22:06:00

bravo !

un premier marathon avec comme objectif de le finir, il faut le finir, et c'est tout. donc, mission accompli : tu es marathonienne !

bravo à toi, et ne te préoccupes pas du temps que tu as mis car le Médoc est si particulier que tu ne peux pas te baser dessus pour le prochain où tu feras les 5h30 sans problème, j'en suis sur.

juste un petit conseil quand tu es dans le dur, plutôt que d'alterner marche et course sur 1 ou 2 km, essaie sur des distances beaucoup plus courtes et en te fixant des objectifs visuels. exemple : je cours jusqu'à la voiture rouge (300m) puis je marche jusqu'au stop (150m), puis je cours jusqu'à rattraper le gars en bleu, puis je marche jusqu'au gros arbre, etc... tu verras le temps passe beaucoup plus vite et au final tu gagneras du temps.


Commentaire de L'agneau posté le 13-09-2007 à 00:49:00

Tu l'as fait et penses à tout ceux qui en rêve.
Oublie ta peine car le Médoc est un Marathon très éprouvant et même pour ceux qui ne boivent pas.
Oublie ton temps car il n'est pas significatif de tes capacités sur un marathon ordinaire sur route.
Pour la médaille, ils sont tolérants, jusqu'à plus de 7H00 je crois.
Qu'elle soit la première d'une belle collection.

Commentaire de calimero posté le 13-09-2007 à 20:34:00

Bravo pour ta gestion de course et le plaisir que tu fais partager à ton arrivée!!
Tu commences le Marathon par une magnifique cerise!!!

Commentaire de McFly posté le 13-09-2007 à 22:44:00

Nous sommes nombreux à faire de la CAP plus par défi que pour le chrono. Et ce rêve tu l'as réalisé, et tu en connais la valeur. Alors chapeau bas Clo, et à bientôt.

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