Récit de la course : Trail D2B 2008, par Rag'

L'auteur : Rag'

La course : Trail D2B

Date : 13/1/2008

Lieu : Le Touquet Paris Plage (Pas-de-Calais)

Affichage : 1920 vues

Distance : 30km

Objectif : Se dépenser

7 commentaires

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K2R? non. AG2R? non plus. D2B, oui, Trail des deux baies!

Tiens, un p’tit trail, ça m’dit bien ! 30 kms ? …. une paille. du sable ?...... j’vais en faire des châteaux ! du vent ?....... m’en fous ! De toute façon, on l’aura dans l’dos.

 

Bon voilà ce que, du haut de mon immense modestie, j’aurais pu écrire quelques jours avant le départ. Sauf que……..

 

Les évènements qui vous seront relatés durant ce CR se déroulent entre 05h20 et 13h00. Tut, tut, tut, tut…..

 

J’avais donc pour mission de déjouer une attaque nucléaire sur le trail D2B qui se déroulait entre la baie de la Canche (Le Touquet) et la baie d’Authies (Groffliers, non, non et non, cela ne se trouve pas au Groland !), d’où le jeu de mots SMSesques : « des deux baies »/ « D2B »…. Certains puritains de la langue de Molière m’objecteront que la lettre « B » et le mot « Baies » ne se prononcent pas de la même façon car d’un côté, nous avons un « é » et de l’autre un « è », peu importe ! Tout le monde s’en balance comme de sa première chaussette… de running et puis la France va mal, ses enfants ne sont plus bien éduqués, la langue française est en déliquescence, l’école c’est plus c’que c’était, ma p'tite dame, ah les jeunes d’aujourd’hui, c’était mieux avant….. Bon, passons.

 

Que disais-je avant d’être si grossièrement interrompu par moi-même ? Ah, oui ! Je tentais donc de déjouer un complot terroriste qui visait à déstabiliser l’industrie balnéo-thérapique du Touquet et de Berck (pouah ! on dirait une onomatopée ! i’se sont cru obligés de rajouter « – plage » pour faire plus chic…).

 

5h20 : mon réveil sonne. La tête dans le c…..oussin, je m’extirpe durement de mon sommeil. Heureusement que j’avais préparé tout le matos la veille car, dans l’état où je me trouvais, j’aurais bien incapable de ne rien oublier, à commencer par mes godasses !

Le p’tit dèj’ passe difficilement, je pense à ma mission, la peur au ventre, j’enfile ma « combinaison », me couvre chaudement et affronte la nuit noire. (c’est une licence poétique, tout le monde sait bien que la nuit est noire, ni blanche, ni rose, ni fuschia, NOIRE !).

Me voilà parti pour 1h30 de route au volant de mon bolide d’agent secret : un superbe coupé noire sur le capot duquel trône fièrement un animal cabré…….. ……………. une Peugeot 306 Equinoxe 1.9, 70 CV, un monstre de sobriété. Par les temps qui courent, faut vraiment être le roi du pétrole pour rouler en Ferrari ! Tout le monde sait que les Italiennes sucent… alors que ma ‘tite Française……

 

Une heure et demie plus tard, 165 kms plus loin, 18 radios FM écoutées (j’ai pas le RDS et après Calais, ça monte et ça descend, on capte pas bien…), j’arrive à Groffliers non sans avoir ressenti une boule de stress à chaque carrefour où je ne voyais pas le nom des « bleds » que je cherchais.

 

Je fignole un peu mon équipement en attendant le bus qui amènera les coureurs à la base Nord du Touquet d’où le départ sera donné. Le parcours n’est pas une boucle donc obligatoirement un bus est nécessaire ! Je regarde autour de moi si je n’aperçois pas un terroriste potentiel : un gars en treillis cagoulé, un barbu en djellaba, un marin pêcheur en ciré jaune…. Non, rien que du vêtement technique : ma mission sera plus dure que prévue ! Damned !

 

Le trajet en bus n’est pas une sinécure : le car est plein à craquer, l’atmosphère devient vite moite, les vitres se recouvrent de buée, ça va vite sentir le renard ici ! Heureusement je peux échanger quelques mots avec ma voisine venue s’aligner sur le relais (2x15 kms) avec son époux. Après vingt minutes de trajet à travers la campagne, nous arrivons au Touquet. Mon regard est absorbé par les bâtisses de cette modeste bourgade. Une odeur que je n’arrive pas à identifier d’emblée me chatouille les narines : l’air marin ? non. Les pins ? non plus. Que cela peut-il être ?......... le FRIC ! C’est çà ! Ca pue le fric ! Je ne comprends vraiment pas pourquoi…. funny, isn’t it ?

Après un petit speech d’un des organisateurs sur les ravitos, les barrières horaires, les consignes de sécurité, le car nous dépose à l’entrée de la base Nord du Touquet, le long de l’embouchure de la Canche. Je retire mon dossard et patiente sur un ponton en attendant les prochaines consignes. Le départ sera donné sur la plage, je suis les quelques 200 inscrits et nous nous retrouvons en baie de Canche, la plage à perte de vue, le vent en pleine tronche ! Plein sud qu’il est le vent, pas cool du tout ! J’avais pourtant espéré un vent d’ouest voire nord-ouest… Eh ben, non !

Je scrute la foule des Trailers afin de repérer une casquette ou un buff Kikouroù (que j’arbore fièrement soit-dit en passant) mais le constat est cruel : rien, que dalle, nada, walou. Il faut dire que ma vision est légèrement déficiente dès lors que je porte des lentilles (de contact, bien sûr ! Vous me voyez avec un plat de lentilles à l’entrée de la Canche un dimanche matin ? Non, mais des fois ! Que je ne vous y reprenne plus avec votre humour potache (aux asperges si possible). Y a des claques qui se perdent !)

Ah, j’allais oublier ma mission ultra secrète : toujours aucun terroriste en vue, pas un missile en point de mire, ni une caisse d’uranium, ça devient compliqué.

Juste avant le départ, petit discours de Karine Baillet, grande raideuse devant l’éternel…. (bon, je ne me permettrai pas un calembour graveleux, facile et irrévérencieux……… et je ne vous le permets pas non plus, bande de vicelards !.......................................... Surtout toi, le Lutin ! Ose un peu ! Allez, viens faire de l’esprit ! Ramène ta fraise. Toi et tes polyphonies aborigènes du XVe au XVIe siècle à l’aide de tubas fabriqués en queue de kangourou et de boyaux d’ornithorynque ! Viens faire le malin). OK, je me calme. Pouf, pouf.

 

Le départ est donné et nous voilà lancés à l’assaut du sable si souvent sournois (allitération en [s]). Ridicule serpentin de coureurs sur l’immensité de ces plages de sable fin, le vent  nous fouette le visage (oh oui, vas-y, fouette-moi ! J’ai été méchant, maîtresse.) Nous n’avons pas encore parcouru 600 mètres que les coureurs s’engouffrent dans le massif dunaire, belle entrée en matière.  Nous nous suivons tous en file indienne pendant un peu plus d’un km et nous ressortons sur la plage où nous longeons le centre de balnéothérapie du Touquet, vide à cette période de l’année.

Peu de temps après, nous affrontons une nouvelle fois les dunes, le sable mou, les oyats, les arbustes qui piquent, raflent, égratignent (je présume que certains amateurs SM ne tarderont pas pour enfiler leur combinaison en vinyl véritable et se jetteront à corps perdu dans ce gigantesque atelier de torture « bio »). Pratiquement six bornes dans ce massif que je connais un peu, la CO du Raid du Touquet 2007 avait eu lieu à cet endroit. Ca monte, ça descend, c’est mou mais c’est dur pour les cuisses et les mollets ! Je choisis de marcher dans les courtes montées. Ce n’est pas une mauvaise idée car je reste avec le même « peloton » durant la traversée de cette partie dunaire. Le sable est vraiment mou et mes 85 kgs n’aident vraiment pas à survoler ce type de terrain. C’est durant cette portion que Christophe alias « Ditlekine » me rattrape et engage la conversation. Nous ferons un bon bout de chemin ensemble.

Arrivés à Stella-Plage (encore un nom à la c…. pour devoir ajouter « -plage », sinon ça fait trop penser à la binouze !), nous revoilà sur la plage, terrain plus reposant pour les cuisses mais fortement exposé à sieur Éole !

Et hop ! rebelote, re-dune, puis sous-bois jusqu’à Merlimont où nous attend le premier ravito avant un « plein sud » sur la plage pendant cinq bornes, heureusement que je peux parler avec Christophe car le vent, c’est saoulant ! Je décroche de ce dernier peu après le 21e kilomètre : un petit passage dans les dunes et hop ! le voilà qui me dépose dans celles-ci. Je le garderai en point de mire jusqu’à l’arrivée.

Entre-temps nous avons longé Berck-Plage et ses hôtels, croisé des chars-à-voile, des véliplanchistes et des adeptes du cerf-volant.

Durant le dernier tiers de la course, la fatigue se fait sentir au niveau des cuisses (les efforts dans les dunes, les mini-relances, les sauts de cabri pour tenter de courir sur du sable un peu moins mou ont eu raison de mes gambettes), le passage de mini-digues en gros cailloux bien glissants sont usantes pour le moral car cela coupe mon rythme qui n’est déjà plus « allegro ». Le tracé entre en baie d’Authies et oblique vers le sud-est, le sable est moins dur et commence à sentir la vase, « ça sent l’écurie ». Petit à petit le sable laisse place à la vase et à sa végétation très humide, il me faut faire attention car cela devient très glissant et la fatigue pourrait altérer mes réflexes. Je dépasse quelques rares concurrents en plus mauvais état que moi. Je longe de nombreuses huttes de sauvaginiers et en salue un accompagné de son chien. Salut qu’il me retourne aussitôt avec un sourire de compassion étant donné que mon visage ne respire plus la vigueur….

Le dernier kilomètre longe un champ de moutarde (qui pue) et nous fait emprunter deux grands fossés qui ont presque réussi à provoquer des crampes au niveau de mes quadriceps. J’aperçois l’arche, je passe l’arrivée, heureux d’en avoir terminé. 3h02. Ouf ! Mon objectif de 3 heures n’est pas atteint, la faute au vent sans aucun doute. Je ne manque pas de faire le parallèle avec le Trail de la Côte d’Opale en octobre : ce 30 kms dans le sable me semble plus éprouvant que le 50 kms d’il y a trois mois. Ai-je raison ?

Bilan de cette journée : trail sympa, bonne organisation, terrain exigeant, conditions météo défavorables, assez bonnes sensations malgré tout. Je fus un peu trop prétentieux sur ce coup. Ca m’apprendra. Content d’avoir fait connaissance avec Christophe, impatient de le retrouver sur une prochaine course (les 6 heures de la Gorgue, peut-être ?)

 

Et l’attaque nucléaire, me direz-vous ? Soit les terroristes ont pris peur en me voyant, soit j’affabule. A vous de voir….. Ecoutez votre cœur d’enfant, rêvez.

En tout cas, le tourisme balnéaire sur la Côte d’Opale peut dormir tranquille.

 

 

Rag’ Yann

 

7 commentaires

Commentaire de Manuwak59 posté le 15-01-2008 à 11:46:00

Salut Rag, poête du 21eme siècle !! La tête et les jambes, y en a pour tout le monde.......
A bientôt mec.

Commentaire de Embrunman posté le 15-01-2008 à 17:28:00

Tres beau CR! j'aivais l'impression d'y etre (d'ailleur, j'y étais!!).
Dommage que nous n'ayons pas eu l'occasion de discuter mais en tout les cas tu as eu bonne compagnie avec Christophe (j'en sais quelque
chose).

Commentaire de gdraid posté le 15-01-2008 à 18:48:00

Merci pour ce bon récit plein d'humour, et même de provocations...
Bravo pour ta course dans le sable, menée à près de 10 km/h quand même !
Sans la pelle et le seau, cependant ...
JC

Commentaire de la panthère posté le 15-01-2008 à 19:51:00

merci pour ce récit captivant...j'ai adoré ta prose....et bravo!!!!

Commentaire de ch'ti vincent posté le 15-01-2008 à 20:53:00

Quel récit!!!!!!!!!!!!!!!! Tu as toutes tes chances pour le podium des meilleurs rédacteurs 2008 ! ;-)

Merci, la communauté te remercie vivement pour avoir déjoué l'attentat terroriste en Bééééééééééé.

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 15-01-2008 à 21:45:00

Ce Ragondin, quel calembourgeois décalé ! Dieu m'écartèle (sous anesthésie de préférence), voilà un CR de la plus belle eau. Ce myocastor bouffeur de talus à la queue ronde est un sacré numéro !
Le Lutin dit : encore !
A part ça, Eole était un gars.
Bien le bonjour aux cendres de Desproges.

Commentaire de Rag' posté le 16-01-2008 à 08:30:00

Mille excuses pour cette horrible erreur, cher Lutin.
Dieu m'émascule (sous anesthésie également) mais le vent m'a tellement enquiquiné qu'instinctivement j'ai pensé à une représentante de la gente féminine...

J'ai corrigé évidemment.

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