Récit de la course : Verdon Canyon Challenge Ultrail - 102 km 2008, par lolo'

L'auteur : lolo'

La course : Verdon Canyon Challenge Ultrail - 102 km

Date : 28/6/2008

Lieu : Aiguines (Var)

Affichage : 1883 vues

Distance : 102km

Objectif : Terminer

1 commentaire

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Voir le Verdon et ...revenir

Et voilà le CR d'une nouvelle course de dingos....

Ce coup-ci, j'ai eu l'opportunité de descendre sur Nice et me faire héberger par José (Joe One) et Christelle (Fleur).

Apres une nuit sur Nice, nous partons en famille en direction d'Aiguines ; petit village calme, départ de cet Ultra Trail du Verdon.

Nous rejoignons le camping de l'Aigle surplombant le magnifique lac de Sainte-Croix et son bleu azuréen.

Une fois les tentes installées, nous rallions le parc près de la mairie pour retirer notre dossard.

C'est là que nous rencontrons Domi, Taz et d'autres kikous ou Ufos (ne soyons pas sectaires !) et je me plais à reconnaitre d'autres visages croisés sur les chemins ou sur les routes,

même si la physionomie des coureurs (et coureuses) est souvent identique : plutôt minces, cheveux courts et le même regard qui pétille.

La pasta party de la soirée n'est pas un modèle du genre, l'organisation n'est pas tip top mais ça laisse le temps de converser avec d'autres concurrents en plein air.

Nous n'aurons droit qu'à un plat de pâtes, certes très goûteuses mais ça fait un peu léger quand même....

22H00 direction la tente et gros dodo, le départ est à 9h30, une bonne nuit avant un 100 bornes, ça ne se refuse pas.

Tiens, c'est la première fois que je prends un départ aussi tardif sur un Ultra Trail.

Quand on sait la chaleur qu'il fait dans la région, ce choix me parait très discutable.

6H30, la lumière du jour me réveille et ma bonne nuité m'encourage à préparer mon sac et le reste de mon équipement ; certains coureurs du camping sont déjà réveillés et l'atmosphère commence à s'électriser ; la course commence déjà un peu et pour calmer mon enthousiame je "taille une bavette" avec Olivier 91 et un autre Ufo.

On parle parcours, gestion de course, objectifs etc.....

Je finalise le tout et pars avec Joe one et toute sa famille sur le lieu de départ où le comptage des concurrents du 35 kms a déjà commencé.

Petites scéances photos avec les kikous (Rapace et rapacette, Jerome, Ldingo etc....) et le comptage au micro des concurents du 100 commence. Il serait temps, il est 9h15 pour un départ à 9h30 !

Toute cette cacophonie finit par un "bon, allez c'est parti" et le départ est donné dans la confusion. Les coureurs du 35 devaient nous précéder mais tout le monde part en même temps.

Les 450 dingos filent vers un mono trace sur les hauteurs d'Aiguines dans une chaleur estivale peu propice à attaquer dans le dur. Je prends mon parti de gérer au maximum , même si le physique répond bien, je me force à ne pas doubler.

La grimpette de 700m environ se poursuit jusqu'au Grand Margés ce qui nous permet de profiter d'une vue imprenable sur le lac de Sainte-Croix.

Une petite descente technique et c'est le premier ravito ; je m'enfile un gaviscon pour préserver mon estomac, un peu d'eau gazeuse et 2 ou trois Tucs.

Ce premier ravito sans fruits frais ou sec, m'étonne un peu mais bon c'est le 1er et il est grand temps de reprendre la route.

Le terrain se prête à la course et je déroule mon petit jogging en endurance et je double des concurents du 35 kms .

La chaleur commence à s'abattre sur nous et je me force à boire toutes les 10 mn pour gérer au mieux mon hydratation. Cette technique m'a permis de finir sans encombre le MDS donc.....

La première descente dans les gorges s'offre à nous et j'apprécie en connaisseur la difficulté du terrain (roches lustrées hyper glissantes, gravillons, pierres instables).

Rien de tel pour faire baisser la moyenne, mais difficile d'accelérer. La suite du parcours dans les gorges est ma-gni-fique ; passages sur des sentiers en surplomb ou le long des ruisseaux avec vues imprenables sur les pentes vertigineuses baignées de soleil. J'en profite pour prendre quelques photos avant de reprendre la course.

Quelques mètres dans un passage au-dessus des gorges et j'entends le cri d'un coureur derrière moi qui manque de peu de tomber après s'être cogné la tête sur la roche au-dessus de nous. Il saigne un peu, mais il semble avoir la pêche. De toutes les façons, il nous faut remonter les 500m avant le prochain ravito en haut.

La chaleur combinée à cette grimpette entame bien les organismes, le mien compris !

Pas moins de 2 concurrents qui "tombent" en hypos sous mes yeux, dont un qui s'évanouit dans une pente abrupte rattrapé par un coureur.

Quelque chose me dit qu'il va ya voir de la casse sur cette course... Je rallie le ravito (km 28 ) et j'en profite pour faire refroidir le moteur en compagnie de Taz qui semble s'éclater à la gestion du ravito. Tiens, toujours des curly, des Tucs, des chips mais pas de fruits ou de fromage...

La reprise s'effecue doucement, les voyants sont aux verts mais j'essaie de vraiment faire cette première partie de la course "en-dedans" pour m'économiser ; ce qui paye plutôt bien.

L'embranchement du 35 et du 100 arrive, moi qui suivais un groupe de 3 personnes à bonne allure, je me retrouve seul sur ce sentier en plein soleil (ça tape très dur).

Après 2 kms je rejoins la route groudronnée qui nous emmène près du lac de Sainte-Croix.

Un petit km de bitume qui a l'amabilité de nous renvoyer un peu de chaleur par le sol, on en manquait un peu !

J'aperçois Domi et sa bande, (je comprends qu'il a stoppé), Taz me fait un sourire (comme d'hab) et Jérôme me prend en photo. Petit remonte moral kikouresque.

La suite des évènements est plus noire. Nous remontons vers la montagne et ma vitesse ascentionnelle en prend un sacré coup ; ça cogne dans les tempes et même sans cardio, je sens que c'est pas bon.

Je laisse refroidir un peu le moteur, un coureur espagnol me tape dans le dos en signe d'empathie.

Je repars en stoppant 2 ' tous les 50 pas. Cette technique paye et je rejoins le ravito intermédiaire de "La Source" où attendent 5 ou 6 concurrents allongés sur le bitume. Ils arrêtent la course....

Trop vite au début du parcours et ils me disent avoir payé l'addition 20 kms après.

Je repars en direction du prochain ravito distant de 3,5 kms. Un marseillais tient le poste et nous fait part de la casse qu'il y a eu.... Le talkie-walkie nous informe qu'un concurrent s'est ouvert la cuisse.... Je m'alimente avec ce qu'il y a , donc 3 Tucs, je m'applique du Biofreeze sur mon gros orteil (gros choc sur une pierre 15 kms avant) et je repars en compagnie de 3 coureurs pour une ascencion de 800m sous un soleil qui décidément ne se calme pas trop, il fait 35° à ma montre et il est 17h30.....

Je chemine à 2 à l'heure avec Ludovic, qui peste sur la qualité des ravitos. Il fait la conversation car ma voix semble être partie dans les gorges et mon envie de parler est assez limitée ; autant que ma vitesse.

Après le plus gros de l'ascencion nous rejoignons le secouriste et les 3 photographes qui nous mitraillent comme s'il s'agissait de Delebarre et Dawa en pleine bourre !

Nous reprenons le chemin et le soleil commence à décliner ; nous attendions ça avec impatience mais....les moustiques et les mouches s'en mêlent et nos estomacs souffrent des quelques victuailles salées du dernier ravito. Il est clair que nous tapons dans le dur depuis trop longtemps et que nos corps hésitent entre hypo et déshydratation. Les envies de vomir se font plus fréquentes et ce sont des signes qui ne trompent pas.

5 kms plus loin, alors que nous marchons vite, plutot que de courir, nous rejoignons un militaire du RA de Toulon qui est posté à l'embranchement pour la descente sur Mayestre. Il partage nos opinions sur l'organisation de cette année, spécifiquement sur le balisage de nuit et nous indique la direction à prendre. Visiblement l'année dernière ils ont eu droit aux batons lumineux...

La descente s'effectue relativement rapidement comparativement à nos derniers kms de progression et nous estimons nos chances d'arrivée à Malignes (km58) et ses pâtes, qui nous font rêver depuis 15 kms. L'heure tardive nous ramène à la réalité. Je m'attarde un peu pour vomir le peu que j'ai dans l'estomac, à savoir de l'eau et ma boisson énergétique.....

En arrivant au ravito, nous stoppons vers une ambulance et le doc nous indique l'emplacement du ravito en n'oubliant pas de nous faire le menu (curly, ships, lardons cru.......) Il nous indique ne pas trop pouvoir décrier l'organisation (puisqu'il en fait partie), mais n'en pense pas moins en tant que médecin...

Visiblement, un coureur s'est perdu vers 1300m là-haut et attend les secours avec sa couverture de survie (Kholanta en France).

Nous décidons avec Ludovic d'arrêter les frais ici ; il est 22h30 et les 10 kms qui nous séparent de Malignes ne valent pas un TUC ;-)

J'apprends par hasard que le coureur égaré n'est autre que José et que sa femme est en contre bas avec sa voiture. Une heure après, il arrive enfin accompagné des militaires qui le conduisent dans l'ambulance pour prendre ses constantes. Il arrive à se tenir debout donc à priori tout va bien.

Ludovic et moi rejoignons Aiguines avec sa femme. Et je prends la direction du camping avec lui tandis qu'elle part rejoindre José à l'aire de départ.

En synthèse :

Une course dure, très dure

Une organisation très limite et qui tranche avec ce qu'on peut trouver ailleurs

Des bénévoles sympas qui en ont pris plein la g..... pour pas un rond

Un site magnigique qui mérite très, très largement le déplacement

Des rencontres avec des kikoureurs, des Ufos et des coureurs comme on les aime

Mon bilan personnel est plutot positif même si je ne suis pas allé au bout.

J'ai repoussé mes limites en course avec l'estomac vide et 35° à l'ombre

Le profil de la course se rapproche un peu de ce que je vais trouver sur le GRR, cela me fait donc à nouveau un bon entrainement.

Après la grisaille en IdF, j'avais envie de chaleur et j'ai été servi !

Je vous recommande cette course malgré tout, elle vous donnera ce que vous lui apporterez.

pace e salute

lolo

1 commentaire

Commentaire de taz28 posté le 07-07-2008 à 08:27:00

Quelle course infernale que ce Verdon !! Elle en a avalé des coureurs durant cette épreuve haute en température !!!

Ce fût un plaisir de te revoir là bas, et de pouvoir un peu t'encourager...(au lac tu avais déjà les stigmates de la fatigue...et c'était difficile de trouver les mots pour te soutenir ...)

Récupère bien Lolo !!!

Bisous

Taz

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