Récit de la course : Trail des Balcons de la Nesque 2008, par DJ Gombert

L'auteur : DJ Gombert

La course : Trail des Balcons de la Nesque

Date : 28/9/2008

Lieu : Villes Sur Auzon (Vaucluse)

Affichage : 1805 vues

Distance : 33km

Objectif : Terminer

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Le récit

Bon ben, … je vais pas vous faire un flan, mais j’ai pas aimé le parcours des Balcons de la Nesque. Alors pourquoi me direz-vous écrire un récit ? pour le plaisir de dénigrer ? Non, juste pour celui de partager une expérience, car autant cette course qui ne m’a pas plu, plaira peut-être à d’autres.


Mais revenons en au début, l’objectif en faisant les balcons de la Nesque était :

1 - d’augmenter ma distance en course avec ce 33km au dénivelé cool D900+

2 - rencontrer les kikoux du Vaucluse 

3 - découvrir des paysages au pied du Mont Ventoux, ce géant de Provence


Départ de Marseille en co-voiturage avec Chorizo13 dans un remake de taxi à la campagne et xav04. Nous arrivons sur place à 8H00, sur une intuition géniale de Chorizo, car le départ qui était annoncé à 9H00, a en fait lieu à 8H30 (C’est quand même un grand Nimportawak de l’organisation). En fait il aura lieu à 8H45.


Juste le temps de prendre une photo de groupe kikouresque (A ce sujet, toutes les photos de ce récits sont de xavhië et Françoise84)

 

Sandy84, xav04, xavhië, chorizo13, françoise84 et DJ Gombert 

Ainsi que de mes patibulaires deux gardes du corps

 

 

Repérage du profil qui est affiché (ce qui n’était pas le cas sur le site internet : no comment) : 3 grosses bosses, et la grande montée de Fayol, puis retour sur Villes sur Auzon.

 

Et hop départ, pour une petite boucle dans le village, ce qui est assez sympathique, puis direction les bois pour rejoindre le GR 91. Je décide de partir cool (170 bpm) au moins la 1er heure, avec une petite inquiétude sur les barrières horaires, vais-je courir assez vite ? mystère et boule de gomme ?

 

Après avoir dépassé le village de Méthamis nous redescendons vers le fond de la Nesque, où nous " profitons" d’une vue sur les balcons de la Nesque : en fait c'est une vue assez quelconque sur des gorges encaissées.


Et c’est parti pour mes trois bosses.


Dés la première bosse, au bout de 30 mn, je récupère Françoise84 . Je m’approche d’elle dans la montée, et en profites pour appuyer lourdement ma main sur son épaule (le genre de geste qui fait souffrir quand on monte …) nous échangeons deux trois mots et je repart, car je redoute les barrières horaires.

 

Deuxième bosse, c’est assez monotone, si ce n’est que je commence à doubler. J’ai pris la tête d’un groupe de 3 coureurs, jusqu’à ce que nous tombions sur une coureuse en détresse : elle n’arrive pas à remettre son embout de camelback. C’est vrai qu’il est glissant le bougre, il me faudra enlever mon buff kikourou, pour arriver à le tenir et l’enfoncer. Elle me remercie, et s’excuse de m’avoir fait perdre du temps. Grand sourire "si on ne peut pas perdre 5 mm, pour s’aider dans une course, à quoi bon de courir ? ".

 

Et s’est reparti. Petit passage amusant, avec descentes encordées, je récupère ma meute et redouble. Voilà le fond de la rivière, que c’est ch… , que des gros cailloux, de ceux que je détestais quand jeune j’allais me baigner à la Cèze, vous savez ces gros cailloux de la taille d’un poing, instables et roulants, et là il faut en plus courir. Autant vous dire que cela fait travailler la proprioception des chevilles (il me faudra plus de trois semaines après la courses pour que mes "courbatures" sur le dessus des pieds disparaissent …).

 

3ieme bosse et passage par une grotte troglodyte. Puis arrivée au ravitaillement à 11h00, j’ai 30 mn d’avance sur la barrière horaire. J’en profites pour manger, remplir mon camelback et surtout discuter avec les bénévoles. 15 mm plus tard Françoise84 nous rejoint. Je repars.

 

Nous traversons la route, direction la montée vers Fayol, celle dont chorizo, m’a dit 3tu verras, cela grimpe dur, tu devras t’aider avec les mains", et d’entrée c’est le cas, je passe à coté d’un bénévole dont le visage me dit vaguement quelque chose, puis d’une bénévole que j’ai déjà vue. Oui mais où ? Signes ! et pendant que je m’aide pour grimper le muret, je fais tilt en visualisant les salomons rouges du bénévole : "Samuel ? …Bonaudo ?"

Réponse de l’intéressé "Oui".

En fait, Samuel, qui vient de remporter la veille, les 100 kms de Millau, est bénévole aujourd’hui sur les Balcons de la Nesque avec Marion Gondard. Respect et chapeau bas ! A une époque, où de plus en plus de coureurs se prennent pour des stars.

 

Je continue ma montée, et arrive enfin sur le plateau, je vais pouvoir relancer, car mon objectif est quand même de 4h30, et là, je m’embronche et me récupère de justesse, mais j’ai étiré durement mon mollet droit, déjà que les ischios ont sacrément morflés avec ces 3+1 bosses.

 

A partir de là, cela a été le début du commencement du chemin de croix. En effet, le plateau est fait d’une succession de faux plats, avec légère descentes, où il faut constamment relancer sur un sol technique, ou les rochers affleurent, et où donc les chevilles sont fortement sollicitées. Et pour rajouter au découragement, nous sommes en sous bois, avec pour seule vue des troncs, encore des troncs, des rochers, des troncs, des feuilles et quelques champignons. Je me fais sacrément ch…  et je marche la plupart du temps, incapable de relancer sur les faux plats, et trottinant dans les descentes.

 

J’ai un gros moment de pas bien du tout, entre 3h00 et 3h30. J’en suis même à envisager d’abandonner. Oui ! vous lisez bien ! d’abandonner,! Tellement cette course est ennuyeuse, et surtout je ne voudrais pas me faire une entorse de la cheville (qui est mon point faible).

 

3h30 de course je refais surface, même que je rattrape un coureur que je double. Mais qu’est ce que je n’aime pas le chemin où nous courrons, trop durs pour les appuis. Enfin, nous récupérons un DFCI, je vais pouvoir reposer mes chevilles, un panneau indique "Villes sur Auzon 7 km". Plus qu’une heure alors. L’objectif de 4h30 est donc toujours d’actualité. Mais à peine ais-je pensé cela que me voilà à un embranchement, sans rubalises, Put…  j’ai pas vu la bifurcation plus haut, et ce panneau indicateur qui me nargue avec son "Villes sur Auzon", et cette petite voix qui me dit qu’en continuant par là, je retrouverai quoiqu’il en soit l’arrivée. Oui ! que tout cela est tentant, j’ai vraiment pas envie de remonter cette cote, vraiment pas envie, que ce chemin est large, oui ... si large, ... et ce panneau qui me tentes : "Viens, ... Viens, par ici, le chemin est large, viens, ... laisse toi aller, cela sera plus rapide, viiiiieeennnnns". Pffff ! que c'est bigrement tentant, de se laisser aller, ..., mais ... non, ... pas encore, .... pas maintenant ...et puis au CRAC Team, ... on ne mange pas de ce pain là, allez courage ! revenir sur tes pas il le faut, la rubalise tu retrouveras, aussitôt dit, aussitôt fait… heu 5 mm plus tard je retrouve ma rubalise qui m’amène au deuxième ravitaillement.

 

Je fais par de ma mésaventure aux bénévoles du ravitaillement,

"Mais ! nous avons coupé le chemin avec une rubalise !"

"Je vous jure, même si je ne suis plus frais, je n’ai pas vu de rubalise"

"Put…  ils (les chasseurs) ont encore dérubalisé"

"Ouais, merci les abrutis ", pensais-je …

Petite discussion avec les bénévoles, et je reparts pour m’arrêter 10 m plus loin au pied d’un arbre pour enlever un caillou.

Et là un bénévole crie : "C’est lui regardez qui dérubalise", en me pointant du doigt

Instinctivement je lève les bras et dit "Mais non, je suis un sanglier (NDLR avec un tee-shirt orange …)"

Mon bénévole "Ah d’accord, j’ai confondu"

"Heureusement qu’on rigole " pensais-je cette fois là.

 

Et je repars, sans grand courage, je me fais doubler, et même topos : sols techniques, où les chevilles sont fortement sollicitées, même si, comme cela redescend c’est moins dur. Mais qu’est ce que je m’ennuie. Enfin une trouée, qui permet de voir le Mont Ventoux, … dont le sommet est dans les nuages, … journée de merd…

 

J’entends des pas derrière moi, et "j’accèlere". En fait c’est au moins une vétérane 3 qui me dépassera au bout de 10mn, je suis en mode "endurance fondamentale" à 150 bpm. Je suis comme déconnecté, mes pieds avancent tous seuls. Vivement que cela finisse.

 

Nous arrivons sur la route goudronnée. Je demande aux bénévoles :

"C’est encore loin ? "

" 800 m "

J’en ai vraiment marre, et là un grand moment d’émotion, je pense que mes filles courent avec moi, une dans chaque main, comme nous devrons le faire à l’arrivée du Trail de Signes en 2009, j’en ai les larmes aux yeux. Cette pensée, me donne la force de continuer.

 

Ma coureuse au camel back que j’avais dépanné, surgit de ne sais où et me dépasse, où plutôt me dépose, elle va deux fois plus vite que moi …

Je vous l’avais dit, une vraie galère …

 

La fin se rapproche. Tiens ! sur le bas coté mes deux compères qui m’attendent assis.

Super ! on va finir ensemble, ils se lèvent difficilement, … je les ai déjà dépassé.

Que faire ? m’arrêter et les attendre ? Où continuer ? Car je sais que je ne repartirais plus.

Tout en réfléchissant, les pieds continuent leur inexorable cheminement. Je me retourne, et j’ai l’impression d’être dans le train sur le quai de la gare … emporté par mon pedibus, … un profond déchirement m’envahi, je veux finir avec vous, mais mes pieds m’emportent au loin …

Je m’écrie : "je continue, car sinon je ne pourrais plus repartir "

Je vois l’arrivée, triste d’avoir laissé mes compères, les pieds continuent.

Françoise84 me prend en photo (elle est arrivée avant moi, avec mon détour dérubalisé)


Ca y est arrivé ! C’est la fin, 4h41. Je suis déçu, déçu de ce trail technique, très technique, mais surtout du manque de paysage, que cela soit dur c’est normal, mais que l’on s’ennuie, cela l’est moins. Déçu du dé-rubalisage, déçu de ne pas avoir pu m’arrêter pour finir avec xav04 et chorizo13. Oui ! déçu pour toutes ses raisons.

 

Mais heureux de les avoir retrouvés

 

Nous nous restaurons ensemble, jusqu’à ce que l’organisation vienne nous chercher pour accueillir les derniers, bel esprit !

ANALYSE TECHNIQUE DES BALCONS DE LA NESQUE 

Trail technique avec sols très sollicitant pour les chevilles (fond de rivières, rochers verticaux affleurant) avec beaucoup de relances (faux plats).

Paysages soporifiques, seul avantage être à l’ombre.

Trail que personnellement, je ne referais pas, même si j’ai eu la satisfaction de faire mon premier 30 km (distance relevé par plusieurs GPS, et non 33 comme annoncé par l’organisation), à une vitesse légèrement supérieure à mes derniers trails de 25 km, mais surtout de ne pas mettre foulé de chevilles (très grosses satisfaction personnelle au vu du terrain).

7 commentaires

Commentaire de CROCS-MAN posté le 16-11-2008 à 07:52:00

Salut DJ, dis moi qu'après tu t'es réveilé et que ce n'était qu'un mauvais rêve. On ressent bien que tu en a bavé.
Tu es allé au bout Bravo et à bientôt.

Commentaire de riri51 posté le 16-11-2008 à 13:45:00

Merci DJ pour ce CR et félicitations pour avoir terminé au moral. Ton Cr me fait penser à la flassanaise (parcours au pied du ventoux dans des combes humides, sans vue sur cette superbe montagne,avec énormément de cailloux -souvent cachés par des feuilles-)une course à mon avis plus roulante que les balcons de la nesque...Je comprends donc les sensations que tu as pu éprouver lors de cette épreuve.

Commentaire de RogerRunner13 posté le 16-11-2008 à 16:05:00

Malgré un moral en berne, tu es allé jusqu'au bout, bravo. M'enfin courir à l'ombre c'est quand même pas si désagreable, à bientôt.

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 16-11-2008 à 19:09:00

Même quand c'est négatif, c'est bien de le dire. C'est vrai que le débalisage est une plaie. Bravo d'avoir eu le courage de finir.

Commentaire de sarajevo posté le 16-11-2008 à 19:18:00

salut mon cher DJ dingo...

Eh ben dis donc ... qu'elle galère ce trail...

mais tu as continué ... tu es arrivé au bout ... et tu es vivant .... FELICITATIONS ....

Tu as largement ta place au sein de l'equipe des bras cassées et jambes de bois ....
Finir cette course te permet de passer un palier, ce n'est jamais une perte de temps ...

a+ et n'oublie le CCC en objectif ...

a+
pierre

Commentaire de NICO73 posté le 16-11-2008 à 19:27:00

Toi qui nous donne toujours l'eau à la bouche par tes récits, tu t'es ennuyé. C'est un trail que je n'essaierais pas. Vivement le prochain pour que tu t'éclates!

Commentaire de Françoise 84 posté le 16-11-2008 à 19:52:00

Bon, j'espère quand même que tu "remonteras" faire quelques courses en Vaucluse... Allez, en Drôme aussi, il y en a des pas vilaines, mais là, il faut énormément remonter!! En tout cas, j'ai été très contente de te rencontrer et de retrouver la fine équipe qui t'accompagnait!

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