Récit de la course : Saintélyon 2010, par ChrisTof

L'auteur : ChrisTof

La course : Saintélyon

Date : 5/12/2010

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 1416 vues

Distance : 69km

Objectif : Pas d'objectif

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Ma 2ème Saintélyon !

Et bien ça y est ! Nous y sommes ! Bienvenue sur la ligne de départ de cette Saintélyon 2010 ! Le départ va être donné dans quelques petites minutes et je savoure encore toutes ces images de course à pieds qui traversent à ce moment-là mon esprit ! Petit flashback très plaisant, idéal en tout cas pour compenser ne serait-ce qu'un tout petit peu le froid vif qui règne à St Etienne...

Cela fait un peu plus de 2 ans que je me suis mis à courir, considérant à juste titre que le hand et le badminton devenait trop traumatisant pour les articulations une fois passée la quarantaine !

Je me souviens parfaitement de la première fois où j'ai passé la barre des 20 bornes ! C'était quelque part en Corse, en août 2008 ! Ce jour-là, j'ai ressenti une immense joie, une grande fierté ! Comme quoi, il suffit de peu de choses finalement pour être heureux ! Très vite, j'ai enchaîné pour passer d'autres caps symboliques, les 30, les 40 puis les 50 bornes. Toujours sur des parcours typés trail, rarement sur bitume, pour préserver au maximum mes guiboles et ainsi pouvoir courir le plus longtemps possible, jusqu'en catégorie VH3...au moins !

Et puis, en 2009, ce fut ma 1ère Saintélyon avec à la clé un chrono de 6H37 (lire mon récit ici : http://www.kikourou.net/recits/recit-9455-saintelyon-2009-par-christof.html)

Avec le recul, je me dis qu'avec plus d'expérience, j'aurais pu décrocher cette Sainté d'or qui m'a échappé pour seulement 7 petites minutes et des poussières de secondes. Mais finalement, ça n'est que plus motivant de se fixer de nouveaux objectifs et de continuer à progresser !

Aujourd'hui, je vais donc tenter de décrocher une Sainté d'or. Les choses ne seront pas faciles. D'abord en raison des conditions de course (froid, neige et plaques de glace), ensuite à cause d'une année 2010 qui ne s'est pas déroulée aussi bien que je ne l'espérais !

Le début d'année avait pourtant bien commencé avec une 61ème place au trail du Petit Ballon (45 km – 1800 D+), une 22ème au trail de la vallée de Chevreuse (55 km – 2000 D+) et une 28ème à la Bouillonnante (52 km – 2450 D+). Et puis est survenu un problème « technique », le genre de souci qui vous oblige à stopper toute activité physique durant un peu plus de 2 mois (mai et juin)...avant de reprendre tout doucement le chemin de l'entraînement...pour m'aligner d'emblée sur la CCC !!!

Cette CCC 2010 restera d'ailleurs à jamais gravée dans ma mémoire, d'abord en raison des conditions météo que nous avons subies ce vendredi 27 août, ensuite parce que ces mêmes conditions météo m'ont contraint à m'arrêter à Trient en Suisse après 13H30 de course, de marche...et de patinage artistique dans la descente de Bovine !!!

Frustré d'avoir du stopper mon effort alors que la tête et les jambes étaient parfaitement capables de m'amener au bout de l'aventure mais désireux de préserver mon intégrité physique (il faut dire que j'avais commis l'erreur de partir sans bâtons...promis ça ne se reproduira plus !), j'ai très vite rebondi en participant dès le 18 septembre à l'écotrail de Briey (54 km – 850 D+) puis le 16 octobre au trail des lumières du côté de Nancy (50 km – 950 D+), trail qui finalement se transformera en sortie longue de presque 60 bornes en raison d'une erreur d'itinéraire sur la fin du parcours !

Bref, que de souvenirs depuis cet été 2008...

En ce 4 décembre 2010, je sais que je vais m'aligner sur cette Sainté avec un fort déficit de kilomètres : à peine 500 contre près de 900 en 2009 sur la période septembre-octobre-novembre ! Par contre, point de déficit au niveau du poids ! C'est même tout le contraire avec 76,4 kg sur la balance contre 73,7 l'an passé à la même époque !

Qu'à cela ne tienne ! La Sainté se joue à plus de 70 % dans la tête. Et de ce côté-là, je sais que je n'ai pas de souci.

Quoiqu'il arrive, sauf grave blessure ou conditions de course que je jugerai trop dangereuses, je sais déjà que je la finirai. La question est en combien de temps ? Je serai assez vite fixé !

Pour l'instant, je profite encore de l'accalmie toute relative qui règne sur cette ligne de départ ! Et je me dis que j'ai vraiment beaucoup de chance d'être ici et de pouvoir faire ce que j'aime, à savoir courir en pleine nature !

Quoique...On m'a suffisamment traité de cinglé, de grand malade, de fou furieux, de totalement déséquilibré, de complètement taré et j'en passe pour me dire que finalement, on est plutôt bien entre « cinglés » sur cette ligne de départ ! Debout, serrés les uns contre les autres pour essayer de se tenir bien au chaud, un peu comme les manchots sur la banquise...

En parlant de fous furieux, je suis vraiment heureux d'être présent à St Etienne entouré de mes potes de l'ES Hagondange, club de CAP dont la seule prétention est de permettre à chacun de prendre un maximum de plaisir, en course comme à l'entraînement ! Je suis accompagné de Raphaël (déjà croisé sur la Sainté 2009 et la CCC 2010), Michel, Eric, Salvatore, Xavier, Bernard, David et Mikaël...et Daniel qui a fait office de chauffeur !

J'ai pu aussi retrouver Angie (une vraie « furieuse » qui a couru la CCC 2010 avec l'épaule en vrac !!!) et d'autres coureurs de l'A2M (club de CAP situé à Metz) juste avant le départ, ainsi que Christophe, alias Hermagot, dans le Hall B du Parc Expo ! On en a profité pour faire une belle photo de groupe des coureurs mosellans.

Puis, vers 23H40, j'ai décidé de me diriger vers le départ ! On s'est souhaité une dernière fois bonne chance, on s'est congratulé, on s'est tapé une dernière fois dans la main parce que l'on savait tous que la nuit allait être longue, très longue dans ce froid hivernal !

Et me voici donc sur cette ligne, ou plutôt à environ 150-200 m de la ligne de départ. Je suis hyper concentré ! Le parcours, je l'ai parfaitement mémorisé...virtuellement bien sûr car l'éloignement géographique ne me permet pas de l'évaluer dans la réalité !

J'ai donc exporté la course sur Google Maps et j'ai zoomé sur chaque portion du terrain pour mieux repérer les endroits les plus difficiles mais aussi les plus « faciles » lorsqu'il faudra relancer.

Ayant participé avec mes potes de l'ESH à la pasta-party organisée par Kikourou (au passage merci et félicitations à Blob et Mamanpat), j'ai eu le plaisir d'y retrouver l'ami Tidgi un peu après 20H. Un « malade » qui avait décidé de faire la Lyon-Sainté-Lyon, soit l'aller-retour, environ 140 bornes en à peu près 24 heures !

Tidgi m'avait chaudement (le terme est plutôt de circonstance !) recommandé de mettre au moins 2 couches de vêtements sur le haut du corps, là où, habituellement, je n'en mets qu'une seule !

J'ai donc suivi son conseil et enfilé un maillot manches longues Décathlon par-dessus mon Mizuno Breath Thermo. Par précaution, j'ai aussi décidé d'enfiler mes gants Asics non pas pour me protéger du froid qui est annoncé (entre -6 et -9° selon l'endroit du parcours) mais plutôt des chutes qui sont parfaitement prévisibles tant les sols sont gelés et, par endroit, couverts de glace.

Pour le reste de l'équipement, il y a ma frontale Petzl Tikka xp2, un collant Odlo, une paire de trail Asics Trabuco 13 et une ceinture porte-bidon à laquelle j'ai fixé un coupe-vent et dans laquelle j'ai placé ma couverture de survie, 3 barres de pâtes d'amande (je n'en mangerai qu'une seule sur le parcours), mon GSM, 2 mouchoirs en papier, quelques feuilles de papier toilettes et mon gobelet.

Comme d'habitude, je pars sans liquide (les ravitaillements sont -trop- nombreux) et sans rien sur la tête. Le froid ne me rebute pas ! On a le sang chaud en Lorraine !

Au dernier moment, j'ai décidé de ne pas enfiler mes mini-guêtres Raidlight et, avec le recul, je me dis que ce fut le bon choix. A l'arrivée mes pieds étaient « relativement » secs dans mes chaussettes Décathlon Run 900...pieds que j'avais bien enduit de Nok à 2 reprises avant le départ et surtout parfaitement bien préparés durant les 2 semaines précédentes avec une crème nourrissante Scholl.

Ça y est, cette fois le compte à rebours est donné et dans quelques secondes, je vais m'élancer pour ma 2ème Saintélyon en ce 5 décembre 2010, jour de mes 43 ans !!! Fêter son anniversaire sur une course aussi mythique que la Saintélyon me procure vraiment un immense bonheur...enfin...faut pas exagérer non plus...disons que c'est un bonheur furtif qui durera au moins quelques minutes après le départ !

5, 4, 3, 2, 1...c'est parti ! Tout de suite, je décide d'attaquer afin de remonter le maximum de coureurs avant d'atteindre Sorbiers ! Je me positionne sur les côtés pour éviter la cohue mais cela m'oblige parfois à grimper sur les trottoirs enneigés, voire empiéter sur les bas-côtés ! C'est glissant et donc relativement dangereux par endroit.

Au fond de moi, j'ai vraiment envie de faire mieux que l'an passé et essayer de décrocher cette Sainté d'or en finissant la course en moins de 6H30. Je sais pourtant que la partie est plutôt compromise en raison des conditions de course. Mais tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir ! Alors, vas-y mon gars, tu verras bien lorsque tu seras arrivé à St Genoux vers le 36ème km et que le gros de la partie trail, qui plus est sur un parcours ascendant, aura été accompli !

Ma stratégie est donc extrêmement simple, pour ne pas écrire simpliste : commencer par un marathon pour bien s'échauffer, poursuivre par un semi-marathon pour confirmer et finir en beauté par un 5.000...à fond les manettes, le long des quais de Saône et du Rhône ! 68 km de pur bonheur...ou presque !!!

Bref, je cours assez vite et par moment ma vitesse instantanée frôle les 15 km/h. La température est plutôt fraîche puisqu'un thermomètre digital en zone industrielle affiche gaillardement -8° ! A l'inverse de 2009, point de pleine lune pour éclairer notre chemin mais la neige qui recouvre les sols nous permet néanmoins de profiter d'un surcroît de luminosité.

Je double des dizaines de coureurs et j'arrive enfin sur les premiers sentiers, là où mes jambes de trailer se sentent si bien ! Et comme en plus ça grimpe, je me sens vraiment très bien.

J'arrive au 1er ravitaillement à St Christo, km 16, en 1H29 contre 1H24 l'an passé ! 5 minutes de retard, c'est pas la mer à boire (ou l'amer à boire...les lorrains me comprendront !). Mais, histoire de positiver, j'ai carrément 1 minute d'avance par rapport à mon plan de course pour viser 6H30 puisqu'il fallait en effet que j'arrive à St Christo en 1H30 !

Sur le papier, je suis plutôt satisfait mais dans la pratique, je dépense plus d'énergie qu'en 2009 en raison de la neige et de la glace sur la route qui m'obligent non seulement à redoubler de vigilance mais aussi et surtout à compenser en travaillant mes appuis. En tout cas pour l'instant tout va bien, et comme prévu, je ne m'arrête pas au ravitaillement car je n'ai ni soif, ni faim.

Je pars en direction de Moreau, vers le km 22. Les organisateurs nous avaient dit qu'il n'y aurait pas de ravitaillement cette année à cet endroit. Pourtant, un mini-ravitaillement y est installé.

Mais là encore, je décide de continuer sans m'arrêter puisque mon 1er arrêt est prévu 6 km plus loin à Ste Catherine. Les premiers kilomètres parcourus sur les sentiers et chemins qui séparent Sorbiers de Ste catherine sont fabuleux ! Quel plaisir de voir ces superbes panoramas recouverts d'un épais manteau blanc, tellement épais que par endroit, on arrive à s'enfoncer jusqu'à hauteur des genoux !

Surtout, ce que j'apprécie énormément, c'est le silence qui règne sur le parcours. On entend juste le bruit des pas dans la neige et la respiration des coureurs (rares sont ceux qui parlent lorsque ça grimpe).

Arrivé à Ste Catherine, je décide de faire une petite pause : 2 gobelets de thé chaud mélangé à de l'eau plate (pour éviter d'absorber une eau trop froide et donc de risquer des troubles gastro-intestinaux qui ruineraient définitivement ma course !) et 1 barre énergétique « fruits rouges » en libre-service sur la table du ravitaillement.

Au passage, je dois dire que cette barre est très savoureuse, sucrée juste comme il faut et moelleuse à souhait malgré le froid qui régnait cette nuit-là. Un bon complément à mes pâtes d'amande Gerblé.

Bon, c'est pas le tout mais il ne faut surtout pas traîner pour éviter de se refroidir. En moins de 2 minutes, me voici déjà reparti. Destination St Genoux.

Le passage de la Saintexpress, la nouvelle course « courte » au départ de Ste Catherine nous a un peu aidés en ce sens que la neige est par endroit bien tassée...trop même parfois, ce qui provoque quelques chutes assez spectaculaires sur un sol glacé.

Je fus d'ailleurs l'une des victimes de ces plaques de glace extrêmement piégeuses et très dangereuses. Lorsqu'après un vol à l'horizontal, je suis lourdement retombé sur le dos et que l'arrière de mon crâne est venu percuter le bitume, j'ai bien cru que c'en était fini de la Saintélyon 2010. Heureusement, plus de peur que de mal ! Juste une jolie bosse...et quelques traces durant les jours qui suivront la course au niveau du coccyx. Après quelques longues secondes à m'ausculter, je me relève et reprends doucement le rythme qui était le mien juste avant la chute.

Je sais que nous allons bientôt aborder la fameuse descente du Bois d'Arfeuille. En 2009, malgré mes chaussures typées « route » (Asics Nimbus 11), je l'avais descendue comme un trailer, c'est-à-dire comme un fou furieux.

Je suppose que cela ne sera pas le cas cette année ! Et bien...mes prévisions étaient en-dessous de la réalité !

Dans cette descente, il est quasiment impossible de courir. Au mieux, j'ai trottiné, et par endroit, j'ai carrément marché ! Il n'y a rien de plus énervant que d'être obligé de marcher dans une descente ! Heureusement, la descente est assez courte mais en même temps bien trop longue lorsque l'on ne peut pas courir...

L'essentiel est de me préserver et d'éviter, coûte que coûte, la blessure. Donc je fais tout mon possible pour éviter la casse. Malgré cela, je me vautre lamentablement à 2 reprises dans cette satanée descente du Bois d'Arfeuille...t'en fais pas ma Belle, on se retrouvera en 2011 et si les conditions le permettent, j'aurai ma revanche !!! Na !!!...

Enfin, je vois St Genoux. Et, comble du paradoxe, autant je devais marcher dans la descente du Bois d'Arfeuille, autant je cours dans la montée qui nous mène à St Genoux.

Je passe le ravitaillement, vers le km 36, en 3H52...contre 3H23 en 2009 ! Près d'une demi-heure de retard !!! Je me sens très bien, physiquement et mentalement mais visiblement la neige et la glace compliquent sérieusement ma course. Dans ces conditions, je me dis qu'il est illusoire de vouloir faire mieux que l'an passé.

Au revoir Sainté d'or...Je revois donc mon objectif initial à la baisse et décide de viser une Sainté d'argent.

Pour cela, il faut boucler l'épreuve en moins de 7H30. Petit calcul rapide dans ma tête, ça fait grosso modo un peu plus de 9 km/h de moyenne. C'est parfait puisque je cours actuellement à près de 9,5 de moyenne et que la partie la plus difficile est derrière nous.

J'en profite aussi pour m'arrêter au ravitaillement. A nouveau 2 gobelets d'eau + thé chaud et 1 barre énergétique aux fruits rouges.  Je discute avec les bénévoles. Il semblerait qu'il y ait eu de la « casse » dans le Bois d'Arfeuille. Il y en aura même un peu plus après mon passage. Comme quoi, j'ai bien fait de jouer la carte de la sécurité.

Allez, dernier sourire à ces bénévoles vraiment dévoués, dernier remerciement pour leur soutien moral et en route pour de nouvelles aventures. Il va falloir maintenant gérer la « longue » descente en direction de Soucieu sachant que nous venons de passer la mi-course.

Cette descente va me faire le plus grand bien car je vais enfin pouvoir courir et me dégourdir les jambes. C'est pas le tout mais...quand est-ce qu'on court ? Hein, Daniel ? Quand est-ce qu'on court ? Désolé pour les autres mais seuls les membres de l'ESH comprendront !...

J'arrive à Soucieu, km 45 en 4H45. Ça y est, j'ai bouclé le marathon et je suis déjà entré dans le semi depuis bientôt 3 km ! Ce sera mon 3ème et dernier ravitaillement avant l'arrivée à Lyon.

Cette fois, j'absorbe 1 gobelet d'eau + thé chaud et je mange l'équivalent de 2 clémentines. L'arrêt est très bref, peut-être 25 secondes à peine. Je ressors du chapiteau en marchant et j'en profite pour ingurgiter les clémentines prises sur la table.

Maintenant, direction Beaunant dans environ 12 km. Je repars tranquillement, bien calé dans mes Trabuco 13. Bien au chaud aussi dans mes 2 couches à manches longues. Merci Tidgi pour ton conseil avisé !

Je passe le Garon et sa passerelle piégeuse, j'entame la longue montée boueuse vers Chaponost puis je goûte, enfin, au « plaisir » sans doute partagé par tous les coureurs de cette 57ème édition de cette nouvelle portion de descente du côté du château de Chaponost...en empruntant des -hautes- marches d'escalier ! Bienvenue dans un monde de tendresse...pour des quadriceps déjà bien sollicités par des appuis plutôt sommaires !

Je continue mon bonhomme de chemin en direction de Beaunant, km 57, où j'arrive en 6H07. Je me sens bien, je décide donc de ne pas m'arrêter à ce dernier ravitaillement. Je sais aussi que la montée le long des aqueducs en direction de Ste Foy nous tend les bras et que la portion à près de 20 % réclame encore un peu d'énergie pour réussir à s'en extirper sans y perdre trop de temps ! Juste avant le sommet, je décide de retirer définitivement ma frontale et la fixe à la ceinture de mon porte-bidon.

Un énième coup d'oeil à mon GPS me confirme que je suis encore dans les temps d'une Sainté d'argent. Maintenant, il suffit de gérer jusqu'à l'arrivée. Il me reste encore 9 km dont les interminables quais avant de rallier l'arrivée à Gerland.

Mais c'est largement jouable. Il faut juste rester vigilant et prendre garde aux plaques de glace que nous croiserons encore y compris dans certaines rues de cette agglomération lyonnaise.

Dernier pointage intermédiaire à Lyon en 6H34. Il me reste désormais à descendre en direction de ces quais que tout le monde redoute en fin de course.

Et cette année, ils s'avéreront particulièrement pénibles en raison du vent de face surtout ressenti vers le quartier de la Confluence le long de la Saône !

On remonte maintenant le long du Rhône et on devine sur notre droite, de l'autre côté du fleuve, l'arrivée au Palais des Sports de Gerland ! On touche au but mais bizarrement, plus l'arrivée est proche, plus elle semble s'éloigner !

Dernière traversée du Rhône rendue délicate par un trottoir recouvert de neige et de glace. J'en profite pour courir sur la chaussée qui emprunte ce pont. J'allonge un peu les foulées, histoire de reprendre un peu de vitesse mais d'après les indications fournies par mon GPS, je végète à un peu plus de 11 km/h.

Je sais que l'arrivée est dans moins de 2 km. Sauf gros problème, la Sainté d'argent est dans la poche. Je me contente donc de gérer mon allure.

Enfin, la ligne d'arrivée est face à moi ! J'augmente encore un peu l'allure histoire de finir en sprint...très relatif bien sûr ! Une petite voix intérieure me dit « Bon anniversaire mon pote ! »...sur ce coup-là, désolé chers amis lecteurs, il n'y a que moi qui puisse -me- comprendre !...

Je passe sous l'arche extérieur avant d'entrer en « trombe » dans le Palais des Sports de Gerland, un grand sourire aux lèvres et avec un immense sentiment de plénitude. Pour un peu, je repartirais bien dans l'autre sens...comme quoi faut aussi se méfier des effets sournois de l'endorphine !!!

Bilan à mon GPS : 7H22 pour 68,26 km (68,99 km selon le logiciel Géonaute de transfert des données de mon Keymaze 500). Résultat officiel : 7H24, 294ème au scratch, contre 6H37 et 125ème en 2009. Près de trois-quart d'heure de plus que l'an passé mais, finalement, je suis plutôt satisfait de mon chrono dans de telles conditions et avec un entraînement très allégé par rapport à 2009.

Je suis surtout ravi et heureux de savoir que tous mes potes de l'ESH seront finishers. Tous sauf un, contraint de s'arrêter à St Genoux. Contraint et forcé par une tendinite qui s'est déclarée 9 jours seulement avant la Sainté. Dans ces conditions, c'est déjà un véritable exploit que d'être parvenu jusqu'au 36ème km ! Bravo Raph...et à l'année prochaine ! Forcément !...

Un grand bravo aussi à Tidgi pour son aller-retour épique ! Près de 140 km dans ces conditions, fallait vraiment le faire ! Chapeau ! Et bravo aussi à Fimbur, finisher quelques semaines seulement après une participation aux Templiers. Euh...avec le recul...un minimum de lucidité et d'objectivité...les trailers sont peut-être bien des « fous furieux » !...Non ? Ouf (c'est le cas de le dire ! ), ça me rassure !...

L'an prochain, je reviendrai très probablement du côté de St Etienne avec pour objectif principal, si les conditions le permettent, une nouvelle tentative pour décrocher la Sainté d'or.

Mais d'ici là, je vais goûter à quelques trails fort sympathiques et à une ou deux courses de montagne, histoire de continuer à apprendre et à progresser avant de m'attaquer à LA course, THE race, que tout raider voudrait tenter une fois dans sa vie, la mythique Diagonale des Fous !

En tout cas, je suis très satisfait de ne pas avoir entamé mon physique. En baissant de rythme à partir de St Genoux, j'ai pu reprendre mon entraînement dès le lundi 6. Et, dès le dimanche 12 décembre, j'ai pu effectuer ma première sortie "longue" en solo, un mini-trail dans la forêt qui entoure mon village avec au compteur 1H49 pour 20,6 km !

Que du bonheur !...

 

3 commentaires

Commentaire de pcm66 posté le 14-12-2010 à 22:39:00

On n'était pas loin l'un de l'autre!
St christo 1h31
st genoux 3h54
beaunant 6h14
lyon 6h40
arrivée 7h20
On a du se croiser sur les quais...
Bonne récup' et merci pour le CR

Commentaire de tidgi posté le 15-12-2010 à 20:51:00

Bravo ChrisTof pour le chrono, dans de telles conditions... Ça le fait ! Et sans se ramasser...

Bel objectif que le GRR, là çà calme !! Mais pas pour moi (en déconnant, je me suis dis que ce sera pour la cinquantaine ;-)).
A bientôt...

Commentaire de Fimbur posté le 22-12-2010 à 21:55:00

Salut Christophe,
c'était super sympa de se revoir à l'AAB.
On va se croiser à nouveau en 2011 si tout est ok pour la CCC,

Bonnes fêtes,
Fimbur

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