Récit de la course : Marathon de Barcelone 2011, par CharlyT

L'auteur : CharlyT

La course : Marathon de Barcelone

Date : 6/3/2011

Lieu : Barcelone (Espagne)

Affichage : 836 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Pas d'objectif

5 commentaires

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21 ans, et mon premier marathon, Barcelone !

El Marato de Barcelona pour premier marathon.

La préparation s'est bien déroulée, hormis une blessure au tendon d'Achille qui m'a empêché de m'entrainer en course à pied pendant deux semaines, compensé par du vélo, pas le meme effort, mais bon…

J'arrive donc à Barcelone avec un corps bien préparé, et un esprit clair, terminer ce premier marathon en 3h45, avec une cadence au kilomètre de 5 minutes 25 secondes.

La course se déroule le dimanche au matin (8h30), nous arrivons à Barcelone, avec deux autres amis coureurs, le vendredi soir.

Le samedi matin, premier réveil barcelonais, premiers rayons de soleil et direction le Marato Expo place d'Espagne. Nous sommes donc à un jour du départ de mon premier marathon, et de la 33eme édition du Marathon de Barcelone.

L'excitation commence à se faire ressentir dès la sortie du métro et la vue de cette superbe place, de cette superbe avenue, où le départ sera donné. Direction le retrait des dossards, des maillots officiels, etc… Un petit tour dans le Marato Expo où beaucoup demarques expose, quelques achats et nous somme repartis pour une après-midi touristique. Barcelone, superbe ville.

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Le samedi matin, après le retrait des dossards. 

 

Fin de journée, les jambes sont fatiguées malgré l'économie et le peu de marche que j'ai fait. En fait je pense surtout à une fatigue mentale et beaucoup de stress Les premières fois, c'est quelque chose… J'ai envie de courir.

Un petit restaurant pour finir la journée, des pâtes carbonara, toute énergie est bonne à prendre, le ventre est plein de boisson énergétique, le corps en aura besoin demain de cette précieuse énergie. Une bonne nuit de sommeil et nous y seront à ce marathon !

Une nuit de sommeil… un sommeil intermittent, beaucoup de stress. Le réveil sonne, 6h45, c'est parti ! Une douche, un petit déjeuner - du Gatosport, très digeste et très riche en énergie, un café, du jus d'orange, nous sommes à 1h30 du départ. Nous logeons dans le quartier de Barceloneta, à 15minutes de la place d'Espagne en métro.

7h50, nous partons. En tenue pour le marathon, les gels énergétiques qui m'accompagneront durant la course sont ceinturés à ma taille, le dossards est en place, je me couvre d'une serviette de bain que j'abandonnerai au départ. La température est bonne, la serviette est tout juste utile..

Arrivée place d'Espagne à 8h15, sans le moindre stress mais avec beaucoup d'excitation, nous sentons déjà que ce marathon va être une superbe course.

Nous entrons dans le SAS des 3h30-4h, on se sert dans les bras avec mes amis Fred et Christophe, ont se souhaite bonne course, on est content d'être là, ensemble prêt à l'effort. On regarde tout ce qui se passe autour de nous, les yeux pétillants, même au départ la foule semble au rendez-vous. 

Les jambes sont là, même si ce premier marathon est un inconnu pour moi, mais je sait qu'avec ma tête et mes jambes j'irai au bout, même dans la difficulté.

Le départ est lancé, 8minutes pour dépasser la ligne de départ et c'est dès la ligne d épassée que les premières foulées apparaissent – drôle – c'est parti en tout cas !

Départ tout doux, je doit accrocher les 5minutes25 au kilomètre et suis sur du presque 6minutes sur les deux premiers kilomètres. Je croise aux deux bornes Fred et Christophe, les croyant derrière moi, mais c'est finalement moi qui suit loin de mes temps de passage… On va dire que les deux premiers kilomètres m'ont servit d'échauffement. J'accélère la cadence, emprunte les trottoirs, comme un grand nombres de coureurs, pour éviter les zigzags dans la masse. Au 3eme kilomètre je raccroche mes temps de passage, 16minutes15 au 3eme km, je continue à accélérer la cadence jusqu'à trouver mon rythme. Au fur et à mesure des kilomètres je gagne du temps, je suis très bien en ce début de course. Premier ravitaillement, j'ingurgite mon premier gel, celui là passe correctement, je ressent déjà le besoin de m'hydrater, je bois, je mouille mes cheveux, mon foulard et mes gants, la température est très supportable.

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Fred, durant le marathon 

 

Les bornes passent, les jambes sont belles et bien là, je passe au 8eme kilomètre avec 2 minutes d'avance sur mes prévisions. J'aurais aimé avoir un meneur d'allure à 3h45 pour pouvoir me fixer à lui, je ne le trouve pas…

La foule est présente, encourageante, c'est très impressionnant et ca fait chaud au coeur. La difficulté ne se fait pas du tout ressentir, tout va bien et voir tout ce monde nous encourager, toute cette ferveur, ce n'est que du bonus pour le moment.

Deuxième ravitaillement (10km), gel d'energix, qui passe parfaitement, un peu d'eau et la course continue, les bornes s'enchainent, aucune douleur, la foulée est bonne, la cadence est bonne et je continue à attaquer, à aller de l'avant.

Au 13eme kilomètre, surprise, je repère le meneur d'allure 3h45, alléluia, je sait où je suis et je n'ai donc plus besoin de mon mémo pour les temps de passage.

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Je continue à ma cadence, je me cale un peu dans le sillage du groupe dense du meneur d'allure, j'ai vraiment l'impression de récupérer à ce moment de la course.

Petit à petit je reprends une foulée un tout petit peu plus soutenue et je laisse petit à petit le meneur d'allure derrière moi. Premier point stratégique de la course, le premier chassé-croisé, au 19eme kilomètre, sur le boulevard Meridiana où l'on croise les coureurs qui ont plus de 2 kilomètres d'avance sur nous.

On croise aussi le semi marathon, , allez ! Dans 2 kilomètres nous seront à la moitié de la course, et je me dit que ça passe vraiment trop vite !! La foule est toujours présente, en nombre, bruyante, elle harangue les coureurs, c'est génial, j'emmagasine tout ce bonheur et me dit qu'elle me servira bien un moment où à un autre !

Je passe le semi-marathon dans une forme incroyable en 1h48, et avec 4minutes d'avance sur mes prévisions du marathon 3h46. On commence à voir les premiers coureurs victimes de malaise et les premières ambulances. Il fait ni trop chaud, ni trop froid, je cherche même les endroits d'ombres sur le parcours. La cadence est toujours bonne, la foulée semble intacte, pourvu que ça dure...

Les kilomètres s'enchainent, les ravitaillement et les gels d'énergie aussi, tous les 5 kilomètres. On commence à voir les premiers coureurs qui se font soigner aux points de ravitaillement, les premiers coureurs qui marchent, je leur tape souvent dans le dos, pour les soutenir, je pense que cela doit être dur de ne plus pouvoir courir alors que nous sommes qu'au 25eme kilomètre, ou un peu au delà.

J'ai complètement abandonné mon chrono, je le regarde de temps en temps, sans chercher à comprendre de combien de temps je suis en avance.

Je continue, je cours, je continue à doubler, bien que je sait qu'a un moment ou à un autre, la difficulté sera belle et bien là.

Je croise un français, on discute un petit peu, il me dit qu'il est bien, moi aussi ça tombe bien, on se souhaite « Courage », on sait que ce qui nous attends va être dur, je n'ai encore jamais vécu une telle course, j'ai hâte d'être confronté, ou pas à ce mur, à cette difficulté dont on m'a beaucoup parlée - « Allez, on voit la ligne mon petit, on va au bout  !». Je continue à cavaler, 25eme kilomètre, je sent quand même ma foulée se dégrader un peu et je sait que maintenant c'est le mental va prendre le relai.


Le passage 25-30kms est difficile, nous empruntons le boulevard Diagonal, dans un sens puis dans un autre, interminable… Ravitaillement du 30eme kilomètre et nous rejoignons le littoral, on longe le port olympique pendant 4 kilomètres avant de rentrer à nouveau dans la ville, ravitaillement du 35eme kilomètre, sous l'arc de triomphe, la foule est de plus en plus dense sur les bords de la route. Le ravitaillement 35 fait du bien, je verse beaucoup d'eau sur mes jambes, complètement raides ! Elles en ont besoin. Les oranges me font du bien, le gel coup de fouet aussi, il me reste 7 kilomètres ! Les « Animo ! », « Vamos !», « Vinga ! » fusent de part et d'autre du parcours, la foule et les encouragements sont de plus en plus importants. Je tape dans les mains qui se tendent sur les cotés du parcours, ca peut paraître bête, mais qu'est ce que ça fait du bien !

Le tournant de ma fin de course arrive ! Après ce ravitaillement, le meneur d'allure 3h45, que je devançait depuis le 20eme kilomètre revient à ma hauteur, maintenant seul à mener l'allure, plus beaucoup de coureur arrive à rester dans son sillage - si je ne le suit pas, je rate totalement ma course... Les jambes ne sont plus là, en tout cas je ne les contrôle plus, elle avancent toutes seules – Mais la tête a pris le relai, je lui colle au train.


Les kilomètres s'enchainent, c'est définitivement la tête qui gère la foulée, le corps est une machine et il continue d'avancer.

39Km, je discute avec le meneur d'allure, barcelonais, il s'appelle Pau, il a vu que je ne le lâchait plus, je lui demande simplement de m'emmener au bout de ce premier marathon, il m'encourage, il cries, « Vinga ! », « Acabo ! » Il harangue la foule et les coureurs en difficulté dans ces 3 derniers kilomètres. Il me donne aussi l'énergie de le suivre. Je ne sait plus où nous en sommes, je veux arriver le plus vite possible place d'Espanya ! Le passage au 38-39eme kilometres dans Les Ramblas est incroyable, la largeur du passage des coureurs est reduit, nous sommes encors plus proche des gens qui bordent la course, c'est vraiment incroyable, leur energie est importante !

40eme kilomètre, Pau me tape dans le dos et me dit d'y aller « Vinga  ! », plus qu'un kilomètre, les jambes sont repartis, un sprint difficile qui m'emmène jusqu'à la Place d'Espanya où je profite des 200 derniers mètres, de la foule, de la musique, de l'émotion de cette fin de course.

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3h42min26sec. 

Passage de la ligne, très fort émotionnellement, très surprenant… j'attends le meneur d'allure, accolade, je le remercie.

J'attends ensuite l'arrivée de Fred, qui ne devrait pas tarder.. 3h46 de course, il arrive, je l'enflasse, les nerfs lâchent, je n'en peux plus, nous l'avons fait, nous l'avons bouclé ce marathon, vivement le prochain.


C'était dur, comme je l'imaginais, mais j'était près, je le savait. Le bonheur est tellement intense à l'arrivée, un marathon est une course tellement intense, si particulière, une distance spéciale, le corps va au-delà de ses capacités, mais c'est une machine… si la tête est décidée, le corps suit. J'ai hâte d'être au prochain. Le sentiment une fois la course terminée est vraiment très étrange, on se sent fatigué nerveusement, les jambes sont du béton, mais le corps en entier est fier.

J'ai hâte de recommence à me préparer pour le prochain, le courir, ressentir ces mêmes émotions, tellement fortes, tellement addictives…

5 commentaires

Commentaire de Berty09 posté le 29-03-2011 à 23:52:00

Bravo pour cette volonté et cette joie communicative. Je n'ai pas encore fait mon premier marathon mais ça motive. Bonne récupération.

Commentaire de Aleitheia posté le 30-03-2011 à 10:42:00

Un nouveau kikoureur? :-) Bravo pour cette course très bien gérée, pour un premier marathon ça mérite des félicitations! Bonne récup!

Commentaire de CharlyT posté le 30-03-2011 à 15:03:00

Oui ! Nouvel inscrit sur ce site ! Prochain marathon à Dublin, en Octobre afin de passer sous les 3h30.

Commentaire de CROCS-MAN posté le 30-03-2011 à 19:56:00

Bravo Charly et Bienvenu!!
Alors c'était bon n'est ce pas ce passage de la ligne!! Bravo pour ta course et à la prochaine, dommage on s'est raté. Merci pour ton récit

Commentaire de Jep974 posté le 04-04-2011 à 12:41:00

Très sympa comme récit.
Et bravo pour la performance.

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