Récit de la course : Trail de Vulcain Ultra - 80 km 2014, par gregbit

L'auteur : gregbit

La course : Trail de Vulcain Ultra - 80 km

Date : 2/3/2014

Lieu : Volvic (Puy-de-Dôme)

Affichage : 1605 vues

Distance : 80km

Objectif : Pas d'objectif

6 commentaires

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Ultra exigeant

De retour de ce trail de folie, au coeur des volcan d'Auvergne. 

Avant de parler de la course, petit retour en arrière. La prépa sur le mois de janvier a été bonne, mais en février, la météo, les enfants malades, et une gastro pour finir ont bien compliqué la tache. Pas de sorties longues, pas beaucoup de D+, j'arrive pas en grande confiance sur ce trail mais motivé quand même. 

km 0 : les frontales sont allumées, tout le monde est prêt pour le grand départ depuis Volvic. La météo est annoncée bonne et le terrain idéal, seulement deux descentes glissantes (13e et 59e). J'ai démarré par deux erreurs de débutant. Première erreur, je me suis placé en 2e ligne avec les favoris de la course, et je suis parti juste derrière eux vers la 30e place. Sur le moment j'ai pas eu l'impression de souffrir et ça n'allait pas si vite, mais au bout de 10mn à grimper dans les rues de Volvic en courant, j'avais les poumons glacés, signe que je puisais. J'ai donc rapidement calmé le jeu, et laissé passer une centaine de coureurs pour récupérer de ce départ débile. 2e erreur, au moment de boire ma première gorgée, vers 10min, j'ai senti qu'il me manquait quelque chose...un des deux bidons était tombé sans que je m'en apperçoive...Manquer d'eau à Volvic, c'est un comble quand même...Aie aie aie le prochain ravito est dans potentiellement 3h et je n'ai plus qu'un bidon de 50cL...Pas de soucis pour aller jusque là bas, mais après je risque de le payer. 

km 1-13 : une partie pas facile, avec une succession de belles montées et de petites descentes. La neige a fait son apparition vers le km 5 et ne nous a plus quitté jusqu'au 65e. J'ai retrouvé un copain sur cette partie et on a passé le temps en discutant. Le mur du Puy de Louchadière de 200m D+ pour finir est effectivement très raide mais s'est bien passé, en douceur, sans s'affoler. Je suis légerement en retard sur mes prévisions, mais aucun problème, la course ne fait que démarrer. 1h53


km 13- 21 : descente très raide pour démarrer, quelques grosses frayeurs car la neige est glissante, je passe mais sans engagement un peu sur la retenue, et derrière 7km de plat. Facile, mais je n'ose pas allonger la foulée, au vu de ce qui nous attend. Je me contente de courir car aujourd'hui le but c'est pas d'aller le plus vite possible, mais de courir le plus longtemps possible. Le jour se lève et le panorama se dévoile avec le Puy de Dome en arrière plan. Magique. 

 

Après cette longue section plate taillée pour marathoniens, j'arrive au ravito au volcan de Lemptegy, le parcours est incroyable et on mesure tous la chance qu' on a de courir au coeur d'un volcan. 4mn d'avance sur les prévisions.  Tout roule. Je fais le plein de vivres, des gourdes et je redécolle après 3min. 2h41

    


km 21-30 : ça repart, c'est encore plat mais les kms commencent déjà à se faire sentir, et je n'ai pas des bonnes jambes, je sens que des petites douleurs apparaissent partout et que la foulée est plus laborieuse. Mais je peux courir. La tactique est simple désormais : courir le plus longtemps possible, et "exploser" le plus tard possible. Quelques faux plats montants pas faciles, et on arrive au ravito du col de Ceyssat qui annonce le début de la montée au Puy de Dome. 4h tout pile de course, j'ai perdu du temps sur mes prévisions, mais j'avais sous estimé ces 9k. Le décors est toujours 100% blanc, c'est magnifique. 4h00

 

km 30-33 : la montée du Puy de Dome où on croise ceux qui descendent. 400m de D+ très réguliers. Au final, je crois que c'est la partie de la course qui m'a paru la plus facile. Au moins on pouvait marcher... Pas besoin de relancer. Le point de vue à mi hauteur est juste incroyable. 

 

Je mets 33min pour monter. Bon rythme, j'ai doublé les "rouleurs" du peloton. 4h33

 

km 33-36 : la descente...je démarre par une grosse chute juste après avoir pointé au sommet. La suite, je l'ai faite prudemment, pour éviter de tomber 10 fois. Mais je retombe une nouvelle fois sur une partie très glissante. Décidément cette course n'est pas donnée. Aucune portion n'est facile.

4h52 de course, 52mn pour monter/descendre 400m D+/D-, c'est nickel. Il est temps d'allumer le GPS pour commencer à découper mentalement le reste du parcours en pensant section par section. Cette montée/descente m'a finalement fait du bien et je suis prêt à affronter la suite. 4h52

 


km 36- km 48 : nouveau problème, j'ai mal au ventre, et ça ne passe pas malgré quelques pauses. Dommage le mental est bien revenu et les jambes sont bonnes. Après une petite demi heure, le mal de ventre passe tout seul, ça va mieux.

Les 12km commencent par 4k de plat, puis 3k de montée, puis 5 de faux plat descendants. Je me le découpe comme ça pour ne voir que des "petits" morceaux. Le terrain n'est pas facile, même sur les plats, on est obligé de longer le côté et de slalomer les arbres car au milieu c'est un peu verglacé. Mais tout roule, je suis bien revenu dans la course, je cours même un peu dans la montée. (photo de la montée ci dessous)


Mais vers le 45e, je coince. Plus de jus, je suis au bord de la fringale, j'ai les jambes dures. Serait ce mon point de fatigue du jour? Pas impossible... En tout cas, le ravito du 48e arrive au meilleur moment, et une grosse pause s'impose.La bonne nouvelle c'est que toute ma petite famille sera là, et me filera un 2e bidon. Important car après le ravito du 48e, c'est autonomie jusqu'au 65e km. J'arrive en 6h47, je mange pas mal, recharge l'isostar, et repars 13min après soit pile après 7h d'effort, requinqué. C'est l'heure d'allumer l'ipod et de se mettre en mode "nouveau départ". La découpe est simple désormais : 48-65 et 65-82, qui devraient prendre le même temps. Pour faire moins de 12h, ça veut dire 2h30/section. Y a plus qu'à. 7h00

km 48-km 65 : je retrouve des bonnes jambes sur le début plat, mais dans les deux montées de 150m D+ qui suivent en forêt, je n'avance pas bien vite et j'explose un peu. Et comme si j'avais besoin de ça, après la 2e montée, une descente de 350m D- raide et glissante arrive...et je suis en panique dedans. Ils l'avaient bien dit au brieffing pourtant "attention à la descente du 60e" je n'ai pas d'excuses. Et allez encore une bosse de 120m de D+ avant de redescendre au ravitaillement du 65e km. Le terrain commence à être plus facile, la neige est partie, et a laissé place à la boue, ce qui bizzarement m'apparait moins dangereux. Au moins quand ça glisse, tu le vois...

J'arrive au ravitaillement en 9h33. J'essaie de ne pas m'allonger, mais l'envie ne manque pas. Je mange, remplis les gourdes, et c'est parti. L'objectif 12h semble jouable, car il reste 17km à faire en 2h20 et je suis bien revenu dans la course. Mais quels 17km...9h40


km 65 - km 83 : ça attaque par de la descente toujours un peu boueuse. Je me force à courir, appuyer dessus, pour n'avoir aucun regret à l'arrivée. Je me raccroche à cet objectif temps de 12h, qui dans l'absolu ne sert à rien, mais qui sur le coup, me donne envie de courir. C'est ça l'essentiel. 

Puis une nouvelle montée de 150m d+ sur une large piste. J'essaie de relancer et de courir dès que ce n'est pas trop raide. 69e km, dernière barrière horaire, j'ai 50min d'avance. J'aurai le droit de finir la course (certains seront directement détournés vers l'arrivée à ce point là). On finit la côte et on descend sur le village de Faceumenier, dernier ravito au 72e km. 10h35...il me reste 1h25 pour faire 9km. Non 11? Comment ça 11? Ca fait 83km? Oui monsieur, il reste 11k et deux "petites" bosses . Bon ben faudra pas chomer. Let s go.

On attaque par une descente. Je suis bien, concentré sur l'objectif 12h, et j'en oublie mes douleurs aux jambes. Puis on longe les gorges d'Enval, sur des valons très boueux. Ca va pas bien vite du coup et pas mal de coureurs sont en mode rando. J'essaie de ne pas céder à cette tentation et d'être offensif, en relançant tout le temps. Une petite montée, qui je pensais était la première des deux bosses. Je sens que ça va le faire, je file dans la descente, et on attaque ce que je pensais être la 2e bosse. (en fait c'était la 1ere, l'autre c'était une mini côte de 30m D+). Je serre les dents, et m'oblige à courir dans la côte, je remonte les coureurs un à un, et je suis au top, au meilleur moment. Bizzare les réactions du corps, il y a 5h j'étais lessivé...

Mais arrivé en haut, 11h30 de course, alors que je pensais qu'on aurait plus que 5k de descente jusqu'à l'arrivée et que donc 12h c'était jouable, un bénévole me donne le coup de massue : "allez encore 5k, longue descente, puis remontée au chateau de 150m D+ puis 2,5k pour finir". Comment ça remontée au chateau? aie aie aie c'est mort, 150m d+ c'est déjà 10/15min...tout s'effondre, le petit objectif 12h qui me motivait depuis un moment va faire exactement l'effet inverse. C'est le double tranchant de trop suivre la montre. Quand on est dans les temps ça va, quand c'est pas le cas, on prend des coups.

Le mental s'effondre, emportant le reste de jambes que j'avais avec lui. En bas de la montée du chateau, ma petite famille est de nouveau là. Vu que c'est mort pour 12h, je ne suis plus à 5min et je fais la montée avec eux, tranquillement. C'était sympa de les voir mais j'ai du mal à tenir une discussion. On arrive au chateau, très joli, mais ça arrive un peu tard pour bien apprécier. Je reviendrai pour le voir dans un meilleur état.

Faux plat montant sur 1k, on apperçoit Volvic, allez c'est bon ça se termine.

Je retrouve le sourire dans la ville, en réalisant que je viens de finir une course très difficile, que je n'avais pas la forme des grands jours, mais que je me suis bien battu sur le final. Les 12h, c'était un prétexte pour courir et se battre sur la fin, aucun regret d'avoir suivi la montre même si ça m'a mis une petite claque sur le final. Je positive en me disant que je l'ai passé sans une grosse prépa, c'est bon signe pour la 6666 qui sera le gros objectif de l'année, avec un peu plus de prépa en foncier et en dénivelé dans les mois qui viennent. 

Je finis avec un copain qui faisait le 42k, en 12h25, 220e sur un peu plus de 400. 12h25

 

Grand coup de chapeau à la course. Un parcours vraiment incroyable, avec un beau passage au puy de Dome et des portions magnifiques et variées sur le reste du parcours. Bon on a eu des bonnes conditions météo de rêve et ça a bien aidé. Qu'est ce que ça aurait donné sous la pluie...je préfère même pas savoir. C'est une course très exigeante qui demande de beaucoup relancer et de bien passer les petites bosses de 200m D+ sans y laisser de jus. 

Le seul bémol de la course, c'est la date, elle arrive tôt dans l'année, et impose une grosse prépa sur le mois de février qui est souvent de mon point de vue pas idéal pour faire des sorties longues. Il faut bien penser à ce paramètre avant de s'inscrire à la course. Pour le reste, allez-y c'est magique.

Un petit mot sur le prix : 30€ pour faire 83k, une serviette, un bon d'achat et un coupe vent en cadeau...à l'heure où les prix des inscriptions de certains trails deviennent scandaleux à plus d'1€ / km, ça mérite d'être souligné. Comme quoi, pas besoin de faire la une des magazines pour être une grande course...

Merci à Bubulle pour ton suivi live. Tu tiens un nouveau concept ! A refaire. 

6 commentaires

Commentaire de snail69 posté le 03-03-2014 à 23:04:35

Bravo pour ta course. Effectivement la chaîne des puys est magique sous le soleil! Et c'est vrai que cette équipe organisatrice est EXEMPLAiRE !

Commentaire de bubulle posté le 04-03-2014 à 06:00:57

Merci pour le compte-rendu, cela éclaire un peu plus cette course, vécue à distance. Je me rends compte au fil de vos CR de la difficulté ajoutée par le parcours enneigé et glissant. Je comprends mieux la remarque de Sab selon laquelle elle aurait gagné un bon quart d'heure, avec des Yaktrax (vu l'état du terrain, cela me semble évident, effectivement). J'ai pourtant l'impression que peu avaient choisi d'en utiliser, bizarre.

Commentaire de Nini posté le 04-03-2014 à 09:34:57

Bravo pour ta course et même si le chrono n'est pas celui dont tu rêvais, faire un bout de course avec sa famille n'a pas de prix !
Sectionner les portions, je retiens l'astuce pour ma Montagn'hard.

Commentaire de Timoth posté le 04-03-2014 à 14:51:35

Bravo...et bonne récup :) !
Voici les premières photos "officielles" : http://bit.ly/photos-vulcain-2014

Commentaire de caro.s91 posté le 04-03-2014 à 17:10:03

Très joli récit. Je visualise bien les passages que tu décris. Bravo pour ta course. Caro

Commentaire de Critobule94 posté le 05-03-2014 à 12:37:07

Mille mercis pour ce récit aussi précis qu'élégant qui me fait revivre cette superbe balade et m'apprend bien souvent quels lieux j'ai traversés, moi qui n'avais même pas pris le temps de lire l'itinéraire ! On s'est bien rempli les yeux du paysage et le coeur de la générosité des organisateurs et des bénévoles. Pour les Yaktrax (dont parle Bubulle), je ne regrette pas de les avoir oubliés, car la neige n'était pas profonde et ils n'auraient à mon avis servis que sur quelques très courtes sections givrées. Bonne récup. à tous !

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