Récit de la course : Trail Ubaye Salomon - 23 km 2014, par sebmelalix

L'auteur : sebmelalix

La course : Trail Ubaye Salomon - 23 km

Date : 10/8/2014

Lieu : Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence)

Affichage : 578 vues

Distance : 23km

Objectif : Pas d'objectif

3 commentaires

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Je ne pouvais pas envoyer du bois avec des jambes… et une tête de bois!!!

Voilà 18 mois que je n'avais pas goûté à une course  agrémentée d'un soupçon de dénivelé. 
Car depuis mon expatriation de Lyon, vers la région Lilloise, il m'a été très difficile de retrouver goût à la CAP. Mis à part cet aspect sportif et loisir, je m'y plais très bien. 
J'ai pu réaliser quelques courses locales très sympathiques mais le "dré dans l'pentu" me manque cruellement " ... Amis Lyonnais qui me liront : profitez bien de cette nature généreuse  que la région vous offre ;)

Bref, après une reprise plus sérieuse depuis avril, les sensations et l'envie reviennent. 2 objectifs de courseapparaissent, le Trail de l'Ubaye (23km) et le Trail de la Cote d'Opale (42km), qui transformeront j'espère une inscription à la STL où j'ai une affection toute particulière.
Je m'inscris donc à ces 2 courses tests. C'est aussi un aspect pratique, l'une sur mon lieu de vacances et l'autre pas très  loin d'où j'habite.

10 aout 2014, Trail de l'Ubaye 23 km, 1070m D+
Cette course offre 2 autres formats, 12 et 42km. Je recommande fortement le 42 que j'ai pu parcourir en 2012. Les paysages sont somptueux et un tracé riche et varié.
Ce 10 aout donc, c'est dans l'ambiance de l'Embrunmancourte distance  (le long se déroule le 15) que je me rends à Barcelonnette. Je m'y rends avec une connaissance née de la veille lors d'un apéro, c'est un ex rugbymen Toulousain d'1m95 (de son prénom Anthony) d'une centaine de kilos et qui a réalisé 3h17 au marathon de Paris. Je n'ai pas osé le prendre au pastis et au rosé pamplemousse mais sa méconnaissance du Trail me laisse entrevoir une opportunité ;) de lui démontrer ce que vaut un ex handballeur ;)... ça sera mon Coach Marat virtuel!!!! « Dixit Lalan». De plus, il est joueur et compte bien "qu'on se tire la bourre". A bon entendeur!!!
Néanmoins, j'aborde cette course en n'étant pas serein, pas d'entraînement montagne et donc très peu  de dénivelé dans les pattes!!!
Comme j'étais présent depuis une semaine, en plus des randonnées familiales, j'ai réalisé 2 sorties de 15 et 17 km avec chacune 1000m de D+. Pendant mes 2 sorties, j'ai bien senti que la puissance   n'était plus au rendez vous :(

Je pense surtout que je me suis bien cramé pour la course, car les courbatures ne m’ont pas quittées jusqu’à ce jour de course.
Coté objectif, j'en ai pas un de précis  car je n'ai pas assez de repères pour me positionner mais à la fin de ce récit, je vous ferais part de mon ambition... Une chose est certaine, je donnerais le maximum.
Le profil de la course est très simple, il se compose en 3 Parties : P1,  on parcourt 6 km d'un léger faux plat montant, P2, on avale 1000 m de D+ sur  11 km et P3, les 6km restants  très descendants nous ramèneront vers la station.

9h00, le départ est donné au centre de la station, l'ambiance est au rendez vous et les spectateurs sont nombreux, il y a également les coureurs du 12 km qui partent 10 minutes après.   
Le coup de feu qui annonce le départ résonne dans la place.Go!Go!Go!
On traverse une partie du centre ville et on en sort pour se diriger vers la digue du Plan qui  longe l'Ubaye. C'est large, ce qui permet au peloton des 611 coureurs de bien s'étirer.  Je suis plutôt sur un bon rythme  et je trouve que ça part très vite, mon compère du jour est dans mes pas. Nous quittons la digue pour contourner le golf du Bois Chenu et poursuivre sur le chemin qui jouxte le Torrent Bachelard, qui nous mènera jusqu'au km 6 à Uvernet-Fours (fin de la civilisation) et son premier ravitaillement (2 sur le parcours  6ème et 17ème km). Je décide ne pas m'arrêter, j'ai le Camelbak de 2 litres et 2 gels. 
Sous un magnifique ciel bleu, la chaleur n'est pas encore présente, les conditions sont donc idéales.

Jusqu'à présent tout va bien, la partie 1, plate, s'est bien déroulée. À la sortie du ravito, il faut s'attaquer à partie 2 et ses 1000m D+ sur 11 km. Assez rapidement, ça coince au niveau des gui"bois"les, d'où "je ne pouvais pas envoyer du bois avec des jambes de bois". J'ai repris cette expression suite aux encouragements d'avant course de mon ami LAlandu forum. 
Effectivement, les jambes me font males et elles sont lourdes comme du  bois très mouillé. Certes, Il y a des explications à ce qu'il m'arrive mais je n'avais jamais eu cette sensation de blocage... j'ai bien perdu cette tonicité qui me portait avant, dès que les chemins s'élevaient!!!
Cette sensation perdurera toute l'ascension.  J'ai bien compris que ça ne sera pas une partie de plaisir et qu'il va falloir serrer les dents et se bagarrer contre soi-même.
Première satisfaction, au bout de 4 virages arpentés, je n'aperçois  plus Anthony !!! J'ai réussi à le lâcher malgré mes difficultés. D'ailleurs je ne le reverrais qu'à l'arrivée, il a abandonné au 9ème.
On se reconcentre... j'avais pour habitude de me faire plaisir dans les montées et de doubler. Conscient que ça ne sera pas possible aujourd'hui,  j'adopte une autre stratégie. En effet, depuis quelques km, la longue file de traileurs s'est peu à peu  dissoute. Elle a laissé place à quelques groupes de coureurs dispersés. Je m'accroche en serre-file à l'un d'eux, il se compose de 6 coureurs. 
C'est dur-dur et je fais souvent l'effort pour recoller sur environ 2 km, on approche le Col de Baume-Longe. On est à la moitié de la partie montante, avec un gel et une hydratation régulière je reprends mes esprits et je comprends que je ne suis pas le seul à souffrir. Passé le Col, je sens que le groupe baisse de régime et derrière ça se rapproche. 2 coureurs le sentent également et s'extirpent, j'arrive à les suivre mais je suis au taquet. L'espace se creuse rapidement avec nos ex compagnons... Je suis dans ma bulle, il faut tenir car je sais qu'après le col de Cloche, la pente s'adoucit et nous mènera au dernier ravito avant la descente finale.
 Nous cheminons partiellement avec les coureurs du 42, c'est à présent un terrain de relance, alternant courtes montées et faux plats montants...  Je fais de gros efforts pour m'accrocher mentalement  et ne pas me mettre à marcher.  Ça paye puisque j'arrive à distancer les 2 concurrents avec qui je cheminais  depuis le col de Baume-Longe. Je ne manque pas de les encourager.
Apres ces 11 km de montée,  j'ai été 90% du temps dans le rouge.  

 

17 ème km, on quitte les vaillants coureurs du 42 et c'est le 2ème et  dernier ravito. Arrêt rapide au stand pour boire 2 verres d'eau et avaler quelques Tucs. Il reste maintenant 6 km à dévaler pour rejoindre la station. C'est certainement l'envie d'en finir qui me réinjecte une bonne dose de sève dans mes jambes de bois. 
J'amorce la descente, parfois raide, parfois technique, avec quelques faux plats montants mais j'arrive à relancer. J'amorce une bonne remontée (dans la descente) de coureurs bien cramés. Je les croque sans pitié, comme une vengeance après cette montée infernale, une souffrance qui restera marquée.
Le dernier kilomètre est annoncé, et c'est dans le même rythme mais sans lucidité que je me dirige vers la ligne d'arrivée... 
Moi qui adore contempler ces paysages magnifiques que je ne vois que 15 jours dans l'année... Je suis descendu tel un robot et passé à coté du meilleur qu'offre une pareille course.
C'est aussi pourquoi ce sentiment de déception m'envahi immédiatement et ne me quittera pas. Je le suis encore plus qu'Anthony qui a abandonné.
Je passe la ligne d’arrivée en 2h43 et 100ème/545.
Conscient que le classement n'est pas dégeu et que je rentre pile poil dans mon "objectif" : Top 100 et 2h45... je me demande toujours : quel drôle de course ai-je réalisé??? Il n'y avait pas que du bois dans les jambes, il y en avait aussi dans la tête ;(

 Le Trail de l’Ubaye est une très belle course de montagne, le lieu, le terrain, les paysages, les organisateurs, les bénévoles, les ravitos, le repas d’après course, l’ambiance du village…tout ; n’hésitez pas à vous inscrire!!!

 Et pour tout vous dire, j’ai même  été ravi de retrouver les plats chemins de la région Lilloise. 

À l'heure où je termine ce récit, de vrais grands exploits ont été réalisés avec ces courses  taille XXL de la fin août;  je pense que je les vivrais surtout et surement toujours  de derrière mon écran...

Prochain objectif et test, Trail de la Cote d'Opale, 42 kms le 14 septembre. Je ne vous promets pas un récit mais certainement de belles photos de la Cote d'Opale ;)

STL 2014, ne m’attend pas.

A bientôt, Seb.

3 commentaires

Commentaire de lalan posté le 22-09-2014 à 16:37:37

Je retiendrais "STL 2014 ne m'attend pas" !!!! Il y a quelques bancs qui t'attendent si tu vois ce que je veux dire ("-')

Commentaire de Arclusaz posté le 22-09-2014 à 19:03:38

et oui, t'es un gars du plat pays maintenant !
mais tu as quand même de sacrés restes : bravo pour ce top 100 (mais la prochaine fois, essaie de sourire sur la photo, on fait un beau sport, toussa toussa....)

Commentaire de Jean-Phi posté le 23-09-2014 à 08:22:24

Les courses se suivent mais ne se ressemblent pas. Côté satisfaction en tout cas ! Parce que je t'assure que ton chrono et ton classement sur ce trail sont loin d'être mauvais. On ne peut pas courir de partout et sur tous les formats, il y a des concessions à accepter malheureusement. Mais je trouve que tu t'en tires vraiment bien.
Pas de STL alors ? Et si tu venais faire Le Puy Firminy avec nous ?

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