Récit de la course : Trail du Viaduc des Fauvettes - 50 km 2014, par bubulle

L'auteur : bubulle

La course : Trail du Viaduc des Fauvettes - 50 km

Date : 12/10/2014

Lieu : Gometz Le Chatel (Essonne)

Affichage : 673 vues

Distance : 50km

Objectif : Balade

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Duo ou Uno ?

Cette sortie au trail du Viaduc des Fauvettes était initialement prévue comme un off, pour moi. Etant ce jour là un peu tout seul à la maison, je m'étais dit que je pourrais aussi bien aller voir les ami(e)s courir à Gometz le Chatel. En plus, cette course en circuit se prêtait bien à quelques allées et venues permettant facilement de voir et suivre les uns et les autres ça ou là.

Je n'avais même pas exclu de faire quelques kilomètres en compagnie de certains kikous de connaissance, histoire de profiter un peu sans abuser.

Et puis voilà un dossard qui me tombe du ciel, via Olivier (que je ne connais pourtant pas) qui semble avoir suffisamment apprécié mes contributions sur le forum pour qu'il me donne tout simplement son dossard, juste comme ça.

Et, en plus, tout ceci se fait avec Bruno, de l'organisation, sans truander quoi que ce soit et tout simplement.

Bref, me voici avec la possibilité de participer à ce trail, qui a aussi l'avantage de permettre de s'arrêter au bout de 1, 2....ou 5 boucles de 10km. Idéal pour quelqu'un qui revient de blessure et ne sait pas trop où il en est et s'il peut faire travailler ces jambes qu'il a quelque peu martyrisées il y a 6 semaines à la TDS.

Arrivée sans souci dans le petit village de Gometz-le-Chatel, près duquel j'avais du passer des dizaines de fois sans jamais m'arrêter et que je ne connaissais pas. Sympathique petit village d'Ile de France, avec sa belle église typique de la région et, évidemment, ses lotissements champignon tout autour. Seul défaut : le défile quasi incessant des avions en approche d'Orly qui sera récurrent pendant toute la course.

Départ très familial....et néammoins très bien organisé, avec une consigne abritée pour les sacs, quelques petites salles contiguës pour se préparer. J'y retrouve rapidement Bikoon, L'Castor Junior (qui se fait rare sur Kikourou), soso92 (qui ne ressemble définitivement pas à son avatar) et Sab, pour qui cette course fait partie du Plan de préparation....Origole. Moi aussi, la course est dans le plan...de reconstruction du bubulle. On n'a rien planifié, rien programmé avec Sab, je pense qu'on imagine tous les deux pareil : si ça veut le faire qu'on fasse un bout de course ensemble, tant mieux et sinon...eh bien on verra. De toute façon, je n'ai aucune idée du nombre de boucles que je vais faire alors qu'elle, ça m'étonnerait franchement qu'elle en fasse moins de 5...:-)

Du coup "pas de pression", nous nous plaçons presque tout au fond du peloton. Bikoon est avec nous...c'est dire si, pour lui aussi, c'est en mode "pas de pression". La météo est pour l'instant correcte, mais de la pluie est prévue et j'ai la veste de pluie dans le sac à dos (qui sert en gros à la transporter, ainsi que deux flasques et 2/3 barres). Sab promène une boulangerie sur elle : elle a fait son "pain nutritif" artisanalement hier (c'est le côté "nature" de Sab: elle fait le pain à la maison, élève des moutons dans le jardin pour faire ses t-shirt de course elle-même, au rouet, le soir au coin du feu de bois, tout en racontant des histoires de loups aux enfants, etc.).

Allez, on est partis tranquillou dans les rues de Gometz....dont on sort au bout de 100m pour un premier single...et un premier bouchon..:-). C'est sûr qu'on est un peu plus de 250 et que ça va un peu bouchonner au début. Pas de soucis, on déconne un peu, on se marre, on est partis pour 6h et quelques et ce ne sont pas 5 minutes de plus ou de moins qui changeront grand chose.

Les singles en forêt ça démarre dès le premier kilomètre, au moins on est dans l'ambiance : le parcours sera varié et ludique. Un première petite montée m'amène d'ailleurs aussitôt dans ma position usuelle : suivre tant que faire se peut une Sab qui place un démarrage au moindre D+...ou presque. Un autre des singles, un peu plus loin nous amène d'ailleurs...à un bouchon. C'est tout  simple: les traceurs se sont amusés à nous faire passer sur une  petite butte bien raide (s'il y a un chemin officiel ici, je suis le  pape) et n'ont rien trouvé de mieux que le munir d'une corde fixe. Du  coup, on souffle un peu, on ironise sur notre rythme de marcheurs du dimanche (genre 10'/km), pas de pression.

Une descente équipée de la même façon avec une corde fixe, quelques virons dans les singles avec Bikoon qui nous a attendu ("tant  qu'à bouchonner autant le faire avec les copains"), à la queue-leu-leu....tout cela nous amène au pied du fameux viaduc pour un passage légèrement acrobatique autour d'une des piles, quelques enjambements de troncs d'arbre et un fond de pré déjà bien boueux (ça ne va pas s'arranger). J'ai un peu pris de distance sur Sab mais on aura bien le temps de s'attendre...

Dans la côte qui suit, au milieu d'un grand pré un peu gras, sur une file, je presse un peu le pas, alternant marche et course. Au final, je me retrouve avec quelques dizaines de mètres d'avance sur Sab et je revois même Bikoon pas très loin devant. Bon, allez, soyons sage, je prends le temps dans la descente qui suit mais je suis quand même surpris : il y avait deux filles à dépasser, m'enfin. Serait-elle devenue sage ?

Ha ha ha, naïf que je suis. Sab recolle au bas de la descente dans le terrain privé ouvert pour l'occasion et une bonne grosse côte dans un chemin creux lui permet de remettre les choses au point. Et vas-y que je te passe le Monsieur à droite...et la Madame à gauche. Les mains sur les genoux, les pas immenses et vas-y que le bubulle s'accroche comme il peut à la jupe rose (virtuellement, nomé !).

Tabarnak de tabarnak, elle a clairement mangé du lion, on dirait. On se refait un peu dans la descente goudronnée (la seule de tout le parcours, même pas 100 mètres), on prend le temps de souffler car on est à nouveau à la queue-leu-leu dans un sous-bois, on passe la pancarte signalant la moitié du tour et on continue la queue-leu-leu dans un grand pré qui nous amène vers le viaduc. Je ne suis pas un grand fana de ce type de passage très risqué pour les chevilles, surtout en dévers avec les Hoka...et surtout en ne voyant pas où on met les pieds puisqu'on est en file indienne. Allez hop, une mine du bubulle pour dépasser le groupe, chacun son tour, tiens !

Pas de chance, sabpasspa (c'est joli, ça, tiens). Je vais être obligé d'attendre qu'elle passe dans une mini-descente (allo ? Sab qui dépasse en descente ? Cela eût du me mettre la puce à l'oreille).

Passage sous le viaduc à la traversée acrobatique d'un ruisseau avec deuxième coucou au bénévole qui garde les lieux (on passe dans un sens puis dans l'autre à cet endroit, il y en a quelques-uns comme ça, c'est rigolo, ce tracé spaghetti).

S'ensuit, après le viaduc, deux bons kilomètres de tracé éminemment origolesque, uniquement en single tracks où on sent bien que le traceur s'ingénie à trouver le moindre bout de D+ qui peut traîner sur cette partie du bois. C'est un peu gras sans plus, le balisage est totalement fabuleux, il est impossible de se tromper tellement c'est bien signalé, un travail d'orfèvre. Même les "descentes techniques" sont signalées par un petit panneau. Elle ne sont pas si techniques que ça.....mais on va en reparler plus tard, de ça.

Sur cette partie, en gros, on se suit tranquilles, un peu gênés par le trafic, mais il est difficile de dépasser. Je tente le coup sur la plus longue des côtes, où traîne une superbe brouette bleue au bord du chemin, qui me fait penser à la fameuse chaise rouge du bois d'Arfeuille. Je me dis que vu que je mets une accélération pour passer 3 filles à la fois, je vais être suivi. Mais que nenni, Sab est d'une sagesse que je ne vous dis même pas. C'est louche quand même, j'aurais du me douter qu'il y avait anguille sous roche.

Du coup, en haut de la côte, je suis obligé d'ATTENDRE. NAMEHO ! Attendre en haut d'une côte, c'est quoi ce bazar ? Pour un peu je me fâcherais. Nan, j'déconne : j'attends épissétou...tiens je mange un petit coup ma barre de céréales chimiques de chez Decathlon (moi j'ai pas de pain bio fait au four à bois au fond de l'étable des chèvres, d'abord. Je ne me nourris que de barres chimiques de Decathlon....surtout qu'en plus, vu l'improvisation je n'ai pas de saucisson...je vais me faire couvrir de honte jusqu'à la douzième génération par Arclu).

Bref, à la quatorzième barre chimique (j'exégère juste à peine, pensez donc), Sab arrive tranquille comme tout, grand sourire tout ça. "J'suis là", pensé-je confusément...et on repart pour, évidemment aussitôt pacwomaniser les trois filles (faut quand même pas exagérer).

Une ènième petite côte au pied de laquelle un sympathique bénévole va faire le pied de grue pendant 7 ou 8 heures avec son vélo nous fait finalement remonter sur....l'ancienne voie ferrée Paris-Chartres qui est la justification de la construction de ce viaduc incongru au milieu de la forêt. Là, ce n'est pas compliqué, on va revenir  sur presque 2 kilomètres de quasi plat "pas si plat que ça" (ça monte, en fait, autour de 1%), vers le départ. Passage pas très rigolo d'un tunnel certes très large...mais bien noir où on ne voit absolument pas ses pieds, puis passage *sur* le viaduc. C'est un contraste étonnant et je sens que ce morceau là risque de ne pas être le plus simple au 5ème passage, si 5ème passage il y a !

Bref, ça avoine bien à 10,65km/h (j'ai calculé a posteriori...) et moi je ne sens rien de chez rien aux jambes. C'est sûr, je vais repartir pour un deuxième tour.

Après la voie ferrée, encore une traversée de pré casse-gueule où je fais la trace, puis un single en descente et un grand pré où on descend tout droit dans l'herbe mouillée...et petit bout de route et.....le sentier du col du Taïbit. Nan, j'déconne : sur 20-30 mètres, nous voilà sur un sentier réunionnesque en diable avec marches bizarres en bois, terre qui ne demande qu'à se faire détremper. Rigolo comme tout mais, là aussi, au cinquième, ça va piquer. Hop, on redescend, hop Sab manque de se flanquer par terre (c'est une descente, hein) et est rattrapée par la bande de gamins qui encouragent tout le monde et hop....le premier tour est fini.

Et....tout va bien. Oh, on a mis 1h19, on ne peut pas dire que ce soit le temps de l'année. Les bouchons du début ont largement calmé les choses, ainsi que la course quasi constamment en file indienne. Mais du coup, nous sommes frais comme des gardons et il est évident que je continue.

Juste que j'ai à peine le temps de remplir les flasques que Madame est déjà au bout de la rue ('videmment, c'est toujours pareil, les filles, vous avez douze bénévoles qui se précipitent pour remplir vos gourdes et nous on doit se débrouiller tout seuls, j'en ai marre, c'est trop injuste, tiens la prochaine fois, je me déguise en Calimero).

Bref....c'est reparti et visiblement pas pour rigoler. En fait, cette boucle, ce n'est pas bien compliqué, nous allons être plus ou moins dans nos bulles respectives à avancer bien sérieusement...et bien efficacement. Un coup à toi, un coup à moi. Une couette au loin, paf, une petite mine comme ça l'air de rien (des fois c'est moi qui les mets, pour donner le change). Mais en gros, on se fait super plaisir (enfin c'est comme ça que je l'ai vue, moi, cette boucle 2). Le peloton s'est étiré, on peut avancer au rythme qu'on veut et nous remontons progressivement et tranquillement. Je me rappelle juste que dans la "Côte de la Brouette", j'ai quand même eu un peu de mal à avaler la barre chimique que j'avais eu la mauvaise idée de commencer en bas. Parce que sur ce second passage, Sabine ne se promenait plus du tout du tout....et j'ai eu un mal fou à suivre...:-)

Le plat du retour.....tout pareil. La bulle, l'avance quasi mécanique, les relais et.....exactement la même vitesse qu'à la première boucle, c'est confondant : 10,65km/h pas un de plus pas un de moins.

Et hop, deuxième boucle en 1h13, voilà une affaire rondement menée.

Et, encore une fois, j'ai à peine le temps de remplir les flasques, d'attraper un ou deux trucs à manger....que Sab est déjà repartie et est là-bas au bout de la rue. Je me lance donc à la rattraper.

Sauf que.....pas moyen. Sur 2-3 km, je vais réussir à suivre et presque à revenir, à la faveur des passages un peu acrobatiques....mais, même là, je n'y arrive pas totalement. Et, dans la remontée sur le grand pré boueux du 3ème kilomètre.....elle place une relance diabolique en repartant en courant là où je ne peux que faire de la marche rapide si je ne veux pas définitivement me cramer. En résumé, sur ce début de 3ème boucle, Sab a des jambes de fuego et moi....je suis simplement dans mon état normal. J'avance bien, assez vite à ce qu'il me semble, mais je vois la jupe rose s'aloigner irrémédiablement. Je compte vaguement sur la descente dans le domaine privé pour recoller en "envoyant" un peu mais nada !

Tout juste arrivé-je à l'apercevoir encore en haut de la côte du chemin creux puis encore une toute dernière fois dans la traversée dans un pré, avant le viaduc, juste à mi-boucle. Tout au bout du pré on voit encore une petite tache rose ("c'est toi la tache" me diraient mes filles) et puis c'est tout.

En résumé, ça s'appelle prendre une bonne claque...:-). Le pire, c'est que Sab me dira plus tard qu'elle ne s'est quasiment rendue compte de rien et qu'elle a cru que j'avais arrêté à cause d'un problème de genou récalcitrant. Je t'en ficherai du genou, tiens. J'ai juste pris un tir....:-)

Bref, me voilà parti, solitaire et loin de son foyer, juste à mi-course. En plus, la course s'est assez brutalement dépeuplée, on ne voit plus de coureurs que de loin en loin, tous un peu tout seuls.

Pourtant, je continue à bien avancer. D'ailleurs, je dépasse ponctuellement un coureur ou deux, notamment dans les côtes où je ne rigole guère (je fais un peu plus attention dans les descentes car il faut que je m'habitue aux Hoka).

Arrivé à l'extrémité du circuit, au début du troisième passage sur la voie ferrée, une fusée jaune me dépasse : c'est juste....le premier de la course, Olivier Valla, qui est dans son quatrième tour. En gros, il a fait 37 kilomètres pendant que j'en faisais 27. Je guette maintenant les poursuivants, persuadé de les voir arriver bientôt. Mais il n'en sera rien.

Le troisième tour se termine ainsi, toujours dans un bon rythme, toujours en picorant des coureurs ça et là, même s'il y en a de moins en moins. Et le chrono confirme que j'avance toujours bien : 1h12'35", ce sera en fait mon meilleur tour ! Mais, dans le même temps, Sabine faisait le même tour en moins de 1h10. La mine, je vous dis...:-)

Il y a de moins en moins de monde dans le village de Gometz, l'ambiance devient confidentielle...et on est encore moins à repartir pour un quatrième tour.

Il sera, je pense, l'un de mes plus solitaires, ce quatrième tour. En fait, les seuls à me tenir compagnie plus ou moins seront...les premiers de la course. Je vois enfin arriver le deuxième, Yoan Morisse, au bout d'environ 2 kilomètres (donc plus de 5 kilomètres après avoir été dépassé par le premier : l'écart est clairement énorme). Je lui confirme sa place de deuxième...et le vois rapidement s'éloigner. Le troisième, Loic Fouquet, passera environ à mi-boucle. Calcul amusant : il me passe au bout de 3 kilomètres, soit environ 20 minutes alors qu'il aura à l'arrivée 1 minute de retard sur le deuxième. Donc, en résumé, il m'a repris 1 minute en 20 minutes. Voilà ce qu'est l'écart en vitesse entre la tête de course et moi à ce moment là.

L'autre événement intéressant de cette quatrième boucle sera de me faire rattraper dans la dernière côte avant la voie ferrée par Guillaume, le quatrième. Et, du coup, nous faisons toute la partie plate ensemble. Il n'a en fait pas l'air mécontent d'avoir de la compagnie pour ses tout derniers kilomètres qui ont l'air un peu durs. Du coup, on discute et lui et moi ne voyons pas passer le temps. Je le laisse un peu filer ensuite, mais le garde en fait assez proche : il est à la limite des crampes.

Juste avant la grande descente dans le pré qui précède le passage "réunionnesque" nous voyons arriver une grande tornade chevelue, à toute berzingue, qui fond sur nous. C'est en fait Luca Papi, en forme olympique, qui réalisera d'ailleurs le meilleur chrono sur ce 5ème tour, en 1h01. Et Luca *attend* Guillaume en l'encourageant pour qu'ils finissent ensemble. Superbe sportivité mais je crois qu'aucun des lecteurs de ce récit qui connaissent Luca (moi, si peu, si ce n'est au travers de ses courses) ne sera surpris.

Et voilà, et de quatre ! 1h15'36", un peu molli sur le coup. Pendant ce temps, Sab a bouclé en 1h13'24", donc j'ai encore mangé 2 minutes...:-)

Seul défaut, il a commencé à pleuvoir un peu en cours de boucle et, juste sur la fin de cette quatrième, c'est un peu le déluge qui commence ! Il faut carrément se faire violence pour repartir, mais on ne va pas laisser tomber si près du but et je me dis que ça va être l'occasion de tester un peu les Hoka sur du terrain bien gras.

Plus trop d'espoir de croiser grand monde en fait sur cette boucle, mais je repars avec Eric (Popaul sur Kikourou) et on fait du coup un bout de chemin ensemble (environ 2km) jusqu'à ce qu'il m'indique qu'il a du mal à suivre le rythme (c'est vrai que j'avance assez bien, on dirait), et il me laisse donc filer.

Le terrain devient de plus en plus gras au long de la boucle et...les Hoka ce n'est pas totalement ça. Pas des savonettes, mais j'ai l'impression que l'adhérence est quand même inférieure à mes S-Lab Softground. A méditer pour l'Origole.

Détail amusant : à un des moments du parcours où il reboucle sur lui-même, je vois passer.....une jupe rose ! Le temps que je me rende compte que c'est bien Sab, je n'ai pas pu lui faire signe mais c'est bien la preuve qu'elle est assez loin devant. En pratique, je le calculerai par la suite, elle a 750m d'avance. En tout cas, elle a bien l'air d'avancer, pas de soucis à se faire pour elle (mais, je ne sais pas pourquoi, je ne m'en faisais guère !).

La pluie continue à redoubler, c'est maintenant un quasi déluge, je suis trempé. C'est d'ailleurs pour ça que la Gore-Tex reste....dans le sac. Il fait en effet plutôt chaud et j'ai peur de ne pas être vraiment confortable et le risque de prendre froid est vraiment limité.

Voyant les derniers kilomètres arriver, j'accélère progressivement (du moins c'est ce qu'il me semble) et, du coup, je récupère ponctuellement quelques rares coureurs dont "une fille en vert" : tiens je gagne une place de féminine. Natacha (c'est son prénom) semble toutefois bien avancer....c'est donc que moi aussi ça va bien !

La prtie de montagnes russes avant la voie ferrée est désormais une patinoire géante. Les "descentes techniques" sont maintenant vraiment techniques et les Hoka ne sont clairement pas totalement à l'aise. Je me prends d'ailleurs une belle gamelle sur le côté en me rattrappant instinctivement avec la main.....dans les châtaignes! Ouille....j'ai d'ailleurs toujours, 4 jours après, des épines dans les mains....

C'est donc bien repeint que je pars à l'assaut des la dernière "côte de la Brouette" où j'aperçois au loin un coupe-vent blanc UFO qu'il me semble reconnaître. Eh oui, c'est bien Christian "bottle", qui en finit un peu difficilement. Diable, si j'arrive à rattraper bottle c'est que je ne suis pas si loin que ça, alors. Une de mes fiertés de ce trail sera donc d'avoir dépassé un finisher du Tor...ma petite gloire personnelle.

Christian me dit d'ailleurs avoir été dépassé "en trombe" par Sab une vingtaine de minutes plus tôt et qu'elle est a priori première féminine. Hé bé dis donc.....me voilà deuxième féminine, alors...

Tout ça me booste bien pour la dernière édition du long plat de la voie ferrée que je décide de faire sans me retourner, au rythme le plus régulier possible, même si, là, en terrain dégagé, la pluie devient vraiment envahissante. D'ailleurs les bénévoles du viaduc, à qui je lançais à chaque tour "à la prochaine" ne sont plus là. En fait, il n'y a carrément plus personne dans le quartier, on a un peu l'impression de faire sa sortie longue du dimanche matin.

Et donc, malgré mes 10km/h du plat et une bonne partie de manivelle sur la partie finale car je me sens bien en jambes, je ne rattraperai plus personne après Christian (qui se fera, lui, passer par Natacha).

Et c'est toujours sous une pluie continue que j'atteins enfin l'arrivée où quelques courageux bénévoles continuent à pointer les quelques survivants. 6h17'48" sera le temps officiel pour une distance finale mesurée de 48,2km et un dénivelé assez sérieux de 1780m (en région parisienne et sur cette distance, c'est plutôt pas mal).

1h16'11" sur cette 5ème boucle, ce qui au final donne : 1h19'35", 1h13'49", 1h12'37", 1h15'36", 1h16'11". Sympathique régularité, au final....

Je me dépêche alors d'aller à l'abri et du coup de retrouver les autres kikous déjà arrivés, notamment Bikoon (10ème) et L'Castor Junior (9ème) qui sont là depuis près de 3/4 d'heure. J'y apprends aussi ma place finale (22ème sur 46 finishers des 5 boucles) et la confirmation de celle de Sab (19ème et bel et bien 1ère féminine) ce qui, évidemment, me fait éminemment plaisir.

Nous restons ensuite assez longtemps car nous attendons le podium de Sabine qui, lui-même, devra attendre l'arrivée de la troisième féminine (elles seront en fait 3 à finir). Sab qui, en fait, croyait que j'avais du arrêter sur la 3ème boucle car elle ne me voyait pas revenir. Eh non, c'est juste que tu allais trop vite pour moi...:-)

Cela permet aussi de profiter de la sympathique ambiance de la petite salle et du ravito pantagruélique d'arrivée (y compris la bière pression de la Vallée de Chevreuse) ainsi que de la remise nominative de cadeaux à chaque finisher, appelés un par un au micro (on dirait le Tor !). C'est quand même la première fois qu'on m'appelle sur un podium pour ma place sur une course...:-).

D'ailleurs, en fait, y'a pas de podium par catégorie, mais j'ai quand même chipé la place de 3ème V2 à bottle...:-). Bon, ça fait deux fois (après l'EDF Cenis Tour) que je fais podium dans une course où y'a pas de podiums par catégorie, flûte...:-)

Au final, une excellente course "de reprise" (la VDB en mode Bob l'Eponge, je ne la compte pas trop) qui m'a permis de confirmer que, désormais, tout va bien, que la périostite est loin derrière, que la douleur ressentie au genou fin septembre et après la VDB était passagère (peut-être dûe au fait de courir avec ce fameux costume de Bob ?)....et donc, que je peux envisager sereinement ce Puy-Firminy de fin novembre qui reste un bon objectif (L'Origole aussi, mais ça viendra après !).

Les Hoka sont aussi confirmées dans leur rôle de "bonnes chaussures à préserver les guibolles à bubulle" même si je sais désormais que sur terrain très gras, il faudra que je sois prudent...ou que je choisisse autre chose (dilemne pour l'Origole, du coup).

Quant à ma binôme, que dire si ce n'est qu'elle a du franchir encore une étape. Sab, je le pense, n'est pas totalement satisfaite de sa TDS, mais cela lui a clairement apporté beaucoup et, du coup, sur ce type de distance moyenne et de profil, elle devient clairement redoutable. Si ça veut bien le faire, sur l'Origole, ça devrait pouvoir être une belle réussite (sans vouloir lui porter malheur, à elle ou à moi). Et, en tout cas, ce dimanche, je n'avais clairement pas les moyens de suivre. Cette performance mérite, comme beaucoup lui ont dit, un grand grand bravo.

Au final :
1 finisher de 6 boucles (Stéphane, UFO, reparti en off après la 5ème !)
46 finishers sur les 5 boucles, entre 4h44'10" et 7h45'51
17 finishers de 4 boucles
51 pour 3 boucles
72 pour 2 boucles
84 sur 1 boucle.

Comme je l'ai déjà dit, c'est l'avantage de cette formule où chacun peut choisir sa distance en fonction de ses possibilités du jour.

Autres stats, nos positions au classement:
Tour 1 : Sabine 167e, Christian 166e
Tour 2 : Sabine 96e, Christian 95e
Tour 3 : Sabine 45e, Christian 55e
Tour 4 : Sabine 28e, Christian 32e
Tour 5 : Sabine 19e, Christian 22e

Si on ne garde que les 46 finishers du 50km
Tour 1 : Sabine 40e, Christian 39e
Tour 2 : Sabine 38e, Christian 37e
Tour 3 : Sabine 28e, Christian 31e
Tour 4 : Sabine 23e, Christian 27e
Tour 5 : Sabine 19e, Christian 22e

En gros "on part du fond du peloton et on en croque la moitié"...:-))

 

Duo !

 

12 commentaires

Commentaire de bottle posté le 16-10-2014 à 20:50:17

Bravo Christian tu as été d'une régularité idéale sur ce type de course.

Commentaire de Bert' posté le 16-10-2014 à 21:03:50

Joli come-back ! Enfin si je puis dire car la TDS, c'était hier ;-)

Allez, je te souhaite de trouver ta voie cette saison, avec plein de bonnes courses, un corps bien entretenu / soigné et... en point d'orgue l'UTMB ?!!

Commentaire de gayil posté le 16-10-2014 à 22:54:47

Ca fait plaisir de voir que tu as retrouvé tes jambes et la plume, et contente aussi pour Sab que cette TDS qui a eu l'air si hard paye au final sur les capacités d'après... Bonne fin de saison à tous les 2.

Commentaire de lecoureurdesbois posté le 17-10-2014 à 11:57:36

Coucou Bubulle,
Eh bien c'est avec toi que j'ai couru sur la fin de mon 5ème tour, ça m'a fait du bien d'être un peu accompagné. Tu peux aussi rajouter un finisher à 6 tours car Yoann (2ème) a fait un 6 ème tour, mais au début car il a fait un tour d'echauffement avant tout le monde. A bientôt.

Commentaire de PhilippeG-549 posté le 17-10-2014 à 15:07:08

Bravo Christian, un récit très chouette à lire comme d'habitude !
Ayant participé à celle-ci l'an dernier je visualise très bien tous tes détails, c'est agréable.
Bonne récup à toi car dans 2 jours tu enchaînes avec le trail des 7 hameaux si je ne me trompe point ?
Félicitations pour ton podium virtuel ;-)

Commentaire de franck de Brignais posté le 17-10-2014 à 15:44:34

Bravo l'ami ! Je constate avec plaisir que les petits soucis du finish de la TDS sont quasiment résolus... et c'est tant mieux !! A très bientôt !

Commentaire de alain94 posté le 17-10-2014 à 16:24:31

Bravo
encore un récit bubullesque à souhait !
Les blessures sont oubliées, et ça promet pour les courses de fin d'année

Commentaire de caro.s91 posté le 17-10-2014 à 19:36:21

Comme d'habitude, un joli récit où on retrouve la "patte" de notre cher Bubulle. Les petits soucis de blessure semblent oubliés et la régularité du pacman a été encore une fois démontrée. Quant à Sab, j'avais vu la semaine avant qu'elle était bien affûtée et qu'elle descendait plutôt rapidement à Clamart. Bref, je ne suis pas étonnée par vos performances !!! :)

Commentaire de stphane posté le 17-10-2014 à 22:08:14

Un récit ultra détaillé comme toi seul sait les écrire ... Belle perf en plus

Commentaire de Arclusaz posté le 17-10-2014 à 22:26:27

J'ai eu un peu peur de m'être trompé de forum avec cette histoire de brouette avec une fille en jupe rose....

Et puis,j'ai reconnu la "Bubulle touch", Hoka où on aurait eu un doute.
Mais, je pense que pour ta santé mentale, il te faut absolument arrêter de faire des courses en circuit : déjà que tu enregistres dans ton cerveau chaque mètre d'une "course normale", là en étant passé 5 fois tu n'as pas fini d'en rêver....

Bien content de voir que tu as retrouvé la forme.
Bises à Flying Sab à l'occasion (tu devrais la voir avant moi...)

Commentaire de Roni75 posté le 18-10-2014 à 10:25:31

Bravo pour cette remontée fantastique, cette belle perf et ce CR toujours aussi détaillé.
En fait, je ne suis pas un fan des courses en plusieurs boucles mais finalement ça a l'air plutôt fun quand on est en forme.

Commentaire de Roni75 posté le 18-10-2014 à 10:25:44

Bravo pour cette remontée fantastique, cette belle perf et ce CR toujours aussi détaillé.
En fait, je ne suis pas un fan des courses en plusieurs boucles mais finalement ça a l'air plutôt fun quand on est en forme.

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