Récit de la course : Saintexpress 2014, par Krapo07

L'auteur : Krapo07

La course : Saintexpress

Date : 7/12/2014

Lieu : Ste Catherine (Rhône)

Affichage : 1070 vues

Distance : 44km

Matos : Chaussures Quechua MT500.3
Veste Quechua Bionnassay 500
Frontale Led Lenser SEO7R

Objectif : Terminer

5 commentaires

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Saintexpress sans se presser !

 

              

Petit retour en arrière : il y a un an, nouveau sur le forum, je découvre avec émerveillement l’emballement et la passion qui règnent autour de la Saintélyon. Pour moi qui suis lyonnais, cette course m’a toujours paru à la fois mythique et inaccessible. 70km, qui plus est de nuit et dans le froid, ça me parait tellement énorme ! Mais je me dis que boucler la Saintexpress serait un bon début et un beau défi pour l’année prochaine.

Plusieurs mois ont passé, mon début de saison 2014 a été très bon, avec beaucoup de premières pour moi qui suis relativement nouveau dans la course à pied. Successivement je boucle un second semi, puis mes premiers trail de plus de 20km, et enfin mon premier trail de montagne (Passerelles du Monteynard – 35km – 1700D+). Bref tout va bien jusqu’à un gros coup de bambou sur le semi-marathon Auray-Vannes que je termine à l’agonie, lessivé, mal préparé, à la dérive complet. Après cet échec, n’ayant plus de courses au programme, je décide de me trouver un dernier gros défi pour terminer l’année 2014 sur une note positive. Et là, immédiatement, c’est à la Saintexpress que je pense. Je me dis que c’est le défi idéal : 44km c’’est déjà 10 de plus que le plus long que j’ai pu faire jusque-là.

Je me prépare avec application : plan d’entrainement, matériel, alimentation, météo, je ne laisse rien au hasard. La forme est là, tous les voyants sont au vert en ce 6 décembre.

                Arrivé à Sainte-Catherine, j’ai hâte de m’élancer, même si je me dis à ce moment-là que je suis un peu fada de prendre un bus pour m’amener au milieu de nulle part et rentrer à pied, de nuit, et dans froid !

 

                Sainte-Catherine – Saint-Genou :

Sur la ligne de départ je me place dans le premier tiers des coureurs. Je pars tranquillement, pas la peine de se cramer, la nuit sera longue. Premier sentier, première montée, première boue ! Les jambes répondent bien, les kilomètres défilent facilement. Je passe le bois d’Arfeuille sans encombre, puis viens une deuxième descente (bois des Marches ?) : petite frayeur, je me fais surprendre et je me bloque la cheville entre deux pierres. Plus de peur que de mal, la cheville n’a rien. J’arrive déjà au premier ravito de Saint-Genou, 1h22 de course, je suis en avance de 10 minutes sur mon plan de marche. J’ai tellement adoré cette première partie du parcours que je n’ai pas vu le temps passé. Je ne m’arrête presque pas, juste le temps de remplir la gourde et prendre deux trucs/tucs à grignoter.

 

                Saint-Genou - Soucieu :

La nuit est magnifique. J’observe avec émerveillement le serpentin de lumières derrière moi.  Sur les hauteurs, petite brise rafraichissante (j’ai dû trop m’habiller) et au loin les lumières de la vallée du Rhône. Je continue mon petit chemin tranquillement, en veillant toujours à ne pas s’enflammer. Les jambes sont toujours bonnes mais une petite douleur sur l’extérieur du genou droit apparait. Surement la conséquence du bois des Marches : la cheville a tenue mais c’est le genou qui a dû vriller un peu. Je gère au mieux et profite des montées et du plat pour rattraper le temps que je perds dans les descentes où là le genou fait mal. Je commence à m’inquiéter un peu mais je me focalise sur le prochain ravito. Soucieu, 2h40 de course. J’en profite pour y faire une bonne pause histoire de recharger les batteries. C’est la mi-course, le plus dur commence.

 

Soucieu – Chaponost :

Après une bonne pause d’une dizaine de minutes, je repars direction Chaponost. J’en suis à 2h50 de course et j’avais prévu une sortie du ravito en 3h donc tout va bien. Alors que je pensais que cette pause serait salutaire c’est tout l’inverse : la machine est dure à remettre en marche, le genou droit brûle, et les mollets commencent à donner des signes de crampes à deux doigts d’arriver. Je gère mon effort, je marche dès que la route monte, incapable de courir à la moindre pente. Le moral en prend un coup. J’oublie rapidement le chrono et passe en mode survivor, avec un seul objectif : Chaponost. Le point positif c’est qu’en réduisant mon allure je prends plus le temps de m’alimenter et m’hydrater : il le faut car à Soucieu en remplissant ma poche à eau je me suis rendu compte que je n’en avais même pas bu la moitié. Je suis dans le dur, je me fais dépasser sans cesse. Je commence à me dire qu’il serait plus raisonnable d’arrêter à Chaponost tellement ce genou me fait mal. J’arrive enfin à Chaponost, il doit rester 13 à 15km, je n’ai pas le droit d’arrêter là. Je ne m’arrête quasiment pas car j’ai peur de ne pas avoir la force de repartir. Quand je vois le nombre de coureur assis le regard vide, je me dis que je ne suis pas le seul à souffrir. Chaponost 4h19 …

 

Chaponost - Lyon :

Maintenant plus qu’un seul objectif : finir. Le temps importera peu : 6h, 7h, je finirais en marchant s’il le faut. Je ne pensais pas cette partie du parcours aussi dur. Beaucoup de bitumes mais surtout beaucoup de montées/descentes alors que je m’imaginais un parcours plus facile. Ce sont  surtout les descentes qui sont difficiles : impossible de dérouler, le genou brûle. En montée par contre ça va super, je double même beaucoup de coureurs, pas mal au genou, et les crampes sont oubliées. Le passage dans Ste Foy me parait interminable ! Le premier relayeur de la Saintélyon me double, comme une fusée. Les kilomètres passent lentement mais je me dis que c’est bon, je vais y arriver. Arrivent enfin les derniers escaliers de la Mulatière, puis le pont Raymond Barre. Comme par magie je n’ai plus mal et j’arrive à dérouler. Plus que deux cent mètres, dernière ligne droite, on rentre dans le palais des sport de Gerland, ça y est !  Finisher en 6h14. \o/

Le speaker annonce les deux leaders de la Saintélyon à 2km. Je reste près de la ligne pour les voir arriver. Ces gars-là sont des extraterrestres : ils sont partis 1h après moi, ont parcouru 28km de plus, et ils arrivent en même temps que moi. Bravo à eux.

 

        

Patrick Bringer et Manu Gault en live

 

Bilan

Points positifs :

-          J’ai terminé ! Pour une première sur cette distance c’est bien là l’essentiel ! J’avais prévu un temps de 5h30, je mets 45min de plus, en finissant sur une jambe, ça reste honnête. En regardant mes temps de passage, c’est principalement entre Soucieu et Chaponost que j’ai perdu beaucoup de temps. A partir de Chaponost j’ai relativement limité la casse finalement.

-          Le mental : mine de rien ça fait plusieurs courses que je me rends compte que je fini malgré des moments difficiles.

-          L’équipement : j’avais tout bon.

 

Points négatifs :

-          Un peu de frustration d’avoir été ralenti par une blessure alors que je semblais avoir les jambes.

 

Conclusion : la course à pied est un sport difficile. Même bien équipé, même en pleine forme, on n’est jamais à l’abri d’une petite faute d’inattention, d’une blessure ou d’un coup de malchance. Rien n’est joué d’avance. C’est ce qui rend ce sport si beau.

 

 

 

5 commentaires

Commentaire de christ-off posté le 12-12-2014 à 09:31:34

Finalement la Stexpress c'est une mini Stlyon et même sur ce format la course commence à Soucieux.
Tu as été plus rapide sur le début de course et moi j'ai mieux fini la fin de course.
Encore de l'expérience que tu as acquis pour des prochaines courses.
Bonne récup!

Commentaire de Krapo07 posté le 12-12-2014 à 12:11:01

Je me suis dis la même chose en repartant de Soucieu : c'est maintenant que la course commence ! ;)

Commentaire de Arclusaz posté le 12-12-2014 à 12:05:07

bravo pour la réussite de "ton défi à toi".
Tu as choisi l'épreuve parfaite à ce moment de ta pratique sportive (et je dis pas ça parce que j'ai fait comme toi en 2010 !.
On dirait que tu es parti un peu vite mais c'est normal et ça t'a donné un avant-gout dees moments pénibles qu'on rencontre sur une STL : oui, il y a des moments durs sur ces courses mais ils sont immédiatement récompensés (mais pas oubliés) quand on franchit la ligne.

Enfin, une "critique" pour finir : quoi ? un kikoureur lyonnais qui est surpris par le parcours depuis Soucieu. N'as-tu jamais entendu parlé de nos fameuses "reco-off bus" du mercredi soir ? n'hésite pas à te joindre à nous l'année prochaine ou avant sur un OFF !

Commentaire de Krapo07 posté le 12-12-2014 à 12:12:54

Parti un peu vite je ne sais pas, j'ai surtout été gêné par la blessure au genou mais je n'était pas cuit physiquement.
Pour les recos j'aurais bien aimé mais je suis un ex-lyonnais expatrié à la campagne! J'ai d'autres terrains de jeux maintenant : les montagnes ardéchoises ;)

Commentaire de Arclusaz posté le 12-12-2014 à 12:20:10

ah, effectivement là on ne peut lutter !tu es bien mieux pour courir en Ardèche qu'à Lyon...

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