Récit de la course : L'Echappée Belle - Traversée Nord - 85 km 2016, par le_kéké

L'auteur : le_kéké

La course : L'Echappée Belle - Traversée Nord - 85 km

Date : 27/8/2016

Lieu : Vizille (Isčre)

Affichage : 1058 vues

Distance : 85km

Objectif : Pas d'objectif

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L'enfer au paradis

EB 2016, parcours des garçonnets

Pour changer de cette satanée Chartreuse que j'aime tant si on parlait un peu du massif d'en face ?
Cette Bella donna, qu'on a sous les yeux tous les jours depuis ma plus tendre enfance Grenoblois mangeur de noix oblige.
On a vu arriver cette course de façon surprenante il y a quelques années avec un parcours de fou, sans savoir si elle aurait lieu.
Le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle a fait parler d'elle avec un sacré succès et une réputation de parcours engagé unique.

Bon cette année il est temps de franchir le pas, c'est parti pour le 85km.
Le 144km c'est pas pour cette fois et cela ne le sera sans doute jamais.
Du coup cette année on a mis un peu plus de Belledonne au programme des entrainements avec des supers sorties en compagnies de mon pote PP1.
Pour des raisons essentiellement pratiques on a reconnu uniquement des parties de l'échappée belle qu'on ne fera pas sur la première partie du 144.
Peu importe ça permet de s'habituer à évoluer dans toute cette caillasse, et c'est tellement beau.
On arrive donc le jour J relativement confiant. Le seul truc qui me fait un peu peur c'est la chaleur n'étant pas un grand fan, à chaque fois je finis dans un état lamentable alors sur un format aussi long ...
Comme d'hab on fait des prévisions des statégies.
En regardant les temps de l'an dernier ça devrait se faire en 22-24h cette histoire, donc va falloir passer une nuit dehors, ça m'est pas arrivé depuis ma dernière sainté (2006??) où j'avais dit plus jamais, trop de monde.

On arrive la veille, retrait du dossard, on passera la nuit dans la voiture pour prendre la navette à l'aube (4h)
En cherchant déseperemment l'endroit où se passe la fête des pates, je trouve un compagnon de course d'orientation fort sympathique.
Petite discussion avec la bénévole du parking qui nous remet sur le droit chemin et qui semble contente de discuter avec nous, c'est vrai qu'il devait y avoir des endroits plus sympas pour faire le bénévol sur l'EB.
Il parrait que le dude s'occupe du parking l'année prochaine ???
Maintenant nous connaissons bien Aigue(passi)belle et nous pouvons deguster les bonnes pates avec l'ami haut savoyard au bord d'un lac sur les hauteurs.

Retour à la voiture pour se préparer pour la nuit, il fait encore bien chaud et mon nouveau copain de la yaute à gagné le gros lot en oubliant matelas et duvet, lui qui pensait dormir à la belle étoile.
Il m'assure qu'il va se débrouiller dans sa (petite) voiture.

Très mauvaise nuit, il fait chaud c'est bruyant, mention spécial à ces jeunes qui viennent parler (fort) de pkémon , la prochaine fois j'irais me garer dans la montagne au calme.
Bref 2 ou 3h de sommeil et c'est déjà l'heure.
La phrase "le plus dur est d'être au départ" se vérifie, l'ami tête en l'air qui a oublié son matelas, n'a pas dormi de la nuit, decide de rentrer chez lui.
Je lui dit de prendre quand même le départ et de faire le début de course mais il avait pas l'air motivé ... je sais pas ce qu'il a fianlement fait.

OK la navette nous dirige vers le départ, enfin on y est.
Je croise l'ami Philippe D qui fait des photos et l'ami Akuna qui a et va faire des photos, ça faisait longtemps que je l'avais pas croisé.
Le départ est retardé on rentre et sort de l'aire de départ pour se faire pointer.
A la vérif du matos je gagne, je dois montrer flotte et téléphone, si il avait fallu montrer les gants tout au fond du sac je l'aurais maudit sur 5 générations.

Au jeu de l'entrée/sortie de la ligne de départ je gagne aussi, je suis presque en première ligne, pas loin de Antoine Guillon, la star du jour.
C'est bon tout les schampions sont là.
On tappe la discute avec quelques kikous, il y a un spectacle de feu, avec Belledonne en fond et le jour qui se lève, sympa.

J'avoue que j'y suis pas, je dors à moitié et toutes cette agitation me fatigue un peu, quand même un peu ours le matin.

Première partie : l'échappée belle c'est trop facile

Enfin c'et parti.
Les fauves sont lachés, ça part mode saucisson en attaquant dans tous les coins avec des relances incessantes.
Faut dire qu'en partant quasi en première ligne ...
J'essaie d'être cool mais bon on se laisse embarquer comme les requins qui sentent le gout du sang, on retrouve vite les reflexes.
On monte en haut de la station et on redescend sur la ligne de départ, ça a permis de bien étirer le peloton.

Petit coucou à Philippe pour la photo 



Ensuite ça descend sur un chemin tranquille, déjà plus de problème de monde on trouve son rythme, il fait bon quoi que un chaud dans les bois.
Après cette descente tranquille ça remonte, on discute avec quelques kikous.
Mais c'est kikélà c'est le champion cyss, notre premier cador du grand parcours que l'on croise aujourd'hui, il abandonne (sniff) et trouve que l'on pars vite.
D'un autre coté on a que 6 ou 7km de chemin facile dans les papates.
Et on remonte plus sérieusement dans le bois, mais rien de bien difficile.


10 km et nous voilà à la grande valloire c'est chouette, j'annonce que j'en ai marre et que j'arrête là.


Petit monment de stupeur de bénévoles, en fait je ressers juste les chaussures et mange un truc avant de repartir dans la descente.
Descente assez cool encore, c'est super beau, on commence à doubler régulierement des 140, à chaque fois petit mot d'encouragement.
Ceux là, ont très peu de chance d'arriver au bout ...
On arrive vite au ravito 1, au Gleysin dans une ferme. Beaucoup d'agitation là dedans avec l'arrivée en masse de 80km.


Gleysin : 2h48 de course, position 69, classement de la section sur les arrivants 51

Il fait chaud et humide dnas cette vieille ferme, remplissage de courdes, je fous de la poudres de partout et le sac est trempé, ça fuit, plaisir du trail.
On repart pour attaque le moretan, non sans croiser l'habituel oublieur de batons qui se tappe un km ou deux en plus que les autres et qui du coup attaque la montée à fond pour rattraper le temps perdu.

Enfin moretan nous voilà, ce col est devenu une sorte de légende, dans les récits.
Un truc hors norme à la montée et à la descente, les grandes joraces ou les drus à coté de la gnognote pour frimeur d'alpiniste, nous on est de trailers poilus.
Il est temps de se faire une idée, le kéké est là pour vous dire ce qu'il en est vraiment sur le terrain, merci à lui.
Ce début de montée est quand même bien raide, mais la température est encore fraiche, on a 1400 D+ à se coltiner.
Je prends l'aspiration de 2 féminines qui montent comme des chamois, je suis admiratif mais au bout d'un moment je laisse filer pour garder un rythme plus raisonnable.
Ca grimpe fort, on arrive enfin au refuge de l'Oule.


Petite pause bienvenue, ces demoiselles se sont à peine arrêtées.
Reste 600D+ pour rajouter le moretan dans la collection.
C'est de plus en plus de la caillasse mais pas trop compliqué finalement, le sommet se rapproche, les bénévoles au sommet paraissent moins loin.


La fin est super raide, dernier coup de rein et on est en haut, yes.
Finalement pas ça passe pas si mal.
Peite pause haribo c'est beau la vie là haut, resserage de chaussure et en avant pour voir la descente.


Moretan : 5h04 de course, position 65(-4), classement de la section sur les arrivants 56, temps de la section 2h17

Grosse éclate dans ce début de descentes, avec les cordes et la neige, il y a qu'à se laisser glisser, je me marre tout seul comme un gamin.


Juste une bonne gammelle contre un rocher et le mollet bien rappé même pas mal.
Ensuite plus de neige mais toujours la corde ça aide super, on arrive rapido au lac.


C'est pas très roulant et demande une grosse concentration pour passer des zones où tu passes de bloc en bloc.
C'est dans une zone comme ça que l'appreil photo tombe et part se cacher sous des rochers.
Je suis sur que c'est foutu il doit être 10m la dessous avec plusieurs tones de roches pour le protéger.
Je fouille quand même sous les rochers et là miracle, je vois la sangle la dessous dans une zone où on peu tout juste glisser la main.
Je ressorts le précieux, encore en état de marche, c'est un miraculé.

Au lac inférieur c'est une tête connues qui pointe, noruas, dans un coin paradisiaque, c'est bien lui le plus heureux.

Photo noruas


L'année prochaine lui aussi, au parking de aiguebelle, non mais ...
Juste après un coureur s'est pris une grosse gamelle, on remonte l'info, j'espère que c'était plus de peur que de mal mais il semblait bien sonné.


On arrive à Périoule, accueilli par l'esprit du trail en personne, le beau , le magnifique, l'unique, le dude.
Avec sa fille ils font pointage et buvette.
Je suis comme un coq en pate, on refait tous les niveaux et on mange un bon sandwich au saucisson qui révèle toute sa saveur dans ce coin magnifique.
Le dude m'annonce que la descente qui suit n'est pas une partie de plaisir, zut je pensais qu'on allait pouvoir dérouler un peu.

Et sinon mon kéké tu nous a pas dit ce Morétan ??
Ben finalement pas si dur que ça compte tenu de la légende entretenu, c'est certes raide à la montée et un peu merdique à la descente (mais bien simplifié par les cordes)
Le col de la vache où on est passé avec PP1 l'autre jour m'a paru autrement plus merdique que ça soit à la montée ou à la descente.
Mais bon les gars du parcours enfants on a que 15km dans les jambes et il fait grand jour, avec 70km et de nuit le ressenti doit être bien différent.
(j'espère ne pas trop casser cette légende)

On laisse le dude à ses occupations et on continue à descendre.


Périoule : 6h02 de course, position 78(+13), classement de la section sur les arrivants 106, temps de la section 57mn


La chaleur commence à se faire sentir, et c'est vrai que cette descente est particulierement pénible, rochers, racines, merdique.
Je préférais presque le haut du moretan.
Je lève un peu le pied et descend tranquillou.
On descend avec un gars et on entend une fille parler, parler derrière, il me dit ralenti pas trop elle fait que parler, elle me saoule :-)
Je suis donc pas le seul ours de Belledonne.
Là il fait chaud, tout le monde s'arrête au moindre court d'eau pour rafraichir la machine.
On doit être en bas, une très courte portion roulante et boum ça remonte droit dans la pente.

Ah on doit être dans la partie pourrie décrite dans les Crs de l'an dernier.
Ca monte fort, il fait chaud et c'est pas intéressant, ça correspond.
Un héro du grand parcours rale "c'est quoi ce chemin pas interessant, pourquoi on nous fait passer par là"
A mon avis c'est qu'ils ont pas le choix, garçon, pas le moment de rentrer dans un débat avec un gars qui vient d'avoir une nuit blanche, de toute les façons, si on passe par là c'est qu'il y a pas trop le choix.

On monte c'est dur, c'est raide.


Heureusement il fait pas si chaud, il y a un petit vent, et un peu de flotte permet de se rafraichir.
Enfin le haut, mais c'est pas fini, c'est les montagnes russes, un coup ça monte un coup ça descend et le chemin est bien désagréable.
Après un temps infini, on descend enfin du super collet.
Des spectateurs, nous disent attention le chemin n'est pas facile.
C'est pourtant du billard par rapport à ce qu'on a connu ces 15 derniers kms.
Et voilà on retrouve les supporters, la famille à super collet.

photo philippe Durbet

 


Il est 15h, on a fait la moitié du D+ (3000) et un peu moins en distance (37km), je ne le sais pas encore mais j'ai mangé mon pain blanc ...


Super Collet : 8h31 de course, position 78(+0), classement de la section sur les arrivants 74, temps de la section 2h30


Deuxième partie : l'échappée belle quelle galère


Note pour le lecteur, cette partie va être moche ... je casse un peu le suspens, les ames sensibles peuvent aller directement à la conclusion.

Je suis pris totalement en charge par le team kéké, on se met dans un coin à l'ombre vers le restau, autour du ravito c'est trop le bordel et il y a pas de coin à l'ombre.
Change complet, nok, crampe en mettant la nok, ma femme est enchantée de me tartiner les pieds (pour le meilleur et pour le pire qu'il disait)

On refait le bonhomme à neuf, beau bronzage cycliste (photo philippe Durbet)


En tout cas c'est très agréable de se faire masser le pied.
PP1 est là et me prodigue moult conseils et m'amène des victuailles, une vraie mère.
La soupe bof passe mais sans plus.
Le sandwich un peu mieux mais je sens les prémisses de mes futurs ennuis, le bide n'a pas l'air très content.
C'est refait à neuf qu'il est temps de repartir après une bonne grosse pause.
On attaque la montée avec PP1 qui m'accompagne (la famille prend le télésiège), on attaque bille en tête.
Bon je sens qu'un truc vient de se gripper dans le moteur, ça monte plus.
Les jambes sont bien mais j'ai plus de jus ??!!!
On relentit, on est pas pressé, PP1 me fait la conversation et je sens le coup de bambou arriver.
Je retrouve la famille en haut du télésiège, petite pause et on repart.
Ca monte encore, PP1 me laisse au sommet, il sent bien que je suis pas au top.


Bon ça redescend, c'est technique mais sans plus, la machine tourne au ralenti mais en descente on fait illusion.
Et c'est parti pour la remontée, je regarde le profile, ouille il faut remonter à 2300.
On y va tel la loque, mètre après mètre.
Je m'accorde une pause, puis une deuxième, c'est moche.
L'orage gronde de plus en plus mais pour le moment rien d'inquietant mais le soleil a disparu.
Enfin le refuge des ferices, toujours ça de fait, mais il reste 400D+.
Nouvelle pause, un grand verre de coca me remet les idées en place.


Refuge des Ferices : 12h04 de course, position 87(+9), classement de la section sur les arrivants 131, temps de la section 3h32

Toutes ces pauses ont du me faire du bien car je suis moins scotché au caillou et on ne me double plus la machine repart légérement (ou tout le monde en chie maintenant)


En montée on ne voit plus trop de différence entre les 85 et les 140km.
Enfin après un temps infini on passe un premier sommet.
Mais c'est jamais fini, c'est redescente et nouveau raidar.
Un gars nous annonce, aller c'est fini juste un petit pétard.
Avec un autre gars on le maudit avec son "petit pétard", droit dans la pente qui nous achève tous. (tu peux te le mettre bip bip bip et re bip ton pétard)

La devant, juste un petit pétard


Ça gronde toujours autour de nous, je suis content de passer ce merdier de jour.
C'est magnifique ces crêtes des ferices.
Enfin ça semble être la descente.
Le gars nous dit jusqu'au refuge (perriere) c'est pourri comme descente, puis après c'est mieux, reste 5km pour val pelouse.
Effectivement c'est pourri mais ça descend.
En descente ça va, j'ai encore des bonnes jambes, et enfin on passe ce refuge avec les vaches.
La pluie commence à tomber et la nuit aussi.


Obligé de mettre la frontale, je pensais m'équiper à Val Pelouse mais fallait pas tant trainer mon gars.
Obligé aussi de mettre la veste, la pluie redouble.
Enfin Val Pelouse te voila, j'ai cru que tu n'existais pas ...


Val Pelouse : 14h31 de course, position 90(+3), classement de la section sur les arrivants 93, temps de la section 2h27

Et là, bonne surprise PP1 est là !!!
Il me chouchoute, pendant que je traine sur le banc.
Je mange 2 ou 3 trucs, et par contre la soupe ça passe pas.
Pire mon bide n'est pas du tout d'accord, faut dire les trucs chinois c'est pas pour moi même les nouilles.
Je vois un lit de libre et il faut que je m'allonge, on sort la couv de survie, et hop position allongé, ça va mieux.
L'équipe médicale vient me voir, spasfon, beuuuuuuuuuuuuuuuurk c'est vraiment deg ce truc, c'est sensé améliorer l'estomac avec un goût aussi pourri.
Allongé je suis bien, par contre je commence à être gelé. On va donc utiliser le matos obligatoire et le t-shirt manche longue qui a l'avantage d'être sec, la couv de survie hop.

On est pas bien là ???
J'ai quand même un tein un peu verdatre ...


Le gars du 140 dans le lit à coté de moi, lui arrête là les frais, c'est vrai qu'il a une sale tête (il pense surement la même chose de moi)
Dans ma tête ça gamberge, j'arrête, je continue ??
Ce qui me fait chier c'est que j'ai encore des super jambes, c'est juste ce putain d'estomac qui m'ennuie, c'est trop dommage.
Je suis sur que si j'arrête je vais le regreter pendant très longtemps, mais si je continue il y a quand même une probabilité non nulle que ça soit une grosse galère.
La fille de l'équipe médicale me décrit la suite ... une montée de 300d+, une aute de 400D+ et enfin 100 et on est au pontet, 15 bornes, pas si pire.
Aller mon kéké t'es pas une mauviette, on y retourne, tant pis !!!!
PP1 semble un peu inquiet de cette decision, il me dit qu'il attend 10mn si par hasard je change d'avis.

Et c'est reparti dans la nuit et le froid, l'estomac semble un peu calmé, je me demande quand même si je fais pas une grosse connerie.
Ca monte, la pluie se calme, je me réchauffe, finalement ça se pase pas si mal.
Toujours aussi sympa et magique de se balader la nuit.
Petit coup de descente dont j'ai aucun souvenir et c'est reparti pour une montée, celle de 400D+
Retour du coup de bambou, je suis au bout du bout à mi-montée.
Et là ça y est c'est la fin, gros vomito le ventre se retourne.
Je me pose, il pleut, il y a du vent, j'ai le bide en vrac, je suis gelé, le top quoi.
C'est ce qu'on appelle le trail plaisir.
Je me dis que je mettrais bien une couche supplémentaire comme la polaire, mais ça a été supprimé du matos obligatoire, prochaine fois sur que je l'ai dans le sac.
Je repars poussé par le froid, c'est donc tremblant comme une feuille que ça avance, la montée a le mérite de me réchauffer.
Tout les gens croisés s’inquiète de mon état, non tout va bien, trail plaisir je savoure (merci à eux), au prix qu'on paie autant en profiter au max.
J'ai envie de faire une vidéo, pour enregistrer ce moment mémorable où je dirais un truc comme, "j'arrête ce sport de con, c'est la dernière fois" avec une tête de cadavre et je me le repasserais en boucle chaque fois que j'aurais envie de m'inscrire à un truc débile.

Enfin j'arrive en haut, ça va un poil mieux, enfin d'un autre coté pire c'était la boite en bois.
La bénévole là haut qui nous pointe me casse le moral (enfin ce qu'il en reste), ravito 11km, pas possible que j'ai fait que 4km depuis val pelouse avec 2 montées et une descente, ça fait un temps infini que je suis parti.
Je pensais qu'il restait la moitié.

Je rattrape Xavier, héro du 140, qui boite bas et m'annonce qu'il arrête au plus tôt.
Je resterais bien à faire la conversation mais je suis pas au top non plus.
Un peu plus bas je trouve un champ herbeux, il pleut plus, c'est magnifique avec les étoiles.
C'est l'endroit idéal pour un bivouak.
Je sors la couverture de survie, mets tous les habits que j'ai sur moi et tente une petite siestouille.
Quelle heure il est, aucune idée, combien de temps je reste là sous les étoiles, aucune idée, est-ce que j'ai dormi, aucune idée.
Je finis par être rattrapé par le froid, c'est pas tout ça mais il y une course à finir, enfin à ce moment là hors de question, d'aller plus loin que le ravito c'est sur j'arrête.

On y retourne cahin cahan, déjà on se réchauffe c'est déjà ça, c'est pas brillant mais ça repart.
Les chemins sont encore bien merdiques et détrempés, 11 km, pffff, j'espère que la bénévole c'est trompé, même 1 ou 2 de moins ...
Petit à petit c'est moins technique et plus roulant, les jambes reviennent et ça repart, le bide me laisse tranquille.
Je rattape même des coureurs (surtout du 140km), les kms défilent (trop doucemenr quand même)
Tiens revoilà Xavier, toujours pas le même rythme, petit mot d'encouragement, on a pas l'air tout les deux d'avoir envie de se lancer dans des grands débats.
J'arrive même à boire, les jambes tournent de mieux en mieux, les idées noires disparaissent, enfin diminuent
J'avance de plus en plus vite, je commence à me dire que je vais quand même pas abandonner si prêt de l'arrivée, c'est fou comme on peut changer d'une heure à l'autre.
Je fais la fin avant le ravito avec un jeune sympa qui fait son premier aussi long, faire la conversation nous permet de faire, passer le temps plus vite et soudain après un virage, miracle le pontet !!!!!!!
J'en pleurerais j'ai cru que ça existait pas ce Pontet et qu'on allait tourner en rond dans la forêt pendant encore 4 ou 5h.


Le pontet : 20h11 de course, position 110(+20), classement de la section sur les arrivants 150, temps de la section 5h41 !!!!!!

Là dans ma tête c'est hors de question d'arrêter, on finit le travail.
Je m'arrête un peu au ravito, mais à peine assis boom le ventre se rappelle à moi.
Note pour la prochaine fois, quand tu as mal au bide tu restes debout ou couché mais surtout pas assis, c'est mécanique, surtout pas plier la tuyauterie.
Je tente de bouffer 2 ou 3 trucs, un verre de coca, je remplis une flasque l'autre est encore pleine, de toutes les façon pour ce que je bois depuis 5 ou 6 heures.
Je suis trop mal assis, autant avancer et finir.
Du coup l'arrêt ravito fut assez express, max 10mn.

A peine sortie, boom vomito, les supporters noctambules sont ravis :-)
oui oui ça va pas de pbm c'est pour m'alléger avant la montée, je fais toujours ça.
En fait ça va pas si mal une fois le bide vidé.
13km, 450 de d+, une broutille.
Enfin c'est surtout les 450 de D+ qui me chiffonne un peu.
Ça attaque doucement puis boom droit dans la pente du 30%
C'est raide c'est dur j'ai les yeux rivé sur la montre, mes calculs me disent qu'il faut monter à 1300 max 1400, faut bien s'occuper.
Je perds juste 2 places, à mi-montée lors d'une petite pause, menfou.

Enfin c'est moins raide mais c'est plutot ambiance montagne russe, on redescend toujours pas, c'est long ...
La descente fini enfin par arriver, je réattaque doucement, le gps rend l'ame plus de batterie, la flemme de le recharger, il doit rester 6 ou 7km.
Et là d'un coup je vole, la folie s'empart de moi.
Jai des jambes de feu, aucune douleur, c'est plus du tout technique même parfois un peu de route.
A combien j'avance j'en sais rien mais j'ai l'impression de voler.
Les coureurs du 140 restent sur place, ceux du 80 n'arrivent pas à s'accrocher, je suis de mieux en mieux.
Aiguebelle se rapproche de plus en plus, de la grosse boue, je m'en fous, de la route miam, a fond.
Enfin le bas, je croise un gars qui me dit arrivée dans 15mn, je pensais qu'il restait 200m.
Même sur le plat je cours comme un dératé (en fait je dois pas aller si vite que ça mais c'est la sensation que j'ai, alors je casse pas mon rêve)
En fait les 15mn passent en 5mn et enfin on arrive.
Et voilà une dernière ligne droite avalée à tombeau ouvert, je sonne la cloche c'est fait.
Au moins les jambes étaient bien préparées ...

Tiens voilà vik qui vient juste d'arriver 2mn avant moi, il a eu de la chance celui là ;-)
Petite discussion, je tente une banane au ravito, et boom mon ami vomito est de retour.
Tant pis pour la bière, je vais m'allonger dans un coin et je dors jusqu'au petit matin (merci la tente des secouristes de m'avoir accueilli pour ce petit somme)
Je reouvre les yeux, le jour s'est levé, le bide s'est remis d'applomb, fin de l'echappée belle.

Ayguebelle : 23h02 de course, position 101(-9), classement de la section sur les arrivants 73, temps de la section 2h50

Conclusion
L'echappée belle c'est fini, on est allé au bout c'est le principal.
La 2ème partie de course fut pas que du plaisir mais pleine d'enseignements pour la suite.
Pourquoi on a pris un tel coup de bambou dans la gueule, je sais pas.
La chaleur, surement un peu mais franchement il faisait pas si chaud, en tout cas on la ressentait pas trop.
Le départ un peu trop rapide, surement aussi, mais j'allais franchement pas si vite, mais c'est sur que mettre ne serait-ce que 20mn de plus pour arriver au Moretan aurait peut être permis de moins fatiguer la machine et un bon investissement pour la suite.
Tout le monde insiste pour dire qu'il faut partir très doucement et toi tu n'en fais qu'à ta tête, plus fort que tout le monde :-(, de toute les façons dans ce sport on est vite remis à sa place par une grande tarte dans la gueule.
La nuit très courte la veille dans la voiture, je sais pas, c'est sur que ça doit pas aider, mais on dort jamais très bien avant ce genre de course.
Ce parcours sans répis, c'est vrai que faire un km dans l'échappée belle c'est jamais donné, en montée en descente il se mérite, alors ça doit finir par user l'organisme, peut être faire plus de pause dans la première partie pour se regénérer ?
Je ne sais pas vraiement pourquoi tant de monde a mal au bide ??
En tout cas le corps a des sacrés capacités car pendant un temps infini j'ai presque rien bu et rien mangé et ça a tenu.

Sinon evidemement c'est beau, c'est sauvage, mais j'ai pas trouvé ça si dur au niveau musculaire.
C'est vrai que c'est le type de terrain de jeu où j'ai l'habitude de trainer.
Les jambes ont bien tenues le choc et au niveau musculaire pas de pbm je pouvais continuer si besoin (enfin avec un estomac en état de marche bien sur).
Presque pas de courbatures, les lendemains de grand duc furent souvent bien bien pires.
C'est vrai que comme on court pas tant que ça finalement on doit moins soliciter les muscles ?

Merci spécial à PP1 avec qui on a fait tant de sorties cette année, et qui a m'a sans doute permis de finir, car à Val Pelouse pas sur que je repartais sans lui, MERCI MON POTE

28 commentaires

Commentaire de Albacor38 posté le 02-09-2016 ŕ 21:55:32

Toujours aussi marrants les récits du Kéké.

Accessoirement on apprend qu'il y avait probablement bien plus d'ours que de loups dans Belledonne le WE dernier :)

Commentaire de le_kéké posté le 03-09-2016 ŕ 09:35:12

L'ours de Chartreuse envahie Belledonne, après le loup c'est de plus en plus sauvage par là bas

Commentaire de bipbip73 posté le 02-09-2016 ŕ 22:07:19

Merci pour ton recit. Plein d'enseignement.
pour le mal de vide. Je penses que c'est la chaleur et l'hydratation. Je n'est jamais connu de problème de bide. Là j'étais mal surtout arrivé au grand chat pontet. Et beaucoup ont était malade comme toi.
encore bravo.

Commentaire de le_kéké posté le 03-09-2016 ŕ 09:36:48

Yes chaleur et hydratation, pourtant faisait pas si chaud en tout cas bien moins que ce que l'on pouvait craindre

Commentaire de peno38 posté le 02-09-2016 ŕ 22:08:36

Beau CR, comme d'hab. et chapeau bas d'avoir terminé. Car, et comme tu le dis, déjà au super collet je ne t'ai pas trouvé très véloce, je trouvais que ce n'était pas ton rythme habituel, mais alors quand je t'ai aidé à t'allonger à Val Pelouse avec ce teint verdâtre, je pensais te ramener direct chez toi. D'ailleurs et tu ne l'as sans doute pas remarqué mais quand la médecin est passée, elle se demandait qui de toi ou ton voisin était "son client", elle vous trouvait tous les deux dans un sale état.
Bravo d'être aller au bout et content d'avoir partagé un bout de ton entrainement cette année, et un petit bout de ton EB. T'es un guerrier !!!

Commentaire de le_kéké posté le 03-09-2016 ŕ 09:40:00

Un guerrier mouai, je serais aller me coucher, et puis voilà, (et je l'aurais regretté toute l'année et obligé de revenir l'an prochain, là j'ai plus d'options pour l'été prochain)

Commentaire de Albacor38 posté le 02-09-2016 ŕ 22:10:15

Tu reprendras bien une petite assiette de nouilles chinoises ?

Commentaire de le_kéké posté le 03-09-2016 ŕ 09:41:32

Ca confirme mon peut de gout pour les chinoiseries, j'aurais du rester sur les sandwichs au saucisson, ça passe mieux dans mon estomac

Commentaire de franck de Brignais posté le 02-09-2016 ŕ 22:25:50

ça sent bon la grosse déshydratation ton vomitothon.
L'EB (même le format fillette...) remet rapidement à sa place un prétentieux qui ferait un départ un peu rapide. Cette course est l'école de la patience. ;) Bonne récup'

Commentaire de le_kéké posté le 03-09-2016 ŕ 09:44:46

Et oui c'est sur c'était un coup de chaud, j'ai pourtant bu, et il faisait pas si chaud, quand au départ rapide ... j'aimerai pouvoir refaire la course demain pour savoir si ça changeait quelque chose mais on a droit qu'à une seule chance. en tout cas j'ai bien compris la leçon et on m'y reprendra plus dans ces départs débilos ...

Commentaire de BOUK honte-du-sport posté le 03-09-2016 ŕ 00:30:01

Si j'ai bien compris... Le 145 kil l'an prochain ??

Commentaire de le_kéké posté le 03-09-2016 ŕ 09:47:05

L'année prochaine je lance la Belle Echappée Belle soit Aiguebelle, Vizille Aiguebelle, car c'est trop court 140, tu viens ?

Commentaire de JuCB posté le 03-09-2016 ŕ 06:53:40

Bravo
Finir en passant par ces états, c'est incroyable

Les gars, il y a le relais aussi qui permet d'envoyer un chanceux voir les lacs et un maboul voir sous Perioule de nuit.

Je finirais bien par venir en Chartreuse
@ bientôt, j'espère

Commentaire de le_kéké posté le 03-09-2016 ŕ 09:49:32

On t'attend avec plaisir pour trainer en Chartreuse, c'est joli aussi et parfois tout aussi merdique que Belledonne. Quand au relai c'est une option possible pour l'année prochaine, reste à trouver un amateur de course nocturne pour faire le 2 ...

Commentaire de shef posté le 03-09-2016 ŕ 08:46:01

Merci pour ton CR !
J'ai bien rigolé, j'ai aussi eu le gars qui retourne chercher ses bâtons à Gleyzins, 1h plus tard (j'espère que c'est pas le même !)
Effectivement j'ai dû te doubler entre les Férices et Val Pelouse.
Il faut avoir le courage de laisser passer le mauvais, ça fiin par aller mieux plus loin.

Commentaire de le_kéké posté le 03-09-2016 ŕ 09:51:41

Effectivement on passe par des hauts et des bas, pour finir le secret c'est de pas avoir un gros bas au moment d'un ravito pour sur un malentendu rendre son dossard et aller se coucher ...

Commentaire de Noruas posté le 03-09-2016 ŕ 14:51:25

Pour le superbe spot où j'ai été affecté, je n'ai pas eu de piston, j'avais juste demandé un poste de montagne entre Le Pleynet et Val Pelouse, le hasard a fait le reste.
Pour le gars qui est tombé dans le ravin, on est descendu le chercher, rien de grave à part une belle entorse, il a eu droit à un petit tour d'hélico.
Scoop pour l'année prochaine: soit je trouve un concurrent de l'intégrale qui me veut bien comme pacer entre le pleynet et super collet soit je m'engage sur le 85km avec option bâchage à super collet ou à val pelouse (parce qu'après le parcours est plus que moyen).

Commentaire de le_kéké posté le 04-09-2016 ŕ 09:00:29

La fin de parcours n'est pas si nul, en fait on sait pas trop il fait nuit noir ;-)

Commentaire de L'Dingo posté le 03-09-2016 ŕ 17:18:30

Cr joyeux, on l'on imagine le kéké dans toutes ces situations disparates (avec le loser batons, sous le télésiège, en glisse-à-la-corde etc...)

Et puis cette photo, en couv de survie, à la fraiche , décontracté du gl... :-)))


[quote l'kéké ]:"Bon cette année il est temps de franchir le pas, c'est parti pour le 85km.
Le 144km c'est pas pour cette fois et cela ne le sera sans doute jamais."[/quote]

Mais si, grand saucissonneur des alpages
Et puis, le 47KM c'est l'EB des NazeBeen,comme moi.

Commentaire de le_kéké posté le 04-09-2016 ŕ 09:03:20

Merci Didier, le 47 est à mon avis très respectable et permet de pas passer une très grosse partie de la nuit dehors, même pour si c'est pour les nazebeen.
Le 144, ça fait envie mais c'est encore autre chose ...

Commentaire de bipbip73 posté le 03-09-2016 ŕ 20:00:30

bon sinon, la photo avec la mouche au milieu, géniale, j'adore.

Commentaire de La Tortue posté le 04-09-2016 ŕ 18:14:56

bien joué mon kéké !
le mal de bide, c'est souvent un truc à gérer sur du long. cherhce pas trop d'explication, y'a des jours comme ça. l'an prochain sur le 140 tu n'auras peut être aucun souci ! un p'tit vomito, ça dégage et puis c'est sympa de penser à donner à manger aux marmottes pour l'hiver ;-)
merci pour ces écrits et ces chouettes photos, ça donnerait presque envie de refaire du trail !

Commentaire de le_kéké posté le 06-09-2016 ŕ 13:22:59

Merci la tortue, tu as raison, il va pousser des plantes bizarres sur la fin de parcours.
Oui la tortue de retour sur un trail, avec la caisse que tu as ça va te sembler facile, quoi que les descentes ça demande plus d’énergie qu'en vélo

Commentaire de asmatman974 posté le 05-09-2016 ŕ 23:02:51

Ah c'est toi le chanceux de l'appareil photo !! Je t'ai croisé à Périoule juste quand tu ramassais ton appareil :) Et je suis arrivé en même temps que toi sur Super Collet, je suis sur ta photo au dessus !

Bravo à toi pour t'être accroché et avoir bouclé cette traversée !!

Commentaire de le_kéké posté le 06-09-2016 ŕ 13:27:39

Merci asmatman974, ce fut pas très facile de la finir celle là. J'espère que toi aussi tu as fini et surement bien avant moi :-)

Commentaire de Trixou posté le 06-09-2016 ŕ 15:43:17

"C'est ce qu'on appelle le trail plaisir" Excellent ! :o))

Super CR !

Commentaire de the dude posté le 07-09-2016 ŕ 10:43:06

Merci pour ce chouette récit, très instructif et sympa à lire.
Ça rappelle bien pour ceux qui l’auraient oublié qu’en ultra la limite entre « tout va bien je vais bien » et « beuark j’en peux plus, j’abandonne, ce sport c’est vraiment de la merde » est très très fine.
(d’ailleurs j’ai un pote sur le 144 qui est passé dans la nuit à Périoule frais comme un gardon et qui a bâché au Super Collet :( )
Au passage imagine le Morétan de nuit en étant dans l’état qui était le tien après Val P…
Sinon autre rappel pour ceux qui ne l'auraient pas encore remarqué: le Kéké il a quand même vachement progressé ces 2-3 dernières années, physiquement avec un entrainement bien plus costaud et aussi mentalement, je pense qu’il y a quelques années tu n’aurais pas hésité à rendre le dossard à Val P.

Et pis surtout c’était un plaisir de t’accueillir dans ce petit coin de paradis, sous le soleil et avec ta bonne humeur légendaire.

Et enfin bien sûr, merci aussi pour ce grand moment WTF avec le mec qui s’inscrit, vient au départ, passe la nuit sur place et… pis finalement non, « la montagne ne veut pas de moi aujourd’hui » !?!

Commentaire de Vik posté le 07-09-2016 ŕ 15:55:53

Tu tirais une sacré tronche à l'arrivée :) ça t'as fait comprendre ma gueule à Jean collet l'année dernière, j'espère :p

Sinon j'insiste: il faisait chaud ;-) bonne récup du bidou !

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