Récit de la course : Trail de Courchevel 2007, par DUD

L'auteur : DUD

La course : Trail de Courchevel

Date : 5/8/2007

Lieu : Courchevel (Savoie)

Affichage : 2104 vues

Distance : 50km

Matos : Activre Trail Lafuma
Sac DK 10l
Batons Quechua 500
Cuissard Asics
Tee shirt ML

Objectif : Se dépenser

5 commentaires

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Grand Trail de Courchevel - 1ère édition

Grand Trail de Courchevel - 50 km - 3600m D+ - 5 Août 2007


Préambule :

Cette première édition du Grand Trail de Courchevel a été cochée assez tôt dans mon agenda de par son profil montagne et de part sa date, début Août, soit 1 mois 1/2 après le Mercantour, ce qui devrait me permettre de bien récuperer.Pis autre argument, le même we est également organisé un trail plus court, le trail des Avals, 30km et 2000m D+ qui se court la veille du grand trail : je propose donc à ma tendre coureuse de femme, de se partager les taches, à elle le trail court pour sa 1ère grande sortie en course post double grossesse, à moi, la 1ère édition du Grand Trail. Et cerise sur le gateau, je décide même mon collègue Fredà venir, grand exploit car lui n'est guère du genre à enchainer les trails.



Nous voila donc tous reunis à Courchevel pour ce we sportif. Arrivés le jeudi sous un temps très pluvieux, cela ira en s'arrangeant au fil des jours, pour nous offrir 2 jours de courses avec un temps splendide. Laetitia se fera bien plaisir sur le trail des Avals et arrivera fraiche comme un gardon ! La voilà prête maintenant a affronter sereinement les  Templiers (qu'elle a déjà courru) en octobre !

Quant à moi, je dois avouer être un peu dans l'interrogation car depuis le Mercantour, je n'ai plus trop fait de dénivlé, cause of vacances dans les Landes, et malgre une avant-dernière semaine un peu plus chargee, je me demande comment vont réagir les jambes sur ces 3600m de D+. Comme d'hab, avec Fred on se lance sur des pronostics plus ou moins hasardeux, et on découvre aussi avec interrogation la mise en place d'une barrière horaire au ravito 3, km 31, 2600m D+, à 11h, soit après 6h30 de course ... Cette barrière nous semble peu réaliste pour laisser passer beaucoup de gens, ce qui serait domage vu que seules 60 personnes se sont inscrites ...

La Course :

Départ prévu a 4h30. Ambiance confidentielle avec 60 coureurs au départ. Rapide briefing de départ où l'organisateur nous apprend que la barrière horaire n'est plus fixée à 11h mais à ... 10h30 !!! Cela nous fait fortement sourire et on se dit qu'a peine un tiers des coureurs devrait y arriver ...

4h30, le départ est donné. Aujourd'hui, je vais essayer une nouvelle tactique, cad de partir assez vite et de voir jusqu'ou je tiens ... Bref, nous voila partis dans la nuit et bien vite je perd Fred de vue, bien qu'il m'ait dit
vouloir partir pas trop vite ... Le début du parcours se fait en forêt, bien sympa, et j'ai plaint les quelques coureurs partis sans frontale, accessoire il est vrai non indique comme obligatoire par le règlement ...

Très vite les écarts se font, et des petits groupes se forment. Après quelques replats, le parcours attaque une ligne de crètes bien montante pour atteindre le col de la Lauze (2270m), lieu du 1er ravito ou l'on enchaine très vite par une derniere cote pour atteindre le sommet du même nom (2528m). Le chemin est très sympa, varié, et la sortie des bois offre un panorama à couper le souffle : Mont Blanc, Grande Casse, Glaciers de la Vanoise sur la gauche, Aiguilles d'Arves, Ecrins, Grandes Rousses sur la droite, et tout cela dans les lueurs du soleil levant ... Magique !

Et comme prévu, je suis parti vite, les jambes répondent bien et le souffle n'est pas trop court. Les 1300m de D+ sont vite avalés et je passerai à ce sommet que 6' après Fred. La descente qui suit se fait sur un bon sentier qui plonge sur les pistes de ski. Je mène la aussi bon train. S'enchaine alors la 2ème montée, fort peu interessante car sur grande piste caillouteuse avec vue sur les pylones. La montagne façonnée par l'homme n'est vraiment pas belle. Cette montée se fera bien moins vite que la 1ère car je sens déja que malgré les bonnes sensations du début, j'ai du bien entamer le capital quotidien du bonhomme, et il reste encore 40 km à parcourir ...

Arrivé au 2ème ravito (2650m), je tente d'ouvrir mon sac a dos, et zip, la fermeture se bloque. Je bataille quelques instants, pis ouf, tout rentre dans l'ordre. Mais du coup, j'ai a peine le temps de constater que je n'ai quasiment pas bu depuis le départ, 1l en 3h de course ...
Je remplis la poche, avale un bout de pain d'épice, pis c'est reparti. Je suis alors dans les 30ième, et je me dis que le niveau des concurents est élevé, car malgré mon départ rapide je suis même pas dans la 1ere moitié.

Une petite descente et une petite remontée sur une large piste de ski permettent d'atteindre le début des arêtes de Saulires, au pied de l'impressionnante Aiguille du Fruit, qui porte bien son nom, tant ses parois rocheuses semblent immenses et en total contraste avec les sommets avoisinants. Le parcours des arêtes n'est pas très roulant, ca tombe bien, j'ai pas la grande forme et le ventre pas au top. Arrivé au col du Fruit (2516m), on plonge par un bon sentier dans le vallon du Fruit J'essaie d'effectuer la descente sur un bon rythme en gardant la distance avec 2 concurents juste devant moi. Et je ne dois toujours pas assez boire. S'ensuit alors la remontée de ce beau vallon sauvage, roulante au début jusqu'au refuge du Saut (2125m), et où je me force à courir même si l'envie n'est pas vraiment là. J'ai toujours mes 2 collègues à 50m devant, et pas grand monde derrière. 60 personnes disséminées sur 50km, ca fait pas une densité énorme !
A la fin du faux plat, une montée sympatique nous amène d'abord au col de Chanrouge (2530m), puis après une légère descente, une montée en hors sentier sur une moraine active (ie des tas de gros cailloux !)
au col du Rateau , point culminant du parcours avec ses 2690 m. Le signaleur m'annonce 23ème, à ma grande surprise, car je ne me souviens pas avoir doublé beaucoup de gens depuis le 2ème ravito. Il n'est pas encore 10h, donc je devrais être dans les temps pour la barrière horaire situé à 3km de là, et que de la descente ! D'abord sur moraine active puis sur une sente bien marquée. Le passage du lac du rateau nous permet de voir une multitude de poissons barbotter dans ce lac à 2500m. Je rattrape un coureur et on arrive ensemble au 3eme ravito, il est 10h23, je suis 21ème. Petite discussion avec les organisateurs à qui je donne mon avis sur leur barrière horaire fantaisiste. A 10h30, seuls 23 coureurs seront passés ... et la barrière finalement reculée de plus d'une heure !

Je refais le plein de ma poche a eau, je constate que depuis le 2ème ravito je n'ai la aussi bu guère plus d'un litre, soit à peine 2,5l  depuis le départ et 6h de course. Je ne m'alimente guère car le ventre est toujours bien gonflé, et me voilà donc reparti. La montée suivant se fait sur une grande piste, vers le col des Saulces (2456m). J'en profite tout de même pour m'alimenter un peu avec une barre de céréales qui me reste collée au palais.  Et là le signal d'alarme se déclenche enfin, car cela me rappelle ma mesaventure des Templiers 2006, ou faute d'une bonne hydratation, j'ai fini avec un début de tendinite au genou droit. Mais il est déjà trop tard et inconsciement je le sais, le mal est fait. Pris dans la fougue de pousser la machine, j'en ai oublier le principal, le carburant. La descente du col des Saulces confirmera
le diagnostic, avec l'apparition d'une légère douleur au genou.
Fort heureusement, cette descente n'est pas très longue, et la remontée suivante vers le col de la Grande Pierre permettra de repousser le moment fatidique, car le mal ne s'exprime qu'en descente. Après le col de la Grande Pierre (2403m), le parcours emprunte les arêtes du Mont Charvet, magnifique sentier dans un dédale de mini-gouffres et avec un panaorama continue sur les glaciers de la Vanoise. Malheureusement, je devrais faire ce parcours en marchant, car dès que je trottine, la douleur apparait au bout de 10m. A partir de là, le moral n'y est plus, mais fort heureusement, je fais route à ce moment là  avec 2 autres concurents qui commencent à trouver le temps long et qui finalement s'adapte bien à mon rythme de marche rapide sur ce sentier peu roulant. Arrivé au col de la Chal (2070m), la dernière  montée vers la dent du Villard pointe son nez. Et là, j'ai du mal, il fait chaud, j'ai soif, je bois, je bois, mais avec le déficit hydrique qu'est le mien, la bouche reste toujours pateuse. Finalement, le sommet de la dent (2285m) est atteint, reste plus que 8km et 900m de D- à parcourir.

Le sentier de descente est superbe, roulant, formant de grand lacets dans une pente impressionnante. Je laisse filer mes compagnons de route car moi, je dois tout faire en marchant. La fin de la descente sur le lac de la Rosière est  plus pentue et le genou n'apprécie vraiment pas. Dernier ravito, je bois, remplis la poche a eau (j'ai bu 2l en 2h30, c'est mieux ...), et je repars. La fin du circuit est moins interessante, car sur piste en sous bois, alors je m'amuse a trouver
des solutions pour pouvoir un peu trottiner : une qui marche est de faire du talon-fesse toutes les 3 foulées avec la jambe droite. Original et heureusement que personne ne me regarde ! Et je me fais aussi cette remarque que depuis le debut de la descente personne ne m'a encore rattrapé, et ce sera encore le cas quand je franchirai la ligne d'arrivée, en ayant profité des dernières portions en faux plats montant pour marcher d'un bon pas.

A quelques hectomètres de la ligne m'attend ma petite famille, et mon collègue Fred, qui a fait une fois de plus un chrono, en finissant 7è en 7h58, les 1er étant en 7h15. Perso, je finis en 9h40, temps plus que correct dans l'absolu et par rapport aux previsions (j'avais prévu entre 9h30 et 10h). Discussion, repas et boire, boire, boire.
Entre mon arrivée et mon coucher le soir, j'aurai englouti plus de 3l d'eau, sans quasiment uriner ...

Bilan :

Un bilan forcément mitigé: une belle course, un parcours splendide, montagnard a souhait, des sentiers variés, de la forêt, des pistes, des arêtes, de la caillasse, mais au final assez roulant et bien moins caillouteux que le Mercantour. Sseul bémol, la 2ème montée en plein dans les pistes, mais bon, ca dure 1h. Pis, faut ajouter que le temps n'aurait pu être plus parfait, la visibilté était exceptionelle en ce dimanche, et ca compte sur un parcours montagnuex comme celui là. Un trail dont il faut faire la pub, car méritant plus que 60 participants. Un balisage parfait, des signaleurs très bien positionnés et des ravitos bien fournis.J'espère que l'an prochain la barrière horaire aura été correctement ajustée ...

Quant à ma course, je retiendrais que je peux partir vite ... mais sur des trails de 4h-5h max. Sur plus long, faut que j'y aille plus mollo. Pis, faut que je gère mieux mon ravito en eau. Je le sais, ce probleme m'est déjà arrivé 2 fois l'an dernier, mais y'a rien a faire, je crois boire suffisamant, mais non, c'est pas le cas. Et surtout la, avec mon départ rapide, mon besoin en eau a du etre plus important et normal que je le paie cash.
Mais bon, le principal est d'avoir fini, d'avoir passé un super we. Quant au genou, pas de douleur à l'arrêt ni en marchant. L'an passé quelques jours de repos avait suffi a réglé la chose. Espérons qu'il en soit de même ce coup-ci !

Prochain rdv, surement leTétras Lyre en Septembre, pis les Templiers, le tout en duo avec ma traileuse retrouvée :=)

5 commentaires

Commentaire de le_kéké posté le 07-08-2007 à 11:00:00

Merci pour ce récit superbe d'un trail qu'il faut apparemment rajouter dans ses tablettes.
Bravo pour la perf.
Manque que les photos

A+ Philippe

Commentaire de JLW posté le 07-08-2007 à 13:40:00

Très beau récit DUD, et là encore je reconnais le nom des pistes que j'emprunte l'hiver tranquillement sur mes 2 bouts de bois. L'été et à pied c'est autre chose. Merci de nous faire découvrir cette 1ère édition.

Commentaire de seapen posté le 07-08-2007 à 14:15:00

pour lire ton récit, j'ai décidé de partir relativement doucement. ça tombait bien, je n'étais pas particulièrement motivé ayant entendu parler de ce trail que depuis peu. puis tranquillement, j'ai enchaîné les cols, les dénivellé + et -, les crêtes, toutes sortes de terrain en buvant quand même un peu de thé très régulièrement. et l'arrivée s'est présentée tout naturellement. tu vois, il suffit de partir tranquille et de boire régulièrement; mais pas trop. allez! à ta prochaine sortie.

Commentaire de Riad38 posté le 07-08-2007 à 16:35:00

Salut Dud

Je devais également faire ce trail, mais j'ai un gros manque de motivation en ce moment....
En tout cas ton CR fait regretter ma fainéantise.
Je suis également inscrit au Templiers.
A+ pour une sortie OFF

Commentaire de Say posté le 13-08-2007 à 00:14:00

Chalut


Merci pour ton récit qui m'a fait découvrir un nouveau trail. C'est toujours très intéressant de lire des récits bien écrits comme le tiens sur Kikourou!

A peluche

Coli

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