| L'auteur | La course | |||
| Kikoureur : jean-chris05
Si vous appréciez ce récit : faites le savoir ! Laissez un commentaire ici (il apparaitra en dessous du CR) Envoyez un message à l'auteur (jean-chris05) |
|
|
||
| Ce récit a été lu par
421 visiteur(s) ! Distance : 42 kms Matos : Objectifs : Terminer |
||||
Dimanche 23 mars 2008, tout prêt du charmant village de Bédouin, il est 8H41et je prends le départ du 6ème trail du Ventoux en compagnie d’un millier de passionnés.
La température est égale à – 2°C, le mistral se met à souffler, on nous annonce du -15°C au sommet avec des rafales largement supérieures à 100km/h, le haut du parcours est enneigé…
Mais que fais-je donc ici alors que je pourrai tranquillement entendre passer les cloches du fond de mon lit douillet ?
Je suis là pour le plaisir de courir les sentiers, pour participer à une belle manifestation, pour affronter le mythique Ventoux, pour courir mon premier « vrai » trail et m’évaluer ainsi en vue des 68km de la Sky Race de Serre-Chevalier du mois de juillet.
Revenons un peu sur les détails de cette journée mémorable :
4H50, Six Fours les Plages : Je bats mon réveil de cinq minutes après une nuit de sommeil léger.
7H00 : J’arrive au camping naturiste du Domaine de Bélizy, lieu de départ de la course, il fait -3°C, tout le monde est chaudement vêtu.
7H30 : Retrait du dossard 383 accompagné d’échantillons de produits énergétiques divers (poudres, gélules et côtes du Ventoux). Le dernier cité était peut-être le plus sain mais j’avais oublié le tire-bouchon. Tant pis, il fera un excellent breuvage de récupération.
7H45 : A l’arrière de ma voiture, j’empile les couches : crème chauffante et collants d’hiver pour le bas, première peau Craft, seconde et troisième couche plus un coupe vent dans le sac pour le haut. Ne pas oublier les gants, le buff et le bonnet pour les extrémités. Une couverture de survie, le portable, barres, gels et boisson énergétiques dans le sac et je suis prêt à décoller. Je risque une taxe pour surcharge de bagages.
8H30 : Nous sommes tous rassemblés sur la ligne de départ pour une émouvante minute de silence à la mémoire d’une kikoureuse récemment disparue. Cet instant de communion m’a décidé à devenir enfin moi-même un Kikourou. J’y pensais depuis quelques temps déjà, notamment lorsque je rédigeais de petits articles pour mon blog perso. Pourquoi ne pas partager avec d’autres passionnés ?
8h41 : Nous partons pour 39km et 2000m de dénivelé d’un bonheur légèrement atténué par les conditions météos qui interdisent l’accès au sommet. La nature reste la plus forte, ce n’est pas aujourd’hui que je vaincrai le Ventoux. Manqueront 3 km et 200mètres de dénivelé. Les kilomètres restant suffiront…
Un petit tout dans les vignobles qui entourent Bedouin.
Un superbe passage sur le site des demoiselles coiffées

puis nous attaquons le géant de Provence par l’Epaule de Curnier (7,5 km, 450m d’altitude).

Telle une colonie de fourmis nous progressons pas à pas. Le soleil brille, le mistral, chargé de senteurs méditerranéennes, n’est pas gênant.
9h45 (environ) L’épaule se termine par un passage abrupt qui nous mène vers la Combe de Bouisse. Je profite du ralentissement pour manger une barre. Le premier est passé depuis un bon quart d’heure, je tiens tranquillement une moyenne de 8km/h. Tout va bien à bord.
S’ensuit une longue montée avalée d’un bon pas dans le pierrier de la Combe de Bouisse. Une traversée où je m’enflamme un peu, une belle montée dans les arbres où je « saute » une douzaine de concurrents et une amusante descente technique qui nous emmènent vers le Jas des Landerots et son ravitaillement (13 km, 1.030 m).
10h40 : Je quitte ce premier ravitaillement après avoir tenté de boire un verre de boisson énergétique où flottaient des glaçons. La température est toujours négative mais je me sens bien, ma moyenne est logiquement tombée à 6,6km/h mais j’ai l’impression de pouvoir continuer sur le même rythme pendant des heures.
Un sympathique raidillon partiellement enneigé, me ramène bien vite à la raison. Je ne pense plus à doubler personne et cherche à adopter un tempo plus économe en énergie. Après une succession de montagnes russes qui nous font progressivement quitter la Provence pour la Sibérie, nous arrivons à la séparation des circuits située au Jas de la Couanche (16 km, 1.140 m). Ma moyenne s’est stabilisée à 6,20 km/h. Les voyants sont encore au vert mais je sens poindre un peu d’appréhension. Les choses sérieuses commencent maintenant.
11h20 : Je profite de ce second ravitaillement pour revêtir mon coupe vent. On nous annonce 7km d’ascension dans la neige, face au vent…
Certains hésitent à poursuivre et basculent avec ceux du « petit » circuit.
L’aventure commence vraiment ici. Nous sommes moins nombreux, je me retrouve seul pour la première fois depuis le départ. Tout est blanc autour de moi. Seul se fait entendre ce mistral qui souffle sur nos têtes. Grand moment de bonheur, protégé par le doux cocon de mon coupe vent, je chemine agréablement sur une neige ferme et cotonneuse à la fois. Un petit groupe de quatre me tire de mes rêveries en me rattrapant à la sortie de cette combe qui restera le meilleur souvenir de ma journée (21 km, 1.448 m).

Nous continuons ensemble notre voyage et sommes dans les Alpes lorsque nous atteignons alors le point haut du circuit au niveau du téléski de l’Ermitage (1.500 m). Nous dévalons ensuite une piste enneigée en direction du chalet Reynard (23 km, 1.420 m) où une réconfortante soupe chaude nous attend. Ma moyenne s’est stabilisée à 5,9 km/h, la montée s’est bien passée mais j’appréhende un peu le retour vers la Provence.
12h34 : Une soupe, une pâte de fruit et deux verres de coca en guise de repas et il est temps de repartir.
La magnifique descente du Vallon des Pointes, entièrement enneigée, s’offre à nous. Quel plaisir de se laisser aller sur cette confortable couche immaculée. J’ai presque l’impression de voler.
Mais il me faut bien vite atterrir. La neige laisse la place à un terrain gras. La descente est remplacée par une succession de faux plats et de brèves montées. Finit de rêver. Plus de kérosène dans les jambes. Je m’arrête au milieu d’un raidillon pour quitter mon coupe vent et tenter de récupérer un peu. Je laisse filer le groupe qui m’accompagnait depuis le chalet. Un compagnon d’infortune, plus mal en point encore, est plié en deux au bord du sentier. Il reste 14 kilomètres comme autant de stations d’un chemin de croix personnel.
J’espère me refaire un peu au ravitaillement de la séparation des parcours (29 km, 1.140 m). Mais ils ne m’ont pas attendu et viennent juste de plier bagages.
Je suis seul lorsque je bascule dans la longue descente de la Combe d’Ansis. Les 4 kilomètres de ce beau sentier en sous bois sont un véritable calvaire pour mes cuisses. Quel dommage de faire une telle descente avec le frein à main et les dents serrées.
J’avale deux verres au dernier ravitaillement. Il reste encore 5km. Je ne vois plus le bout de la large piste tout en faux plats qui doit nous mener vers l’arrivée. Une bonne dizaine de concurrents en profite pour me dépasser. Je ne peux m’accrocher à aucun et c’est au ralentit que je rejoins doucement le domaine de Bélizy.
14h35 : C’est avec plaisir et soulagement que je passe sous l’arche d’arrivée au bout de 5h54mn26s d’efforts. (318ème sur 423 arrivants).
Tout en appréciant la paëlla qui nous attendait à l’arrivée je fais un premier bilan de ma journée. J’étais là pour :
- le plaisir de courir : objectif largement atteint pendant 4 bonnes heures.
- participer à une belle manifestation : objectif atteint.
- affronter le Ventoux : objectif partiellement atteint, le sommet s’est refusé à nous.
- courir mon premier « vrai » trail : objectif atteint.
- m’évaluer en vue de la Sky Race de Serre-Chevalier : Je ne suis pas encore prêt à courir 10 heures mais j’ai emmagasiné de l’expérience. La prochaine fois je me méfierai de l’euphorie de la seconde heure que j’ai payée sur la fin.
Les photos sont tirées du site d’actionventoux (Les piles de mon appareil n’ont pas aimées le froid).
Commentaires
A une prochaine
Alain
Bravo et merci !
ça fait plaisir de voir des montagnes que je connais bien sur ta fiche de présentation
a+
laurent
Laissez un commentaire ici.
Note importante : l'auteur du récit a la possibilité de modérer lui-même les commentaires qui sont faits sur son récit (en supprimant les commentaires indésirables).