Récit de la course : Trail de la Vallée de la Vère - 30 km 2008, par Mustang

L'auteur : Mustang

La course : Trail de la Vallée de la Vère - 30 km

Date : 27/4/2008

Lieu : Athis De L'Orne (Orne)

Affichage : 1088 vues

Distance : 30km

Objectif : Pas d'objectif

8 commentaires

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Ma bassine rouillée

 

 

 

2000, 2001, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, pour la septième fois, me voici sur cette charmante place d’Athis. Les  habitudes sont  prises. Le temps de la semaine passée a été sec donc il y aura moins de  boue ! Des visages familiers sont  là, certains ayant remplacé d’autres. Aussi de nouvelles têtes rencontrées récemment sur d’autres trails et appartenant à la communauté kikourienne.

 Je n’ai  plus d’appréhension. L’itinéraire est identique à quelques variantes près. Je sais que je vais  même retrouver au même endroit, un peu plus rouillée d’année en année, la vieille bassine percée dans le bois de Berjou !

Je suis un peu fatigué; depuis janvier, j’en suis à mon 4e trail, le RTT, La Magnétoise et Auffargis et une aimable plaisanterie de 75 km, y a 8 jours ! Bon, je viens aussi par habitude.

Mais le secret d’Athis, c’est un moment unique, il se situe après la première montée éreintante, sur l’éperon dominant les vallées. On court  littéralement sur un tapis de fleurs: des jacinthes, des stellaires, des orchis, des ficaires. C’est un enchantement. J’aimerais tant que ce moment dure, continuer à courir sur cette crête boisée et fleurie, tellement fleurie, continuer… l’instant est court, irréel, sublime, un sentiment d’éternité. Après, c’est une dégringolade en lacets. Il faut continuer avec ces  images magiques dans la tête.

Alençon est représentée par  une petite délégation. Le Lutin après avoir fumé  les sentiers  l’an dernier n’est pas de  la partie. Les autres se remettent de  la Trans Aubrac. Mais le  peloton a diminué par rapport à l’an dernier. Le trail a du mal à  prendre en Basse-Normandie. Dommage, ça décourage les organisateurs. Bon, là c’est  un gros coucou aux caennais kikous et à Al27.

 

C’est l’heure. Tiens, l’autre  n’est pas    pour donner  le départ comme  les années  précédentes. J’ai la  musique dans  les  oreilles. Quelques  photos à la volée. Mdr, j’ai oublié de  brancher  mon gps. En courant, ça va  être  à l’arrache  pour qu’il se connecte ! Effectivement, au bout de quelques  instants, il me demande si  je suis  à l’intérieur !! Ben, voyons ! J’éteins et je relance  la  bête en tenant  mon bras  à l’horizontale et aussi immobile que  je peux. J’ai l’air  malin à courir comme ça ! Je vois le Loulou qui  prend la tangente, il a  l’air bien remis de son UMT.  Enfin, au bout d’environ 1 000m, j’attrape  le signal.  Suis  peut-être  un peu trop devenu dépendant de cette technique, enfin ça  me rassure !

Après  la ferme, on va  patauger  dans  un pré  boueux, certains  vont  y laisser  leurs chaussures ! Ce départ  m’a  perturbé. J’ai du mal à trouver  un rythme. C’est la descente, les  organisateurs ont placé une variante. Elle  est plus spectaculaire et technique mais  on n’en profite  pas car le  peloton n’a pas eu le temps de s’effilocher et c’est  à la  queue-leu-leu que s’effectue le passage. Ensuite c’est la remontée arrache-cœur. Raymond, venu en spectateur – il ronge son frein, le malheureux- s’est placé en haut. Il a vu les  5 premiers gravir en courant de bout en bout ce raidillon. Total respect ! Salut Raymond ! Quand  je pense que tu t’es  levé samedi dernier  à 2 h du mat  pour  nous voir traverser Alençon, sacré camarade ! Bon, je file vers ma fameuse crête !! Sublime, forcément sublime ! Rien à rajouter ici !

Puis c’est  le bois de  Berjou. Certains coureurs  ont du mal à comprendre que, lorsque quelqu’un est sur  leurs talons, ils  pourraient s’écarter afin de  laisser  le passage ! Moi, ainsi que les copains, je demande toujours à celui qui me suit de  près, s’il veut  me passer. Allez, on continue…. Ma bassine  rouillée est là, immuable. C’est con, je suis ému de  la voir encore  là. Pour  moi, elle symbolise comme de  l’éternité fragile ; à jamais, elle sera  là dans  ma mémoire, un vrai clin d’œil dérisoire à la vanité des choses.

Je traverse  la route, un dernier coup de rein dans  un raidillon et le  plus dur est fait, il reste dans les 18 bornes ! Je regarde  mon chrono. Hum, c’est mort  pour faire  moins de  3h cette année. Tant  pis ! Je ne vais  plus  le regarder. Non pas que  je suis fatigué, mais je manque de  jus. Alors, je  profite du paysage, même si le ciel se  montre  un tantinet chagrin. Courir ici est un  privilège. Oui, quel  luxe que de courir, que d’accomplir ce périple vain alors que de  part le  monde tant de choses vont de travers.

Je  n’ai jamais tant vu d’orchis, elles se dressent fièrement sur  le bord des chemins. Elles sont splendides. Arrivé à la ferme, pour le ravito  principal, un salut aux bénévoles, quelques  morceaux de  banane, un verre d’eau et je repars. Il reste  un peu  plus  loin,  la montée dans les  pommiers. Depuis quelques temps, je cours parmi les randonneurs. J’aime bien même si certains ne sont  pas trop vigilants pour s’écarter à mon passage. Des saluts, des sourires, des encouragements ! Humm, c’est bien agréable ! Donc,  les  pommiers ! En fleurs !  Un vilain tas de terre les  précède. Cette  longue  montée dans  le verger, je la  monte  vraiment au petit petit trot ! Dans quelques  instants, ce sera  la traversée dans  une sorte de garrigue de genêts en fleurs avec la dernière  plongée vers  l’usine. Cette descente, très technique, a des allures alpestres. Quand  on est en forme, c’est  un plaisir que de  la dévaler. Bon, là, c’est «  je  ménage  mes genoux » ! La dernière remontée par laquelle nous sommes venus avec le  même passage technique effectué  à la  même vitesse ! Hé, là, ça  monte !

Le clocher d’Athis est  là-bas.  A  l’entrée du pré, Raymond y va de ses encouragements. Plus  loin, Wilh, pour  normandiecourseapied, est en embuscade avec son appareil  photo.

 

        

Dommage, il aurait  pu se  poster en bordure de  la  portion boueuse où, là encore, certains vont  y laisser  une chaussure !  C’est le tour du lac. J’arrive  à la  hauteur d’un coureur à l’arrêt.  Je  l’entraîne.

Ensemble, nous débouchons dans  la rue  principale. La foule, là-bas  à l’arrivée ; faut  prendre  son temps, enfin façon de  parler. Je veux  profiter  un max de cet instant. C’est ce que  je dis à mon compagnon du moment. Regarder droit dans  les  yeux  la ligne d’arrivée, la voir s’avancer, dérouler  le temps, s’en extraire. Silence du dernier instant ou  plutôt sourd à la clameur, comme  un temps suspendu paradoxalement, une stase. La  ligne franchie, la réalité revient.

4h45, non, n'attendez  plus! le  Lutin ne viendra pas! Enlevez  la banderole aux  pruneaux! 

 

8 commentaires

Commentaire de la panthère posté le 30-04-2008 à 08:07:00

bravo au "vétéran" du trail de la vallée de la Vère.......encore un trail avalé, et de bon appétit!
dèjà s'annonce le suivant..... et après Ecouves..."le mustang dévoreur de sentiers", merci pour ton récit, ta bonne humeur inaltérable!à+

Commentaire de co14 posté le 30-04-2008 à 09:36:00

Quel charmant récit, et ce parcours à l'air si léger avec ses senteurs et ses couleurs. Moi qui n'ai vu que des bouses des cailloux et des trous...décidement plus je lis les récits plus je me dit que nous n'avons pas fait le même trail!!! bravo encore pour tous ces trails avalés en un rien de temps!

Commentaire de le G.G.O. posté le 30-04-2008 à 13:30:00

bravo Philippe !! mais fait gaffe à l'enchainement...

PS 1 : Il est pas mal thierry déguisé en arche d'arrivée

PS 2 : t'a pas reconnu ton compagnon d'arrivée ? c'était Jean Pierre, mon acolite de l'UMT

A bientôt

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 30-04-2008 à 14:08:00

Très beau récit bucolique, Mustang. Et dans bucolique, il y a... Tu me fais presque regretter de n'avoir pas été là. Petite précision sur les orchidée sauvages : en grec, orchis veut dire testicule. Charmant, non ?

Commentaire de breizhman14 posté le 30-04-2008 à 18:07:00

Et encore un de fait!!Bravo à toi d'être aussi fidèle. je n'en suis qu'à ma 3èmè édition consécutive mais je crois bien que moi aussi, ce trail là je ne le raterai pour rien au monde...

Commentaire de eric41 posté le 30-04-2008 à 21:28:00

Quel appétit Mustang toujours dans la bonne humeur.
Bravo à toi et merci pour le récit.
Eric

Commentaire de JLW posté le 30-04-2008 à 21:54:00

Bon ben je vais attendre ta 8ème participation ...

Ton plaisir à courir fait plaisir à lire. Moi aussi j'aime participer année après année à quelques courses un peu "fétiches". L'expérience des courses c'est la diversité mais aussi une certaine fidélité à des rendez-vous annuels.

Merci de nous les faire partager.

Commentaire de al27 posté le 02-05-2008 à 09:05:00

Quel bonheur cela doit être de maitriser sa course au point de pouvoir goûter comme tu le fais à chaque moment.
Merci pour ce beau moment,
Rdv à Radon,
Al27

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