Récit de la course : Trail des 3 Pics 2009, par Miche

L'auteur : Miche

La course : Trail des 3 Pics

Date : 6/6/2009

Lieu : Arbas (Haute-Garonne)

Affichage : 1396 vues

Distance : 48km

Objectif : Objectif majeur

2 commentaires

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CR Trail des 3 Pics 2009 - Un bon millésime

Le Trail des 3 Pics est ma troisième course de 2009 après le Trail Blanch à Font Romeu et l'ultra des Citadelles. Michel, organisateur des Citadelles, m'en a dit le plus grand bien. Le profil constitué de 3 montées d'environ 1000 mètres chacune et un kilométrage limité à 48 km devrait me convenir. Enfin il s'agit d'une manche du challenge des Trails Pyrénéens monté cette année par Thierry des Pyrénées Raiders et j'ai l'intention de bien y figurer. Comme il n'y a "que" 48 km et 3200m de dénivellée, j'ai prévu de partir super léger pour aller le plus vite possible et d'essayer de tenir. Donc camel back tout petit rempli avec seulement 1 l d'eau. Seulement 3 barres énergétiques. Pas de coupe vent.
J'y vais avec Hugues, en individuel comme moi, et une équipe de relayeurs constitué de, dans l'ordre de passage, Pierre, Sabine et Muriel. Nous nous retrouvons à 7h au départ à Arbas. Les deux Thierry et Nathalie des Pyrénées Raiders arrivent en retard suite à un souci de navette. Patrick, vainqueur l'an dernier, arrive avec eux. Zut, en voilà un qui sera avant moi !! Départ vers 8h10 suite au problème de navette.

Je ne parlerai plus des bénévoles par la suite car sinon mon récit serait deux fois plus long : il y en avait partout. Aux huit ravitaillement évidemment mais aussi au milieu des montées, aux sommets, aux croisements de route, dans les endroits où le sentier était un peu dangereux, à côtés des cabanes. Partout. Je me suis vraiment tout le temps senti en sécurité.
Nous partons en même temps que les relayons avec 500 mètres de route puis de piste. Et ensuite ça monte. Ce ne sera d'ailleurs plus jamais plat à partir de là. Je pars à mon rythme dans les 15 premiers mais dès que ça grimpe, je me retrouve à marcher plus vite que les autres et je double donc beaucoup. Julien, autre favori avec Patrick, a un problème de chaussure et doit s'arrêter pour régler ses lacets. Je continue à pousser sur mes batons comme un malade sur ce bon chemin qui monte raide dans la forêt et donc je double pas mal. Il se met à pleuvoir mais comme nous sommes à l'abri, cela reste agréable. A la sortie de la forêt, peu avant le sommet de la première montée, nous débouchons sur des alpages au milieu du brouillard. Cela crée une superbe ambiance. Je rattrape et double deux coureurs encore. Un bénévole nous dit qu'"il est juste devant". "Qui ?". "Celui qui a gagné l'an dernier". Merde alors, à force de doubler, je suis deuxième !

Encore quelques mètres de sentier en faux plat montant et nous attaquons la descente sur le Col de Portet d'Aspet. C'est d'abord raide et glissant dans les prés. Puis c'est raide et glissant en sous-bois. Le relayeur me redouble, je le suis puis Denis qui a gagné l'édtition 2007 reste dans mon sillage. Il m'avoue bien aimer les descentes mais des problèmes de dos le force à se calmer. Au Col de Portet, aucun de nous trois ne prend la peine de s'arrêter. Nous enchaînons sur une série de bosses, genre montagnes russes sur un sentier très étroit. Denis se souvient que c'est assez long. Effectivement, cela semble ne jamais finir. Je double le relayeur qui cale un peu puis je lâche Denis quand cela commence enfin à descendre franchement. Nous débouchons enfin sur une piste et j'aperçois le premier relais à Cazaril. 1h57 pour 2h08 visées, c'est cool. Je prends le temps de manger et suis Denis qui attaque une sentier tracé à la tondeuse dans un champ !

On arrive très vite à la montée vers le Pic Cagire. D'abord sur route puis sur un sentier qui monte en sous-bois régulièrement. La pente est raide à droite et parfois ravinée. Du coup le sentier n'est pas toujours bien marqué et il faut bien poser ses pieds pour ne pas glisser en bas. Cette côte fait 1200 m d'un coup et j'accuse un peu la fatigue. Peu après un ravitaillement à mi pente, je vois derrière moi un coureur qui arrive. Et zut, je ne serai bientôt plus deuxième. Effectivement, dans une section plutôt raide, Julien me double avec juste derrière lui Sébastien. Julien a vraiment la pêche et arrive à trottiner dès que la pente se calme. Nous sortons de la forêt pour arriver dans des alpages parsemés de cailloux. La pente s'accentue encore. Nous arrivons dans le brouillard à un col au pied de l'arête menant au sommet. Un fort vent d'ouest bien humide me refroidit. Je rattrape et double Sébastien qui me dit avoir un gros coup de barre.

Arrivé au sommet du Cagire dans le brouillard, je bascule dans la descente en espérant me réchauffer rapidement ! C'est mouillé et je reste donc prudent. Je n'ai plus d'eau dans le camel mais je sais que le prochain ravito est en bas de cette descente. De toute façon, il ne fait pas chaud ! La descente est très raide, même en zig-zag, et sollicite beaucoup les cuisses. Nous rentrons dans la forêt ou c'est moins humide. Je peux donc accélérer un peu. Malheureusement mon pied glisse sur un caillou et dans l'extension qui se produit, une violente crampe au mollet droit me saisit. Je ne tiens pas debout et suis obligé de me coucher en catastrophe. Sébastien arrive derrière et s'inquiète de me voir couché. Je le rassure en disant que je ne suis pas blessé. Il ne peut rien faire pour moi et je lui dis donc de repartir. En moins de 30 secondes, la crampe est passée et je peux me relever et continuer la descente. Je préfère toutefois ne pas trop forcer. Mes chaussettes de contention me gêne et je les descends donc sur les chevilles. Petit à petit je me sens de plus en plus à l'aise et j'accélère donc. A partir d'une certaine vitesse, la gêne au mollet revient et je dois me calmer. Arrivé au deuxième ravito, toujours sous la pluie. Je remplis le camel avec un gros demi-litre d'eau (il ne reste plus que 13 km et 800 m à monter...). 4h11 pour 4h06 prévues.

Je mange bien et j'attaque en grignotant la piste qui monte doucement. D'après la carte étudiée la veille, il y en a pour 5 km. Elle est trop raide au début pour courir. Après un kilomètre, ayant fini de manger, je me mets à trottiner. Dans les 4 kilomètres suivants, je regarde souvent ma montre pour estimer ce qui me reste à parcourir, en essayant de courir le plus souvent possible. Seules les quelques portions un peu raides de la piste me contraignent à marcher. Finalement je parviens au ravito qui marque la fin de la piste. Je continue par un sentier en sous-bois, sentier qui qui se transforme en piste de sanglier avec seulement quelques balises pour montrer la direction. Je débouche sur une crête puis le sentier continue à flanc. Là encore, la pluie a rendu le sentier bien glissant et il n'est pas facile de garder ses appuis. Cette traversée n'en finit pas. Je sais pourtant qu'elle doit se terminer pour faire place à une montée raide vers le Pic du Gar.

Quand enfin elle se termine, je regrette presque : un mur de 300 mètres de haut me fait face avec à sa droite une muraille verticale. Un peu plus et les organisateurs auraient pu nous envoyer dedans ! Il n'y a presque pas de sentier. Il faut donc trouver son chemin dans les alpages. J'aperçois Sébastien 200 mètres au-dessus de moi. Cela ne va pas être possible de le rattraper. Finalement cette montée de "seulement" 300 mètres est relativement rapide et me voilà donc au sommet. La descente derrière est plutôt douce et je pars donc à fond les manettes. Il vaut mieux ne pas suivre le sentier car il est raviné dans l'alpage. Courir sur l'herbe est plus agréable et plus rapide ! J'arrive de nouveau dans la forêt et la pente s'accentue. Le sentier se confond parfois avec le ruisseau. J'ai peur de perdre ma 4ème place et je suis donc au max de vitesse acceptable. Malheureusement la forêt m'empêche de voir si je suis encore loin de l'arrivée.

A un ravito, un bénévole m'annonce encore 6 kilomètres. Je repars de plus belle sur le sentier/ruisseau et j'arrive enfin à une route au fond de la vallée. Je sais qu'il me reste deux kilomètres maintenant. Il s'agit d'un faux plat montant sur route puis sur un large chemin. Je cours tout le temps en me retournant dès qu'il y a une ligne droite. Je ne vois personne et j'entends le haut parleur de l'animateur. Mais nous avons encore le tour du village de Saint Pé d'Ardet à faire !! Enfin un dernier champ et je passe la ligne en 6h32. Patrick a fini en 6h02, Julien en 6h15 et Sébastien est seulement 2 mn devant moi !! Une coupe en individuel et une coupe avec Nathalie pour les Pyrénées Raiders, 1ère équipe au challenge. Muriel, troisième relayeuse, termine en 7h39 avec un objectif en moins de 8 heures. Les derniers mettront plus de 11h. 76 arrivants sur 100 partants. Il fallait des bonnes cuisses pour pouvoir venir à bout des ces trois énormes montées !

2 commentaires

Commentaire de gjoss posté le 17-06-2009 à 21:26:00

Hello,

félicitations Michel et merci pour le récit.... tu tiens la forme :-)))

à bientôt

José

Commentaire de mic31 posté le 17-06-2009 à 22:02:00

Bravo Michel,une très belle place, c est la grande forme. Je te l ai déjà dit : heureusement que tu ne fais pas le GRP, je perdrais une place au classement.

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