Récit de la course : Off - Ascension du Volcan Cotopaxi (Equateur) 2006, par Mathias

L'auteur : Mathias

La course : Off - Ascension du Volcan Cotopaxi (Equateur)

Date : 30/4/2006

Lieu : Cotopaxi (Equateur)

Affichage : 2241 vues

Distance : 3km

Objectif : Pas d'objectif

7 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

3 autres récits :

Le récit


Encore un petit CR équatorien.
Après ma balade sur l’Ilinizas Norte, je me suis dit que je ne pouvais pas quitter le pays sans avoir « réussi » un sommet. Je jette mon dévolu sur le 2ème plus haut volcan du pays, le Cotopaxi.
Cette fois-ci, je ne peux pas envisager d’y aller seul. Avec 5900m, c’est de l’alpinisme (ou plutôt de l’andinisme), et je n’ai quasi aucune expérience, ni aucun matos…

Je m’adresse donc à une agence (150$ quand même, pour 2 jours), et samedi 29 avril, me voilà donc dans un 4x4 avec 2 guides équatoriens (Robinson et Hermann), un jeune allemand Alex qui fait le tour du monde et 2 anglaises as well (Elisabeth and Rebecca).
Un guide peut partir avec un ou 2 gringos. J’ai rencontré Alex la veille à l’agence, on a décidé de faire équipe, même si on sait que ça diminue un peu nos chances d’arriver au sommet.
D’après Robinson & Hermann, 70% des gringos arrivent au sommet. La plupart de ceux qui échouent, ont des problèmes liés à l’altitude : le MAM (mal aigu des montagnes), que les équatoriens appellent « soroche ».
Alex craint surtout des problèmes musculaires. Pour ma part, le « soroche » m’inquiète, étant donné que j’ai généralement des maux de tête dès que je passe un petit moment en altitude…

Après 1 ou 2 heure de « panaméricaine », on arrive dans le parc national Cotopaxi vers 13h.



Heureusement, un plan nous indique le chemin : « après le volcan, prenez à droite et montez droit dans la pente »…



Un casse-croûte de sportifs (chips, fruits…), et nous voilà repartis sur une piste totalement défoncée, en direction du pied du Cotopaxi. Pour l’instant, on ne voit pas grand chose… mais en se rapprochant du pied, on sent de plus en plus sa présence…



Et quand on arrive au parking, à 4600m, le glacier apparaît enfin dans toute sa splendeur !
La petite tâche jaune, juste en dessous de la neige, c’est le glacier. On dirait pas : il y a 200m de D+ (la pente est rude !), et à cette altitude, ça prend entre 30 et 45 minutes…



Il y a beaucoup de monde : des gringos qui viennent « faire » le Cotopaxi, et aussi pas mal d’équatoriens qui semble-t-il montent au refuge pour faire un petit tour sur la neige.

On s’équipe : le sac sera un peu lourd jusqu’au refuge, car il faut trimballer la nourriture, le sac de couchage, les vêtements chauds, le matos… nous avons le privilège d’avoir des guides, qui se chargent comme des mulets et portent un maximum d’affaires, dont la nourriture.

Les guides ne sont pas très organisés, on se rend compte que le matos est de mauvaise qualité, voir manquant, et il semble que l’agence de voyage a fait des promesses que les guides ne peuvent pas tenir… du style, « vous n’aurez rien à porter sur le glacier, les guides portent tout ». Alors que, de toute évidence, ce n’est pas possible : le guide porte déjà du matos, des cordes, etc. On doit porter notre casse croûte et notre eau.

Ca commence à stresser les anglaises… et le stress, c’est pas bon pour faire de la montagne. Ok, à 1ère vue, nos 2 guides ressemblent plus à des pieds nickelés en vadrouille qu’à des pros, mais demain c’est eux qui auront notre vie entre leurs mains ;-)
Elizabeth, Hermann, Rebecca. Notez la qualité du sac de Rebecca, fourni par l’agence. Dire que j’ai hésité à prendre mon raidlight… ouf j’ai eu chaud !



Prêt !



Il faut faire de petits pas… monter tout doucement, bien assurer ses appuis, ne pas gaspiller d’énergie. Ne pas s’arrêter. Et ça roule…

Ouf ! Refuge atteint ! Bienvenidos !



Arrivée d’Alex.



Et juste au-dessus du refuge, on découvre le sommet. Danger, zone d’avalanche ? J’ai lu quelque part que le refuge a déjà été emporté par une avalanche… gloups…



C’était le bon moment pour arriver !



Confort ? Spartiate !



On s’équipe de pied en cap pour aller faire quelques exercices sur le glacier. Chaussures, pantalon étanche, veste étanche, gants, piolet, crampons…

Un piolet français !



On monte un peu au-dessus du refuge avec Robinson.



Robinson nous apprend à marcher avec ou sans corde, à tenir le piolet, à s’arrêter en cas de chute, etc. Du niveau débutant, ce qui me va bien, c’est très intéressant.



17h : ça y est, la brume atteint le refuge.



Par contre, la vue de la vallée est superbe. Je vous présente le Ruminahui, 4700m :





Et voilà le Cotopaxi. Il nous attend.



Il y a des loups autour du refuge. En fait, il s’agit d’une espèce de gros renard…



Vers 6h, on mange un morceau. Un bon morceau en fait, les guide nous ont fait un bon petit repas.

Et puis, à 7h, hop au dodo. Dès le début, je sens que ça ne va pas être agréable. J’ai déjà mal à la tête. Et, vers 10h, je suis réveillé par la migraine. Aspirine, eau. Je passe 1/2h assis dans mon lit à attendre que ça aille mieux. Ca ne va pas mieux. Plus que la migraine, je suis inquiet des sensations qui l’accompagnent : ça bourdonne légèrement, plus un peu de nausée, et j’ai l’impression d’être dans du coton… Vers 11h je parviens à peu près à me rendormir.

Minuit : Ding-dong,debout !
J’ai la tête qui explose, et toujours une légère nausée.
Aille Ouille, c’est rude… n’est-ce pas Alex ?
Minuit passé de 30 minutes…



Une heure plus tard, ça y est, on se lance dans la nuit « noire et obscure », à l’assaut du plus haut volcan actif du monde.

Une petite heure à monter dans la caillasse et la neige, avant que la pente devienne trop importante pour continuer comme ça.
C’est dur. On va à 2 à l’heure. On pose chaque pas soigneusement, on prend bien ses appuis, on essaie surtout d’être régulier dans l’effort. Doucement. J’ai l’impression d’être bien faiblard…

Au bout d’une heure donc, Robinson demande de mettre les crampons, la corde. Il continue à marcher devant, je suis 2ème et Alex 3ème. On attaque une zone plus pentue. On ne voit pas bien si c’est vraiment pentu, entre la nuit et le brouillard, mais je me dis que c’est peut être préférable, moi qui craint le vide…
Curieusement, je ne suis pas inquiet. Je m’attendais à stresser un peu, comme à chaque fois que je suis en situation « chute mortelle potentielle » (ce qui est très relatif : chez moi, ça commence sur un balcon !). Mais non, je suis bien.

Le plus difficile pour moi, c’est probablement le mal de tête et la nausée. Au bout d’un petit moment, cette dernière passe de « désagrément » à « problème ». Au bout d’une heure de marche, je me dis que je risque de ne pas tenir longtemps. Pourtant on ne va pas vite, mais j’ai l’impression que je ne vais pas tarder à vomir… et je ne vois pas comment ça va s’améliorer !

Et pourtant, si, ça s’améliore un peu. Un tout petit peu. Ca me permet de commencer à profiter de la balade. Rien que le fait d’être là, c’est une chance. Ce n’est pas ce que semble se dire Alex. La neige est plus molle que prévu (on part en plein nuit pour avoir une neige dure le temps de faire la montée et la descente). Alex doit faire 20kgs de plus que moi, et il monte énergiquement. Résultat, il se retrouve fréquemment avec de la neige jusqu’en haut de la cuisse… et ça râle ! Des jurons en anglais, en allemand…

Voici une des rares photos, à 3h du matin : et en plus, il neige ! On ne voit rien !



Problème : les piles de la frontale d’Alex sont mortes. On échange nos positions, pour qu’il puisse profiter un peu de ma lampe. Pour moi, ça change tout. Je suis maintenant en dernière position. Les gesticulations d’Alex, à la fois désinvolte et nerveux, ne me rassurent pas. Il marche fréquemment sur la corde… avec les crampons, au risque de la sectionner.

Au bout d’un petit moment, Robinson s’arrête, et comme tous les autres guides aux alentours, se met à piocher dans la neige avec son piolet. Je comprends tout de suite, on en a déjà parlé : la neige n’est pas bonne. La décision est rapidement prise. Sorry, guys. On doit faire demi-tour. Trop de neige, trop molle.

Je suis déçu, c’est sûr. On est à peine à 5300m. Mais bon, c’est une première expérience. Je me retrouve en tête à la descente (le guide doit rester en haut). Et là, contre toute attente, je suis bien... je me sens libre ! Je descend tranquillement, j’ai moins mal à la tête, et je peux admirer le joli spectacle des lumières de Quito (il fait toujours nuit noire).
Alex n’est pas dans le même état d’esprit et continue de râler. Pour lui, tout va mal. Take it easy…



En moins d’une heure, nous voici de retour au refuge. Il est 4h, le jour n’est pas encore levé.
J’ai trop mal à la tête pour dormir, alors je tourne en rond. Le lever du soleil me donne l’occasion de faire quelques photos. 6h40.




Un ptit déj ? Bof, je suis barbouillé.



Finalement, je vais dormir une petite heure. Puis, il est temps de redescendre. Tiens, au fait, il a un peu neigé cette nuit. La vue est magnifique !



Le Cotopaxi apparaît dans toute sa splendeur.Adieu !



La descente commence : cette fois-ci, il nous faudra à peine 1/4h pour rallier le parking.



On s’éloigne…



Il reste encore quelques 4x4.



Quelques minutes pour s’extasier devant le panorama.




On distingue les lacets de la route, au 1er plan. Vu d’ici, on ne dirait pas que le 4x4 est obligatoire !




Encore une photo du Cotopaxi et de son refuge.




Et c’est la surprise : l’aventure des pieds nickelés continue. Après 15 min à essayer de démarrer la voiture, Robinson devra dévaler la pente pour qu’elle veuille bien démarrer… au bout de quelques minutes !



Ca nous laisse le temps de faire encore quelques photos.



On est presque sortis du parc du Cotopaxi.



Malgré la déception de ne pas être allé au sommet, je suis très content de mon WE. Cette expérience a été très intéressante. Je n’ai envie que d’une seule chose : revenir…

7 commentaires

Commentaire de calimero posté le 20-05-2006 à 21:55:00

Magnifique Mathias!! Super Cr et photos, çà donne envie!!!!

Commentaire de Geronimo posté le 21-05-2006 à 11:14:00

Quelle aventure !

Commentaire de riri51 posté le 21-05-2006 à 13:29:00

Merci mathias, "que du bonheur" ce CR !!!

Commentaire de NoNo l'esc@rgot posté le 21-05-2006 à 20:05:00

Décidément, tes CR, c'est géant ! Et puis, il faut dire qu'avec les photos, ça prend tout de suite une autre dimension. Géant, c'est ce que je disais !..

Commentaire de akunamatata posté le 22-05-2006 à 08:58:00

superbe CR, ca donne trop envie!
Akuna

Commentaire de L'Castor Junior posté le 22-05-2006 à 09:33:00

Salut Mathias,
Je comprends la (petite) déception de ne pas avoir pu aller au bout à cause de la neige, mais, à voir les photos, on comprend que ça a malgré tout été une expérience grandiose. Félicitations !

Commentaire de Mustang posté le 08-08-2009 à 15:51:00

Grâce à la nouvelle présentation des CR, je retrouve le tien sur cette expédition en Equateur! Superbes photos, ambiance sympa!!!!dommage pour le sommet! 5 je l'ai en photo, ce volcan dans mes wc (!) , photo offerte par un guide équatorien venu à la maison!!!!!

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.14 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !