Récit de la course : Trail du Maquis - 24 km 2014, par Berty09

L'auteur : Berty09

La course : Trail du Maquis - 24 km

Date : 9/2/2014

Lieu : Dun (Ariège)

Affichage : 660 vues

Distance : 24km

Objectif : Pas d'objectif

8 commentaires

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La confirmation

     C'est parti pour une saison trail. Premier test grandeur nature, le jeune trail du maquis qui est pour moi un très bon souvenir. L'an dernier j'avais fini à la 7ème place avec de très bonnes sensations. Alors cette année, avec l'expérience en plus et un entrainement toujours aussi suivi, je viens chercher la confirmation d'une place dans les 10. La confirmation aussi que les trails de ce format (24km, 1000 d+) sont taillés pour moi.


     Petite alerte cependant, il y a 10 jours avec des tensions au niveau des lombaires qui m'obligent à stopper net toute activité pendant une semaine. C'est dur à encaisser car tous les voyants étaient au vert en ce début d'année et je me régalais à l'entrainement. Mais quand le corps dit stop, mieux vaut pas trop insister. Comme toujours, après une semaine d'arrêt forcé, on essaye de se persuader qu'au moins on a pris le temps de se reposer. On arrive presque à y croire.


     Pourtant, ce dimanche matin, les lombaires ne font plus trop parler d'elles et je me dis que cette course peut me sourire. Seule petite entorse aux habitudes, je décide de partir sans porte-bidons pour ne pas sentir de poids supplémentaire et je compte sur les deux ravitaillements du parcours pour manger et m'hydrater. Tout est prêt, je connais le parcours dans ses grandes lignes, il est temps de partir pour l'aventure.




     Départ dans les rues de Dun. Personne ne s'affole, chacun se place tranquillement. La course sera longue. Je prends le rythme qui me convient et me retrouve presque naturellement entre la 10ème et la 15ème place. Ca me convient, ça avance bien mais j'ai confiance en moi. Je suis surtout soucieux pour mes lombaires. Si la douleur ne se réveille pas c'est tout bon et pour l'instant ça roule.




     Nous avons quatre difficultés à enchaîner et on évolue entre 300 et 600m. Le terrain est trrrrrrès gras mais en étant bien chaussé il y a moyen de courir presque partout. Evidemment on y laisse du jus mais pour un trail en février faut pas s'étonner. La première difficulté est passée et je continue sur un bon rythme. Je dois me situer vers la dixième place. Je cours maintenant aux côtés d'un jeune prométeur, du genre qui progresse autant en un mois que moi en un an. Jusqu'à présent je finissais les courses devant lui, celle-là sera peut-être la dernière, je ne rends pas les armes et je m'accroche.




     Pas fou, je finis par le laisser filer après avoir effectué le passage de la deuxième bosse ensemble. Nous sommes au 12ème km, la moitié du boulot est fait. Julien file devant, je reste seul, toujours confiant face à ma course. Mais petit à petit le doute va s'installer. J'ai du mal avec ma foulée. J'ai perdu toute fluidité. Je regarde déjà ma montre en imaginant tout ce qu'il me reste encore à faire.


     Ces mêmes chemins où je me régalais lors de la reconnaissance n'ont subitement plus le même parfum. Je dois maintenant me diriger vers Thuriège et ce qui était un plaisir devient une corvée. C'est pas possible, en l'espace de trois km ma course vire au cauchemar. La sentance est terrible. Une armée de trailers s'abat sur moi. Les p'tits mots sympas lâchés en passant me font mal. La différence d'allure est affolante. Je suis au ralenti mais je ne l'ai pas encore vraiment intégré. Les mecs passent les uns après les autres.


     "Oh Berty, ça va?" Je ne sais pas quoi répondre. Je suis en route pour Thuriège et j'en suis à me demander si mes jambes vont m'y porter. J'essaye encore de me convaincre que c'est un passage à vide. Je me parle:"T'es solide mec, ça va revenir." Je me le passe en boucle mais la réalité est toute autre. Je suis scotché, cuit, rincé. J'ai rien vu venir. Le seul gel que j'avais emporté n'aura pas pesé lourd. Je monte vers Thuriège, je ne cours plus, je marche. Je ne marche même plus, je me hisse. C'est pitoyable.


     Et pourtant je dois assumer. J'en suis là, en course. Je continue. J'entre en mode survie. Je fais l'état des lieux: je ne suis pas blessé, je peux avancer, j'avance! Le temps n'est plus le même. Au lieu d'avaler les km, je vais devoir me les gagner un par un. Prochain objectif, le ravito. Non mais quel con, aussi! Partir sur une épreuve comme celle là les mains dans les poches et en sautant quasiment le premier ravito, c'était du suicide. Dans ta gueule Berty! Comme un débutant. Allez pas la peine de s'énerver, je dois cheminer. Les gars n'arrêtent pas de me dépasser, je me range, tout petit.


     Plus je fais peine à voir, plus les gens m'encouragent. J'ai envie de leur crier qu'ils se trompent, que ce n'est pas moi. Mais  non, Berty je l'ai vu à l'entrainement se tirer la bourre avec son pote dans la descente de Thuriège. Ca envoyait grave!...






    



    

     Enfin, le ravito. Je dévore bananes, abricots, dattes. Le classement n'a plus d'importance, je me restaure. Allez, en finir. Je trotinne mais les sensations sont toujours aussi catastrophiques. Je marche à la moindre petite bosse. J'avais déjà imaginé ce final, jouer les places d'honneur. C'est pas ça.




      Dernière côte, je bouchonne. Je ne suis pas fier de moi. L'entrée dans Dun, vécu l'an dernier comme un champion, se fait sous les encouragements sincères d'un public compatissant. C'est la loi du sport et cette place aujourd'hui est bien la mienne. J'ai fait ma course jusqu'au bout, je n'ai pas triché. Je suis 88ème. J'espère que c'est un accident, que je m'en relèverai. En attendant j'en ai pris une bonne et ça fait jamais plaisir. Vivement la suite que je range celle-là au rayon des souvenirs. Sûr, bientôt je pourrai même en rire.

    

8 commentaires

Commentaire de Francis31 posté le 11-02-2014 à 06:59:04

Bah, c'était tout simplement pas ton jour...Une petite contre performance arrive même à nos plus grand champion, et tous ne mettent pas forcément du coeur à terminer. Alors bravo d'avoir eu le courage d'aller au bout et nul doute que sur tes prochaines échéances, tu seras de nouveaux aux avants postes.

Commentaire de mic31 posté le 11-02-2014 à 08:26:55

Je n'avais vraiment pas compris en voyant le classement, j'en sais maintenant un peu plus. Erreur de débutant sans doute de partir sans carburant, ce sera un sain rappel.
La mauvais nouvelle (pour moi) c'est que tu vas revenir sur-motivé sur les sentiers et que ça va faire mal. A bientôt !

Commentaire de Hockeyeur posté le 11-02-2014 à 09:01:29

Jamais drôles ces courses où rien ne va ...
Malheureusement ça fait partie de la vie du trailer.
Bon courage pour le reste de ta prépa et pour tes courses à venir !!
Je suis sûr que tu n'en seras que meilleur sur les prochaines ;)

Commentaire de ant09 posté le 11-02-2014 à 20:40:39

Étonné aussi en voyant ta place dans le classement .
Il y a des jours comme ça . Mais on en tire toujours quelques chose de positif pour le futur . Le mental à travaillé ...
Bravo

Commentaire de laulau posté le 11-02-2014 à 22:16:37

Quel dommage, vivement la prochaine course !

Commentaire de grumlie posté le 12-02-2014 à 06:41:55

Et moi qui te croyais en récup' pour venir chercher les copains dans la dernière montée!
Bon c'est sûr que partir en "minimaliste alimentaire" c'est un peu risqué...
Vivement la prochaine course que je te vois tranquillement installé à la buvette quand j'arrive!

Commentaire de zenaltitude posté le 12-02-2014 à 22:29:33

Bonne prépa pour le Trail des Crêtes 2014

Commentaire de Tibouli posté le 14-02-2014 à 17:29:52

C'est à ton honneur d'avoir voulu finir la course et aussi de nous faire partager ton amertume. Au moins tu as travaillé un mental de guerrier et ta mésaventure servira à beaucoup d'entre nous. J'ai souvenir du Festatrail où je pensais bien gérer ma course mais où petit à petit je me suis déshydraté sans trop m'en rendre compte alors que j'y faisais relativement gaffe. Résultat, je finis dans la difficulté, comme toi au mental et malgré une prise de conscience et beaucoup de liquide ingéré ( le manque de lucidité m'a fait boire beaucoup d'eau claire ) je fais une petite syncope une heure après l'arrivée sur le périph de Montpellier. Plus de peur que de mal, et en prenant des boissons réhydratantes adaptées j'ai repris le dessus ... C'est précisement cette course difficile qui m'a permis de mettre en place une sorte de protocole hydratation qui me convient très bien maintenant. En fait chaque trail est une aventure où rien n'est gagné d'avance ! bonne récup à toi et je suis certain que c'est la seule fois où j'aurais pu te doubler !

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