Récit de la course : Le Grand Raid des Pyrénées - L'Ultra Tour 2017, par TomTrailRunner

L'auteur : TomTrailRunner

La course : Le Grand Raid des Pyrénées - L'Ultra Tour

Date : 24/8/2017

Lieu : Vielle Aure (Hautes-Pyrénées)

Affichage : 876 vues

Distance : 186km

Objectif : Terminer

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De la garbure au petit déjeuner ?

24-26 août : L’ultra du Grand Raid des Pyrénées

 

 

 

Jeudi 24 août 6h : Vielle Aure, France,

Me voici de retour à Vielle Aure : retour sur les terres de mon premier 100miles, retour surtout pour profiter de la promesse de paysages exceptionnels avec un parcours spécial pour le 10ème anniversaire qui doit nous mener au Vignemale, nous permettre d’entrevoir Gavarnie et de peaufiner la réserve du Néouvielles.

Prépa sérieuse avec plus de volume que de montagne et quelques off (dont notamment un superbe avec Mr de Brignais et Spir in Belledonne), un mental d’aplomb et un gros sac de matos….j’ai été jusqu’à économiser les forces puisque j’ai fait en stop les 1,5km qui sépare mon petit hôtel du départ ;)

Côté météo, après un orage maousse costaud durant la nuit, le briefing annonce du beau et chaud jusqu’à samedi soir ce qui me convient car mon pseudo objectif est d’arriver avant la nuit de samedi à dimanche. Seul bémol, des vents violents qui pourrait compliquer la montée au pic du midi et le passage sur Vignemale. Petite discussion dans le sas de départ avec notre phiphi kikouresque qui semble en pleine possession de ses moyens (attention le podium) et Killian avec lequel on décide de partir tranquillou en laissant notre champion filé (on n’est pas suicidaire à le suivre nous).

2 km pour étirer le peloton et on attaque la montée (1400m tout de même à peine entrecoupé d’un replat au Pla d’Adet) ; le temps de déplier mes bâtons et je perds Killian : dommage mais le mot d’ordre étant gestion, gestion, gestion je reste sur un rythme pépère et suis étonné de voir une partie de la fin du peloton me doubler en petit trot. On grimpe tranquille et je tombe sur les lapins runners : l’occasion d’une petite discussion avec Emil et nous continuons ensemble jusqu’au Pla d’Adet où nous prenons le temps d’une photo alors que le jour pointe derrière nous.

 



Jeudi 24 août 8h40 : Restaurant Merlans

Après la fin de la montée qui passe par les pistes de ski et le col du Portet et une mini-descente qui sera notre dernière montée dans (très) longtemps, me voici au 1er ravito en 291ème position. Nous sommes au portes de la Réserve nationale naturelle du Néouvielle et c’est là qu’il faut ouvrir les yeux : lac puis refuge du Bastan, col du Bastanet, refuge Campana, lac, puis cabane puis barrage de Gréziolles : c’est tellement beau que l’on ne voit pas l’effort : toujours en mode « je profite », je me remet toutefois à doubler des participants malheureusement et certainement partis trop vite ; ceci ne m’empêche pas de prendre des photos.


Pont Barassé : la descente est bien raide, un peu technique au début mais plus aisée ensuite : je suis content de tomber sur Killian qui fait une mini-pause, nous allons pouvoir papoter un peu depuis notre dernier off ensemble au « Ponts de Paris » (pas le même terrain :) ). Chemin faisant on arrive bientôt à la Mongie alors que la chaleur se fait ressentir.

 


Jeudi 24 août 12h01 : La Mongie

 

207ème à pointer : étonnant je n’avais pas l’impression d’avoir autant doubler : grosse ambiance ici puisque beaucoup de suiveurs(ses) sont venus encourager leur poulains : c’eset assez sympa avec la musique et les encouragements. Certains sont déjà en recherche d’un second souffle et Killian me dis avoir bien chaud lui aussi ; je repars juste devant lui en finissant mon ravito en marchant.

3 km de progression à flanc pour rattraper le vallon au Pont des Vaques et attaquer le premier morceau de bravoure : 1400m de D+ en 7km non stop en passant par la cabane Pene Blanque et le col du Sencours. Le début de la montée n’est pas vertigineux mais progressif et ensoleillé : autant dire qu’un rythme un poil trop rapide ici serait une erreur évidente ; je me dis que je vais attendre Killian et avance tranquillement dans un mini-grupetto pas très causant. Vers l’altitude 1900, j’entrevois Killian quelques minutes derrière sans que nous fassions la jonction. Je me souviens avoir souffert ici lors de mon premier passage avec Bottle et avoir la joie et le plaisir de découvrir ma famille avec une énorme banderolle au col. Arrivé presque à sec de liquide, je prends un peu de temps pour me ravitailler d’une soupe à l’intérieur de la maison en pierre où il fait frais puis j’attaque la montée terminale au pic en compagnie de 3 joyeux lurons qui courent ensemble.

Montée terminale où l’on croise les concurrents précédents qui redescendent du pic : toujours sympa de chercher des têtes connues mais je n’en verrai pas avant de redescendre moi-même.

 

 

Jeudi 24 août 15h01 : Pic du Midi

 

Vite fait, bien fait on arrive au pic : 3 heures tout juste pour venir de la Mongie. Le temps de profiter du sommet et je repars avec mes compagnons du moment pour le col du Sencours : je croise successivement Killian puis Bottle puis Laurent l’Extremist dans la descente : le temps bref d’un regard complice et 2/3 mots d’encouragements qui font du bien.

Au passage, cela va sans dire que le panorama est juste magnifique.


De nouveau stop au ravito du Col du Sencours où ma poche à eau fait des siennes : le truc idéal pour s’énerver inutilement mais je prends le temps de défaire puis refaire le sac afin que tout rentre dans l’ordre et surtout de bien faire le plein car la section suivante jusqu’à Hautacam est longue, en altitude et au soleil > Résultat 40mn depuis le pic pour 3km de descente et un ravito ; pas pressé moi :)


S’en suit une MAGNIFIQUE section de 19km jusqu’à Hautacam : plein les yeux, toujours au-dessus de 2000m, 4 descentes entrecoupées par 3 montées pour franchir les cols de la Bonida, d’Aoube et de Bareilles ainsi que la Hourquette d’Ouscouaou et passer par les lacs d’Aouda, Bleu et d’Ourrec : sous la haute silhouette du pic du midi derrière nous, l’étagement des crêtes pyrénéennes à perte de vue est majuscule avec une lumière de plus en plus chaude de la fin de journée. Inutile de dire qu’il fait aussi de plus en plus chaud et l’organisation a eu la bonne idée de rajouter un point d’eau supplémentaire avec maxi 50cl par concurrent…On croise même la faune locale et je ne peux m'empêcher un clin d'oeil ;)


Côté sportif, j’essaye encore de m’économiser mais il faut tout de même un peu relancer dans ces sentiers point trop difficiles et l’enchaînement de km (déjà 55 au compteur) commence à se faire sentir : le classement n’évolue pas trop si ce n’est je pense des abandons devant moi :)

 

 

Jeudi 24 août 19h50 : Hautacam

 

Pas trop la peine de s’attarder à ce ravito, la première base vie nous attend juste après : juste après, c’est tout de même 11km et 1000m D- à avaler pour le dîner. J’espérais pouvoir atteindre la base vie avant la nuit mais la descente en sous-bois est ombrageuse. La météo aussi est ombrageuse : plus l’on descend, plus il fait chaud ; plus l’on descend, plus la moiteur du soir monte : résultat fait chaud, lourd et un peu entamé que j’arrive à Villelongue. De plus, j’avais oublié le petit « coup de cul » de 40m de dénivelé à quelques encablures de la base vie dans un raidillard que je maudis. Je remise les photos au lendemain et arrive à la base vie en 150ème position.

 

 

Jeudi 24 août 21h40 : Pierrefitte

 

Malgré presque 50mn de pause (bien trop long ça, mal géré, grrr), je verrais après course que j'ai « gagné » 25 places à la faveur d’un nombre conséquent d’abandons. Parmi ceux-ci, malheureusement Etienne qui a l’air entamé et avec qui l’on discute : malgré mes encouragements à tenter la section suivante pour dormir plus tard, il préfère dormir un peu ici pour voir et je saurai plus tard qu’ici se terminera son GRP.

LA mauvaise nouvelle, c’est la confirmation d’une info que m’avais donnée un bénévole+gendarme du GRP à la Hourquette d’Ouscouaou : à savoir la mise en place d’un parcours de repli pour cause de vents très violents sur les crêtes du massif du Vignemale ; sécurité oblige, le repli nous fera passer directement de la base vie de Cauterets à celle de Luz en passant par le col du Riou et en escamotant Vignemale+Gavarnie : certes c’est 40km de « gagner » comme il est annoncé au micro pour remotiver ceux qui penserait abandonner ici, pour moi c’est surtout 40km de perdus et sans doute autant de photo. Le moral en prend un coup mais sécurité oblige :(

Je repars avec un « voisin de table » (Sébastien de Toulouse) avec qui on « décide de faire la nuit » et qui s’avèrera un très bon compagnon de route. Le feeling passant bien on passe toute la montée jusqu’à Turon de Bene à parler de l’ultra, des Pyrénées, de nos boulots etc, etc… Ainsi le temps passe plus vite et, après avoir slalomer entre quelques énormes vaches posées un peu n’importe nous sur la trace, nous basculons fissa dans la descente vers Estaing que l’on atteint après 2/3 petites bosses. Seule inquiétude pour ma part, j’ai l’impression d’avoir fait un mauvais choix de chaussures qui me semblent trop vastes sur l’avant : résultat les doigts de pieds tapent, tapent, tapent inlassablement et la mauvaise sensation évolue insidieusement en petite gêne qui annonce des douleurs à venir.

 

 

Vendredi 25 août 02h28 : Estaing

 

110ème à pointer au bénéfice d’abandons devant nous je pense car si je souviens bien avoir vu 15 vaches dans la nuit, je ne me souviens pas avoir doublé 15 concurrents depuis Pierrefitte. Après petite discussion avec Sébastien, on décide de dormir un peu ici car le col suivant s’annonce long et usant et nous calculons que nous pourrions arriver en haut avec la pointe du jour en faisant un break ce qui permettra d’avoir le « coup de boost » que procure la lumière du jour pour descendre. 1h de pause donc, 30mn de sommeil, une remise à niveau calorique et nous partons ragaillardis pour affronter le col de l’Ilhéou. Me demander plus où il est je sais ;) c’est 10km plus loin & 1300m plus haut : c’est long, c’est la nuit, c’est les coups de moins bien successifs de l’un et de l’autre, ce sont des relais échangés et un peu moins de paroles échangées, c’est une série de frontale espacée qui monte tout là-haut là-haut, c’est in fine une montée bien abordée mais qui fait mal.

Satisfaction puérile mais euphorisante au sommet : c’est une merveille de paysage et les premières lumières de l’aube. On attaque la descente mais mes douleurs aux deux pieds m’obligent à être très prudent. Assez rapidement nous arrivons au refuge d’Ilhéou où nous attend une inattendue garbure maison toute chaude concoctée avec amour par les bénévoles du cru.

 

 

Vendredi 25 août 07h08 : Refuge d’Ilhéou

 

Une garbure en guise de petit déjeuner ; c’est la magie de l’ultra de vivre ces moments si spéciaux en discutant avec des passionnés de leurs montagnes (encore merci). Réchauffés et quasi réveillés, nous abordons la descente vers Cauterets : le temps de contourner un troupeau et son patou pas vraiment ravi de voir des énergumènes traverser son territoire, nous abordons la piste assez facile qui descend 8km. Je dis à Sébastien de filer car mes pieds sont vraiment pas en bon état et je décide de les préserver jusqu’à la base vie où je prendrai du temps pour les laver, bichonner, soigner et leur offrir des nouvelles montures… Nous nous séparons sans regrets content de cette rencontre et je serai très content de voir qu’il a fini 40mn avant moi au final.

 

 

Vendredi 25 août 08h37 : Cauterets

 

1h10 de pause : ce n’est pas de la perte de temps comme à Pierrefitte, c’est un « investissement » pour la suite : douche complète ; tenue propre ; passage chez la podologue qui diagnostique un hématome sous-unguéal aux 2 gros orteils, les percent et les protègent par des magnifiques pansements de tape fignolés aux ciseaux pour ne pas faire de boursouflures ; ravito ; renseignements pris sur le parcours de repli ; test des pieds dans la grande salle du Casino (magnifique comme salle d’accueil).

C’est reparti donc pour un passage par le col de Riou : 20km annoncés ; 10 de montée pour 1000m et 10 de descente, le tout a priori pas trop difficiles. Premiers pas posés avec doigtés (c’est le cas de le dire) puis plus affirmés, j’entame la montée avec un binôme pour une petite partie de parlote. Je me sens bien et je me détache d’un mètre, puis de 10m, puis de 100m, puis je rattrape un autre concurrent, puis 2 autres, puis 5 autres… Et là se pose un autre dilemme de l’utra, comment « gérer » ce coup de mieux : ralentir ou continuer ? Je continue « raisonnablement » puisque le terrain est assez facile, autant en profiter. Et en 2h pile je suis au col de Riou où un bénévole nous confirme « 10km de descente tout droit sur Luz, facile ».

Vamos donc pour la descente mais tout d’un coup bug dans le dernier hameau avant Luz, on prend à droite une petite montée qui continue et se poursuit dans un sentier en balcon pendant plusieurs km et au final un bon gros 250m de dénivelé : pas prévu ça, plus personne n’a d’eau, il fait très chaud et tout le monde râle ! Je regarde la carte IGN sur mon téléphone pour deviner que l’on va rejoindre le parcours initial à la Croix de Sia avant de redescendre sur Luz par une route quasi parallèle au sentier que l’on suit.

Au bout du compte, les 10km de « descentes » feront plutôt 13 ou 14 et j’aurais moins de temps à monter qu’à descendre : un comble.

 

 

Vendredi 25 août 14h15 : Luz Ardiden

 

1h10 à Cauterets, 17mn à Cauterets, je touche les « dividendes » de mon « investissement »  : plus de temps pour recevoir mon sac de délestage, y trouver les 2/3 trucs dont j’ai besoin et le rendre que pour manger et faire le plein d’eau.

Par contre, niveau timing ce n’est pas cela : se retrouver à remonter le fond de vallée jusqu’à Barèges en plein cagnard par 30 ou 35° sans un souffle d’air, cela vous liquéfie son traileur :) Patience et longueur de temps pour attaquer les 19km de montée et 1900m qui arrivent. Selon la bonne méthode des objectifs partiels, je prends les portions une à une. Plus facile quand on a déjà fait le parcours comme c’est mon cas jusqu’à Barèges ; un peu monotone dans la montée trèèès progressive qui suit jusqu’à déboucher au hameau du Lienz ; en duo ensuite pour aborder le fond de vallée…


A l’approche du refuge de la Glère, le roadbook indiquait « raide » puis « pierriers » puis « section paumatoire » puis « très technique » : pour le coup ce n’est pas usurpé, mais alors pas du tout du tout du tout :) C’est surtout juste magnifique ce coin : autant j’étais déçu de ne pas voir Vignemale et Gavarnie, autant la promesse est tenue pour Néouvielles.

Tout seul au refuge de la Glère : accueil royal et on m’indique la direction générale, pas la peine d’essayer de voir le chemin, il n’y a que du cailloux et des rochers et de la pente : bientôt la fin de journée et je me dis qu’il serait bien d’en profiter un maximum avant que la nuit ne tombe.


Une petite descente pour contourner le lac de la Glère, et une montée âpre, rude à slalomer entre les blocs et à poser les pieds sur d’arrêtes de rochers en arrêtes de rochers : chevilles fragiles s’abstenir… après un effort conséquent, me voilà à la Hourquette de Mounicot : demi-tour sur place pour profiter du panorama le temps d’une photo et de saluer l’énorme travail de balisage.


La montée était déjà technique mais la descente, la traversée du vallon d’Aubert à 2340m d’altitude et la remontée sur la Hourquette d’Aubert c’est carrément le grand jeu : vertical, des drapeaux de ci de là au milieu de champs de rochers, de la rubalise tirée tout droit à se demander si elle est bien positionnée…WHAOU effect ce passage. Pour ma part, j’active le pas en plaignant mentalement ceux qui passeront de nuit. J’arrive en effet à profiter des dernières lueurs pour finir cette dernière partie technique.


S’en suit une descente moins technique mais tout de même délicate et piégeuse pour aborder la « fin du parcours ». Impression trompeuse : il ne reste « que » 28km, le « gros » est derrière mais la nuit et la fatigue aidant l’acuité oculaire est moins bonne et la « fin » promet de ne pas être si « courte » : envie soudaine de dormir et de me poser zzzzzz.

30mn de descente pour atteindre le parking Aubert ou nous attend une portion de route : d’abord 700m pour monter 40m de dénivelé, autant dire un faux plat montant mais à cet instant je vais être laborieux tout seul dans la nuit et avoir du mal à trottiner. Ensuite 4,8km de faux plat puis de descente un chouïa marquée : au loin le halo d’une frontale m’incite à « attaquer » (toute relative) pour rattraper un duo déjà doublé, dédoublé et redoublé depuis Luz au gré de nos allures et pauses respectives. Comme souvent, le fait de parler un peu (me souviens pas de quoi) m’éveille et nous déboulons de concert à l’avant dernier ravito

 

 

Vendredi 25 août vers 22h : Parking Orédon

 

Il y à 45mn  je rêvais de dormir, il y à 10mn je me réveillais en parlant…s’en suit un dilemme : tenter de dormir ou pas ? Je décide de me coucher pour voir mais au bout de 5mn peine perdu je sens que le sommeil ne viendra pas de suite et je repars après un bon ravito pour fêter cette longue, délicate et magnifique portion dans Néouvielles.

400m de montée pour le col d’Estoudou avalés fissa, c’est bien. 400m de descente bien gérée, c’est mieux. Oublié qu’ensuite le parcours ne remonte pas directement mais qu’il faut faire le tour du lac de l’Oule pendan un millier de km au moin, c’est beaucoup moins bien et pas bon pour le mental : vérification faite sur la carte IGN, j’alterne marche pseudo rapide et trotting pas bien vaillant pour prendre mon mal en patience…mais je manque de patience.

Enfin, voilà la montée vers le restaurant Merlans : brutale, sèche, drè la pente, comme vous voulez ça fait mal mais l’avantage est que la progression en altitude est rapide…Et quand on sait que c’est la dernière montée, c’est bénéfique. Arrivé vers le haut, le vent souffle en rafale, forte mais dans le dos ; cela aide :)

 

 

Samedi 26 août 00h28 : Restaurant Merlans

 

Pas foule, pas le temps de tergiverser car l’envie d’en finir est là : juste le temps d’avaler une soupe et de grignoter quelques victuailles et je ressors dans la tempête pour affonter les derniers hectomètres de montées jusqu’au col du Portet à l’envers du début de course. Les rafales me font trébucher, les rubalises claquent au vent, les bretelles du sac me fouettent le visage : c’est bof quoi !

Enfin le col, reste la loooooongue portion de 6km de crête où l’on ne sait jamais où posé les pieds entre les différentes sentes : j’ai l’impression de ne pas avancer mais rattrape tout de même un duo de martiniquais et un autre concurrent qui ne peuvent plus que marcher. Quelques mots de réconforts et je repars dans la nuit, je double un dernier concurrent allongé à même le sol fourbu de fatigue et débouche enfin au Cap de Pède qui marque le début de la descente terminale.

Plongée violente sur Soulan, traversée du village endormi, « lâcher » des chevaux sur la piste qui descend ensuite un œil un peu rivé sur l’altimètre, un peu de prudence sur les derniers portions un peu caillouteuse et boueuse, quelques hésitations de rubalise en arrivant à Vignec et enfin 1,5km final avec des panneaux tous les 200m qui me semblent être tous les 400.

 

 

Samedi 26 août 03h15 : Vieille Aure

 

Un dernier virage à gauche, le pont à franchir, le tapis rouge pour moi tout seul et je franchis la ligne avec le photographe et le speaker pour moi tout seul : joie pleine et indicible d’en terminer.

Seul soucis : en arrivant trop tôt du fait de la mise en œuvre du parcours de déviation, je me retrouve sans affaires ni réservation pour dormir : je finirai (ou commencerai) ma nuit sur un lit de camp des pompiers à la belle étoile dans la cour de l’école :)

 

 

Mini-bilan

 

  • Une organisation majestueuse qui a bien grandie depuis 7 ans tout en gardant une certaine « intimité, un balisage nickel
  • Une très bonne gestion du sommeil et de la fatigue
  • Un immense merci à la podologue de Cauterets…qui m’a de même remercier de mon merci à l’arrivée quand je lui ai indiqué que ses pansements avaient magnifiquement tenus.
  • La découverte des hauteurs de Néouvielle : sublimes
  • La garbure au petit déj ? ça le fait :)
  • 183km et 11000m de D+

 

 

 

27 commentaires

Commentaire de Jean-Phi posté le 28-08-2017 à 07:14:05

Ah la garbure ! Qu'est ce que c'est bon !! Bravo pour ta course toute en sérénité (vu de l'extérieur), du grand Tom ! Avec le recul, tu regrettes toujours les 40 kms où tu as eu ta dose ?

Commentaire de TomTrailRunner posté le 28-08-2017 à 21:34:50

On en a jamais assez de voire des beaux paysages :)

Commentaire de philippe.u posté le 28-08-2017 à 07:15:31

Bravo! On a du faire 200 m ensemble dans la descente du col d'Aoube et j'aurais mieux fait de rester avec toi vu ta superbe gestion des efforts successifs ! Merci pour ce premier récit de l'ultra

Commentaire de TomTrailRunner posté le 28-08-2017 à 21:35:33

Vrai que tu ais passé vite alors qu'il y avait de belles photos à faire...

Commentaire de Yvan11 posté le 28-08-2017 à 10:37:09

Bravo. Merci pour le récit.

Commentaire de float4x4 posté le 28-08-2017 à 12:50:51

Haha je me retrouve pas mal dans ton récit aussi (on a fait quasiment le même chrono). Heureux de voir que je ne suis pas le seul à galérer dans les sentes herbeuses du dernier chemin en crête (moi j'ai les pieds trop gros, et je les coince dans les ornières :D ) - Et jolies photos aussi.

Commentaire de Cheville de Miel posté le 28-08-2017 à 13:52:57

Une course et CR au top! Comme d'habitude! respect pour ta gestion!

Commentaire de snail69 posté le 28-08-2017 à 14:14:12

Bon, on sent le gars qui a un peu d'ultra expérience !
Bravo pour cette belle course. ça donne envie de découvrir les Pyrénées de cette façon (mais sur du moins long).

Commentaire de TomTrailRunner posté le 28-08-2017 à 21:38:18

Le tour des cirques est noté pour une prochaine afin de découvrir à mon avis ;)

Commentaire de Mat69 posté le 28-08-2017 à 16:31:39

Top de lire ton récit, j'ai vraiment eu les mêmes sensations sur le parcours (la technicité après Glère), le très long tour de lac avant de remonter vers Merlan. Par contre je suis apssé en pleine nuit au col d'Ilhéou et je regrette un peu...

Bravo en tout cas, j'ai trainé pas mal près de la ligne mais on a réussi à se rater. Ce sera pour une prochaine fois ;-)

Commentaire de TomTrailRunner posté le 28-08-2017 à 21:37:40

Oui dommage : à bientôt sur un off lyonnais d'anciens franciliens ;)

Commentaire de jujuhrc posté le 28-08-2017 à 16:48:07

Super récit. Merci. Ils vont bien remettre ce parcours au programme l'an prochain pour enfin voir le Vignemale et Gavarnie.

Commentaire de TomTrailRunner posté le 28-08-2017 à 21:40:07

Il y a toujours l'option off et rando sinon

Commentaire de bubulle posté le 28-08-2017 à 19:01:43

Un grand merci pour les détails géographiques. L'agitation du week-end ne m'a pas permis de suivre la course aussi bien que je fais usuellement, notamment avec la carte IGN. Tes explications détaillées compensent largement cela.

Merci aussi de ne pas t'apesanttir sur le changement de parcours, qui devait pourtant être une petite déception : ce tracé promettait d'être totalement exceptionnel, il n'a été...un poil moins. Mais comme tu dis, le Néouville, ça doit être un spectable à lui tout seul (je n epeux qu'imaginer). En tout cas, à distance, c'était long !

Une perle de plus, donc, à ta collection d'ultras, qui devient impressionnante.

Commentaire de TomTrailRunner posté le 28-08-2017 à 21:39:43

Merci, oui c'est long Neouvielle....pour tout dire, Moretan c'est roulane en comparaison :)

Commentaire de JCDUSS posté le 28-08-2017 à 23:19:58

Bien joué tom, encore une course super bien gérée.
Te suivre ce week-end et ton récit donne envie !
Partant pour un off du coté du vignemal et garvarnie (même si je connais déjà un peu)
Pour donner envie:
https://photos.google.com/u/3/album/AF1QipOOiOESqtYNdfitxYYixMhdr4494W5N_yC-jvWa
https://photos.google.com/u/3/share/AF1QipNUfI6GV_VO1fhbWQv5hRK0vdJkURzdKHr65jMAqF8qPIKTvKfYf5KGL8wO1VOing?key=cjR4OFdMYzE1Z3kzemdMVE04Mm8telV5ai1EZWx3
il manque le tour de garvarnie ...

Commentaire de KiL Lian posté le 30-08-2017 à 16:07:11

Wahoo !!! Tu as écris ce CR aussi rapidement que tu as fini cette belle épreuve !!!

J'ai été bien moins efficace :-)

Félicitations !!! Belle gestion !!! On sent l'expérience :-)

Commentaire de Trixou posté le 31-08-2017 à 15:06:31

Bravo Tom !

Commentaire de jb600cbr posté le 31-08-2017 à 17:50:38

chapeau et merci pour ce super récit (avec photos).

Commentaire de PhilippeG-549 posté le 03-09-2017 à 15:56:40

Bravo pour ta belle course Tom, tout en gestion, tu as bien fait d'être prudent au départ ainsi que de passer du temps aux bases vie pour te soigner les pieds, cela t'a permis de bien finir.
Avec tes photos, on situe mieux le coin, c'était génial !

Ca m'a fait plaisir de te retrouver à Vielle-Aure après notre off parisien.
Finalement sur les 4 du off, 3 finissent, pas mal ;-)
Au plaisir :-)
@+
Philippe

Commentaire de TomTrailRunner posté le 03-09-2017 à 16:00:45

En effet : pour finir le GRP, penser à faire les ponts de paris :)

Commentaire de yop posté le 04-09-2017 à 00:12:31

Merci pour ton récit.
Géniale gestion de course.
C'est moi qui dormait dans la dernière descente... je me suis dit que c'ertait pas une heure pour réveiller ma femme à l'arrivée et qu'il n'y avait pas de dortoir confortable ...
Le petit morceau de pelouse était 4* ! En plus pour la première fois en Ultra, j'avais même pas mis de réveil espérant me réveiller avec le soleil. Au final, le froid m'a secouer assez vite et je suis arrivé à 4h02'' en me débrouillant pour me perdre dans le Village !
Prêt à revenir pour le 220 si on peut éviter une section de bitume ...
Lionel qui découvrait les Pyrenees ...

Commentaire de TomTrailRunner posté le 04-09-2017 à 07:40:12

Pareil pour l'arrivée nocturne et le petit cafouillage de balisage en arrivant sur Vignec. ..
Pour résoudre le problème du couchage en arrivant "trop tôt", j'ai fini ma nuit sur un lit de camping des pompiers à la belle étoile dans la cour de l'école. ..

Commentaire de La Tortue posté le 06-09-2017 à 23:01:00

bravo Tom ! et merci pour ces belles images

Commentaire de Miche posté le 10-09-2017 à 21:36:41

Merci pour ce super récit, avec photos en plus. Content que le parcours ait plus, même si Mounicot-Aubert était peut-être de trop sur la fin..

Commentaire de TomTrailRunner posté le 11-09-2017 à 11:47:13

Au contraire, j'ai adoré pour ma part :)

Commentaire de float4x4 posté le 12-09-2017 à 16:16:26

c'était le meilleur morceau oui !

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