Récit de la course : Le Grand Raid des Pyrénées - Ultra 220 km 2021, par meocli

L'auteur : meocli

La course : Le Grand Raid des Pyrénées - Ultra 220 km

Date : 18/8/2021

Lieu : Vielle Aure (Hautes-Pyrénées)

Affichage : 1179 vues

Distance : 220km

Objectif : Terminer

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126 autres récits :

Team Kikouroù? “Nous finirons ensemble... Même si tu ne le sais pas encore...”

Salut à tous,



Première chose, pour ceux qui espèrent un compte-rendu plein de cailloux, de nuits blanches et une victoire au bout: passez votre chemin.

Je spoile direct: hors délai à Bielsa soit 37,8 km pour 2615 D+ (et non Fabian, mais comme j’étais hors délai, peut-être que le Bouzin du GRP n’a pas pris en compte mon glorieux abandon à ce point?)

Un petit tour du Néouvielle en quelque sorte, mais j’étais parti pour 220.

Il y aura plutôt du psychologique.

 

 

L’INSCRIPTION:

Le commencement est à situer en avril 2018 date à laquelle j’ai fait le lièvre, sur le 100km de Belvès, pour un copain, Sylvain (c’est lui qui m’a fait me mettre à la course à pied; à l’époque, à Paris, pour le marathon).

Forcément, depuis notre déménagement dans le sud-ouest, on court beaucoup moins ensemble jusqu’à ce qu’il me dise: «je tenterai bien un 100 bornes, mais seulement si tu m’accompagnes», «pas de souci, je l’ai déjà fait deux fois, pourquoi pas trois?!»

http://www.kikourou.net/forum/viewtopic.php?f=19&t=40403

Au 70e km, il était complètement mort; j’ai réussi à le faire tenir jusqu’au 75e car je savais que la famille nous y attendait. Le coup de fouet escompté n’a pas fonctionné: il n’est pas parvenu à courir le moindre mètre jusqu’au 81e km où la kiné m’a dit qu’il n’était pas raisonnable qu’il continue.

Partie remise pour 2020, mais ce cher COVID s’est invité à la fête.

Et, en décembre dernier, v’là t’y pas que Mouloud (son meilleur pote qui n’a jamais couru plus de 20 bornes soit dit en passant) qui s’est remis à courir en septembre et a perdu 20kg, relance la chose: «si vous y allez tous les deux, je vous suis».

Cool, mais faut d’abord que je chope un certificat médical de non contre-indication à la course à pied en compétition.

http://www.kikourou.net/forum/viewtopic.php?f=21&t=45292

Refus catégorique du généraliste qui ne peut décemment pas signer, le même jour, un certificat d’invalidité (pour l’assurance du crédit immobilier) et un certificat d’aptitude à la compétition.

En revanche, aucun problème pour l’oncologue: «au contraire, il faut faire du sport, le plus possible» (je suppose qu’il n’a jamais entendu parler d’ultra-trail, mais je me garde bien de lui poser la question).

Une fois mon certificat en poche (ce qui lui a quand même pris plusieurs semaines), je réalise «hé, mais je peux m’inscrire à n’importe quelle course avec ce papier!»

Donc: Tor des géants (au moins pour garder le coef).

Pas de bol vu qu’ils ont planté tout le monde sur les remboursements en 2020; pas de tirage au sort cette année et une inscription qui passe à 850 euros. D’habitude, j’y vais en remplissant de covoitureurs pour diminuer au maximum le budget et je dors dans la voiture.

Ma mère est partante pour m’y amener (elle adore l’Italie et ne connait pas la vallée d’Aoste) mais bon, le coût de l’inscription (alors que je ne peux plus bosser et que je n’ai pas d’indemnité sécu) pour une course que je m’étais dit ne tenter à nouveau que pour passer sous les 130h (sésame pour le Tor des glaciers), font qu’on va rester raisonnable (et même si ça fait ch… de perdre le coef.)

Pas de Tor pour cette année (peut-être en off l’année prochaine avec chococaro??)

Voyant ma déception, Ana (ma compagne) me demande: «et dans les Pyrénées, ils ne font rien cette année?» Elle aime bien passer une semaine à Saint-Lary-Soulan en famille. Je regarde en me disant qu’en mars, c’est mort, tout va être complet. Ben non, il y a encore de la place sur le 220 et ça tombe sur sa seule semaine de vacances de l’été. Comme dirait Christoph Waltz: «oooh, that’s a bingo!»

https://www.youtube.com/watch?v=Zk5Il6KQrd8

Quelques semaines plus tard le 100 bornes de Belvès est repoussé à fin juin (pas grave) pour être finalement annulé.

(cestpascommesijecomptaisdessuspourretrouverquelquessensationsetunpeudeconfiance)

Mouloud: «au moins, ça me laissera le temps de faire un marathon d’ici l’année prochaine»

Moi: «un marathon?! Cette année?? Ceux qui ne sont pas annulés vont être pris d’assaut; jamais tu ne pourras t’inscrire!»

Mouloud & Sylvain: «non, non: entre nous.»

Moi (n’ayant aucunement envie de faire 25 fois le tour du jardin du Luxembourg et pensant qu’ils allaient me rire au nez): «si vous voulez, j’ai ici une boucle de 50 bornes avec 1300 D+.»

Mouloud & Sylvain: «pas de souci, on avait déjà posé nos jours pour Belvès; on garde la date.»

Eux ont continué à s’entraîner en suivant le plan d’entraînement du 100 bornes que je leur avais envoyé. Moi, j’ai arrêté (mon plan d’entraînement pour le GRP commençant la semaine après le RDV pris pour ces fameux 50 km).

Résultat: Sylvain a marché tout du long; même en donnant tout ce que je pouvais, impossible de le rattraper.

Arrivés au bas du village 38e km, je leur fais une proposition: soit on fait les 12 bornes qui restent; mais je ne peux plus courir donc on en a pour 3 heures (on rate le match France-Hongrie), soit on rentre direct et, avec un peu de chance, on est à l’heure pour le barbecue.

Ils ont fait mine d’hésiter cinq secondes: «on rentre direct!»

Bilan 41,6 bornes en 8h05: pas franchement un record + match de merde (youpi).



L’ENTRAÎNEMENT

Place à l’entraînement pour le GRP sur douze semaines: je me garde mon tour habituel 15 km pour 400 D+ une fois par semaine pour voir l’évolution. Avant maladie, je mettais 1h30 (exceptionnellement un peu moins, mais quasiment jamais plus); là, j’ai oscillé entre 1h58 et 3h01 sachant que, sur les ultras, mon gros point faible est la vitesse.

Je garde les séances de fractionné qui ne sont pas brillantes non plus (je n’aime pas plus ou moins ça qu’avant, mais je m’accroche), j’en connais le bénéfice pour ma vitesse et mon souffle (car oui, en plus, je suis asthmatique).

J’enchaîne cette séance hebdomadaire avec des côtes: 40mn à faire des AR devant la maison — ce qui fait bien marrer femme et enfants — puisque je ne peux plus aller au stade en voiture pour ma séance d’escaliers.

Je garde les sortie longues qui se transforment en sorties XXL (genre, pour la fameuse boucle de 50km, il m’aura finalement fallu 10h30).

En définitive la seule séance que je modifie volontairement est celle que je surnomme la “séance de torture” 11,5 bornes / 225 D+ (une des deux boucles de 15 bornes qui part de chez moi raccourcie) avec haltère d’un kilo à chaque cheville (pour simuler la fatigue) et sans chaussette (pour préparer les pieds). J’en garde la durée 1h15, mais je la raccourcis encore plus pour essayer de ne pas faire plus que cette heure et quart. Par conséquent, ça devient 7 / 10 km.

Bref, je m’entraîne comme habituellement et, depuis mon abandon sur le GRP 160 en 2013 (c’était mon premier 100 miles), j’avais fini absolument toutes les courses auxquelles j’ai participé (évidemment je ne compte pas, en 2019, le GRP 220 et la TDS, car j’étais déjà probablement malade). Mais je vois bien que je n’ai plus le même niveau qu’avant. Et je ne suis pas du tout confiant.

 

Arrive alors la pré-sélection de mon récit de la 4K 2016 pour le recueil Kikouroù? Sa découverte par DJ Gombert et son idée de “Team Kikouroù?: nous finirons ensemble… Même si tu ne le sais pas encore’’:



chapiteau sur le 120 (qu’il a déjà terminé en 2019), DJ sur le 160 (distance qu’il ne connaît pas) et moi sur le 220 (que j’ai terminé en 2017 mais en version raccourcie (à cause du vent sur un col) trois jours après avoir terminé l’UT4M raccourci également (à cause de la foudre); les avis sur la distance réelle divergent,

(et dix verges, c’est énorme) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Desproges

mais ça doit tourner autour de 190 / 195 bornes sans changement des barrières horaires) et donc je me suis fait dégager en 2019 car hors délai à Gavarnie). Bref, l’idée me plaît même si je suis sceptique quant à sa faisabilité. DJ Gombert est au taquet (j’absorbe tout ce que je peux de sa détermination).

Côté traitement: arrêt de la chimio (c’est toujours ça de pris), cinq séances de radiochirurgie à Bordeaux (au moins quatre heures de trajet à chaque fois) et, pour la première fois en deux ans, un spécialiste qui me laisse entrevoir un arrêt des traitements en octobre / novembre.

Bien sûr cela tombe la grosse semaine d’entraînement; voici un aperçu de ma fin juillet:

— 20: clinique pour injection d’Avastin;

— 21: 50 km (en 10h30 donc);

Je finis avec les jambes couvertes d’hématomes (je pense sincèrement que c’est une réaction aux graminées et j’insiste là-dessus pour ne pas effrayer Ana), mais je n’en mène pas large en me disant «OMG, qu’est-ce que ça va donner sur 220 bornes?!»



— 22: 15km en 2h54;

— 23: radiothérapie + arrivée de ma belle-mère et de son compagnon pour huit jours à la maison;

— 25: séance de torture (1h40 / 9,59km);

— 26: radiothérapie;

— 27: 3 x 3000 + visio avec Seb et Ivan [Run to born];

—28: radiothérapie;

— 29: 2h34 (13,8km avec sac de 7kg) + repas arrosés et enfumés (midi et soir) chez la belle famille portugaise en Dordogne;

— 30: radiothérapie + copains à la maison midi, soir & nuit;

— 31: 15km en 2h24;

— 1er: ultime séance de torture (1h17 / 7,39km);

— 2: dernière séance de radiothérapie;

— 3: dernière injection d’Avastin avant la course.

Ouf, à partir de là, on peut souffler: départ de la course dans trois semaines.

Les chronos des entraînements ne se sont pas améliorés d’une seconde, mais les sensations sont quand même un peu meilleures et je sens la confiance revenir:

Que je fasse 15 ou 50 bornes je suis bloqué à 5,5km/h. Je sais que ça ne sera pas la même en montagne; quoique en mode rando rapide sans aucun arrêt et avec les bâtons (que je n’avais jamais utilisés avant cette année), ça devrait pouvoir passer.

Le soutien de DJ Gombert y est pour beaucoup et son enthousiasme sans faille finit par porter ses fruits (je me prends à rêver aussi).

L’arrivée de Seb & Ivan pour leur projet de livre [Run to born] doit jouer également.

À défaut de physique, j’ai besoin de booster mon moral donc tout je prends tout ce qui peut complaire à mon égo!! À savoir: la sélection de mon récit de la 4K 2016 dans le recueil Kikouroù?, l’ambition démesurée de Christophe (DJ Gombert; je cite: «par définition, tu ne peux pas savoir que tu iras au bout, puisque c’est le nom de notre équipe») et Jean-Luc (chapiteau), le choix de Seb et Ivan de me sélectionner comme protagoniste pour leur projet de livre avant même d’avoir reçu tous les questionnaires et, bien sûr, les encouragements hors normes et nombreux de la part de la communauté de kikous (avec — et même s’il m’est impossible de vous citer tous — une mention spéciale et toute particulière à Carole (aka chococaro)).

Bref, l’échéance approche, je suis lent, très lent, mais les sensations sont moins mauvaises et le moral à bloc.



RETRAIT DU DOSSARD

Nous arrivons à Saint-Lary-Soulan le lundi après-midi accueillis par la concierge adorable de nos hôtes Airbnb: l’appartement est tout petit, mais hyper fonctionnel et idéalement situé.

Une fois la voiture vidée, les sacs déballés, nous partons faire un tour en ville: il pèle et nous n’avions pas du tout prévu la chose (ma plus jeune fille (Naïa, 6 ans) passera cette première nuit à tousser).

Ana a prévenu avant le départ: ce sont aussi ses vacances; elle n’a pas l’intention de cuisiner. Aucun de nous n’a le passe sanitaire, nous sommes en quête de restos à emporter. À part les pizzerias, rien (la semaine s’annonce diététique!) À 19h, le froid et la faim nous font rentrer.

Je préviens direct: je ne vais pas chercher les pizzas, trop froid. Premier appel (celle du bout de la rue): OK, mais pas avant 20h45. Nous voulions nous coucher tôt; désolé, on va voir ailleurs.

Deuxième appel: complet; troisième appel: complet. Jamais vu autant de monde à Saint-Lary!

Retour à la première case avec une bonne heure à patienter devant une Saison au zoo (à la maison, nous n’avons pas la télé) et un semblant d’apéro (sans alcool; yes!)

Mardi, mon RDV à 14h pour le test P.C.R. nous bloque la matinée (à cinq, la mise en route est un peu longue…) Petit pique-nique sur la route qui longe le stade de rugby où les bénévoles s’affairent aux derniers préparatifs et nous arrivons avec trois quarts d’heure d’avance devant la salle du Trésor public. La protection civile est déjà sur place, mais ils n’ont pas les clés du bâtiment.

Femme et enfants restent au bar pendant que je patiente avec deux, trois autres coureurs. Finalement, ça démarre: ils n’ont pas mon nom «Vous êtes bien inscrit? Vous avez bien transmis votre numéro de sécu? Vous venez bien à l’heure indiqué sur votre convocation?» «Oui, oui et, pas franchement de convocation, mais oui, il y avait indiqué 14h pour la lettre B, il est 13h55...»

Ils sont deux (une femme et un homme), elle me tend une feuille de renseignements à compléter. Je m’enquiers d’un stylo pour compléter le susnommé document. Lorsque que Monsieur déclare: «ah ben la voilà son étiquette; il était pas classé dans la bonne course; ça commence bien.»

«Asseyez-vous, c’est bien vous?» «euh, pas franchement...» L’étiquette est au nom d’un certain Simon dont le numéro de sécu ne comporte que des 5. Lui: «Tant pis, ils se démerderont; penchez la tête en arrière». Me voilà dépucelé de la narine droite, mais pas franchement rassuré. Je tente une vérification de mon numéro de téléphone ou de mon mail. Elle: «Monsieur, vous avez été testé, maintenant vous sortez.» Je retiens (difficilement) un co….se qui n’aurait pas été inopportun.

#çaseraitquandmêmecondenepaspouvoirrecupererledossardpourunebeteerreurdetiquette

Je retrouve la famille attablée devant demi et sodas lorsque: «Colin? Tu es Colin?» «Colin, je suis.» Première rencontre (en vrai) avec Christophe les bras chargés de nonnettes, navettes et bouteille de rosé du Gard. Quel accueil! Voilà quelqu’un qui sait recevoir!! Ça papote bien et facilement, mais Naïa nous rappelle rapidement que l’accro-branche promis ne vient pas. Direction Guchan donc où les enfants s’en donnent à coeur joie pendant quelques heures. Au début, je suis Naïa avec intérêt (c’est la première fois que je la vois sur un parcours de grand en solo). Mais très vite le froid a raison de moi et je me réfugie dans la voiture où je suis obligé d’allumer le contact pour me réchauffer un peu.

Le soir, ce n’est qu’équipé de l’ensemble de mon équipement de course que je sortirai sans crainte de mourir congelé sur place (comment ça va être tendu à 2500m la nuit).



Mercredi 10h15, pas de nouvelle de mon test; les quatre sont attablés au bistrot quand ma femme a une illumination (elle s’est faite tester la veille sans avoir annulé son RDV du jour qui était à 10h). La pharmacie est en face, j’y fonce: déflorage des deux narines cette fois (avec autant de tact que la veille soit dit en passant). Résultat: négatif; suivi, dans le quart d’heure, du résultat de la veille (finalement la mauvaise étiquette aura retrouvé ma trace).

Nous partons pour une des randos famille proposées par l’office du Tourisme (Naïa veut sa médaille).

Très vite, nous comprenons que le sandwich du midi pourra être mangé le soir. Resto en terrasse (sans alcool encore): magret. Cool! Ça avait du bon quand même la liberté!!

Cette fois nous mangeons tôt le soir. Départ le mercredi matin pour la télécabine du Pla d’Adet: 2e rando famille qu’on aura mis plus de temps à trouver que la durée prévue pour la ballade et grâce au génialissime instinct d’orientation de ma femme. Pas cool pour ceux qui arrivent en poussette en espérant faire une ballade tranquille sans dénivelé. Mais badge d’argent pour les enfants (qui sont quand même déçus: ils espéraient une vraie médaille ou, au moins, un pin’s).



La mise en place de plages horaires (et la non vérification du matériel obligatoire) aura énormément simplifié le retrait des dossards… Sauf pour notre file qui bloque sans que personne ne comprenne pourquoi. Attente de près de 45mn au doux soleil du sud-ouest (cette fois, il ne fait pas froid!) Dossard en poche, un bénévole m’indique: «maintenant, tu n’as plus qu’à aller faire vérifier ta puce sur l’ordinateur là-bas.» Nouvelle attente d’un bon quart d’heure, mais en compagnie de Seb & Ivan que je suis ravi de rencontrer sans écran interposé. Quand arrive mon tour: «Bonjour», «Bonjour?», «Que vous faut-il?», «Si vous êtes ici, c’est que vous avez un problème...», «On vient de me dire de venir faire vérifier ma puce...», «Ah non, ça a déjà été fait, si vous avez bien le même numéro partout (deux puces + dossard), c’est que tout est bon.», «À la bonne heure!»

#mêmesiSeb&Ivansontsympasjemeseraisbienépargné15mndedéshydratationlaveilledelacourse

Nous rentrons à l’appartement, il faut que je prépare mes sacs pour les base de vie. C’est la première fois que je ne le fais pas à l’avance avant de partir. Ana a bien compris que ce n’est pas le moment d’être dans mes pattes. Ils partent tous les quatre faire un tour. Je ne suis pas beaucoup plus motivé que trois jours plus tôt mais maintenant plus le choix, il est 16h30, il faut déposer les sacs avant 20h.

Je m’étale dans tout le salon pour partager la chose en quatre (la table et trois chaises) : quelle bouffe, quels chaussures, quel vêtement chaud, etc. pour quelle section. Je m’embrouille.

Et quand la famille revient, je n’ai encore rien mis dans les sacs fournis par l’organisation (j’ai tout juste accroché mon dossard sur le sac à dos et collé les étiquettes sur les trois sacs plastique et fait trois, quatre tas assez anarchiques).

Il est 18h30, la première barrière horaire est déjà à mes trousses.

Je vérifie méthodiquement seulement le vital (matériel obligatoire et nourriture). Je boucle tout le reste, tant pis s’il y a des erreurs. Finalement, après course, je constaterai qu’à part une guêtre solitaire (l’autre n’ayant pas suivi à Saint-Lary), c’était un quasi sans faute.

Il est 19h30. Ana me dit qu’elle m’emmène en voiture. Ouf, je n’avais nullement envie de me faire un sprint d’1,5km à quelques heures du départ.

J’arrive devant l’école de Vielle-Aure alors qu’ils sont en train de partir: «ça faisait tellement longtemps qu’on n’avait vu personne, qu’on a décidé de fermer plus tôt.» Le temps que je confie mon précieux butin, un autre coureur arrive. Et lorsque je rejoins la voiture, je vois un gars chargé de ses trois sacs. Je le préviens qu’ils étaient en train de partir quinze minutes plus tôt; il me répond qu’il a l’habitude.

Perso, je me dis que c’était chaud, mais que c’est sûrement un signe positif. Retour à l’appartement pour la traditionnelle plâtrée de spaghettis au pistou.

Coucher 20h30: je m’endors sans difficulté, mais la suite de la nuit sera plus complexe. Réveil à 23h, prêt à en découdre et impossible de me rendormir avant 3h (dernière fois que j’ai regardé l’heure).

Quand le réveil sonne à 4h30, j’hésite à me recoucher. Ça commence bien.



LA COURSE

Tout est prêt de la veille; c’est tellement petit que j’ose à peine bouger pour ne réveiller personne. Mais j’entends qu’Ana s’est rendormie alors que j’ai allumé la lumière pour manger à moins de deux mètres d’elle.

L’heure tourne plus vite que je ne le pensais. À 5h20, je n’ai pas encore mis mes chaussures et je sais qu’il me faut 25 mn pour rejoindre Vielle-Aure. Je décide de tout balancer dans le couloir de la résidence (au moins, là, je ne les réveillerai pas). Raté, au moment de fermer la porte, Naïa est debout: «tu as vu notre dessin?»

«Oui, oui, bien sûr, merci beaucoup! Par contre, tu as encore le temps de dormir. Allez, gros bisous... À dimanche!!»

Bien entendu, en vrai, dans le noir, je n’avais pas du tout vu le dessin et ça aurait été dommage de partir sans:



Je m’étais fixé une arrivé dans le sas à 5h45 (pas la peine de poireauter plus dans le froid).

J’ai même eu le temps de poster une photo sur Kikouroù? Ah m….. elle n’est pas dans le bon sens.

http://www.kikourou.net/forum/viewtopic.php?f=19&t=46636&p=1164816#p1164816

Je traverse le pont pile poil à 5h45, mais il faut faire tout un tour supplémentaire pour passer derrière la ligne de départ (heureusement que je n’étais pas plus à la bourre).

Seb & Ivan sont là comme promis, un brin de causette, mais il est tôt (ce n’est pas ma meilleure heure) et le départ approche à grand pas (au moins, je n’aurais pas eu le temps d’appréhender).

Traditionnelle ola; c’est parti. Un peu d’émotion (sans plus), je suis juste content d’être là. Comme d’hab, je me mets sur un trottoir en marchant d’un bon pas. Cette année, je n’essaye même pas de trottiner. Arrivé sur le pont qui traverse la Neste (soit moins d’1km depuis le départ), je ne devine plus que deux coureurs devant moi. Arrivé au rond-point de Vignec: plus personne (à part quelques rares spectateurs).

Même dans la montée en lacets, je ne distingue aucune frontale au loin. Bon, ça va être tendu, mais je m’y attendais. Je sors les bâtons et j’enchaîne sur mon rythme qui, normalement, est suffisant. Je voulais quelques jours seul en montagne. Nous y voilà. Il n’y a plus qu’à profiter.

Mais je suis fatigué. Je pense plus à mon lit qu’à la montagne et j’ai beaucoup de mal à m’y mettre. Je sais que les débuts sont toujours délicats, qu’il faut du temps pour rentrer dans la course; toutefois ce n’est pas tout à fait comme d’habitude. La motivation n’est pas là. Bref, il va falloir se battre.

Quand je rejoins la route à Soulan, je suis surpris qu’il y ait encore autant de spectateurs alors que je suis bon dernier, sans toutefois y prêter plus attention que ça.

Ce n’est qu’après, dans le monotrace, que j’entends un gars souffler comme un buffle arriver à une vitesse (qui, pour moi, serait une pointe en descente). Les cons; ils ont fait partir une course juste après nous (en l’occurence, le tour du Moudang qui parcourt exactement nos soixante premiers km). Au début, je trouve ça marrant de compter les dix premiers que je n’ai jamais l’occasion de voir, puis je me rabats sur les dix premières féminines. Ensuite, se faire doubler par plus de six-cents coureurs pour lesquels je dois, à chaque fois, sortir de la trace (normal, ce sont eux qui vont plus vite) me gonfle rapidement.

Et c’est exaspéré et éreinté que j’arrive au col de Portet. C’est à peine si je trottine pour rejoindre Merlans où je bipe à 9h45 (B.H. 10h) espérant y trouver le fameux bouillon aux vermicelles. Mais non, pas cette année: que de l’eau. Prochain ravito dans 12 km. J’encaisse rapidement l’information, je remplis mes gourdes en jetant un œil au profil. Ça va descendre: je serre, ces c..s d’Olympus à bloc.

Et repars en me faisant mon petit casse-croûte maison. Par conséquent, je ne cours pas dans cette descente qui aurait dû me permettre de reprendre un peu de marge sur le chrono.

Puis que de goudron où je me refais doubler par tous les 60 qui ont pris leur temps à Merlans. Et, eux, le bitume semble leur convenir car ça déroule. L’altitude descend moins vite que je ne le pensais; il commence à faire chaud et je vois l’heure qui tourne. 11H50, il me reste 200 D-; ça sent le sapin… Quand un spectateur m’annonce: «allez, 100m et tu peux faire le plein!». (Fake news…) Comme d’hab, je reste dans ma bulle. Mais si, mais si, le ravito que j’attendais à 1000m est bel et bien là à 1200m.

Je bipe : 12h. Barrière horaire : 12h.

ÇA, c’est du timing. Je commence à discuter avec Seb & Ivan qui me rappellent vite à l’ordre: il faut que j’aille manger.

Enfin, je vais l’avoir mon bouillon Knorr, ben non: le vieux velouté d’asperges lyophilisé. J’en fais remplir mon gobelet. Les bénévoles, aux petits soins, se chargent de mes gourdes. Une fois délesté, je commence à me faire un sandwich en mode Big Mac quadruple XL. Quel outrage: «Non mais, ça ne va pas monsieur, vous ne touchez à rien. Si vous voulez quelque chose, il faut demander.» «Pardon, pardon, mea maxima culpa; je veux bien un ÉNORME sandwich jambon fromage.» Je galère un peu pour remettre mes gourdes sur le sac. Le sandwich de taille normale (id est: riquiqui) est prêt; je le prends, et je trace n’ayant ni le temps ni l’envie de taper la causette après un si chaleureux accueil (je n’ai même pas eu la lucidité de demander: «ben, alors pourquoi le passe-sanitaire était obligatoire?»)

Je dis à Seb & Ivan de me suivre s’ils veulent discuter avec moi tout en mangeant ledit casse-croûte. Une fois la chose engloutie, je rattache correctement mon sac et là, c’est le drame

https://www.youtube.com/watch?v=BoZ1zkJl-CI

J’ai oublié mon gobelet au ravito (#secondedepaniqueçafaitpartidumatosobligatoire).

— PUTAIN DE MERDE!!!!!

Seb: — T’inquiète, je vais te le chercher. Continue avec Ivan, je vous rattrape sur le bitume un peu plus bas.

#v’làlesprintde400menmontéequ’ilsetapeleperesebastien

Ivan n’étant pas le plus loquace des deux et étant focalisé sur mon gobelet; je ne sais pas trop quoi faire: profiter de cette descente où j’ai un peu plus de jambes, temporiser pour que Seb nous rattrape.

À peine arrivé sur le chemin (après le bitume donc) que j’entends gueuler: «Colin, j’ai ton gobelet et il est même lavé.» Réponse: «ben, elle est où ma soupe?» (rires)

Mission remplie pour eux qui me laissent pour aller parler avec un autre concurrent du 60 qu’ils suivent également. Je suis sur un large chemin de 4x4 vaguement plat. Je sors mon téléphone pour raconter l’anecdote sur le groupe WhatsApp de notre team Kikouroù? quand je rattrape un autre coureur en grande discussion avec une randonneuse. Nous ne sommes plus sur la trace (GPS de son téléphone à l’appui). Demi-tour donc. Je peste après moi-même; j’avais bien besoin de ça. C’est décidé: le téléphone ne sortira plus du sac. En fait, sans plus d’indication, les balises partaient subitement en patte d’oie droit dans le pentu. Dans ce sens (inverse donc), on ne peut pas les rater. Et au moment où j’attaque le mur, un couple (sans téléphone dans les mains) continue tout droit également. Je les interpelle. Mille remerciements; ils n’avaient pas du tout soupçonné cette bifurcation.

La suite est plus floue. Je sais que ça monte raide. Souvent, je suis obligé de planter un bâton en arrière pour ne pas perdre l’équilibre. J’essaie pendant un moment d’envoyer mon fameux message, mais pas assez de réseau. Je suis à 1250m d’altitude, je sais que le prochain ravito est à 1800m. On va couper la poire en deux, à 1500m, je m’accorde une grosse pause. Et ils sont longs à arriver ces 1500m. À 1470, je craque, je m’assois à l’ombre, pose le sac, m’accorde un quart d’heure d’arrêt: bien manger (je suis large, j’en profite), bien boire (là c’est plus juste, il faut rester raisonnable).

Et je repars requinqué. 1700m pas de ravito à l’horizon (peut-être qu’il est caché derrière un replat); 1800 toujours rien (ça commence à me gonfler); 1900m pas plus; 2000: là, c’est plus possible, il y a un problème. Je sors le profil: ARGH, le ravito est bien à 1800m, mais après un col à 2200.

Il est 15h30 (barrière à 16h15: monter 200 D+ descendre 400 D+ en trois quarts d’heure, c’est mort). Mais je sais que la barrière des 60 est à 17h15 (ça c’est jouable; à défaut d’avoir terminé ma course, j’en aurais fait une, même si ce n’est pas la mienne).

À nouveau grosse pause, où j’observe au-dessus de moi les AR d’une coureuse qui vient en aide à sa collègue: «il faut que tu t’hydrates, l’infirmière arrive.» Effectivement quelques minutes plus tard, elle est là. Je suis trop loin pour entendre de quoi il en retourne. Le fait est que la coureuse repart en mode téléski traînée par le bâton que tire sa collègue.

À ce moment, arrive un gars tout frais et pimpant que je zieutais de temps en temps loin derrière moi:

Lui: — Bonjour, Comment allez-vous?

Oim: — Je fais une pause; de toute manière, c’est mort pour la barrière horaire…

— Ben non, 17h15, c’est encore jouable, je suis le serre-file.

— Je suis sur le 220; notre barrière est à 16h15…

— Effectivement, ça va être compliqué.

Je luis fais alors part de mon idée:

— Si j’arrive avant 17h15, est-ce qu’ils me laisseront repartir sur le 60?

— Non, si vous êtes hors délai, ils vous arrêteront en prenant votre dossard.

Sur ce, je me lève, commence à remettre mon sac.

Prenez votre temps, j’attends un coureur qui ne va pas bien du tout.

— Non, non, j’y vais; je profite de me sentir bien.

En vrai, je me dis qu’ils ne diront pas la même chose au ravito et que j’ai encore une chance de continuer le 60 jusqu’à Saint-Lary.

En fait les 200 D+ qu’il me reste à gravir sont un calvaire. Très vite je me dis que jamais je ne pourrais effectuer une autre ascension (et celle qui vient derrière fait “seulement” 650 D+).

J’arrive au col à 17h (waouh, une heure et quart pour faire 200 D+), je mets le turbo, croyant que je peux dévaler les 400 D- en quinze minutes. Peine perdue: douleur aigüe au genou; impossible de dérouler. Je me fais une raison, je m’assois profitant une dernière fois du paysage:



Puis me remets en route. Rapidement, j’aperçois le ravitaillement et une grande agitation en amont autour de la traileuse blessée. Alors un bénévole remonte en courant sans s’arrêter à leur niveau. Lorsqu’il me voit, il semble particulièrement soulagé:

— Comme t’étais à l’heure à Fabian et qu’on ne te voyait pas arriver, on commençait à s’inquiéter. Ça va?

— Oui, oui, mais j’arrête là. Le bus qu’on voit, il rentre directement à Vielle-Aure?

— Oui, mais il part dans dix minutes.

— Il rentre directement sans faire de détour? (en 2013, j’avais abandonné à Pouy Droumidé vers 4h du matin et ne suis arrivé à Vielle-Aure qu’à 14h après avoir raté le bus à Villelongue où nous avons dû dormir en attendant le bus du lendemain matin qui a fait le tour de tous les ravitos avant de revenir au point de départ.)

— Normalement oui.

Rapidement, j’évalue la distance; en 10mn c’est jouable. Gros sprint, plus aucune douleur. Le bénévole me suit, on voit le chauffeur sortir du ravito. Mais j’arrive juste à temps pour enregistrer mon abandon, grimper dans le bus et m’assoir au premier rang («Ça va tourner!» prévient le chauffeur.)

Il est 17h30; je sors le téléphone pour prévenir Ana et constater qu’en arrivant j’aurais largement le temps de me doucher avant d’aller à la crêperie que je sais qu’ils ont réservée pour 20h45.



APRÈS

Je bénis la douche comme si j’avais effectivement couru pendant trois jours.

Je range comme je peux les affaires que j’ai sur moi.

19h30: je suis prêt pour la bière (offerte par l’organisation) et l’apéro.

À peine a-t-on trinqué que mon frère, Lucas, téléphone. C’est le seul à qui je n’ai pas envoyé de message pour signaler mon abandon. Donc, je réponds ce qui me vaut de ne pas boire ma bière (une première en 42 ans de carrière). Aussitôt raccroché qu’il est déjà l’heure de se rendre à la crêperie.

La Galette d’or: une tuerie. Mais, comme toute les crêperies, j’ai encore la dalle du chacal après la première galette. Alors que tous zieutent les crêpes, j’enchaîne par une deuxième galette accompagné par Soren (notre fils). Et là, comble du ridicule, je ne parviens pas à la terminer. Heureusement que, du haut de ses 51kg, il a un appétit d’ogre. Deux galettes et demies + une demie crêpe piquée à sa sœur (les chiens ne font pas des chats…)

Course bâclé, bière oubliée + crêpe inachevée: le cancer m’aura bien amoindri. Je ne me reconnais plus moi-même.

Retour à l’appartement, nuit de sommeil en mode coma. Le réveil pour la balade, nettement moins matinal que la veille, me paraît infernal. Direction l’hospice de Rioumajou. Marche familiale d’une heure trente sur une large piste carrossable qui me paraît interminable. Je me traîne alors que je n’ai aucune douleur ni courbature. En m’attendant régulièrement, ils sont toujours au moins quarante à cinquante mètre devant moi et Naïa ne se lasse pas de faire des allers-retours en courant entre eux et moi.

Je regarde régulièrement l’avancée de Christophe sur le 160 en culpabilisant de l’avoir abandonné de la sorte. Il fait une chaleur accablante ce qui me conforte dans mon “choix” d’avoir arrêté, mais je me dis que ça va être bien compliqué pour eux aujourd’hui.

12h15: DJ Gombert à la Mongie; 16h10: pic du Midi.

La barrière à Sencours est à 16h40. Allez Christophe en mode parapente ça peut le faire. Lâche tout.

Bah non... Souvent, la montagne est plus forte.

Reste en course chapiteau. On compte sur toi Jean-Luc; tu l’as déjà bouclé ce 120. En plus en te traînant le père Christophe.

Caramba encore raté.

 

Comme dit par Christophe: “Nous serons arrêtés vers le 40e km… même si tu ne le sais pas encore…” (Bon, enfin, je m’en doutais un peu quand même.)

Ce qui après avoir été bénévole les lundi et mardi avant la course ne l’a ni empêché d’être serre-file de Merlans à Vielle-Aure ni de nous courir après en tongs dans Saint-Lary juste pour nous souhaiter un bon retour.

Et même si la mienne est clairement plus grosse, la tienne est bien accompagnée.

Bonne glace et à la prochaine!!

21 commentaires

Commentaire de Miche posté le 02-09-2021 à 21:59:03

Je n'ai pas eu l'honneur de te rencontrer mais connaissant votre challenge par Christophe, j'ai suivi les premiers contrôles et tes passages ric-rac avec inquiétude. Les premiers km du 220 2021 étaient plus "velus" que ceux de 2019, cela a fait mal a beaucoup de coureurs en cette année covid. Bravo de l'avoir quand même tenté (très bien le tee-shirt "Osez bordel") et de nous rappeler régulièrement que la vie est un joli mais difficile combat par moment.

Commentaire de meocli posté le 04-09-2021 à 12:04:31

Merci Miche pour ce commentaire.
Je suis impressionné par le nombre de personnes qui nous a suivi.
En cas de nécessité de changement, Christophe pourra sans difficulté se reconvertir dans la com!!

Commentaire de chapiteau posté le 03-09-2021 à 08:34:11

Merci Colin, pour ce moment de lecture et les semaines que nous avons partagés de loin, sous l'impulsion d'un Christophe enthousiaste. Bravo pour ton abnégation et ta joie de vivre partagée. Bonne continuation et peut être à l'année prochaine à Belves.
PS j'étais sur le tour des lacs quand j'ai rencontré Christophe.

Commentaire de meocli posté le 04-09-2021 à 11:39:57

Au temps pour moi, j'étais sûr que vous aviez fait le 120 ensemble avec Christophe.
Dommage, effectivement que l'on ne se soit pas croisé.
Je pense que Sylvain voudra tenter Belvès en 2022 (pour Mouloud, je crains que le coup de tête de cette année ne tienne pas dans le temps); et ce sera avec plaisir que l'on fera un bout de chemin avec toi cette fois!
Objectif actuel: à nouveau négocier une certificat médical!

Commentaire de DJ Gombert posté le 03-09-2021 à 18:39:33

Ah Colin ! Quel plaisir de lire ton aventure, notre aventure dans la Team "Nous finirons ensemble … même si tu ne le sais pas encore", nos péripéties, nos rencontres, nos pensées.
Forcément notre entreprise était périlleuse et improbable (au sens loin d’être gagnée d’avance), surtout pour toi sur le 220 km, tu avais le parcours le plus difficile !!
Alors oui ! Nous n’avons pas réussi à arriver ensemble jusqu’à Vielle-Aure, mais quand je me retourne et que je mesure le parcours effectué ensemble, la richesse de nos échanges, l’empathie suscitée parmi l’organisation, les bénévoles, les coureurs du 160 km (combien de fois ais-je entendu la phase d’un coureur me dire en regardant notre affiche "Team" accrochée sur mon sac : Alors qu’en est-ce que j’allais te rejoindre ? et même si tu avais déjà abandonné, je continuais à répondre immuablement : « certainement à Luz pour finir ensemble …», garder déployées les ailes de l’espoir).
Mais, si je ne devais retenir qu’une chose, une seule, essentielle et primordiale, c’est notre papotage à St Lary après avoir couru 400 mètres en tongues pour vous rattraper toi et ton adorable famille. Où tu m’as dit tout simplement : « Tu m’as fait VRAIMENT croire que nous allions y arriver ! ». Moi aussi j’y ai cru intensément Colin ! en toi, en Jean-Luc, en nous, en notre bonne étoile, et je suis le plus heureux des équipiers d’avoir su créer en toi cet espoir, cet élan, de t’avoir fait oublier le combat que tu mènes chaque jour. C’est cela notre Victoire ! Nos regards échangés en disent beaucoup plus que des mots.
Nous sommes venus, nous avons vécu, nous avons rigolé … tout le reste est accessoire …

Commentaire de meocli posté le 04-09-2021 à 11:56:00

Certes nous rattraper en tongs m'a bien fait rigoler. Mais à ce moment, j'avais alors compris que rien ne t'arrêtait.
N'étant pas d'une nature particulièrement généreuse, ce qui m'a le plus surpris c'est notre rencontre à Vielle-Aure, notamment ton sac rempli de cadeaux sans avoir oublié les enfants.
Pour en avoir parlé avec eux et Ana: franchement, c'est la grande classe!
Et, même si je l'ai dit et répété, encore une fois mille mercis pour ton enthousiasme sans lequel je ne sais pas si j'aurais pu prendre le départ. Je suis certes déterminé; mais seul, on ne va pas aussi loin.
Il a vraiment fallu que je passe 1h15 après la barrière pour me dire que je ne pouvais pas continuer. Jusqu'à là, je me disais: "hors de question, je serre les dents, je ne vais pas les planter avant même qu'ils prennent le départ."
Et une fois de plus tu as parfaitement résumé l'expérience:
Veni, vidi, risi!!

Commentaire de poildepoilly posté le 04-09-2021 à 08:18:54

On se sent tout petit à vous lire messieurs !!! Immense respect !!! En tout cas, merci et bravo !!!

Commentaire de meocli posté le 04-09-2021 à 11:34:30

Ce n'est clairement pas le but de nos récits.
Plutôt: "si on peut le tenter, pourquoi pas vous?"
Merci beaucoup.

Commentaire de DJ Gombert posté le 04-09-2021 à 18:16:50

Colin tu aurais adoré rencontré poildepoilly (il était sur l'Ultra 160 km et finisher, on a fait un bout de chemin dans la cote à 35% avant la Mongie), son bob Vichy Rose c'était quelque chose : grand classe, presque assorti avec ton tee-shirt violet "Osez ! Bordel ! ;-))

Commentaire de poildepoilly posté le 05-09-2021 à 07:24:06

😁 Il en est même qui avance que j'aurais eu une énorme glace en main, je les soupçonne de me confondre avec quelqu'un d'autre ! 😁

Commentaire de Benman posté le 04-09-2021 à 11:04:43

Bravo Colin pour ce défi incroyable si bien résumé par ton T-shirt sous la glace.
Mais sous la glace, il y a un gars bouillant, qui croit en tout et surtout croit à la vie.
Merci pour ce si bel exemple.

Commentaire de meocli posté le 04-09-2021 à 11:36:41

Je vais me répéter, mais merci Ben pour ce commentaire.
Mon t-shirt a eu beaucoup de succès durant toute la semaine. J'en suis d'autant plus fier que c'est mon cadeau de la fête des pères de cette année!

Commentaire de chococaro posté le 06-09-2021 à 13:24:44

Mon cher Colin, cela fait quelques jours que j'essaie d'écrire un commentaire à la hauteur de la leçon de vie et de courage que tu m'as donnée. Cette fois je n'efface plus rien et je me lance. Ton récit m'a remuée, ta franchise, tes mots simples mais justes, ton indestructible espoir, tout en toi me bouleverse et me bouscule.
J'ai pris une belle baffe en te lisant, moi qui n'ai pas eu le courage de prendre le départ de l'EB. Alors oui Colin, quand tu veux, avec plaisir, avec envie et enthousiasme pour un Tor ou n'importe quel parcours en off.
Merci, respect et plein de bisous chocolatés.


Alors oui, je serai plus qu'honorée que l'on partage un bout de Tor ou de n'importe quel off l'été prochain ou quand tu en auras envie.

Commentaire de chococaro posté le 06-09-2021 à 13:27:32

Et ben voilà, quand on écrit sous le coup de l'émotion......
La dernière ligne n'a rien à faire là mais elle ne fait que donner plus de poids à ce projet que l'on partage depuis quelques mois ;)

Commentaire de meocli posté le 06-09-2021 à 13:31:57

Merci Carole,
Encore une fois tes mots me touchent particulièrement.
Pour un toroff l'année prochaine, l'envie est là à 100%; reste à voir la faisabilité.
Si je peux conduire d'ici l'été prochain, ça simplifierait énormément la gestion.
Sinon, il faudra planifier cela avec les vacances d'Ana...

Commentaire de grumlie posté le 06-09-2021 à 16:54:40

On prend une sacré claque en te lisant. Et le tee shirt est absolument parfait.
J'aurai bien aimé accompagner la team kikourou à partir de Tournaboup pour "finir ensemble". Une prochaine fois?

Commentaire de meocli posté le 07-09-2021 à 10:35:56

Merci beaucoup!

Une prochaine fois, c'est sûr.
L'année prochaine, on verra... Là, j'en suis plus à refaire du jus...

Commentaire de Ewi posté le 07-09-2021 à 22:45:49

Merci pour ce récit Meocli. Je crois que ton t-shirt résume bien ce que je pense de la montagne: c’est dur, c’est fatiguant, parfois elle est plus forte mais si on ose pas… on passe à côté de belles choses.

A bientôt sur les chemins… ou autour d’une crêpe ;)

Commentaire de meocli posté le 08-09-2021 à 10:37:22

Merci!

Commentaire de L'Dingo posté le 08-09-2021 à 11:57:26

Si le Cr de la partie course est réduit de fait, le CR de l'avant et l'après course vaut largement son pesant de galette.

Ton courage pour aborder le quotidien et les projets que tu te lances, me laissent toujours admiratif.

à bientôt la suite ;-)


Commentaire de meocli posté le 08-09-2021 à 12:35:11

Je me répète et vos commentaires mériteraient tous des réponses plus personnalisées, mais:
MERCI ENCORE!!

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