Récit de la course : 100 km de Saint-Nazaire-les-Eymes 2005, par coureursolitaires

L'auteur : coureursolitaires

La course : 100 km de Saint-Nazaire-les-Eymes

Date : 12/3/2005

Lieu : St Nazaire Les Eymes (Isère)

Affichage : 1904 vues

Distance : 100km

Objectif : Pas d'objectif

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Le récit

Salut,


Voici un petit CR du 100 km de St–Nazaire les Eymes, couru ce week-end, dans une atmosphère douce et agréable de début de printemps.

Arrivée à St-Nazaire vendredi soir, aux alentours de 22 h avec déjà une grosse fatigue accumulée ces derniers jours. Michel, l’organisateur, est bien affairé. On discute deux minutes avant qu’il ne reparte vaquer à ses mille occupations pendant que je vais m’effondrer dans mon sac de couchage au milieu du gymnase.

Samedi, lever à 5h00, après une excellente nuit. Je croise le regard de Patrick (Patrak sur le forum UFO) et nous partons prendre ensemble un bon petit-déjeuner.
Petit à petit, les coureurs et UFOs arrivent de toutes parts. La tension monte mais le briefing de Michel se veut rassurant : on sent qu’ici, tout est prévu pour que le coureur se sente aux petits soins, comme chez lui !

Enfin il est l’heure de sortir et de s’installer sur la ligne de départ. J’ai revêtu un collant long mais fin, un maillot UFO manche longue et une polaire légère. Il fait frais et quelques allumés sont en short- t-shirt !!!! Quel courage !

Les 4 premiers km sont en descente. J’y vais comme sur des œufs, cooooool très cooooooool histoire de ne pas me fusiller, à froid, les quadriceps. J’ai ce souvenir terrifiant de mon premier et unique 100 bornes à St Vit ( Doubs, 25) où j’avais hurlé de douleurs sur les 10 derniers km parce que mes quadriceps étaient en miettes. Là, j’ai décidé de gérer, de partir en souplesse tout en visant un objectif de moins de 9 heures. Ca doit être jouable : ma référence à St-Vit remonte à 1995, c’était mon premier et unique (je me répète, là !) 100 km et j’avais fait, à l’époque, 9h 09. donc là, avec toute l’expérience accumulée en 10 ans, ça doit passer sous les 9 heures, les doigts dans le nez. Tiens, je me demande même pourquoi je me suis entraîné tellement ça me paraît facile…

Bref, la journée s’annonce charmante, champêtre, agréable à souhait. Il commence à faire beau et chaud (ça, c’est une contrepétrie Belge) et le marathon approche. Je le franchis en douceur, le chrono affichant 3h42. Je suis sur de bonnes bases pour passer sous 9 h. décidément, le 100 bornes, c’est facile. Je ne transpire même pas !

Le circuit commence a se remplir de visiteurs de tout poil : des joggers, des rollers, des mamans en poussette, des papis/mamies en promenade pré-dominicale, des pêcheurs qui se demandent « qu’est-ce-que-c’est-que-ce-bordel-y-peuvent-pas-nous-foutre-la-paix-pour-l’ouverture-de-la-pêche ? », des voyous avec leur rotweiler, des cyclistes… Bref, y’en a pour tout le monde et quelquefois, il faut savoir slalomer pour ne pas percuter quelqu’un sur ce parcours malgré tout agréable.
Les tours défilent et il est très agréable de croiser les autres coureurs. Ca donne des repères et on se dit qu’au prochain tour, on va essayer de prendre 150 m sur un tel ou un tel. Se croiser comme cela permet de faire –ou recevoir - un geste amical, un petit signe d’encouragement, un clin d’œil de connivence.

Au soixantième, je suis toujours bien, nickel chrome comme on dit mais je sens malgré tout que les jambes fatiguent. Je lève le pied, je peux me le permettre car le chrono me dit que, vraiment c’est trop facile, je suis toujours sous 9 h. J’applique la méthode Cyrano-Cottereau depuis le départ, alternant marche et course à raison de 15’ de course et 45’’ de marche, ce qui fait rire pas mal de coureurs que je double en courant et qui me redoublent 3’ plus tard, lorsque je marche.
Devant, je vois le Shadock, avec sa charmante accompagnatrice. En voilà un qui sait choisir son suiveur !
Je finis par le rattraper puis à le dépasser. A intervalles réguliers, je croise Pascal Pelardy, parti sur une base de moins de 8h, suivi de près par Fabien Hobléa, qui, lui aussi, semble parti pour faire un truc canon. J’ai le sentiment que ces deux là se tirent la bourre et ils m’impressionnent réellement.
Les heures s’écoulent tranquillement. Les douleurs s’installent progressivement, insinuent dans les muscles leurs petits aiguillons pointus et malicieux.
Le fait de courir sur une boucle présente l’avantage de pouvoir prendre des points de repère temporels. Alors que je fais un pointage à chaque tour de 12 km, je vois avec horreur chuter ma vitesse de croisière. Faiblement, mais irrémédiablement !
Un instant, je tente d’accélérer pour rester sous les 9 h – ça semblait si facile, au début – mais les ishios me rappellent vite à l’ordre. Les douleurs qui commencent à ronger mes jambes ne me permettent plus d’allonger, ni d’avoir cette foulée souple qui m’emmènerait sous cette barre des 9 h…
Progressivement, je vois s’éloigner de moi les chances de battre mon meilleur temps. La dernière boucle arrive enfin. Je profite une dernière fois du sourire radieux de tous les bénévoles présents sur le parcours et tente le tout pour le tout pour faire moins de 9h 10… Mais rien à faire. Je suis scotché. Je franchis finalement la banderole d’arrivée en 9h17.

Ben zut alors !!!! J’ai foiré là !

Bon avec le recul, je suis finalement heureux de ce temps. Pourquoi ? parce qu’une fois de plus, mon orgueil m’a fait pêché par excès de confiance. 100 bornes ? tout plat ? Boooooohh l’autre hé ! trop facile !
Ben oui, trop facile. Alors l’entraînement est négligé, surtout que la météo, depuis janvier, a été particulièrement salée…
Mais il faut que je sois honnête avec moi-même : tant que je considérerai un ultra comme une ballade de santé et pas comme une épreuve sportive exigeante, je ne pourrai atteindre les objectifs fantasmatiques que je me fixe ! voilà, c’est bien fait pour moi.
Il y a 10 ans, mes plans d’entraînement pour courir un semi-marathon était 10 fois plus exigeants que ce que je fais aujourd’hui pour courir un 100 bornes. J’avais déjà fait le même constat pour le Grand Duc de Chartreuse en juin 2004, ce qui ce confirme ici pour ce 100 km… Bien fait pour moi !

La fin de la journée est ma fois bien agréable à mon goût : retour au gymnase, douche brûlante, remise des prix et repas entouré d’une bande d’UFOs fatiguée mais n’ayant pas perdu sa dose d’humour…
Bref, bilan très positif.

Encore mille mercis aux organisateurs et aux bénévoles pour nous avoir concocté une si belle épreuve.

D’un point de vue physique, j’avoue, finalement, que je n’étais pas prêt pour faire le temps fixé. Ceci dit, les sensations que j’éprouve trois jours après la course n’ont strictement rien à voir avec ce que j’ai vécu il y a dix ans.
En 1995, il m’avait fallu 1 semaine pour pouvoir à nouveau marcher correctement. J’avais les jambes et surtout les quadriceps complètement détruits et sincèrement, j’en ai un terrible souvenir à tel point qu’à l’époque, j’avais juré de ne jamais refaire un 100 bornes.
Là, trois jours après, je suis en pleine forme. J’ai fait un footing de récupération cet après-midi : une heure de trottinage très cool, sans forcer.
Mardi soir, j’ai effectué une séance de natation avec une pêche étonnante. Je n’avais pas spécialement envie d’aller nager mais je me disais que passer un moment dans l’eau me ferait du bien. La séance est devenue un pur moment de bonheur, avec une glisse exceptionnelle sur l’eau et une puissance musculaire qui sortait de je ne sais où. Une sorte de mini « pic de forme » comme ça, trois jours après la course…
Allez savoir pourquoi !

La petite anecdote qui tue :

Je reprends la voiture ce samedi soir vers 22 h 00 pour rentrer à la maison. La route se passe bien, malgré la fatigue et la neige que je rattrape à la frontière Suisse de Vallorbe, à côté de Pontarlier. Les 100 derniers km se font sur des routes non-déneigées et glissantes. Je reste sobre sur l’accélérateur en me disant que j’ai le temps d’arriver à la maison.
Justement, la voici, cette maison. J’approche du garage pour rentrer la voiture et là, surprise : une coulée de neige a glissé du toit, venant faire un énorme tas de neige glacée juste devant la porte du garage. Impossible de rentrer ma voiture. Que faire ?
Surtout que je n’ai guère le choix : j’habite une petite maison de village, je n’ai pas de cours et d’énormes murs de neige interdisent tout stationnement autour de la maison et dans les environs proches. Je ne peux pas bloquer la rue avec ma voiture toute la nuit… Bref, je n’ai pas le choix. A 2 heures du matin, après m’être levé à 5 h, avoir couru 100 bornes et fait 400 km en voiture pour revenir chez moi, je n’ai pas d’autre solution que de sortir la pelle à neige et déblayer un passage pour ma voiture…. GRRRR….. 45 minutes de pelletage sous la neige (car il neigeait encore dans le haut-Doubs à cette heure-ci !!!) avant de retrouver, enfin, ma couette où m’attendait ma petite femme chérie…
Y’a quand même des journées difficiles, des fois…..

eric

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