Récit de la course : Saintélyon 2008, par Fabrice74

L'auteur : Fabrice74

La course : Saintélyon

Date : 7/12/2008

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 1643 vues

Distance : 69km

Objectif : Pas d'objectif

3 commentaires

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Le récit

Ma préparation

Cela fait environ 8 mois que je cours régulièrement. J'avais prévu d'attaquer la "compétition" avec 2 courses : La Lyon Urban Trail et la Saintélyon. Il y a 1 mois et demi, après deux sorties longues un peu trop rapprochées, la tuile : douleur à l'extérieur du genou droit. Diagnostique très rapide : TFL ! Donc participation au Lyon

Urban Trail carrément moyenne, j'ai dû marcher la plus grande partie du trajet... mais j'ai réussi à finir.
La semaine précédent la Saintélyon, je voyais la situation très mal partie : à chaque fois que je courais plus de 10min, douleur... Jeudi soir je fais une croix sur la course, et je me venge sur une bonne bouteile de cotes de bourg et un Mont d'Or à la pomme de terre!
Mais vendredi soir, une lueur d'espoir : je cours une heure sans vraie douleur. Ma décision est prise : si samedi matin je n'ai toujours pas mal, je fais la Saintélyon. Malgré tout je passe une soirée bien arrosée, à base de fondue fribourgeoise...
Samedi matin, c'est la confirmation : tout a l'air de bien aller, hop petit passage en magasin pour acheter des piles et une lampe torche, et c'est parti pour Lyon !
 


L'attente

D'abord il faut aller de Lyon à St Etienne... c'est là que j'ai eu ma seule vraie "angoisse" : au bout d'une heure de route à 90 km/h, quand on se dit qu'on va faire le chemin inverse en courant, cette nuit... brrr...
Ensuite, la découverte du grand hall de St Etienne rempli par tous ces coureurs... c'est quelque chose à voir ! Difficile de s'isoler suffisamment pour dormir... Heureusement plusieurs marques comme Petzl et Raidlight sont présentes, cela me permet de m'équiper de mini-guêtres... qui seront bien précieuses dans la boue que

nous allons rencontrer plus loin.
Une chose importante, qui peut sembler évidente, mais qui ne l'a pas du tout été pour moi : il faut amener sa nourriture! Le resto en face était semble-t-il complètement réservé (et je me demande si ce n'était pas par les Kikoureurs!)... j'ai dû me rabattre sur le... Quick ! J'ai très intelligemment pris un "sandwich" avec une

salade... et je l'ai payé très cher plus tard dans la nuit !
Ensuite une longue attente jusqu'à minuit... merci à Petzl pour les quelques films diffusés sur grand écran, cela occupait l'esprit.


La course


Le départ d'abord. Impressionant tout ce monde tourné vers un même objectif... Quand le speaker demande à tout le monde d'allumer sa frontale, cela rend l'ambiance vraiment magique. Un grand moment d'émotion aussi lors de la minute de silence en l'hommage de Laurence, une kikoureuse que je ne connaissais pas... Le

départ est donné avec U2, un bon coup de boost, et plein de spectateurs pour nous encourager... cool !

Comme on nous avait prévenu, ça part vite, très vite. Un coup d'oeil au cardio, je suis déjà à 175, alors que je m'étais juré de rester à 150... Mais dès que je ralentis un peu, tout le monde me double,  et je me sens obligé d'accélérer...
Je fais de gros efforts pour courir sur du plat, éviter les dévers pour ne pas tirer sur mon TFL...
Pas besoin de la frontale sur les premiers km : les pylones nous éclairent sans problème.

Viennent ensuite les premières pentes, bien raides... très vite il est nécessaire de marcher, pour ne pas se sécher définitivement.

Et le spectacle, magnifique, des lampes devant, derrière nous, l'impression d'être sur la grande muraille de Chine et d'être suivi par des milliers de lumières...

Premier ravitaillement à St Christo en Jarrez, ça va encore à peu près pas mal, j'arrive à bien profiter du buffet, thé, gâteaux, bananes...
Les ravitaillements suivants, cela va vite dégénérer... je paie très cher mes écarts diététiques. D'abord des difficultés à manger autre chose que du chocolat : tout ce qui a une texture plus "difficile" ne passe plus. Quand je m'arrête de courir, dès que la pente est trop importante par exemple, je sens que le froid me reprend, et

avec le froid, mes intestins qui se vrillent de douleur.
Et puis ce sera de pire en pire.  Vers les 45 km, à Soucieu en Jarrest, j'arrive à avaler une gorgée d'eau, avant de vider mon gobelet. Les deux derniers ravitaillements, je ne m'arrête même plus car je sais que je ne pourrai rien prendre... Je croise un de mes compagnons d'infortune qui est en train de rendre tout ce qu'il a pu

avaler pendant la course... et je me demande si je serai capable de repartir si cela m'arrive.

Les coureurs de relais nous doublent continuellement, j'envie leur fraîcheur, et ai du mal à comprendre pourquoi mes collègues "solo" ont tant de mal à se serrer sur le côté pour les laisser passer.

La descente du Bois d'Arfeuille est bien intense, je remercie plusieurs fois les journaux qui conseillaient de prendre une lampe torche en plus de la frontale... bien pratique pour éviter les cailloux subtilement placés pour se tordre la cheville !

Les derniers km sont vraiment très difficiles. Je râle mentalement, et très injustement, après les organisateurs : ce n'est pas possible que la distance restante ne soit que de 5 km, ils se sont trompés! Bien sûr c'est moi qui me trompe... c'est juste que la monotonie brise nos dernières forces.
Je n'arrive plus à courir continuellement, j'alterne course et marche... Je discute 30 secondes avec un compagnon et  lui demande "il faut faire quel temps pour décrocher la Saintélyon de bronze?". "Moins de 8h30" il me répond... Il est 8h15 alors nous accélérons tous les 2.
Des spectateurs nous encouragent sur la route: "encore un effort, vous y êtes presque", "allez, ce n'est pas le moment de vous arrêter"... j'en ai les larmes aux yeux de tant de gentillesse... et j'essaie de leur répondre "merci" à chaque fois!
Des panneaux indiquent 100m, 75m, 50m... jamais faire 25m ne m'a paru aussi long.

Enfin la ligne d'arrivée et un sentiment d'accomplissement formidable... de légéreté... on vous guide vers les tables pour récupérer "LE" tee-shirt de finisher, tant espéré...
8h22... en fait la barrière était à 8h20... loupé pour 2 minutes... Je finis 1507ème au général, 630ème de ma catégorie.
Ma femme et une de mes filles qui arrivent pour me féliciter... trop fières de moi et moi trop fier de leur donner cette satisfaction.



Le bilan

Pour ma première "vraie" course, je suis ravi (même si le Lyon Urban Trail était top, je n'ai pas pu véritablement en profiter).
Mon problème "physique" de TFL ne m'a pas empêché de réaliser un temps tout à fait convenable (pour moi!).
Mentalement j'ai vraiment pris mon pied, la longue distance c'est le top!

Et je suis enchanté d'en profiter pour enregistrer ma première participation sur le site des Kikourou !

 

3 commentaires

Commentaire de intuitiv posté le 10-12-2008 à 22:09:00

super experience.
belle course, je crois que l'on etait tous dans le meme etat a l'arrivée

Commentaire de millénium posté le 11-12-2008 à 07:03:00

merci de nous faire partager ce récit. Belle course , bravo

Commentaire de sarajevo posté le 11-12-2008 à 07:25:00

t'aurai pu m'attendre ... j'etais a 8 minutes derrière toi .....lacheur ! ;)
a+
pierre

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