Récit de la course : Saintexpress 2013, par Papy_marathonien

L'auteur : Papy_marathonien

La course : Saintexpress

Date : 8/12/2013

Lieu : Ste Catherine (Rhône)

Affichage : 1214 vues

Distance : 46km

Objectif : Terminer

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Le premier trail d'un coureur de bitume: Fantastique!

 

Comme mon pseudo l’indique, je suis un coureur de plat bitume, comme il l’indique aussi, je ne suis plus un gamin. Les longs trails je ne connaissais pas, la nuit, les côtes, la neige tout ça : l’inconnu aussi. Pourquoi la STExpress car elle fait moins peur que sa grand-mère et parce que j’ai de la famille à Soucieu juste sur le tracé de la STL. J’ai déjà fait des sorties dans les Monts en CAP et à velo. Bref, j’aime ce coin bien que je vive et que je soit né dans la région Toulousaine.

 

                Mon aventure est donc la suivante…Je suis arrivé à la Part Dieu après un voyage très agréable en train, du repos…rien que du repos. Pour me conditionner j’ai lu en grande partie un livre (en papier ! si si !) : « La grande course de Flannagan » http://asad.athle.com/asp.net/espaces.html/html.aspx?id=20470 une course organisée aux USA en 1931, la traversée de l’Amérique de LA à NY en CAP soit 5000 km à raison de 2 marathons/jour ! Je conseille ce livre, très bien écrit, qui montre jusqu’où l’humain « normal » est capable d’aller en courant.

                La Part Dieu ressemble déjà à un sas de départ, c’est «  la marche de l’empereur », on ne peut même pas écarter les bras. Fête des Lumières oblige. On m’amène à Gerland, je récupère mon dossard dans un Palais des Sports vide et froid, on est vendredi soir. Le lendemain est une longue journée de repos, de pâtes de Malto de riz de thon et de dodo puis c’est le départ de nouveau vers Gerland, je cherche le bus, je le trouve je papote dans le bus, le nôtre était très (trop !) calme. Le chauffeur est sympa, c’est aussi un coureur il a les yeux qui brillent en nous regardant, il a envie de la faire…Moi, je lui aurai bien donné mon dossard à ce moment car je n’en menai pas large, faire cette course en premier trail est-ce bien raisonnable ?.

                Je suis bien entrainé je fais 2 marathon par an mais les côtes, les chemins, le froid, la nuit !!! Je ne suis pas très rapide (3H45 pour les 42.195) mais j’ai de l’endurance, mon cœur est solide, je n’ai pas peur de la distance ni du temps passé sur la route, mais les côtes, les chemins, le froid, la nuit ??? Je me retrouve dans le sas, fidèle à mon habitude, très près de l’arche, dans mon sac poubelle (encore un pingouin sans bras !). La nuit est belle, des étoiles, un croissant de Lune énorme au raz de l’horizon, des lanternes dans le ciel, il ne fait pas froid, c’est beau et émouvant comme tous les départs… Nous partons et je cour régulièrement assez vite mais serré au bord pour laisser les vrais coureurs dérouler, je ne traine pas et j’évite les bouchons, nous montons direct et, comme je l’ai décidé, je marche tout de suite, c’est une première un marathonien ne marche JAMAIS sinon, c’est foutu. Je me retourne et je vois en effet le fameux serpent de frontales, c’est vrai que c’est beau. Je vois aussi le bouchon se former, je suis content d’être parti en tête. Dans la côte évidemment je dois fermer mon cerveau car on me double beaucoup puis après le plateau, je reprends ma place de coureur, les montées descentes dans les bois sont éprouvantes mais je ne suis plus trop doublé jusqu’au Ravito 1. Là, surprise, il est ouvert, des bruits courraient comme quoi il était réservé à la STL. Je passe 770ème (aie ! trop vite !) ce n’est pas mon « rang », je m’estime dans, les 1000. Je vais trop vite dans les faux plats descendants, c’est tellement facile ! et dans  les descentes car c’est  tellement grisant. Je ne suis pas traileur mais j'ai fait de la montagne, mon pied est sûr j’arrive à doubler, la descente ne me fais pas peur (mais elle devrait car mes jambes s’en souviendront)

                 Et il en reste du chemin pour Gerland. Le chemin est magnifique il fait froid mais pas trop il fait nuit mais ma frontale est bonne, il y a de la neige pour faire vrai et même un peu de boue. Le profil est descendant avec une belle montée descente du bois de la Gorge et du Bois de la Dame près de Rontalon. C’est dur ! J’encaisse ! Mais franchement, quelle chance ! Les conditions sont idéales et les sentiers « faciles ». Je ne trouve pas de problème technique, mais mes jambes…s’en souviendront. Et c’est beau ! Dans un village sympa avec plein de monde il y a  même une vidéo-projection sur un mur de maison pour nous encourager. Les km passent (vite ?) mais le temps aussi !. Bizarre cette perte de notion du temps, dans un marathon les km sont long le temps est rapide, ici, les DEUX sont rapides. Est-ce possible, y a-t-il dans les Monts du Lyonnais une rupture de l’espace-temps. Non ce n’est pas cela… c’est la nuit ! c’est l’absence de fatigue ! Mais,  pourquoi passer le semi en 2H42 !!! Alors que je le fais en 1H45, mais où sont passées ces 60 mn. Hep vous là-bas le lapin ! Rendez-moi mon heure ! Elle est partie avec la Dame du bois, avec Arfeuille, dans la Gorge ? ou ailleurs ?

                La civilisation se rapproche, ce ne sont pas des humains que l’on voit les premiers ce sont des chevaux, des vaches, je reconnais ce chemin, nous sommes près du tracé de la « pèche de vigne », nous approchons de Soucieu, je vois les lumières…Mais pourquoi mes jambes font elles si  mal ?, je ne suis pas fatigué, je n’ai fait que 23K ! Ici la descente est en pente douce je pense être  à 11.5 et là quoi  du 9.5 à fond ??? Hep vous là-bas, rendez-moi mon heure et mes 2K ! Arrivée au RAVITO de Soucieu, il fait chaud, c’est plein de monde, mais c’est normal, je ne veux pas (peux pas) tenter un chrono, je veux profiter…et arriver. Je reste longtemps au Ravito car je sens que j’ai trop forcé et que mes jambes ne tiendront pas sans massage et étirements. Je n’avais pas prévu de rester si longtemps : à la sortie, j’ai retrouvé mon  rang, je suis 980. A la sortie, le seul bémol de la course, un individu lourd et stupide refoule les coureurs et les amis comme un videur de boite de troisième zone. Que fait-il là celui-là ? Mais je n’ai pas le temps de lui casser la gueule, pourtant on était assez nombreux, on aurait dû. Bref retour vers le bonheur de la course… Ai-je laissé mes mollets dans le gymnase ? Hep vous là-bas, rendez-moi mon heure, mes 2K ! Mes mollets !

                Mes deux mollets- bâtons et moi allons jusqu’à la sortie de soucieu, je balance mes Salomon et mes guêtres dans le jardin de mon beauf et je mets mes Running, sans eux un marathonien n’est rien. Le bonheur ! les ailes repoussent, les jambes se plient enfin, je gambade jusqu’au Garon, je connais bien ce chemin pour l’avoir fait à pied, à cheval, en VTT. Puis ça monte, eh oui mon gars, tu n’es pas à la plage ! Tu fais la STEx. Je rentre mes ailes et ressort mes douleurs jusqu’au château d’eau ; BRRRR il fait froid non ? Interminable route sans intérêt, ça tape, ça tape dur, heureusement que j’ai un peu d’amorti maintenant. Et le temps passe, passe... Personne ne me double, j’ai doublé un peu même. Ah de nouveau du chemin, un Lac, un Single (Vous voyez, je parle trail !). Je m’habitue à courir sur deux bâtons mais c’est bcp plus douloureux que sur des jambes en fait et beaucoup moins efficace aussi. J’arrive au dernier RAVITO, je suis 960. Je ne suis toujours pas fatigué mais je ne peux plus derouler du tout, on ne déroule pas des morceaux de bois.  Hep vous là-bas, rendez-moi mon heure, mes 2K, mes mollets, mes quadri ! Je téléphone au beauf afin qu’il vienne me cueillir à l’arrivée, il est content de se réveiller en pleine nuit ! Je traine au ravito pour soigner mes jambes. Mes deux morceaux de fer et moi repartons, je le saurai après, j’ai perdu 40 places entre mon entrée dans ce ravito et l’arrivée à Gerland.

                 En fait surtout au Ravito. Car ensuite, c’était de la survie pour tous. La côte horrible, en goudron, il fait froid ! la descente trop forte, en goudron, les escaliers, plus faciles en fait. Tiens un type descend à l’envers ! Les docks : on dirait le dessous du pont de Brooklyn,  arrivée du marathon en presque 6 H  Hep vous là-bas, rendez-moi mes 2H00, mes jambes, mes 2K ! Mais ce vieux dock pourri est la Délivrance, comme dans le film : plus que 3 km, l’autoroute, plus que 2 km, les jardins dans le noir, plus que 1000m, passage d’une fusée (un relais) arrivée à l’arche jaune puis à l’autre arches dans le palais des sports (tiens 2 arches ?) et c’est fini, ça y est j’ai fait mon premier trail long et pas le moindre pour moi : 46 km, 1040 D+ 1500 D- dans le froid la nuit, je suis heureux, comme à toutes les arrivées. Je suis 1004ème (j’aurai pu en doubler 5, j’aurais été à 3 chiffres) le tout en 06H08 avec 40 mn d’arrêt notés sur mon Garmin.

J’ai vu, j’ai compris, et je reviendrai (avec plusieurs séries de jambes?) pour aller plus vite et plus loin.

 PS: maintenant je suis 1000ème tout rond et 79ème V2H, un seul aurait suffit pour tomber à trois chiffres...(mais où sont passé les quatre disparus du scratch?)

18 commentaires

Commentaire de Timthacel posté le 13-12-2013 à 11:31:02

Super commentaire,
même si je connaissais déjà pas mal de détails racontés dans le forum.
Mais là le CR me donnait l'impression d'être à tes côtés durant la course !

Commentaire de Papy_marathonien posté le 13-12-2013 à 11:49:04

Merci! une expérience étonnante cette course, j'ai raconté ce que je ressentais, plus que la course elle-même.
Du point de vue technique, je pense revenir avec un entrainement spécifique et je n'aurai pas besoin de perdre 40 mn pour me masser les jambes. De cette façon, au lieu de perdre des places à la fin, je pourrai en gagner.

Commentaire de hyperpronateur posté le 13-12-2013 à 13:08:48

Super CR. On a vraiment l'impression d'y être. Félicitations pour ta perf.

Commentaire de Papy_marathonien posté le 13-12-2013 à 13:19:35

Merci aussi! quant à la "perf", je ne savais pas à quoi m'attendre, un marathon "raté" cette année pour cause de blessure cet été m'avait poussé à faire une course difficile mais sans pression de chrono. Il doit être possible de faire mieux (zapper les temps de repos) avec un entrainement de Rando-course en montagne On verra...

Commentaire de Joebar69 posté le 13-12-2013 à 14:33:36

Tu me sembles prêt pour la STL 2014!!!

Commentaire de Papy_marathonien posté le 13-12-2013 à 15:16:09

La tête est prête, quant aux jambes...il y a quand même du boulot

Commentaire de Khioube posté le 13-12-2013 à 16:26:48

Félicitations, voilà une belle reconversion en perspective, d'autant que tu as l'air d'avoir du "pied", en plus d'une caisse de marathonien...
On se retrouve sur la ligne de départ à Saint-Étienne, dans un an ? ;-)

Commentaire de caro.s91 posté le 13-12-2013 à 17:11:11

Bravo, bienvenue dans le monde du trail, superbe récit plein d'humour! J'ai l'impression qu'il y aura d'autres trails !

Caro

Commentaire de Papy_marathonien posté le 14-12-2013 à 08:46:58

C est gentil !

Commentaire de Truite[69] posté le 13-12-2013 à 18:51:54

Super récit qui donne envie d'être lu.
J'ai fini un peu comme toi (5h58) en m'étant arrêté 15mn environ.
Peut-être est-ce là mon erreur, les descentes m'ont fait énormément de mal mais j'ai commencé à m'en rendre compte au km30 et la fin a été mémorable!
Du travail en perspective pour STL2014!
Laurent

Commentaire de Spir posté le 13-12-2013 à 21:12:52

AHh, les descentes... C'est le serpent biblique du trail. On se laisse tenter, voire griser par la vitesssse dans les chemins et puis le plat arrive, et on se rend compte qu'on a plus de jambes. Finalement, c'est pas les côtes le plus difficile ! Et quand on aime descendre, difficile de se dire qu'il faut ralentir pour, au final, aller plus vite :o)
En tout cas bravo pour cette course. Est-ce que tes sensations de fatigue les jours suivants ont été les mêmes que pour un marathon ?

Commentaire de Papy_marathonien posté le 14-12-2013 à 08:45:37

Merci bcp pour vos reponses encouragement etc...Effectivement l arrivee dans le monde du trail est sympa et les pilliers du kikourou me soutiennent
Pour reponfre a Spir, je n ai ressenti pratiquement aucune fatigue !, les jours suivants. Mes jambes se sont calmees vite. C est etonnant, apres le marathon, une fois que le sang est filtre, on ressent une grande deprime. Cette course etait tres dure pour moi mais je n ai pas du piocher dans les reserves, ce sont les muscles qui m ont empeche d aller en avant. Pas d effet de mur...
Ceci dit, c etait la premiere et vous savez tous que c est a la seconde qu on tente le diable

Commentaire de Papy_marathonien posté le 14-12-2013 à 08:49:17

A mon niveau, c est dans les descentes que je gagnerai du temps car en cote, je ne pourrai jamais courir. Donc vive le serpent ! Et on prendra la pomme au Ravito

Commentaire de Papy_marathonien posté le 14-12-2013 à 09:06:51

Merci bcp pour vos reponses encouragement etc...Effectivement l arrivee dans le monde du trail est sympa et les pilliers du kikourou me soutiennent
Pour reponfre a Spir, je n ai ressenti pratiquement aucune fatigue !, les jours suivants. Mes jambes se sont calmees vite. C est etonnant, apres le marathon, une fois que le sang est filtre, on ressent une grande deprime. Cette course etait tres dure pour moi mais je n ai pas du piocher dans les reserves, ce sont les muscles qui m ont empeche d aller en avant. Pas d effet de mur...
Ceci dit, c etait la premiere et vous savez tous que c est a la seconde qu on tente le diable

Commentaire de millénium posté le 15-12-2013 à 18:11:48

très beau récit et belle perf ! Félicitations !!!

Commentaire de Papy_marathonien posté le 18-12-2013 à 16:09:19

merci, surtout que je progresse dans le classement, j'ai encore gagné 4 places, depuis mon bureau! Je suis 1000ème tout rond! Plus qu'une...

Commentaire de Arclusaz posté le 06-01-2014 à 19:30:59

J'avais loupé ce CR et c'était bien dommage ! il est magnifiquement bien écrit et décrit parfaitement ce que tu as ressenti.
Et oui, je suis d'accord avec toi, il y a une rupture de l'espace temps dans les monts du lyonnais, c'est exactement cela : mince, le trail t'a mordu, tu as mordu au trail..... t'es foutu !

Commentaire de Papy_marathonien posté le 07-01-2014 à 08:05:51

Merci des compliments, il est plus facile de faire un récit qu'une course. Et c'est venu tout seul tant les émotions étaient fortes. Je referai du trail ou ultra mais avec un entrainement plus spécifique cette fois, bien que je sache que ce n'est pas forcément ma discipline. Je suis un diesel ancien modèle, sans doute plus fait pour les 100km à "plat". Mais bon! il faudra revenir pour faire la grande de toutes façons, je suis "obligé" de voir ce qui se passe entre St Etienne et St Catherine.

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