Récit de la course : Ultra Tour du Beaufortain 2015, par keaky

L'auteur : keaky

La course : Ultra Tour du Beaufortain

Date : 18/7/2015

Lieu : Queige (Savoie)

Affichage : 1747 vues

Distance : 105km

Matos : Cascadia 9 et 10
Cuissard short Raidlight
Performer Raidlight
Frontale H7R2
Bâtons BD Distance Z Pôle

Objectif : Terminer

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Le jour le plus long...

Samedi 18 Juillet 2015 : ...Le jour le plus long !!

2h30 !! Réveil. Pas trop de mal à me réveiller, banane, café, fruits secs. 2 bidons de 750ml (eau+bicarbonate / eau+ISO+ fruit rouge de D4 testé les mois précédents) ainsi qu’1L d’eau plate planqué dans l’Olmo12 en prévision des fortes chaleurs annoncées.

Arrivé sur place il y a déjà du monde. J’ai cherché Raymond mais en vain. On se fait badger sur les coups de 3h30 et entrons dans le sas avec Christophe où nous rejoignons les filles et sa famille venue pour l’occasion !! Quelques photos et François nous demande de nous avancer. Cette année, nous serons 437 à tenter la boucle entière et à prendre le départ de cette aventure.
Placés au milieu du gruppetto, le départ est donné à 4h00 pétante et nous libère de l’impatience qui était la nôtre ces derniers jours, une seule envie, en finir !! 

 

Edit : Désolé pour les fautes à venir, je remets en brut le récit que j'ai récupéré suite à un plantage de serveur extérieur... et du coup sans photo dans le texte.

RÉCIT DE MON ULTRA TOUR DU BEAUFORTAIN 2015


En collaboration avec Christophe et nos compagnes respectives (…), c’est en décembre 2014 que le projet s’est formé, et le 1er janvier 2015 que l’objectif s’est clairement confirmé. Tout ce début d’année 2015 s’est alors articulé autour d’une préparation qui se devait d’être optimale pour le 18 juillet 2015, pour l’Ultra Tour du Beaufortain ou UTB.


En quelques chiffres, qu’est-ce que l’UTB ?

- 105 kilomètres de sentiers ;

- 6400 mètres de dénivelés positif et autant en négatif ;

- 79 kilomètres à plus de 1800 m d’altitude ;

- 10 cols à plus de 2000 m ;

- Point culminant à 2671 m, Col du Grand Fond ;

- Plus de 50% d’abandon…

- A peine 1000 finisher à ce jour en 7 éditions…


Le ton est donné. A ce jour, seul l’Endurance Ultra Trail des Templiers fait figure d’expérience. L’échec du Tour des Cirques de l’an dernier aussi… Ce ne sera donc pas une mince affaire et le mental sera aussi important que le physique.

Ma préparation :


Janvier-Février : Après une année 2014 mitigée, je démarre le mois de janvier sur une préparation de base, foncier et vitesse. Le but pour moi est de retrouver une aisance sur les distances courtes de type 20 km. Cela sera acté début mats au Trail des Cabornis et ses 25km avec de très bonnes sensations sur le final malgré quelques soucis jusqu’à mi-parcours.


Mars-Avril : Consolidation du foncier avec un premier mini-challenge, enchainer en moins de 15 jours le Trail des Reculées 43km et la Capuchadou de la Trans Aubrac 50km. Cela sera fait dans la joie et le partage avec le Club de Saint Alban en mode « on me tire », et avec mon frère en mode « je gère, je gère ». L’Aubrac m’a permis de voir que la récupération se faisait bien et que j’étais plutôt sur la bonne voie…


Mai-Juin : Dernière ligne droite qui démarre avec un gros morceau qu’est l’Hérault Trail et ses 75km et 3500 mètres de dénivelés dans les cailloux de l’arrière-pays du Pic Saint Loup. Une sacrée leçon au moral avec une grosse lassitude à mi-parcours et plus de 40km de marches…

Mi-juin, le week-end choc et l’Aubrac Circus, 55km et 2000 mD+, me confirme que tout de même, je n’ai pas fait n’importe quoi et que les jambes sont bien là, la caisse aussi. En tout cas à mon humble niveau.
Le tout a été agrémenté de quelques bonnes sorties de fractionné en côtes qui auront été salvatrices dans ma capacité à avaler le D+ et le D-.

Le dernier mois de juillet a été un point d’orgue à consolider les acquis et reposer les quadris !! Une dernière semaine à Noker mes pieds et à manger moins de fibres les derniers jours, TOUT-VA-BIEN.

Au final, une progression très linéaire avec un dernier mois de juin à 200km et 8000mD+. Un total juste avant ce 18 juillet de 900 kilomètres et de 26 0000 m de D+. Le tout, avec 3 séances par semaines en moyenne, et seulement 1 semaine à 4 séances lors de semaine du WEC.


Vendredi 17 juillet 2015 – Le calme avant... :

Le jour de congé a été judicieusement posé. Nous profitons avec Claire de faire le trajet pour profiter de cette belle journée sur Beaufort et ses alentours. Raymond m’a fait la surprise de récupérer un dossard la veille… Un vrai phénomène Nous lui ferons partager notre voiture et le poserons au camping de Queige.

Pique-nique au Lac de Saint Guérin, et passage sur la passerelle du même nom où je déambulerais le lendemain. Le coin est vraiment superbe et il fait chaud, j’espère à ce moment-là que le soleil sera plus soft avec nous sur la course. Retour au gîte, Tour de France, dernier préparatif des affaires, arrivée de Christophe et Aurélie puis cap à Queige pour le retrait des dossards.
On retrouvera Raymond après le discours de François le Génial Organisateur qui nous fait un petit briefing en nous promettant la veste de finisher tant désiré. « Risque d’orage » sans conviction, on verra bien sur l’instant en somme.

Repas, accrochage du dossard, Nok au pied, couché à 22h et dodo, pour ma part, aucun soucis, l’endroit et calme et j’ai pu me reposer un minimum avant le levé à …


Samedi 18 Juillet 2015 : ...Le jour le plus long !!

2h30 !! Réveil. Pas trop de mal à me lever, banane, café, fruits secs. 2 bidons de 750ml (eau+bicarbonate / eau+ISO+ fruit rouge de D4 testé les mois précédents) ainsi qu’1L d’eau plate planqué dans l’Olmo12 en prévision des fortes chaleurs annoncées.

Arrivé sur place il y a déjà du monde. J’ai cherché Raymond mais en vain. On se fait bipper sur les coups de 3h30 et entrons dans le sas avec Christophe où nous rejoignons les filles et sa famille venue pour l’occasion !! Quelques photos et François nous demande de nous avancer. Cette année, nous serons 437 à tenter la boucle entière et à prendre le départ de cette aventure.
Placés au milieu du gruppetto, le départ est donné à 4h00 pétante et nous libère de l’impatiente qui était la nôtre ces derniers jours, une seule envie, en finir !! Christophe part devant.


QUEIGE à REFUGE D’AROLLES : 17KM – 2000+/550D-
0H00 de course – 1er… Non, plutôt 350ème au premier pointage de Molliessoulaz.


Perso, le chemin sera long et je me cale dans mon rythme d’ultra endurance, c’est-à-dire « je gère mais encore plus que d’habitude » soit pas très vite du tout, mais en essayant d’être efficace un minimum.

Petit tour du plan d’eau de Queige de 250 mètres (nouveauté 2015) et nous nous en allons sur une piste poussiéreuse dans l’attente de la première ascension de 1500 mètres de dénivelés sur 9km...

Dès le début de la montée, sur une partie de bitume, je rejoins enfin Raymond (je le cherchais en queue de peloton, il était devant le coquin..) et nous papotons de la chaleur ambiante (23°C à 4h00 du mat’) et de son cœur qu’il trouve un peu haut.

Je monte cette première ascension assez facilement, jamais en surrégime, le palpitant est bas et je double dès que le rythme ne me correspond plus. Certains étaient vraiment très lents. En me retournant, je vois que Raymond n’est jamais très loin.

Levé de soleil avec vu sur le Mont Blanc tout enrobé de rouge. Superbe, premier arrêt photo. Mais selon le proverbe : « Roge lo matin, pluèja en camin.. ». Cela se vérifiera.


Raymond, premier en partant de la gauche


Bascule à la Roche Pourrie, Raymond me rejoint alors peu après en direction du Col des Lacs où nous monterons ensemble et où il fera la descente sur un rythme supérieur au miens. Moi, je gère…


Raymond en promenade !!!


Pour l’instant, aucune mauvaise sensation, aucune difficulté à part grimper. Mes jambes sont légères et je trouve que ces premières heures sont passées incroyablement vite. Ma cadence de randonneur pressé me permet d’être entouré de personnes d’un certain âge. Sans aucune méchanceté, plutôt du respect, je sais que la plupart iront au bout. Mais là, je me sens bien seul, trentenaire que je suis.

Je suis heureux de retrouver mon Team Supporter au bas de la remontée vers le premier ravitaillement. Ils ont fait une belle randonnée pour venir nous soutenir jusqu’ici, extra, encore merci !! Aurélie m’indique que Christophe va bien, super !! J’ai la larmiche en croisant ma Claire qui s’était avancée jusqu’au ravitaillement. Quelques mots d’encouragement, un bisou et c’est reparti pour les Arolles qui sera quelques centaines de mètres juste après.
17,5 KM – 2000D+ / 03:55:05 de course – 316ème (-34 environs..).
5 minutes d’arrêt top chrono où je retrouve Raymond. Quelques mots puis direction la suite.


REFUGE DES AROLLES à CORMET D’ARÊCHES : 13 KM – 950+/700-

Le temps est de plus en plus gris et nous recevrons quelques gouttes sur la tête mais pas plus. Néanmoins, ces nuages nous évitent la chaleur tant redoutée. Le coin est superbe, de l’herbe d’alpage entouré de gros rochers, au pied du Grand Mont. Je reviendrai sous le soleil, c’est certain.

Le parcours et vallonné et les sentiers praticables. Je marche depuis le début et j’attends la première descente vers le Lac de Saint Guérin pour dérouiller un peu les gambettes. Cela fera aussi gagner un peu de temps. La descente est un peu technique mais sans plus, elle me fait penser aux Templiers, mélange de racines de pins et de roches parsemées, j’adore.

J’arrive au lac de Saint Guérin, passe la table sur laquelle nous avons déjeuné hier midi, premier émotion. Puis une autre décharge émotionnelle lorsque je vois Pierre, mon frère, entrain de me prendre en photo de l’autre côté de la passerelle. Je savais qu’il venait mais ne l’attendais pas ici. Après 6h de course, la fatigue aidant, deuxième émotion !! Il me motive et reste avec moi quelques centaines de mètres, ça fait réellement plaisir !!


J'avance doucement mais sûrement… (Photo Pierre)


Je continuerais ma progression sur un mix de chemin large de 4x4 et de sentiers, vers le deuxième ravito, au Cormet d’Arêches, niché 4 km et 550m au-dessus du Lac. A ce moment-là, je n’aperçois plus Raymond lorsque je me retourne, il a dû freiner dans la descente.
30,5 KM – 3000D+ / 06:44:05 de course – 281ème (-35 places).
C’est avec un deuxième grand plaisir que je retrouve Claire et Aurélie qui m’attendent juste avant la pause. Tout va bien pour moi, j’ai le sourire malgré la fatigue qui commence à pointer le bout de son nez.. Je me restaure et change de boisson pour un mix de coca/eau et de boisson gazeuse pour la prochaine portion qui s’annonce costaud avec le passage au pied de la Pierra Menta !! Des morceaux de bananes, des fruits secs, je charge une pom’pot’ au cas où et je repars avec Raymond qui m’a rejoint.


CORMET D’ARÊCHES à REFUGE DE PRESSET : 7,5 KM – 700+/270-

Le départ du Cormet est raide mais très roulant, les crêtes sont superbes et le soleil commence à se réveiller en cette fin de matinée. Une petite brise m'empêche d'avoir trop chaud. Les couleurs sont alors plus sympathiques et je me mets derrière certains coureurs au pas régulier.

Le Col du Coin arrive assez vite, les derniers mètres pour y accéder sont tout de même très raide sur un sentier fait de graves grisâtres. Le panorama qui s’ouvre à nous passé le col est somptueux.


Le sentier part sur la droite vers le névé, puis le Lac d’Amour puis la Pierra Menta.


Le moral reprend des points très précieux en prévision de la Pierra Menta qui nous fait de l’œil. Mes pauses photos permettent à Raymond de recoller dans la descente vers le Lac d’Amour. On comptabilise un seul passage de névé dans cette plaine. L’arrivée au Lac d’Amour est magique, je suis vraiment ravi d’être là, ici, dans ce paysage !!

Juste avant le pointage, Raymond qui était juste derrière moi s’arrête pour laisser passer un groupe afin de ne pas apparaître juste derrière moi au classement, et affoler le suivi live du Team RL !!! Sacré Ambassadeur ^^ Il en profitera également pour monter à son rythme. Merci pour le SUIVI UTB qui était génial !!!


Il est encore là avec le sourire !!


Cet endroit est réellement superbe, je m’imagine revenir ici pour pique-niquer, et rien faire d’autre. Un lieu hors du temps, paisible au panorama unique… Que de rêverie après 8 heures de courses… Mais le Col à Tutu et la Pierra Menta m’appelle 300 mètres plus haut. C’est raide, très raide mais le sentier est « roulant », sans difficulté. On longe d’énorme chaos rocheux que nous n’avons heureusement pas à traverser.


Raymond au premier plan.


Plus on monte et plus le panorama est merveilleux, je m’estime chanceux d’être ici !!! L’arrivé au Col à tutu est moins drôle pour moi, c’est un peu vertigineux (pas habitué, la fatigue doit rajouter un peu d’appréhension..). L’autre côté de ce Col est tout aussi magique. Le Beaufortain dans toute sa splendeur. On aperçoit notre troisième ravitaillement, le Refuge de Presset. Après un passage cordé délicat, un très joli sentier en balcon nous y amène. Certains comment à fatiguer et fond des pauses le long du chemin.


Au fond la Pierra Menta, au premier plan le Refuge de Presset.


38 KM – 3700D+ / 09:03:16 de course – 268ème (-13 places).


L’arrivée au Refuge du Presset fait du bien. Le ravitaillement est situé sur une terrasse idéalement situé au Sud. On aimerait tous rester y bronzer un peu.. Surtout en voyant le mur qu’est la Brêche de Parozan, un beau morceau. Je prends donc le temps de me restaurer, un bon quart d’heure je pense. Je prends ma première soupe et mon premier café, ça me fera un bien fou. Je réitèrerais cette potion tout du long de mon périple.

Raymond arrive et je le sens mal, je lui fait remplir ses bidons et m’assure de son état. Il est blanc comme un linge et j’espère qu’il se refera la cerise tranquillement. Je repars donc sans lui affronter Parozan !!


REFUGE DE PRESSET à PLAN DE LA LAIE : 10 KM – 250+/1000-

Je pars pour rejoindre le Plan de la Laie, situé plus ou moins à mi-parcours. Le profil est simple, on démarre par une montée sèche de 250m vers la Brèche de Parozan. mis à part un court passage dans des blocs, la montée est régulière sur un terrain de graves poussiéreuses.


On monte au col du centre de la photo…


Arrivée à la brèche, la vue du versant suivant est super, très minérale. Petit mot aux bénévoles toujours au top. Petite accalmie sur un terrain en dévers avant la très grosse descente dans un pierrier. Juste avant la descente, première rencontre avec Hervé que je reverrai plus tard.
Maintenant, le pire passage de la course… Une descente dans un pierrier de 650 m de longueur pour une perte sèche de 300 mètres !!! Un passage de 200 mètres à plus de 50%. Je ne fais pas le malin et assure tranquillement la descente en style skieur de l’extrême débutant. Certains tombent, d’autres sont dans leur éléments, quelques cris précèdent des rochers qui passent non loin de nous… Me tarde vraiment d’arriver en bas. Après ce passage, je prends quelques secondes pour vider mes godasses et repartir sur un profil plus sage et sympathique.


En vrai, c’est beaucoup plus imposant… mais tout aussi beau!!


La suite est donc beaucoup plus idyllique faite de traversée d’alpages aux vues plus belles les unes que les autres. Il faut se retourner pour admirer le caractère brut de la brèche, la finesse de la Pierra Menta sublimée par les rayons du soleil définitivement installés, la verdure des herbes et les milliers de fleurs multicolores. Un beau tableau que nous quittons pour une autre vue, droit devant celle-ci, les couleurs turquoise du Lac de Roselend.


Le fameux Lac de Roselend, féérique.


Sur cette partie très roulante et largement courable, je marche. Je contemple, je prends des photos, je profite au maximum de l’instant, un pur régal. Beaucoup de monde me double en mode je gagne du temps. Mais il reste encore près de 60 kilomètres à faire. Je préfère en garder sous le pied.

Je ne courrais que vers l’arrivée au Plan de la Laie, seulement quelques petites portions, le reste en marche rapide appuyée et rythmée par mes fidèles bâtons. Arrivé au Plan de la Laie. Il commence à faire chaud et on a en vision la dure suite qui s’annonce. Il faut avoir le moral pour penser à autre chose que ce haut Roc du Vent qui s’impose à nous.
49 KM – 3900D+ / 11:27:52 de course – 262ème (-6 places).
Je fais une grosse pause avec Claire et Pierre, mon frère. Une bonne vingtaine de minutes. Trop content de les revoir une nouvelle fois. Toujours un pincement au cœur également de leur dire aurevoir… Je prends goût à l’ultra pour ces instants intimes et uniques, à fleur de peau...


PLAN DE LA LAIE à LA GITTAZ : 15,5 KM – 1000+/1170-

Je pars sans voir Raymond. J’ai une pensée pour lui et espère qu’il s’est requinqué. Le tronçon qui arrive est celui que j’ai le moins appréhendé. Certainement une erreur !!

La chaleur s’est installée et je fais la montée vers le Tunnel du Roc du Vent sous un beau soleil, et peu de vent. Ça grimpe dur et la fatigue est de plus en plus pesante. Je ne ‘m’autorise pas de pause au risque de mettre une plombe à arriver en haut. J’essaye de prendre un rythme tranquille et efficace et fini par prendre la roue de quelqu’un jusqu’au fameux tunnel. Les bénévoles nous renseignent sur la particularité de la traversée : frontale très conseillé. Sur 3, je serais le seul à sortie la frontale pour... éclairer le groupe… Et il l’a faut bien la frontale, car le plafond est bas et il en faudrait peu pour se faire assommer.

La vue prometteuse de l’autre côté du tunnel est confirmée, c’est beau !! Pause pour ranger la frontale, prendre des photos et souffler un peu avant de prendre la direction des Crêtes de La Gittaz.


Désolé pour le montage pourri… Mais ça vaut le coup !!


A la sortie du tunnel, nous faisons le tour de ce Roc en empruntant un sentier en balcon presque vertigineux, il vaut mieux ne pas glisser sur cette partie. J’aperçois le Lac de la Gittaz en contrebas et le ravitaillement du Hameau de La Gittaz.. Si prêt alors que le détour que nous allons effectuer est si long. Mais c’est le jeu.


Un jolie sentier pas facile d’accès


Après avoir passé les balcons et une raide (très raide) grimpette jusqu’aux crêtes, je prends une nouvelle pause après avoir discuté avec les deux bénévoles pour manger ma compote tranquillement assis, à admirer cette vue. Je repars derrière deux coureurs qui ont plus ou moins le même rythme que moi.

Les crêtes sont superbes mais je vois au loin un petit imprévu, la montée qui suit le Col de la Sauce… Dans ma tête, je voyais un tracé direct jusqu’au Refuge de la Croix du Bonhomme. Là, ce dresse un profil qui me paraît immense avec des petits points minuscules multicolores qui le serpente en crête, ce sont les Crêtes de la Gittaz, les vraies !!!

Ah c’est sûr, c’est beau. Les nuages sont revenus mais la vue sur le Mont Blanc malheureusement bouchée est tout de même impressionnante. Mais qu’est-ce que mon moral en a pris !! Ni une ni deux, j’essaye de positiver, les deux mots magiques se répète en boucle dans ma tête, les mots de Florent P. et Joël A. : "J'y crois!!" et "Patience!!". Je n'ai pas cessé de les sortir durant ma progression, à chaque coup au moral et baisse d'intensité Merci les gars... Tant bien que mal, après une petite pause grignotage, je reprends les deux mêmes gars que j’ai suivi quelques temps plus tôt pour finalement, pas par pas, tronçon par tronçon, j'arrive à ces 2538 m, signe de redescente.


Un pas est un pas…


L’arrivé au Refuge de la Croix du Bonhomme est salvatrice. J’ai la chance d’avoir de l’eau fraîche dans la vasque située au-dessus du pointage, contrairement à ceux passé plus tôt. Je profite de remplir qu’un seul bidon au cas où l’eau ne serait pas tip-top, pour souffler... Je ne suis pas démotivé, je ne souffre pas physiquement mais ce passage est très long, je commence même à penser à la barrière horaire, une première pour moi, fixée à 21h à la Gittaz !!

Allez, c’est reparti pour "que de la descente" d’après les bénévoles. Mais après une petite rampe pour reprendre le GR5 jusqu’au Col du Bonhomme. Un passage encore une fois très long, fait de rochers, de blocs et d’un sentier technique que nous marchons en prenant notre mal en patience. Puis vient ce Col tant attendu avant la descente jusqu’au ravito de la Gittaz.

Mais avant ça… Une petite averse orageuse fini d’achever cet interminable tronçon. Pour moi, le point névralgique de cet Ultra Tour du Beaufortain. 20 minutes de pluie où je n’ai même pas mis mon imperméable. Je compte me changer au hameau de La Gittaz, en pariant notamment sur le fait qu’il ne repleuvrait pas...
En tout cas, par temps sec se passage doit être sublime. Le chemin est taillé dans la roche, juste au-dessus d’un torrent en furie. Le temps orageux apporte une drôle d’ambiance.

Enfin, j’arrive à La Gittaz où j’aperçois ma Claire. Merci à elle pour ce soutien sans faille. Je retrouve pas mal de monde croisé bien plus tôt. Le moral est au plus bas chez certains. Ce hameau fera des dégâts. Moi j’ai pris un coup au moral mais je sais que ça va passer. Il ne reste « plus qu’à » rejoindre le Col du Joly et après c’est tout schuss, ou presque!!!
64 KM – 4900D+ / 15:37:42 de course – 225ème (-37 places…).
En attendant, big pause. Je change de chaussettes, de chaussures, de maillot. Soupe, café bien mérité, je recharge en poudre et après presque 30 minutes d’arrêt, à 20h07 très exactement et près d’1h d’avance sur la BH, je me relance vers ma destinée ; l’arrivée. Grosse émotion en quittant une nouvelle fois ma suiveuse…


LA GITTAZ à COL DU JOLY : 10 KM – 800+/850-

J’appréhende cette longue montée de 4km et 650m de positif strict !!! Si le début s’annonce monotone, je m’allie à Dominique, chaleureux « Stéphanois ou presque » d’une fratrie de 3, tous inscrits sur cet UTB. Nos discussions diverses est variées me permettent de me refaire la cerise et je termine l’ascension sans lui, même si j’ai beaucoup apprécié sa présence.

Le cocktail soupe/café est à chaque fois très efficace. Je m’arrête auprès des bénévoles au Col de la Gittaz avant de basculer vers le Joly. Il commence à faire frais et je viens de rater le couché de soleil. J’enfile ma cape ultralight et ma frontale en tapant la causette avec ces sympathiques Monsieur qui m’annonce 217ème… relais compris. Je n’en crois pas mes oreilles et ça me fait un plaisir fou.

Je repars en les remerciant pour leur patience et leur gentillesse et m’élance (en courant, oui oui !!) sur ce superbe single niché au cœur d’un plateau enherbée. C’est vraiment beau et je profite de nouveau de ce périple. Le corps et la tête doivent déjà être au courant de l’issue finale


La deuxième nuit arrive… (Photo Claire)


Je profite d’un terrain un peu plus technique et d’un retour à proximité de la société pour allumer le portable et lire les messages de soutiens reçus au cours de la journée. Je me paie même le luxe d’avoir Florent P. au téléphone pour un brief sur la fin de parcours, génial !!

Puis une nouvelle cerise, une montée vers le Col sous la Fenêtre. Une sorte de retour en arrière alors que le Joly s’annonçait si prêt. Marche dynamique, bâtons aux aguets, j’avale cette côte dans la nuit désormais noire et gère la descente où le moindre pas est délicat, sur ce qui paraît être un très joli sentier en balcon.

Je suis surmotivé mais essaye de gérer cet élan de vitamine afin d’éviter le coup de moins bien. Je trottine et reprends pas mal de monde avant le Saint Graal de mon UTB, le Col du Joly, situé à « à peine » 30 km du but ultime et stratégique !!
75 KM – 5700D+ / 19:03:24 de course – 180ème environ (-45 places !!!).
Je retrouve Claire et mon frère qui commencent à fatiguer. J’essaye de ne rien oublier des tâches que j’ai en tête à ce moment-là, remplir bidon, soupe/café, relacer chaussures, saucisse/banane… Une machine dans son plus simple appareil. Quand je sors je croise Dominique qui arrive juste, on s'encourage pour la suite avec des sourires
A ce moment-là, à part une catastrophe internationale, je n’ai pas douté une seule seconde de la finalité de mon UTB, j’étais programmé pour terminer !!!

Rendez-vous à mon team aux Saisies dans 15 bornes qui sont apparemment roulantes...


COL DU JOLY à LES SAISIES : 16,5 KM – 300+/660-

Que dire de ce passage extrêmement long, sans difficultés mais où on n’en voit jamais la fin. Alors oui c’est roulant, j’imprime un très bon rythme du Joly jusqu’au Col du Véry me payant le luxe d’être le lièvre de 3 coureurs. On marche tous dans cette longue montée régulière et peu raide.
Wil m’informe dans cette portion de l’abandon de Raymond à la Gittaz, je pense dans un premier temps aux barrières horaires… Dommage mais déjà très bien 15 jours après le Lavaredo.

Arrivé « en haut », nous avons tous l’impression dans faire plus que sur le papier. On n’arrête pas de monter, de descendre et de remonter. Je marche machinalement en attendant Les Saisies ! C’est extrêmement roulant mais ma fatigue est là, je fermerais les yeux 2/3 fois une dizaine de seconde sur des larges pistes faisant offices de pistes de ski l’hiver. Nous n’avons pas la vue mais au moins nous ne voyons pas les pistes qui ne parraissent pas très esthétiques…

Je fais un bout de chemin avec Freddy de La Plagne qui a malheureusement un genou douloureux et strappé. On papotera un peu pour passer le temps jusqu’au ravito des Saisies. Je suis content d’y arriver !!
91KM – 6100D+ / 22:26:06 de course – 173ème (-7 places env.)
Dernier ravito avec mes supporters !!! Dernier mots d’encouragement de Claire et Pierrot après une bonne pause. J’ai trouvé l’ambiance plus détendue ici. Peut-être tout le monde a en tête l’arrivée tant attendue et à portée de main !!!


LES SAISIES à QUEIGE : 15 KM – 350+/1600-

Je patiente un peu pour repartir avec Freddy. Une bénévole exceptionnelle nous motive et me fait un résumé de la fin. Dernière montée en pente douce (c’est différent après 90 bornes dans les pattes…) et faire attention aux racines et aux feuilles dans la dernière descente. Pleine de sympathie, elle fait sourire et changer les idées donc ça fait du bien à la tête pour cette fin d’aventure.

Freddy a fait cette fin de parcours en reconnaissance et m’aiguille sur les dernières difficultés. Il prendra les rênes de cette ultime ascension. Je me colle à ses pieds dans la montée qui passera à ma grande surprise assez rapidement. Arrivé au Mont Bisanne, on m’interpelle suite à l’énoncé de mon nom. C’est la femme de Carlos qui connait Joël A. et avec qui on discute brièvement, super sympa !!!

Je rejoins Freddy et décide de lui apprendre la technique du Florent P. enragé. C’est-à-dire, je vous explique, après 95 bornes, relancer la machine en courant… Oui oui, et le pire c’est que ça fonctionne Avec l’aide de faux plat descendant sur un terrain roulant, j’indique à Freddy d’essayer de me suivre afin de gagner quelques minutes de sommeil après l’arrivée. Nous ferons ainsi jusqu’à la Croix de Coste, der’ des der’ du D+ (19 mètres…) avant d’attaquer la longue descente vers Queige.

Je sens alors que j’ai des jambes de folie. Je demande alors à Freddy qui coince à cause de son genou fragile si il m’autorise à m’avancer, ce qu’il acquiesce. C’est non sans remord que je l’abandonne pour entamer cette descente.

Et là, sensations extra, une descente beaucoup plus facile (en tout cas pour moi) qu’imaginé. Au fur et à mesure de ma descente je passe un nombre impressionnant de personne. Les lacets s’enchaînent, le temps passe, j’ai de plus en plus chaud car j’ai gardé mon coupe-vent, une véritable étuve !!

En résumé, j’ai avalé les 8 kilomètres et 1500m- en 1h17. Alors vu comme ça, cela ne paraît pas exceptionnel mais j’avais l’incroyable impression d’aller vite… Quoi qu’il en soit, même si cela n’était que secondaire voire tertiaire pour moi, je gagne 19 places depuis le Mont Bisanne.

Je passe le dernier bénévole qui a encouragé chaque coureur d’une sincérité qui en a fait larmoyer plus d’un. De grands merci en retour et la fin qui se profile, mais Queige qui n’apparaît pas. Ce n’est qu’au dernier moment, après un étrange panneau « Attention maison, Adaptez votre vitesse » (bien sûr mis en place à l’origine pour les vtt..) qu’enfin j’entrevois les premières maisons du haut de Queige.

Ce n’est plus qu’une formalité : quelques passages entre les maisons, dans les cours, les jardins, des petites ruelles, puis l’Église, puis on longe la route pour se diriger vers le stade… je prends un passage souterrain pour déboucher sur le stade, il fait encore nuit et l’éclairage est à bloc, la passerelle installée pour l’occasion puis 6-7 marches et enfin la dernière ligne droite !!! je savoure cet instant et me dit même dans ma tête que ça y est, c’est déjà fini...

Étrange sensation, je me présente devant l’arche d’arrivée, attend que le coureur précédent finisse de poser pour la postérité et je boucle en 25 heures 20 minutes et 32 secondes mon Ultra Tour du Beaufortain…


L’arche tant convoitée (Photo www.queige.com)


Je suis en nage sous mon coupe-vent et me pose sur un banc pour retrouver mes esprits. Je revois Hervé rencontré à Parozan arrivé juste derrière moi et échange nos mails pour lui transmettre mes photos. Je revois Laurent de Frontonas avec qui j’ai papoté aux Saisies. Je suis dans un brouillard d’endorphine après cette descente rapide et cette journée de 25 heures…

Je me poserais quelques minutes avec Claire, Pierre et Aurélie qui m’ont suivi pendant tout se périple. Cette victoire est aussi grâce à eux, toujours présents à tous les moments, un immense merci ! Je récupère la veste finisher, le seul bémol… on s'attendait à mieux mais c'est vite oublié. Une mini-douche, un super massage qui me permettra de ne pas souffrir durant les 3 heures de nuits que j’ai dormi après une rentrée au gîte à 7h avec le second levé de soleil de cette longue journée.. Je revois Freddy qui est bien arrivé. J’aurais des nouvelles de Raymond que le lendemain, il a arrêté mais au bon moment et avec lucidité, bravo à toi. Dominique est également finisher, félicitation.

Je suis heureux, tout simplement heureux !! Quelle aventure, je ne pouvais espérer que tout se passe aussi bien !!

Pas de pépins physique, pas une seule crampe, pas d’ampoules, pas de frottements nulle part, pas de coup de mou seulement quelques moments de fatigues dans la nuit. Le physique ne m’a pas lâché et la tête encore moins, elle a toujours su que j’irai au bout !!!

6 mois de préparation se terminent et c’est la première fois que je me dis que, oui je recommencerais bien !! Que le corps est époustouflant et qu’il peut s’adapter à de nombreuses situations. Jamais je n’aurais espérer courir après 95 kilomètres et 6500 mètres de terrain délicat. Que, oui modestement j’ai réussi ma préparation… Que, oui le partage de ces instants décuple le bonheur de l’accomplissement !!

Maintenant c’est repos, 10 jours après j’ai encore des étoiles plein les yeux et espère revenir très vite en mode randonneur pour faire profiter de ces coins fabuleux à mon entourage.

Encore une fois, merci à l’ensemble des personnes m’ayant supporté de prêt ou de loin, amis, famille et collègues de boulot. Et surtout merci à cette organisation chaleureuse, humaine et sincère, qui aime leur région et nous l’on fait ressentir !!

Félicitation à tous les finishers et Vive l’Ultra Tour du Beaufortain !!!

 

Merci à l'organisation pour ce magnifique petit tour ;)

 

Col du Coin en montant au Col à Tutu

 

Vue sur la Pierra Menta en montant à la Brèche de Parozan

 

Vue du Passage de Parozan

 

12 commentaires

Commentaire de oc12 posté le 29-07-2015 à 19:26:57

Trop forts ces millavois!!! Et ça me motive pour les Hospitaliers à Nant...

Commentaire de keaky posté le 31-07-2015 à 16:44:06

Merci.. Jérôme, c'est ça??!! Nos terrains Millavois sont les meilleurs, ils entraînent à toutes les conditions (même si maintenant je suis plus en Nord-Isère) ;)

Commentaire de PhilippeG-613 posté le 29-07-2015 à 22:16:51

Bravo Flack12 !
De superbes photos vraiment, bon sang que c'était beau !
Apparemment c'était ta 1ère distance au delà de 100km, tu as bien fait de ne pas partir trop vite, c'est ce qui t'a permis de terminer aussi bien :)
J'espère que cela va te donner envie de persévérer...
Par contre ce sera difficile de trouver aussi sauvage mais bon chaque ultra est une petite aventure.
Bonne récup et encore bravo.
@+
Philippe

Commentaire de keaky posté le 31-07-2015 à 16:47:38

Merci Philippe!!! Mon deuxième 100 bornes mais le premier en haute montagne, et ça c'est une autre expérience.. Et surtout la première fois qu'en arrivant, j'ai envie de recommencer...
Encore merci et félicitation à toi, une sacrée performance :)

Commentaire de fred_1_1 posté le 29-07-2015 à 22:36:41

Merci pour ces photos : C est marrant les 3 photos sont prises en marche arrière, comme je n ai pas pris le temps de me retourner pendant la course , ce sont des paysages que je n 'avais pas vu :)

Commentaire de keaky posté le 31-07-2015 à 16:49:57

C'est bien l'avantage de mettre des plombes à avancer, ça laisse le temps de regarder autour (et derrière). La vue en marche avant est tout de même pas mal.. ;) Merci bien et bravo à toi également!!

Commentaire de jano posté le 30-07-2015 à 10:10:49

superbes photos et super récit !!
ça servira sûrement à ceux qui le feront dans le futur... ;-)
course très bien gérée et apparemment beaucoup de plaisir au final.
ah ! la descente de la brèche...toute une histoire et faut la faire pour se rendre compte du chantier...(la montée juste avant, c'est au col du grand fond)
j'ai hésité à faire vidéo (en cours de montage) et photo mais photo, c'est quand même pas mal du tout.

Commentaire de keaky posté le 31-07-2015 à 16:53:15

Merci Jano!! C'est un peu grâce à toi tout ça!!!
C'est clair que ce Parozan est incroyable, il faut le faire pour le croire..
En attendant ton second retour (photo ou vidéo n'importe) ;)
Et félicitation pour ta persévérance dans ce bel UTB :)

Commentaire de keaky posté le 31-07-2015 à 16:53:50

Au fait je crois t'avoir aperçu au départ entrain de filmer, sur la gauche du peloton..

Commentaire de Hockeyeur posté le 30-07-2015 à 10:20:32

Merci pour ce CR et ces superbes photos.
Très belle première expérience sur un plus de 100 km (et pas des moindres !)
Bravo à toi !!
Vu le plaisir que tu as pris visiblement on te reverra sur d'autres prochainement :-D

Commentaire de keaky posté le 31-07-2015 à 16:54:44

Merci beaucoup le Hockeyeur!!
Effectivement, la réussite donne des ailes et laisse place à de nouveaux projets.. ;) Au plaisir!

Commentaire de arnauddetroyes posté le 31-07-2015 à 23:22:30

merci pour ton CR et les superbes photos .
bravo pour ta course!

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