Récit de la course : Ultra 01 XT Experience - 84 km 2019, par tikrimi

L'auteur : tikrimi

La course : Ultra 01 XT Experience - 84 km

Date : 22/6/2019

Lieu : Oyonnax (Ain)

Affichage : 500 vues

Distance : 84km

Objectif : Terminer

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Papotage sur l'Ultra des Plans d'Hotonnes

Ayant enfin pu avoir un dossard pour le Marathon du Mont-Blanc, le plan initial était de faire un relais avec la Team Crapast. J’étais déjà venu l’année dernière pour accompagner un tout petit bout Manue et Thierry qui avaient fait le 160k, et un relais Crapast avait vécu une belle aventure sur cette course. 

Et puis j’ai gagné au TASK un dossard solo… j’avais un peu peur de faire le 160k (à cause du Marathon du Mont-Blanc la semaine d’après, et l’UTMB fin août), mais rapidement un grand maître Kikourou me confirme que pas de problème je peux m’inscrire sur le 84k.

Au niveau de ma préparation, rien de bien spécial, je fais pas mal de vélotaf, je cours le mercredi avec Crapast, et je fais des sorties le week-end quand je ne suis pas trop fatigué de ma semaine de travail ou en train de lutter contre une bronchite ou une allergie. L’avantage avec l'âge et l’expérience, c’est que l’on regarde d’un œil très lointain les articles “préparez vous à un trail de 80k en 12 semaines avec 4 séances par semaine”. En 5 ans mon mode de vie à complètement changé, et je suis maintenant capable de courir ce format à n’importe quel moment de la saison sans préparation spécifique. 
Environ 2 semaines avant la course, Manue m’annonce qu’elle s’est inscrite également sur le 84k. J’aurai donc sur la course une partenaire… et une assistance : Alex (le mari de Manue) et ses enfants vont nous suivre toute la course. 
Je bosse toute la journée du vendredi, mais je jette un œil sur notre relais (départ le vendredi à 18h). On pensait peut-être pouvoir se croiser le samedi, mais ça va très vite, et quand ils sont repartis des Plans d’Hotonnes, on était encore dans le Pays de Gex avec Manue. Ils ont l’air de vivre une superbe aventure ensemble.

Sac préparé

Allé, 5 heures du matin, on met le sac (préparé à la va vite la veille au soir) dans la voiture, et direction les Plans d’Hotonnes avec Manue. On attend un peu que les dossards arrivent d’Oyonnax, et on part à 7h pour une belle ballade. Il ne fait pas froid, et l’atmosphère est super humide. Au début ça monte un peu jusqu’au Crêt du Nû, et ensuite c’est un profil très très roulant et plutôt descendant jusqu’au Poizat. Le plateau du Retord est un endroit tout simplement magnifique. Il n’y a absolument rien à perte de vue, et du coup notre regard est attiré par un champ de fleurs, un caillou, le sentier, … . Par contre, qu’est-ce que l’on court, et plutôt vite. Je sais très bien que je vais payer l’addition plus tard, mais on se fait plaisir avec Manue. L’année dernière, après 100k de course, toute cette section elle l’avait marchée… je crois qu’elle y a pris plus de plaisir cette année.

Le Retord... le milieu de rien

On arrive au 1er ravito du Poizat en 2h37au kilomètre 22, où Alex et les enfants nous attendent avec cloche et bonne humeur. Houla, ça va vite quand même, et je suis moins à l’aise que d’habitude pour me ravitailler. Après le ravito, on descend encore jusqu’en fond de vallée, et ensuite c’est un profil montant sur plus de 20k (où l’on va beaucoup moins courir)... donc on court tant que l’on peut. On passe sur l’autre versant, et il faut activer le mode montée pour se hisser jusqu’à Giron. Et là, c’est le drame, je prends une grosse fessée. Je suis complètement scotché dans la pente, et il m’est impossible de suivre Manue. J’active le mode ultra en me répétant le mantra “lentement mais tout le temps”. Dans les portions plates, il m’est impossible de relancer tellement je suis à l’ouvrage. En arrivant à Giron, Alex m’annonce que Manue a quitté le ravito il y a déjà 10 minutes, et qu’en plus elle s’est perdue dans la monté. Bref la grosse fessée dans la montée se confirme. En se posant au ravito, je me dis “mais en fait, je ne me suis jamais fait doubler… ok t’es dans le dur, mais refais les niveaux d’eau, attrape une tranche de pain et sors de là”. En regardant les chronos après course, ça se confirme : je ne perds pas de places entre le Poizat et Giron (j’en gagne une), mais c’est Manue qui a fait une montée monstrueuse : elle gagne 20 places, et à ce moment de la course, elle ne le savait pas, mais elle était 3ème. 

Donc je repars du ravito, et le temps de faire passer ma tranche de pain complet (ça m’a quand même bien pris 15 minutes), je vois au loin 4 coureurs arriver en sens inverse et reprendre le parcours. J’avance maintenant plutôt bien, et je reviens sur le groupe… et je retrouve Manue qui s’est perdue une deuxième fois. Elle est accompagnée de Donald qu’elle ne quittera plus jusqu’à la fin de la course. Et là, c’est assez simple de comprendre pourquoi ils se sont perdus… ça papote, mais un truc de fou. C’est un flot de parole ininterrompu. Quelle belle rencontre ce Donald!!!

J’ai maintenant retrouvé un second souffle, et on est sur des terrains que j’ai déjà empruntés plusieurs fois en VTT lors de la Forestière ou en ski de randonnée nordique. On court encore beaucoup en direction de la Borne au Lion. J’appréhende un peu la descente vers la Pesse. Suite à un changement de parcours, nous allons devoir descendre 5k sur la route. On a déjà fait pas mal de bitume depuis le début de la journée, et ça commence un peu à taper. A la Borne au Lion, grosse surprise, on tombe sur Bruno qui était monté en vélo. Quel plaisir de le croiser là. On discute un peu, de la pluie (qui justement commence à tomber… ça fait du bien) et du beau temps (qui reviendra plus tard dans la journée). C’est lui qui va faire le serre-file pendant la deuxième nuit du 160k. Un peu plus loin, c’est Alex qui nous rejoint, il a laissé les enfants à ses parents qui tiennent le ravito de Belleydoux (15k plus loin) pour venir à notre rencontre. 3 heures plus tôt, j’étais complètement à la rue dans la montée vers Giron, et me voilà maintenant à courir vers la Pesse avec Manue, Donald, Alex et Bruno qui nous escorte en vélo. Ça me surprend toujours ces retournements de situation en ultra. Il faut par contre vite redescendre sur terre : ça papote toujours, alors que moi je suis bien à l’ouvrage. On arrive à la Pesse après 8h43 de course. 5 places de gagnées sur cette section, signe qu’elle s’est plutôt bien passée.

Descente sur la Pesse

Au ravito, je ne m'éternise pas. La nourriture a toujours du mal à passer. Je préviens mon petit groupe que je repars tranquillement en marchant et qu’ils me rattraperont plus loin. Cette section entre la Pesse et Belleydoux est splendide, on est sur une crête avec une atmosphère très particulière. Je commence à faire l'élastique sur les relances, et un peu avant une grosse descente bien technique, l'élastique lâche. Nouvelle bonne fessé… mais cette fois, j’ai la lucidité de me rendre compte que je continue de doubler. C’est juste Manue, Alex et Donald qui ont embrayé (je suis curieux de savoir si ça papotait toujours à ce moment).

Sur les crêtes

Au ravito à Belleydoux, je croise les parents d’Alex qui étaient affairés à remplir les gourdes des coureurs, et je tape un peu dans les bonbons Haribo de Marine et des chips un peu épicés. Enfin un truc qui passe!!! Alex me dit que je dois avoir environ 10 minutes de retard sur Manue et Donald. 

Je continue mon petit bonhomme de chemin en relançant quand je le peux. Une chose est certaine, je n’ai pas l’allure de Manue et Donald, mais je suis en train de faire une très belle course, et ce n’est pas à deux mètres du bol de sangria que je vais lâcher l’affaire. Environ 30 minutes après avoir quitté le ravito, j’entends comme des acouphènes… mais non, c’est Manue et Donald qui encore une fois se sont perdus. Il ne reste maintenant que 2 ou 3 petites côtes bien sévères, et la descente sur Oyonnax. Je me force pour suivre le rythme dans les bosses (ils devront m’attendre quand même un peu), puis j’étais plutôt à l’aise dans la descente. 

On arrive en ville, et là je sers les dents pour relancer sur le bitume. J’ai vraiment tout donné et je suis à bout. J’ai juste eu le temps de rattraper Manue et Donald dans Oyonnax avant qu’ils ne se perdent pour une 4ème fois de la journée, et on file vers l’arrivée… enfin ils filent vers la ligne d’arrivée, et moi je mise tout sur la dérive des continents en espérant que la ligne d’arrivée soit sur un autre continent que moi et que je m’en rapproche sans rien faire. 

Mais Manue et ses enfants m'attendent une dernière fois, et c’est ensemble que l’on passe la ligne et que l’on sonne la cloche.

Arrivée

Clap de fin sur cet ultra. Que de beaux moments partagés. Grand merci aux trois générations de ma famille d’adoption du jour. 

Pour la petite histoire, je finis 42ème sur 72 à l’arrivée en 12h40 (encore 9 places de gagnées sur la dernière section), et Manue termine 4ème féminine et 2ème de sa catégorie… le podium est à 50 minutes devant, mais je suis certain qu’elle a préféré papoter pendant des heures avec Donald quitte à se perdre que de courir après un podium qui était plus qu’à sa portée. 

Ce dossard m’a été offert par l’organisation via un tirage au sort Kikourou. Un grand merci à l’organisation et à Kikourou. 

Le concept de la course est vraiment génial : on peut se reposer sur la logistique de l’organisation (rien à redire sur les ravitos) ou avoir sa propre logistique. On peut courir seul, ou se faire accompagner. On n’est pas infantilisé avec du matériel obligatoire qui ne sert à rien, mais on est responsabilisé pour prendre le matériel adapté à notre niveau et à la météo du moment. Bref, du trail en liberté sans contraintes. 

A mon avis, l’essence même de cette course, ce sont les relais. Je suis très fier de ma course, mais également très envieux de ce qu’ont vécus les relayeurs de la Team Crapast. C’est quand même quelque chose de vivre plus de deux jours ensemble dans un camion en se déplaçant de ravito en ravito, de se réconforter, de s’encourager, d’essayer de dormir, de se féliciter, de donner des nouvelles aux suiveurs, de faire cuire des saucisses au barbecue dans un lieu improbable… et de ravitailler un relayeur avec. 

Evidement que je reviendrai sur cette course. Dans un relais certainement, sur le 160k pourquoi pas. 

Quel dommage de n’avoir pu monter à Chalam et d’être descendu à la Pesse par la route. Ce n’est évidemment pas le choix des organisateurs, et je leur souhaite de pouvoir concrétiser leur projet dans les années à venir. Je sais très bien que leur souhait est de nous emmener sur les crêtes du Haut-Jura, et à force de persévérance, ils vont y arriver.

5 commentaires

Commentaire de Runphil60 posté le 23-06-2019 à 22:32:02

Hello, et bien bravo pour ta course et ton retour !
Tu m’as double avec ma casquette dans la montée de votre départ!
Oui, le concept est bien , par contre, sur ce que j’ai vu du long (95km) ça ne me donne pas envie d’y Retourner mais je ne suis peut être pas objectif ;-)

Commentaire de tikrimi posté le 23-06-2019 à 23:26:08

Oui, je me rappelle très bien de toi. Je conçois complètement que l'on puisse ne pas aimer ce parcours. Là où l'on s'est croisé, Manue avait beaucoup moins aimé l'année dernière quand elle y est passée en marchant après 20 heures de course que cette année en y trottinant.
Bonne récupération, et bravo à toi, car tu as quand même fait 100 bornes sur des bases stratosphériques pour moi.

Commentaire de BouBou27 posté le 24-06-2019 à 09:38:59

Pas encore fini de lire le récit, mais il est impossible de voir les photos...

Commentaire de tikrimi posté le 24-06-2019 à 12:38:03

Merci pour le retour... j'ai réparé les liens vers les images.

Commentaire de BouBou27 posté le 24-06-2019 à 09:57:39

Voilà, j'ai fini !! Bravo pour cette bonne gestion de course. Tu sembles avoir beaucoup d'expérience pour accepter la course comme elle se présente et laisser passer les coups de moins bien

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