| L'auteur | La course | |||
| Kikoureur : Epitaphe
Si vous appréciez ce récit : faites le savoir ! Laissez un commentaire ici (il apparaitra en dessous du CR) Envoyez un message à l'auteur (Epitaphe) Papotez avec l'auteur, il a ses habitudes sur les communautés : UFO, courseapied.net, Le forum de Bruno Heubi |
|
|
||
| Ce récit a été lu par
1274 visiteur(s) ! Distance : 21.1 kms Matos : Objectifs : Pas d'objectif |
||||
| Semi de Paris, 21.1 kils de calvaire... | ||||
Samedi 1er mars, 20 heures, dans un petit restaurant de la rue du Faubourg Saint-Antoine une platée de pâtes se fait du soucis pour son avenir immédiat.
Attablé devant avec quelques amis qui participent tous au semi de Paris, je la regarde d'un air morne. La nourriture est excellente pourtant, les Penne all'amtriciana sont autant savoureux que bien présentés, et le vin, dont nous partagerons une bouteille à cinq, fruité à souhait. Quant à la compagnie, comment ne pas se sentir bien au milieu de 4 amis ?
Depuis mercredi soir, une gastro pourri ma vie, une belle, une vraie gastro, une de celle qui m'oblige à une relation intime avec la cuvette de mes WC, où plutôt à des relations intimes dont la fréquence n'a d'égale que la brièveté. Cette relation me bouffe toute mon énergie, me vide de mes forces et me désespère. Inscrit au semi de Paris dont j'espérais de précieuses informations dans le cadre de ma préparation au Marathon de Paris, je ressens à peu près les mêmes envies de m'aligner au départ que devant un intégral de Céline Dion. Pour une fois, pour la première fois même, que je suis sérieusement un plan... Ma déception est vive, d'autant plus que comme je suis un plan principalement axé sur le FC, je me lance un peu à l'aveuglette concernant le temps prévu et je comptais beaucoup sur le semi de Paris pour m'éclairer un peu. Tant pis, malgré les douleurs qui me réveillent, malgré la peur de l'humiliation de ne pas trouver assez vite des wc en cas de besoin au milieu de 20'000 coureurs, je partirai. Et à défaut de m'apporter des indications horaires, ce semi servira tout au moins à me forger un minimum le mental.
Dimanche, à 6h30, le réveil me sort du lit. Pour la première fois depuis les 3 nuits précédentes, je n'ai pas trop mal dormi. Le mérite en revient probablement au pastis que j'ai avalé hier soir, sec avant d'aller me zoner. Je n'aime pas le pastis, mais je me souviens de mon père et de mon grand-père qui vantaient les mérites de cette boisson, au point où j'en suis, autant essayer... Bref, 2 ou 3 morceaux de pain noir, un yaourt et chaque fois que j'ai soif, un verre de smetca. Lorsque je me rend dans le sas de départ, je me sens presque bien et j'ai récupéré mon envie d'en découdre.
C'est ma première course dans une grande ville, et le monde présent m'amuse plutôt. Nous nous fixons rendez-vous près d'une cahute à Kebab pour après la course avant de rejoindre nos sas respectifs. L'ambiance me plaît assez même si je suis un peu déçu, imaginant ça un peu plus festif. En fait, je suis entouré de coureurs assez blasés. Par contre, le départ sur « les chariots de feu », je trouve ça vraiment trop cliché, dommage!
Le plaisir d'être là, l'ambiance, je suis le mouvement et avale mon premier kil en 5' 32''. Je me sens bien, et le 2ème kil passe tout aussi bien. L'allure me correspond assez et ma FC est plutôt basse, ce qui me va bien, vu que j'ai décidé de ne pas forcer du tout aujourd'hui. C'est au ravitaillement de Bastille, au 10ème kilomètre, passé aux alentours de 56', que je prend un coup de bambou mémorable. Subitement, mes jambes me font mal, mon rythme baisse significativement alors que mon cardio s'affole. Je prend 2 bouteilles d'eau (oui, deux, que la honte me foudroie) et, avec une pensée émue pour Monsieur Cyrano, je m'octroie 20 secondes salvatrices de marche.
C'est un peu rageant tout de même, les sorties longues de mes derniers dimanches dépassaient les 21 kils et passaient sans trop de problèmes, et voilà que 10 petits kilomètres de pavés parisiens et quelques virus mal intentionnés ont raison de moi. Après mon Cyrano improvisés je repars doucement pour ce qui ne sera plus qu'un long calvaire. Les kilomètres s'égrainent doucement, à un rythme des plus lents. Je me fais dépasser le long de l'avenue Daumesnil par les meneurs d'allure 2h00, je me rappelle vaguement avoir pensé, devant la mairie du XIIème que c'était le 12ème kilomètre et d'avoir trouvé ça drôle avant de me désoler de mon état qui me laissait apprécier un humour aussi pitoyable.
Bref, je laisse le pilotage automatique qui me traîne tant bien que mal au 15ème kilomètre, où je me souviens brutalement de mon tube de gel que j'avale avec quelques gorgées. Mon estomac fait des bruits inquiétants que je décide d'ignorer de peur de leur signification annonciatrice de situations qui pourraient s'avérer gênantes. 20 secondes de Cyrano et je repars pour les 6 derniers kilomètres qui ne me laisseront que peu de souvenirs. Je me rappelle vaguement avoir aperçu Baltha de courseapied.net sur un pilier en train d'encourager les coureurs, un appareil de photo en bandoulière et avoir failli lui envoyer un sonore : - Salut Baltha ! Retenu au dernier moment lorsque je me suis souvenu qu'il ne me connait pas. Je me souviens également d'une fanfare de chasseurs sur une sorte d'îlot au bois de Vincennes. La traversée de Vincennes me semble longue, très longue.
Enfin l'arrivée se profile, j'échappe totalement à la gaieté ambiante mais arrive tout de même à esquisser une sorte de sourire devant les photographes. Dès l'arrivée, j'ai froid, je gèle littéralement mais je suis tout de même heureux d'avoir terminer cet enfer avec juste deux fois 20 secondes de marche, et sans pause humiliante au détour d'un arbre vincennois, malgré mes 2h00 et quelques 6 minutes de calvaire.
Bref, me voilà donc peu avancé quand au temps que je peux espérer au MDP, je sais juste que je vais commencer tout doucement avec pour seul et unique objectif, le passage sous cette arche d'arrivée. Pour les chronos on verra plus tard, dans 2 ou 3 réincarnations...
Epitaphe
Commentaires
L'Ourosn_ki_sera_Garde_des_Corps;-)_si_sa_tendinite_est_guerrie...
un grand bravo à toi, pour avoir couru avec une gastro et d'avoir fait un temps tout à fait honorable dans ces conditions.
Ton récit m'a beaucoup fait sourire. Merci.
Tu as marché 40secondes, et alors? personnellement, je considère que marcher un peu est plus bénéfique qu'autre chose, mais cela reste très personnelle.
Bonne fin de préparation et rendez-vous à Paris
Moumie
Merci pour ton récit et un grand bravo pour ton courage. C'est pas donné à tout le monde de parcourir 21 km affaibli par une gastro. "Ce qui ne tue pas rend plus fort". Soigne-toi bien et tout ira pour le mieux au MDP.
amicalement
Bravo pour ta course. Dis-toi que tu es en préparation, et que l'objectif c'est le 6 avril. Il est normal si tu suis un plan que tu ne sois pas à 100% 5 semaines avant. Et ça, c'est sans compter la gastro. Donc remets toi vite, et tu verras, ça va le faire au marathon.
Amicalement
Le prochain semi les doigts dans le......... nez !! biensur !!!!
bon retablisement
domdom
Si cela peut te "consoler" chrystelle n'a pas pû le faire du tout, à cause d'une lombalgie. vous serez donc 2 à vouloir votre revanche légitime sur le MDP.
Au fait, on donne du coca dans les hostos pour la gastro, pas du pastis. L'alcool c'est mortel pour les pattes !
Laissez un commentaire ici.
Note importante : l'auteur du récit a la possibilité de modérer lui-même les commentaires qui sont faits sur son récit (en supprimant les commentaires indésirables).