Récit de la course : Saintélyon 2008, par jean-chris05

L'auteur : jean-chris05

La course : Saintélyon

Date : 7/12/2008

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 1794 vues

Distance : 69km

Objectif : Pas d'objectif

7 commentaires

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Saintélyon 2008

Aujourd’hui, pour ma première SaintéLyon,  pas de reportage vidéo, je ne pouvais pas faire mieux que le Kéké lors de l’édition 2007.

 

Je me contenterai d’un petit récit.

 

Objectif prioritaire : terminer en bonne santé.

Objectif horaire affiché : moins de 10 heures pour les 69km. 

Objectif horaire inavoué : Classé secret défense.

 

11h25 : Mon train quitte le quai de la gare de Gap, il a neigé cette nuit, l’aventure commence…

 

16h12 : Arrivée à  Lyon Part Dieu, il ne pleut plus, métro jusqu’à Gerland où m’attend une navette pour Saint-Etienne.

 

18h00 : Retrait du dossard 5055 et installation dans un Parc-Expo qui sent bon la campagne. Je déroule mon matelas sur des restes de paille et m’enferme dans ma bulle, le buff Kikou sur les yeux.

 

22h45 : Surprise lorsque j’émerge, le Hall est surpeuplé, plus un espace de libre, prise de conscience de la dimension de l’évènement.

 

23h15 : Je dépose mon sac dans son car, il arrivera avant moi, et me dirige, impatient vers un sas de départ qui s’emplit peu à peu.

Bientôt minuit, l’émotion est bien présente, émouvante pensée pour Lolo, les frontales brillent, les yeux aussi…

 

00h00 : 4500 lumières s’élancent vers Lyon, combien y arriveront ?

Tout commence par de larges avenues dans Saint-Etienne, des spectateurs en pyjama sont aux fenêtres.

 

1h03 (Sorbiers KM9) Premier contact avec la boue, il a beaucoup plu dernièrement. Cette année, la SaintéLyon c’est 55% de bitume et 45% de gadoue bien grasse, collante et glissante !

Une petite pensée aux victimes de cette guerre des tranchées.

Au sommet de la première côte, je prends le temps de me retourner. Un interminable ruban lumineux s’échappe de la ville. Les lueurs de Saint Etienne ont décidé d’aller à Lyon pour participer à la fête des lumières.

 

1h55 : (St Christo KM16) Premier ravitaillement, 5 minutes d’avance sur mes prévisions, le plaisir est au rendez-vous.

 

Les premiers relayeurs nous doublent comme des avions. Il va falloir surveiller ses arrières…    

 

Nous atteignons le point haut du parcourt (850m). La température avoisine les 2°C, le vent est quasi nul, les étoiles brillent, les conditions sont donc idéales pour le slalom géant en direction de Sainte-Catherine (patronne des skieurs nocturnes sur boue et sans ski).

 

3h33 (KM28) : Sainte-Catherine a été bienveillante avec moi, j’atteints le ravitaillement au terme d’un schuss final bien maîtrisé. 12 minutes d’avance sur mon plan de marche, je me suis encore enflammé dans la descente !

 

Je commence à sentir la fatigue. La descente du bois d’Arfeuille, où les relayeurs prennent des risques en doublant la chicane de moins en moins mobile que je suis est moins amusante.

 

4h55 (KM36) : J’arrive à Saint-Genoux (priez pour les miens qui commencent à tirer) pile dans le temps prévu. Mais je sens que je n’ai plus de réserves. Je suis moins bien, commence à sentir le froid et enfile mon coupe vent. Mon objectif secret est oublié…

 

Je parviens tout de même à maintenir un rythme acceptable dans la longue descente en direction du 5ème ravitaillement. Magnifique vue sur les lumières de Lyon.

 

6h03 (KM45) : C’est à Soucieu que les soucis commencent. Seulement 3 minutes de retard sur mes prévisions. Mais j’ai déjà puisé dans mes réserves. Je savais que la course commençait ici, je sais que les 24 derniers kilomètres vont être longs, très longs.

 

Des cuisses qui refusent de courir dans la descente bétonnée du Garon. Pas de téléski pour la montée qui suit (en plus, j’avais oublié mes peaux de phoque).

Un coq parvient à chanter les pieds dans la boue. Les minutes semblent des heures, le jour tarde à se lever. Embouteillage monstre dans une tranchée hippopotamesque que n’auraient pas désavoué les poilus de la grande guerre.  La bataille des 15 derniers kilomètres s’annonce terrible.

La descente vers Beaunant achève mes dernières forces. Je n’ai plus de réserves lorsque le soleil se lève. La bataille du Rhône ne peut se gagner en taxi, il va falloir en finir à pieds, baïonnette au canon.

Marcher dans la rude montée de Sainte Foy, alterner avec de courtes séquences de course dans Ste Foy les Lyon, serrer les dents dans la bascule vers Lyon. Longer les interminables quais du Rhône, encore 309 km et c’est la mer. J’ai l’impression d’avoir couru jusqu’à Marseille lorsque je reçois l’accolade de Chorizo13 qui, comme des centaines d’autres depuis trois heures, vient de me dépasser. J’essaye de m’accrocher, je double un canard qui paresse au bord du fleuve… 

 

9h28 : C’est l’arrivée au palais des sports de Gerland avec 28 minutes de retard sur mon objectif secret que je ne dévoilerai pas…

 

Un sac facilement retrouvé (comme prévu il est arrivé avant moi), une petite douche, un bon petit repas pendant la remise des prix, des bravos pour les bénévoles et il est temps de rentrer.

 

A noter que de très nombreuses personnes, l’air hagard, mal rasées et  la démarche hésitante ont été signalées dans les escaliers du métro et des gares lyonnaises. Les autorités compétentes enquêtent sur ce phénomène inquiétant.

 

Quelques indications pour ceux qui envisageraient de se lancer dans l’aventure :

 

Habillement : (Pour une température à peine supérieure à zéro)

-         Première couche Craft

-         Haut et Bas longs Kalenji

-         Buff Kikourou (prévoir bonnet léger dans sac)

-         frontale Petzl Tikka XP (largement suffisante)

-         Gants légers Quechua

-         Diosaz 20 raid team (léger et stable)

-         Chaussettes de ski de fond Falke (efficaces)

-         Chaussures Wings XT (Il me semble qu’avec la boue, des trails étaient le bon choix)

-         Veste légère Falke dans le sac (Utilisée à partir de 5H00)

-         Fond de sac (sparadrap, couverture de survie plies de rechange)

-         Quelques gels pour tenir entre les ravitaillements

 

Temps de passage :

-         St Christo KM16 1h55

-         Ste Catherine KM28 3h33

-         Soucieu KM45 6h03 à partir de là, tout est possible.

On peut alors finir en 8 heures comme en 11. Toutefois, en moyenne, on peut alors raisonnablement espérer terminer en moins de 9 heures.

                

7 commentaires

Commentaire de laurent05 posté le 08-12-2008 à 19:22:00

bravo jean chris pour ta course
merci de nous faire partager ces moments
de bonheur et de douleur
bonne récup
à bientôt

Commentaire de intuitiv posté le 08-12-2008 à 19:26:00

super, que du courage et c'est ce qu'il faut avant d'imaginer des chronos meilleurs , je crois.
c'est vraiment une epreuve particuliere digne de ce nom.

Commentaire de chorizo13 posté le 08-12-2008 à 19:42:00

salut jean-chris, content de t'avoir rencontré
on n'a fait pratiquement la course ensemble
st christo :1.55
sainte catherine 3.37
soucieux 6.16
lyon 9.29
etonnant non
a la prochaine dans les alpes
yves

Commentaire de vial posté le 08-12-2008 à 22:24:00

course bouclée
récit synthétique
plein d'infos sur l'équipement
bravo à toi
michel

Commentaire de Baobab posté le 09-12-2008 à 13:53:00

J'aime bien ton image de poilus qui partent au combat. C'est vrai que c'était humide et gadouilleux. Bravo à toi, tu l'as eu au mental ce chrono, là où tu aurais pu tout lâcher. C'est pas un problème : l'année prochaine Sainté de bronze dans ton salon !

Commentaire de Mamanpat posté le 10-12-2008 à 10:08:00

bravo d'être allé au bout !
Comme toi, l'an passé je pensais finir en 9h, il m'en aura fallu 9h30...

Bonne recup !

Pat

Commentaire de peeweeonline posté le 10-12-2008 à 23:14:00

Merci pour ton commentaire sur mon récit. C'est marrant j'avais lu le tiens et j'avais noté que tes premiers temps de passage étaient similaires aux miens (st cristo et ste catherine)la deuxième partie est mieux passée pour moi même si j'ai souffert.
Décidément entre kikourou et les vidéos on se retrouve les uns les autres... Y a pas tant de monde que ça sur la sté-lyon ;--)

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