antidépresseurs et moral sur course

Discussions sur des sujets "sérieux" en rapport avec la course à pied.
Entrainement, physiologie, nutrition, blessures, gestion de course, ...

Modérateur: Modos

antidépresseurs et moral sur course

Messagepar DamaParis » 08 FĂ©v 2013, 23:17

Bon. Pas facile de parler de certains sujets.
Pas facile non plus de trouver leur place dans le forum. J'ai choisi celle-ci car je veux parler de CàP et de gestion de course après une période difficile pendant laquelle j'ai pris des antidépresseurs.

Une certaine fragilité personnelle a explosé il y a plus de 4 ans, après un changement d'employeur (mon travail actuel). Ne me sentant pas capable de m'en sortir seul, j'ai consulté un médecin puis un psychologue-psychothérapeute.
Voilà donc bientôt 3 ans et demi que je prends des antidépresseurs (venlafaxine=Effexor)

Autant dire que j'ai appris l'ultra-trail sous l'action de cette molécule. Mon mental est donc influencé par ce traitement.
Aujourd'hui, je vais mieux et mon psy, mon médecin et moi avons décidé de réduire les doses dans l'optique d'arrêter.
Mais cette semaine, j'ai senti le manque... pas de panique, pas de crise, mais une sorte de tristesse latente, un manque de courage assez permanent. Je sais bien qu'il faut en passer par lĂ .

Mon message porte sur la gestion de mes prochains ultras. J'ai peur de ne plus avoir le mental qui m'a permis d'aller au bout de la Diagonale, notamment.

Quelqu'un aurait une expérience (même si chaque cas est toujours différent) à m'apporter, des conseils à prodiguer?
Merci.
DamaParis
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar fifidumou » 09 FĂ©v 2013, 02:24

Arrete vite ces medicaments
Quand je dis vite , c'est pas demain ou aprés-demain
mais plutot Ă  la vitesse que te preconisera ton medecin
A mon avis aprés 3 ans tu ne devrais plus en avoir besoin
En général une depression se guéri toute seule ou avec des medicaments comme l'effexor , en moyenne entre 12 et 18 mois

Si tu en prends depuis 3 ans c'est a priori que tu dois être gueri (guérie ?)
Si tu ne t'es pas senti bien en baissant la dose c'est que tu es descendu un peu trop vite
Aprés 1 an de traitement il faut baisser de 1/4 de moins par mois

Si tu prend ce medicament pour l'angoisse et non pour la depression
peut -ĂŞtre pourras tu trouver un autre medicament
ou de la sophro ou de la meditation ou du yoga ou de l'hypnose ou de la psychotherapie comportementale sans forcement toujours prendre un medicament

En tout cas si tu as pu faire la diagonale je ne crois que tu sois encore en depression
(enfin je peux me tromper)

Par ailleurs la revue Prescrire (qui a denoncé le Mediator 10 ans avant que l'affaire ne sorte
dans les médias)
viens de publier la semaine derniere une liste de médicament à ne plus utiliser
car le rapport benefice risque n'est pas adéquat
Effexor en fait partie
Pas de panique bien sur mais arrete le dès que tu pourras


De toute façon en courant du trail tu vas " sécréter" de la serotonine dans le cerveau
exactement ce qu'est sensé faire ce médicament : Autant dire qu'il vaut mieux se soigner avec les
pompes de trail qu'avec des medocs (et pourtant j'en prescris du matin au soir, je sais donc de quoi je parle)

Bon courage Ă  toi
et Ă  bientot sur un trail ... bien long

Philippe
cours toujours, cours longtemps il t'en restera toujours quelque chose de bénéfique!
fifidumou
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar akunamatata » 09 FĂ©v 2013, 08:41

fifidumou a Ă©crit:
Par ailleurs la revue Prescrire (qui a denoncé le Mediator 10 ans avant que l'affaire ne sorte
dans les médias)
viens de publier la semaine derniere une liste de médicament à ne plus utiliser
car le rapport benefice risque n'est pas adéquat
Effexor en fait partie

Philippe


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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar DamaParis » 09 FĂ©v 2013, 11:49

fifidumou a écrit:En général une depression se guéri [...] en moyenne entre 12 et 18 mois
Au delà de la phase dépression, je crois que j'avais pas mal de choses auxquelles réfléchir et qui m'ont maintenu longtemps dans une humeur dépressive... :oops:
fifidumou a écrit:liste de médicament à ne plus utiliser car le rapport benefice risque n'est pas adéquat Effexor en fait partie Pas de panique bien sur mais arrete le dès que tu pourras
Je suis déjà en train d'arrêter. Mais ça doit être dur de "faire son deuil" d'un médicament, quand on a mis son espoir dans son pouvoir... et qu'on apprend qu'il est inefficace et que tout est à refaire :cry:
fifidumou a Ă©crit:[...] de la sophro ou de la meditation ou du yoga ou de l'hypnose [...]
J'ai fait de la sophro, ça m'avais fait beaucoup de bien. Mais ça ne m'a pas permis de faire face à mes problèmes qui ont éclaté plus tard. Maintenant que j'ai travaillé sur ces problèmes, je souhaite revenir à la sophro ou tester la méditation. ICI on dit que la méditation n'est pas efficace dans une période de crise, qu'il faut un minimum d'apaisement.
J'irai à une présentation de l'hypnose, qui visiblement, présente des intérêts pour la gestion de course.
J'espère que ça m'aidera à passer à des trails et ultras sans cet antidépresseur.

D'ailleurs (mais ça n'a peut-être rien à voir) j'ai trouvé être dans un état second sur la Diagonale, un peu comme un autre moi. J'ai même des souvenirs assez émoussés de cette course.
fifidumou a écrit:en courant du trail tu vas " sécréter" de la serotonine dans le cerveau
Je ne sais s'il y a une addiction médicale à cette sécrétion, mais la CàP et l'ultra-trail, c'est un peu une drogue, au sens commun, et je le sens bien :wink:
fifidumou a Ă©crit:Bon courage Ă  toi et Ă  bientot sur un trail ... bien long
Merci Philippe !
Damien
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar Marckorel » 09 FĂ©v 2013, 12:17

Je me permet d'ajouter mon grain de sel pourtant bien négligeable (et digne d'un conseil doctissimo).
En ce qui me concerne et c'est aussi le cas pour beaucoup d'autres des coureurs ici-présents, la course était au départ un moyen de sortir d'une forme de dépression ou d'un gros coup dur.
Si j'aurais une suggestion tirée de mon expérience perso, ça serait de chercher un accomplissement sportif au delà de tes capacités actuelles sur 6 mois au moins et de t'y tenir quitte à emmerder ton entourage avec.

Concernant l'hypnose je te suggère de lire le "traité pratique de l'hypnose" de Milton Erickson et co. Même sans mettre en pratique on en apprend beaucoup et si cela peut t'aider à t'auto-suggérer voir relativiser ce qui te rend anxieux, ça sera toujours ça de pris (il a rédiger d'autres livres sur l'hypnose thérapeutique mais ce livre-ci reste une référence)!

Voili voilou, bon courage, accroche toi, si t'as le mental pour faire un ultra, tu peux forcément t'en resservir pour faire des choses merveilleuses!
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar DamaParis » 09 FĂ©v 2013, 14:12

Marckorel a écrit:"traité pratique de l'hypnose" de Milton Erickson et co
Merci! je vais regarder ça :wink:
Marckorel a écrit:chercher un accomplissement sportif au delà de tes capacités actuelles
Effectivement, la Diagonale a été pour moi un événement très fort qui m'a permis de consolider ma confiance en moi, au delà de la CàP. Ces 13 années de CàP en fait, déjà mon 1er marathon en 2001.
Mais aussi l'occasion de multiples week-ends trail très agréables, avec des amis.
Marckorel a écrit:Voili voilou, bon courage, accroche toi, si t'as le mental pour faire un ultra, tu peux forcément t'en resservir pour faire des choses merveilleuses!
Merci! Moi je sors la tête de l'eau, mais c'est aussi pour d'autres coureurs en difficulté que j'ai voulu créer ce sujet. Peu de choses sont sorties de mes recherches web sur la dépression et la CàP, le thème est peu propice aux confidences. :?
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar JM2 » 09 FĂ©v 2013, 21:43

Ouah les loulous

ca me fait du bien de vous lire j essyae de reprendre de maniere régulière la cap apres un peu plus de 18 mois de déprime et crise d'angoisse et reprise du tabac et ce que je lis me conforte dans mon choix. La le soucis c'est la prise de poids en parralele (je ne cours pas encore comme je le faisais 2 à 3 fois par semaines il y a 2 ans )

merci a vous
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar Free Wheelin' Nat » 09 FĂ©v 2013, 22:47

Si je peux apporter un petit vécu sur le sujet...
L'hiver dernier j'ai changé de taf, et j'ai fait un burn-out : j'étais limite incapable de bosser, mais continuer à courir, même si j'étais épuisée à tous points de vue, m'a considérablement aidée à maintenir la tête hors de l'eau .
Bon, il m'a fallu recourir à une supplémentation médicamenteuse (millepertuis , j'ai refusé de recourir à nouveau à du chimique), mais j'ai pu passer le cap, avec les encouragements de la psy ("surtout continuez à courir!").
Je suis également persuadée que le trail maintient ma RCH à distance même si de temps en temps elle repointe le bout de son nez, mais un peu de Pentasa pendant quelques semaines et ça repart viteuf.

Et je rajoute également que j'ai réalisé que oui, l'ultra m'avait également apporté une force que je ne pensais pas avoir, tout du moins que je ne pensais pas transposable à d'autres domaines...

Je me suis battue comme un beau diable, et je suis désormais appréciée dans mon boulot (pitêt un CDI bientôt...)

Ne lâchez rien surtout!

PS: j'ai entendu ou lu récemment que les épisodes dépressifs pouvaient spontanément régresser au bout d'une durée qui tournerait autour de 6 mois... A creuser comme info?
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar CĂ©dric V » 12 FĂ©v 2013, 00:13

C'est courageux de parler de tout ça.

La dépression est une maladie. La course à pied n'est pas un médicament.

La course à pied est un loisir. Un loisir qui peut participer à ton bien etre. Idéalement, t'aider à te construire, t'autovaloriser, te valoriser auprès des autres, et plein d'autres choses. Presqu'un outil de vie.
Mais, si elle est mal pratiquée peut t'épuiser physiquement et nerveusement. Après une grosse course il y a souvent un moment de spleen. Comme dans la vie, après de grands évènements. Le temps de digérer la grosse course.

Bon courage pour la suite !

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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar leptichat » 12 FĂ©v 2013, 07:50

Hello,

C courageux de parler de ce sujet, j étais confronté moi même à deux reprises à la même situation que toi, et bizarement les 2 cas, j ai réagit differement, sachant que dans les 2 cas, j ai refusé categoriquement les anti depresseurs car je les ai déjà pris il y 6 ans - dans une autre vie - et j étais une LOQUE

ma premiere depression, enfin, ce que mon médecin a qualifié de depression car moi j étais une pile à l époque s est guerit de elle même, mais je courrais bcp bcp bcp à l époque :mrgreen: jusqu'à la fracture de fatigue :mrgreen:

La deuxieme - plus récente -, bizarement, aucun envie de courir ni de faire du sport, ni de voir du monde, ni de quitter mon canapé ou mon pyjama :oops: , j arrivais pas à m en sortir - gros gros soucis avec mon employeur - la seule chose que je faisias, manger et remanger et encore manger, dormir et pleurnicher, et puis, j ai pris conscience de mon lamentable état, et j ai dit non, je ne prendrai pas d antidepresseurs au grand malheur de mon médecin - dés k je le vois, il ne pense qu'à me les prescrire, d ailleurs je dois avoir 3 ordonnaces avec cette saloperie - bref, en prenant conscience que je vais pas bien et et qu il faut réagir, j ai décidé d'aller ailleurs pendant le tps qu'il faut pour trouver le sourire, j ai pris ma tente et je suis partit à l'aventure à la réunion, tout s'est super bien passé grâce à un kikou super GENIAL, en rentrant, la semaine derniere, je me sens plus calme, plus zen, je suis en plein prépa citadelles avec une grande motivation... et j'ai surtout mis de la distance sur ce qui m est arrivé, ca c produit, c pas la fin du monde, la justice dira son mot mais moi je n y laisserai pas ma santé

Bref, tt ca pour dire: la depression c une saloperie, qd je lis la réponse de Philippe concernant les anti depresseurs je me dis : Ouf, heureusement que je n ai pas cedé

Courage en tout cas et donne nous de news car ton experience peut aider d'autre kikou
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar Free Wheelin' Nat » 12 FĂ©v 2013, 09:30

D'accord avec le fait que la CAP ne soit pas un médicament, mais il apporte une aide non négligeable à la guérison, ou tout du moins , (quand on arrive à chausser les baskets...mais ça vaut le coup) améliore considérablement la qualité de vie, attention toutefois à ne pas tomber dans la bigorexie, ce peut être un piège...
Après, Leptichat, un médecin qui tape systématiquement dans la prescription de médoc, il doit revoir sa copie!
La première prescription qu'il doit donner, c'est un psy (peu importe lequel, chiâtre, cologue , chanalyste...).
On doit chercher en soi la solution entièrement de ton avis, , mais on a souvent besoin en premier lieu d'une aide extérieure (à mon sens...) , et pour mon cas particulier, c'est la psy de mon fils qui est allée me repêcher en , en premier lieu, me faisant prendre conscience que vraiment je pétais un câble (nouveau boulot, collègues pas cool, seule avec les enfants avec des horaires pas du tout en phase, beaucoup de données à apprendre en peu de temps, grosse pression etc...).
Je savais bien qu'il y avait un pb (concentration, amnésies..), mais j'étais tellement speed que je n'évaluais même pas l'étendue des dégâts.
Mes gamins ont morflé également (en gros je bossais, rentrais à la maison pour repartir en salle de muscu...).
Bref, j'ai réussi à éviter le Mimile , mais parfois, il est nécessaire de recourir à une aide médicamenteuse.
Mon toubi a bien vu ma chute de poids, mon épuisement, mais a respecté mon choix de prendre du "léger" (mais pas anodin, attention.. c'est incompréhensible que ce soit en vente libre,d'ailleurs, vu les effets annexes ) et ne m'a pas vraiment pas poussé au traitement habituel. J'ai apprécié .
Comme c'est un jeune, il est plus ouvert et du coup a approfondi son expérience sur cette option...Il a dit "on voit" et on passe à autre chose le cas échéant.

Bon courage à tous et j'espère pour toi un issue favorable à ton souci pro, Leptichat!
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar petit franck » 12 FĂ©v 2013, 21:36

bonjour
la course a pied aide contre la depression par contre pour avoir fait des 24 heures a des moments ou j'etais mal moralement je peux dire que c aussi tres dur de courir quand on est mal , et je pense que sur des courses horaires ( ou on tourne sur un circuit ferme ) le fait d'etre stresse ou angoisse ou mal se fait plus sentir que sur des courses en ligne

bonne journee

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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar lecoureurdesbois » 28 FĂ©v 2013, 14:56

Bonjour,

bien sympa ce post, bonne idée.
Pour ma part pas de dépression mais j'y ai été confronté indirectement.
Cela laisse des traces dans une famille, il faut un bon ciment, c'est dur.
Je pense que cela va même au delà, j'ai l'impression que la dépresssion est un sujet tabou un peu comme peu l'être d'autres longues maladies. Il n'est pas facile de parler ouvertement de ce type de problème. D'ailleurs c'est un problème bien mal compris et je pense que nous sommes tous suceptibles d'en développer une un jour.
Ne resentez-vous pas une certaine forme de descrimination, une mise Ă  l'Ă©cart dans le milieu professionnel par exemple.
Le faite d'y avoir été confronté de près a changé mon regard sur cette maladie, je suis plus comphéhensif.
Enfin, pour finir il est certain que le sport doit avoir un effet bénéfique mais attention toutefois à ne pas dépasser la dose car la chute sera encore plus dur. Tout est question de dosage, le sport en compétition notamment l'ultra nous fais passer par des phases de fatigues importantes souvent l'on en s'en appercoit un peu tard.
Bon courage.
courir tel un chevreuil, ... ça c'est un rêve.
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar franck de Brignais » 28 FĂ©v 2013, 20:11

Bonjour Ă  tous,

Oui c'est une très bonne idée ce post. Pas de dépression pour moi, mais le cheminement psychologique est intimement lié au sujet.

J'ai appris il y a quelques années que je devrais vivre jusqu'à la fin de mes jours avec une maladie de Crohn. (maladie auto-immune qui s'attaque à l'intestin). J'avais déjà commencé la course à pied, la nouvelle a été terrible. J'ai d'abord pensé qu'il me faudrait arrêter de courir, le gastro-entérologue me poussait en ce sens. J'ai mis quelques jours seulement pour prendre ma décision : la vie ne fait de cadeaux à personne, ce qui nous tombe sur le coin du nez, quoi que ce soit, ne dépend plus que d'une seule personne : soi. J'ai donc pris la décision de me lancer le défi de m'inscrire et de terminer la grande course des Templiers.

Mise en place d'un traitement important qui a compliqué encore plus la gestion des efforts physiques. Ce traitement a commencé à atténuer les symptômes de la maladie (pas simple de courir quand il faut aller 9 fois par jour aux toilettes !!) mais a de nombreux effets secondaires à gérer (le traitement consiste à bloquer les défenses immunitaires...). J'ai continué et même intensifié la course à pied. J'avais un objectif à atteindre, je n'ai rien regardé d'autre que ça, je me suis imperméabilisé à tous les traitements et examens douloureux que j'ai subit pendant des mois.
J'ai pris le départ de cette course... et je l'ai terminé !

Lorsque j'ai expliqué au gastro entérologue le plan d'entrainement que j'avais suivi et la course que j'avais bouclé, il m'a félicité... et encouragé à continuer tant que je le pourrai ! C'est donc ce que j'ai fais... et que je continue à faire !

La dépression n'a pas l'air d'être une maladie simple à gérer, mais tu as toutes les cartes en main. Je ne connais pas grand chose à celle ci, mais je suis sur d'une chose : tu n'as pas bouclé la Diagonale des Fous avec ton médicament : tu l'as bouclé parce que tu t'es préparée, tu l'as bouclé parce que tu t'étais mis cet objectif en tête. Lorsque tu as souffert au plus dur de la course c'est TOI qui a continué à avancer.

Tu as la chance de pouvoir, dans quelques temps, arrêter ton médicament : c'est cet objectif que tu dois te mettre en tête. Tu passeras cette période qui sera compliquée avec plus de sérénité !

Franck
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar sabzaina » 28 FĂ©v 2013, 21:13

Beau témoignage Franck, merci.
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar akunamatata » 28 FĂ©v 2013, 21:24

oui, c'est un superfil 8)
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar Free Wheelin' Nat » 28 FĂ©v 2013, 22:10

Franck, ton témoignage me touche beaucoup également, car je comprends plus ou moins ce que tu as traversé, j'ai moi même une RCH , avec la chance d'avoir bien répondu au pentasa ( que je ne prends qu'en cas de crise ) et ne subir que des épisodes désormais modérés et rapidement jugulables .

Perso, j'ai attaqué sérieusement la course à pied alors que j'étais encore sous cortisone, pour justement en faire une arme et une vengeance contre ce qui m'a aussi énormément perturbée (le déni de la maladie m'a emmenée très très loin).
Depuis cette époque, j'ai appris à m'écouter un peu plus, à ressentir ce qui se passe en moi (j'arrive à anticiper l'arrivée des signes cliniques disons, visuels), et surtout, j'ai entamé à ce moment là l'apprentissage du "lâcher prise"...

A ce titre, j'aimerais te poser une question ( pardon pour la digression... :oops: ) qui me travaille depuis un moment auquel je n'ai pas eu de réponse (mon gastro est beau gosse mais il refuse l'aspect psychosomatique de la maladie et puis, heu bon, ça fait un bail que je n'y suis pas retournée :oops: , je gère mon truc toute seule ): as tu observé depuis que tu t'entraines un baisse en intensité voire fréquence de tes crises?
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar jpoggio » 28 FĂ©v 2013, 22:26

Ce qui me semble bien dans la course à pied, surtout lorsqu'on se fixe des objectifs raisonnablement ambitieux, c'est que c'est structurant : il faut s'imposer une certaine discipline, de la régularité dans les entraînements, de la réflexion et de la planification, et surtout, c'est un choix personnel, un peu égoïste, sans comptes à rendre à autrui, ça aide bien à surmonter des passages difficiles en particulier au boulot.
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar GalatĂ©57 » 28 FĂ©v 2013, 22:56

jpoggio a écrit:Ce qui me semble bien dans la course à pied, surtout lorsqu'on se fixe des objectifs raisonnablement ambitieux, c'est que c'est structurant : il faut s'imposer une certaine discipline, de la régularité dans les entraînements, de la réflexion et de la planification, et surtout, c'est un choix personnel, un peu égoïste, sans comptes à rendre à autrui, ça aide bien à surmonter des passages difficiles en particulier au boulot.


Bien d'accord avec toi
C'est d'ailleurs ce que j'ai trouvé aussi dans la course à pied, cette obligation, ce défi envers soi de se prouver ses capacités.
Professionnellement et même de façon personnelle j'ai connu des passages difficiles, je pense que la CAP m'a aidé à les surmonter. Je n'ai jamais fait appel à une aide médicamenteuse, aussi je ne me permettrai pas de discuter de leur bienfait ou non et leur action cumulés avec la CAP.
Maintenant chaque dépression est unique, il n'y a pas de remède général et perso ce que j'ai connu n'était pas aussi prononcé que pour d'autre. Je reste prudent, le rétablissement est une travail à long terme.
Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas mais parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles (SENEQUE)
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar Elcap » 28 FĂ©v 2013, 23:16

Bien dit tout ça !
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar Le Lutin d'Ecouves » 28 FĂ©v 2013, 23:30

Free Wheelin' Nat a écrit: (millepertuis , j'ai refusé de recourir à nouveau à du chimique)


Gasp ... du millepertuis ... tant que t'as pas de gros problèmes psy quand même (bipolarité, état suicidaire ...) les plantes ont aussi des contre-indications.

Les plantes ne sont jamais anodines et les médocs sont plus contrôlés que les plantes provenant souvent de Chine et qui contiennent parfois des substances plutôt dangereuses et inattendues (métaux, hydrocarbures ... :shock: )
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http://le.lutin.kikourou.net/

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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar Le Lutin d'Ecouves » 28 FĂ©v 2013, 23:35

CĂ©dric V a Ă©crit:

La dépression est une maladie. La course à pied n'est pas un médicament.



Tout à fait d'accord mais combien ai-je vu de gens se maintenir à flot dans un océan de détresse grâce à la course ... Le sport est aussi une activité sociale et cela peut aider le dépressif à s'en sortir, le contact humain étant aussi un bon médicament.
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar Free Wheelin' Nat » 28 FĂ©v 2013, 23:37

Perso j'ai bien limité les dégâts avec une aide chimique limitée certes (millepertuis, quoi que c'est pas anodin quand même), mais voir une psy en plus de la cap m'a ouvert les yeux sur certaines choses, et notamment le fait que la dépression n'est pas forcément qu'un déficit en neurotransmetteur (ça arrange trop les boîtes pharmaceutiques... ), c'est essentiellement à mon avis environnemental, et nous ne sommes pas tous équipés de la même manière face aux tuiles qui peuvent nous tomber dessus...
D'ac avec toi, Jpoggio, se projeter dans l'avenir est tout simplement impossible en pleine dépression, et la cap permet de garder malgré tout un pied dans la réalité en conservant des contacts et même des projets de course.
Même si ce ne sont que des flash lors de sorties par exemple, ça maintient un lien , même ténu, avec la sensation de plaisir qui disparaît parfois complètement.
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar Free Wheelin' Nat » 28 FĂ©v 2013, 23:39

Le Lutin d'Ecouves a Ă©crit:
Free Wheelin' Nat a écrit: (millepertuis , j'ai refusé de recourir à nouveau à du chimique)


Gasp ... du millepertuis ... tant que t'as pas de gros problèmes psy quand même (bipolarité, état suicidaire ...) les plantes ont aussi des contre-indications.

Les plantes ne sont jamais anodines et les médocs sont plus contrôlés que les plantes provenant souvent de Chine et qui contiennent parfois des substances plutôt dangereuses et inattendues (métaux, hydrocarbures ... :shock: )



Vi, je suis d'accord, j'Ă©tais sous contrĂ´le du toubib qui ne comprenait pas non plus comment un tel produit pouvait ĂŞtre vendu sans ordonnance...
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar FOOTING » 28 FĂ©v 2013, 23:52

Salut,

effectivement il n'est pas facile d'exposer ce sujet sur un forum , mais tu l 'as fait bravo .
je vais te parler de vécu , il m'est arrivé d'en prendre aussi , mais quand tu diminue les doses c'est
normal que ton corps réagisse puisque c'est un produit chimique , il ne faut pas l'arreter trop vite surout!!! tu peux essayer de combler avec des plantes en meme temps que tu diminue
.Le millepertuis par exemple , mais t 'inquiete tu auras toujours le moral en compèt , quand tu a l'entrainement en ULTRA tu as le moral qui va avec .
Pour moi une chose est clair, plus tu en prends longtemps , plus tu as du mal a arreter , il vaut mieux essayer de combler avec du sport et des plantes .

j'espère avoire été clair , bonne continuation
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar CĂ©dric V » 02 Mars 2013, 21:54

Ce sujet est tout bonnement un des plus passionnants qu'il m'ait été donné de lire sur le net. Merci à tous pour vos témoignages.
Ceci Ă©tant je souhaiterai re-intervenir.
La dépression est une maladie. Qui se soigne. Thérapie, médicaments, maison de repos etc... Trouver les causes et au mieux les traiter, au pire trouver les astuces pour les mettre sous contrôle.
La vie est difficile. On est pas tous armé de la même façon. Les difficultés sont donc plus ou moins bien gérées. C'est la vie...
La course à pied est un bon outil de vie. Equilibrante, euphorisante. Mais aussi dangereuse. Le sur-entraînement par exemple peut être source de blessure physique mais aussi psychologique. Pour s'en convaincre, il suffit de prendre du recul sur nos propres pratiques : la séance de trop ? la course de trop ?
Dangereuse parce qu'elle mĂŞme source de fragilisation, non ?
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar jpoggio » 03 Mars 2013, 10:21

Cédric V a écrit:La course à pied est un bon outil de vie. Equilibrante, euphorisante. Mais aussi dangereuse. Le sur-entraînement par exemple peut être source de blessure physique mais aussi psychologique.

C'est vrai qu'un effet de manque se fait ressentir en cas d'arrêt forcé, et que mal géré, il risque d'aggraver la situation ("je me suis blessé, c'est parce que je suis un gros nul trop fragile, etc...").
Cédric V a écrit:Pour s'en convaincre, il suffit de prendre du recul sur nos propres pratiques : la séance de trop ? la course de trop ?
Dangereuse parce qu'elle mĂŞme source de fragilisation, non ?

Mais c'est le risque de n'importe quelle activité à laquelle tu attache plus de valeur que de raison...ce qui ramène à la source du problème : la dépression est une vraie maladie, et la course (comme d'autres sports) n'est qu'un des outils qui permettent de la gérer. Mais le rapport risque/bénéfice me semble excellent.
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar GalatĂ©57 » 03 Mars 2013, 14:03

jpoggio a Ă©crit:
Cédric V a écrit: la dépression est une vraie maladie, et la course (comme d'autres sports) n'est qu'un des outils qui permettent de la gérer. Mais le rapport risque/bénéfice me semble excellent.


Toute activité présente un risque, il convient de rester lucide et à chacun de trouver le juste dosage entre dépendance et équilibre.
Cette alchimie reste très fragile et nécessite un calcul régulier.
Pour autant, ne rien faire me semble encore pire.
Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas mais parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles (SENEQUE)
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar aroche » 03 Mars 2013, 19:32

Cédric V a écrit: Le sur-entraînement par exemple peut être source de blessure physique mais aussi psychologique. Pour s'en convaincre, il suffit de prendre du recul sur nos propres pratiques : la séance de trop ? la course de trop ?
Dangereuse parce qu'elle mĂŞme source de fragilisation, non ?



Attention quand même à ne pas rapprocher trop vite la fatigue passagère qui se corrige avec une semaine de baisse de régime substantielle et ce que l’on appelle le surentrainement qui est cette fatigue chronique, qui elle, ne s’évapore pas aussi facilement suivant la gravité du surentrainement ... hélas

A minima poser un constat de surentrainement ne peut se faire que si on a procédé à une triple évaluation

1.Suspicion d’un défaut de progression
Lorsque qu’un sportif est fatigué de manière « anormale » la première chose à faire est de vérifier s’il n’a pas ce que l’on appelle en matière de coaching « un défaut de progression » (c’est à dire en lien à ses propres capacités).
Prenons l'exemple d’une équipe de club de 6 cyclistes, au cours de l’entrainement hivernal les 6 progressent de la même manière puis début mars avec la reprise des compétitions 5 continuent leurs progressions alors que l’un d’entre eux stagne;
Cette différence de progression ne veut pas dire qu'il est surentraîné, il a peut-être simplement moins de "capacité" que les autres.

2.Suspicion d'un dysfonctionnement sur un des paramètres de l' hygiène de vie
Lorsque cela a été vérifié il faut alors se pencher sur l’ensemble des composants de l’hygiene de vie quotidienne :
>Alimentation
> stress familiaux, professionnel, examens , etc ….,
> sommeil ,
> activités physiques en parallèles,
> pression du résultat
etc etc ….

Il n’est pas rare de voir un jeune papa basculer en surentrainement après 3 mois de nuits fortement perturbées par "bébé" qui prend son temps pour admettre que la nuit on dort !!!

3. Suspicion d'une mauvaise évaluation de la récupération dans le suivi du plan d’entrainement et son adaptation
Lorsque les étapes 1 et 2 ont été vérifiées il est temps de passer alors à la réflexion sur la construction même de son plan d’entrainement (s’il y en a un bien sûr !)
C’est sur ce registre que s’appréciera aussi la qualité d’un suivi d’entrainement (en autonomie ou par un coach) .
Construire un plan d’entrainement ce n’est pas enchainer des cycles (maso ou micro ) comme on enfile des perles sur un collier !

Construire un plan type est en soi on ne peut plus facile , là où les choses se complexifient c'est lorsqu'il faudra l'adapter , l'aménager , cela demande de savoir écouter les ressentis , étape par étape , pour savoir minutieusement doser les temps de récupération (pendant les séances et entre les séances) .

Je lis souvent comme valeur universelle le principe de l’alternance 3 ou 4 semaines d’intensif suivi par une semaine de récup …
Cela est de la pure théorie, pas totalement infondée il est vrai, mais qu’il faut adapter au risque de faciliter l'arrivée du syndrome du surentrainement !

On ne peut pas construire efficacement un plan d'entraînement si on n’évalue pas avec le plus de rigueur possible le temps de récupération propre à chacun, récupération correspondant à la charge imposée.

Plusieurs éléments structurent et/ou complètent cette évaluation :

> L’analyse de l’évolution des valeurs de la variabilité de la FC avec le suivi de marqueur appelé "RMSSD" (d’où l’importance d’une passation du test régulière dès la reprise en début de saison )

> pour ceux et celles qui ne disposent pas de montre pour enregistrer le RMSSD on peut alors passer par un suivi longitudinal régulier des valeurs du test un peu rustique du Ruffier

> L’étude des dérives cardiaques ( vitesse des chute de FC et amplitude de la dérives) sur les séances d’intervalles.

> la FC de récup prise à H +1h après l’entrainement et H+2h

> ceux qui disposent d’un tensiomètre, la prise de tension est aussi un paramètre de récupération ( en lien avec le stress notamment)

> le nombre d’heures cumulées par semaine de sommeil,

> le niveau d’appétit (on constate parfois une aversion soudaine à un aliment pourtant très bien toléré et appréciée )

> perte de la libido .... eh oui ... :roll:

Mais la liste n’est pas exhaustive ...

Alain
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar philkikou » 03 Mars 2013, 19:51

Je viens de parcourir ce sujet : bravo à tous ceux qui ont apporté leur témoignage, parcours expérience, conseil.... effectivement pas facile d'intervenir sur ce sujet ...

...dans une société où il faut être de + en + performant, sous tension, et avec de + en + de précarité, VIVE LE SPORT pour DECOMPRESSER !!!
Donnez un peu de votre temps, donnez votre sang
E.F.S.=> https://dondesang.efs.sante.fr/
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar Papillon » 04 Mars 2013, 09:34

Allez, petit grain de sel supplémentaire... après la naissance de mon deuxième, 16 mois après la naissance du premier et 11 mois après le décès de mon père, le baby blues que personne n'a reconnu m'a laissé KO sur le bord de la route... résultat, prescription de lexomil.

Anti-dépresseur: pffffffffffffffffffff... je n'ai jamais eu les idées aussi noires de toutes ma vie, jamais je n'ai autant pleuré que lorsque j'ai pris ce truc là!!!!!

Après une idée résolument plus noire que toutes les autres, je me suis précipitée sur un botin pour trouver le nom d'un psychiatre... je n'y connaissais rien, j'ai pris quelqu'un qui soignait par l'hypnose... je me suis dit que je ferai une pierre deux coup, que je me soignerai tout en répondant à ma curiosité sur le sujet.

Il m'a fallu un an... mais sans médicament. La course oui, mais la course en bonne santé, c'est mieux...
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar valdes » 04 Mars 2013, 09:59

@Papillon : le lexomil n'est pas un anti-dépresseur mais un anxiolytique. Un traitement ne traite que ce qu'il doit traiter. S'il s'agissait d'une vraie dépression et non de simples angoisses, le traitement n'était pas le bon ...

Cédric V a écrit:La dépression est une maladie. Qui se soigne ...

Et je rajoute, il n'y a pas UNE dépression mais DES dépressions. Chacune est spécifique. Certaines guérissent, d'autres pas, certaines reviennent, certaines évoluent ...

CĂ©dric V a Ă©crit:Trouver les causes et au mieux les traiter, au pire trouver les astuces pour les mettre sous contrĂ´le ...

Tellement vrai ...

CĂ©dric V a Ă©crit:La course Ă  pied est un bon outil de vie. Equilibrante, euphorisante. Mais aussi dangereuse. Dangereuse parce qu'elle mĂŞme source de fragilisation, non ?


Encore très juste. La, ou plutôt les dépressions fragilisent la personne, sa personnalité. Elles favorisent le replis sur soi, le renoncement, l'enfermement. Les médicaments aussi peuvent générer ces effets secondaires, complètement contre-productifs (fatigue, difficulté à faire un effort physique, etc.). Sortir courir, sortir marcher, rencontrer des gens, adhérer à une asso sportive, ... aident à aller mieux et à garder un contact avec le "monde extérieur".

Mais c'est aussi dangereux, notamment si l'on se met trop souvent en position de "compétiteur", si l'on se fixe des objectifs inatteignables, si l'on se stresse pour les atteindre ... Il faut le savoir et sans arrêt (re)considérer sa pratique sportive, non comme un but, mais "autre chose", soit une aide, un soutien, une alternative et surtout un LOISIR.

DamaParis a écrit:Autant dire que j'ai appris l'ultra-trail sous l'action de cette molécule. Mon mental est donc influencé par ce traitement.

Peut-être ... mais peut-être pas ... Comment en être vraiment sûr ? Se poser la question dans ce sens, c'est déjà se mettre un stress en plus. Le traitement était là, certes, il aidait le moral mais le traitement a-t-il vraiment "booster" la personne ? hum hum hum ... quand on sait que les effets secondaires de ce type de médicaments sont : fatigue, somnolence, troubles digestifs, constipation, vomissements, ... on peut en douter. @DamaParis et si finalement, ton organisme était plus "performant", physiquement parlant, sans le traitement ?
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar Papillon » 04 Mars 2013, 12:11

Ok... bon ben ce n'est pas ce qu'il me fallait... j'ai bien fait de passer Ă  autre chose.
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar DamaParis » 04 Mars 2013, 21:33

Merci pour vos témoignages (directs ou indirects) qui font du bien.
J'ai un peu honte d'avoir laissé ce post et d'y revenir seulement un soir de "moins bien".
Mais bon, la vie n'est pas une trajectoire qu'on revendique de A Ă  Z.

Un petit problème du sport avec la dépression, c'est que les gens qu'on côtoie en CàP nous voient en forme (en général, courir me fait beaucoup de bien) et du coup n'imaginent pas bien notre état le reste du temps. Et quand on vit seul...
C'est vrai que beaucoup de gens n'y comprennent rien, disent qu'on n'a qu'à se bouger; alors que c'est justement ça le problème, on n'arrive plus à "se bouger".

Franck, c'est une très belle réaction à cette maladie auto-immune, ce que j'ai pu entendre des émissions médicale de France Culture me poussent à croire qu'une telle volonté est un vrai gage de guérison.

Ah, Nat! Ce fameux "lâcher prise", si on était toujours capable de le retrouver... Il y a des jours, on ne sais plus où il s'est planqué. Pas dans les profondeurs de nos humeurs en tout cas.

A fifidumou, oui, ça fait 3,5 ans que je prends des antidépresseurs, mais quand le sombre est installé depuis 30 ans ou plus (adolescence, voire avant) quand on s'est forgé une solide coquille pour ne pas voir ses problèmes, la casser revient à essayer de démonter une coupole sans causer d'éfondrement. (un vrai mikado) Et il faut plus de 18 mois pour retrouver l'air libre!

Quelle chance j'ai eu de trouver la CàP sur mon chemin il y a maintenant plus d'une douzaine d'années. Et plein de gens formidables autour de ce sport.
A Nat: d'une certaine façon je suis d'accord avec toi sur le "psy (peu importe lequel, chiâtre, cologue , chanalyste...", mais ce qui est difficile c'est de trouver la personne / la pratique qui nous convient. Beaucoup (trop) de hasard dans cette quête, enfin pour moi. Et bien peu de gens pour m'aider à trouver ce qui me conviendrait. Alors j'ai envie de dire à ceux qui font une psychothérapie et n'en sont pas convaincus, COURAGE! Parfois il faut savoir changer de psy, et ce n'est pas pour autant que le travail d'avant est perdu.

Sur les effets des antidépresseurs, je dois dire que ça n'a pas fait de moi une loque. Je n'ai pas eu d'effet secondaire sensible. Je n'ai donc pas envie de les déconseiller (ni de les conseiller, d'ailleurs, je n'en ai pas la compétence)
Alors que je diminue les doses, je n'en ressent pas les effets sur les entraînement, j'ai toujours plaisir à courir. Pour ce qui est de finir un ultra, on verra ça dans un bonne dizaine sur le 80km de l'écotrail. @ valdes, j'espère que tu as raison!

Pour moi, la CàP aura été structurante. A posteriori, je me dis que ce chemin vers la Diagonale a été une belle progression, sans précipitation, avec de belles étapes et de grands plaisirs (1er marathon, Hospitaliers, GTJ...), j'en suis encore tout étonné, d'avoir fait ça. Quand je me revois il y a 8 ans m'écartant du groupe de ski de fond pour pleurer un coup, je me dis qu'il n'y a pas qu'au sens propre qu'il y a du chemin parcouru!

Bon, il faudra aussi que j’apprenne à ne pas parler trop de moi et à m'ouvrir plus au autres, j'en suis conscient.
Encore merci pour vos témoignages!
Et bon COURAGE à ceux dans la difficulté qui liront ce post!
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar DamaParis » 25 Mars 2013, 21:37

Bonjour,
Je reviens pour quelques nouvelles, suite aux 80km de l'écotrail. La course s'est bien passée, je n'ai pas ressenti de défaillance particulière qui pourrait être associée à la diminution des antidépresseurs. Bien eu un coup de moins bien, un peu de raz-le-bol... mais rien d'exceptionnel (rien de comparable avec la nuit au GRR).

Bien sûr, en période de sevrage, il y a des hauts et quelques bas... L'histoire ne se refait pas et je ne sais pas comment ces 80km seraient passés un autre jours...

Mais effectivement, la pratique de l'ultra a dû me forger une force qui résiste à la réduction du traitement.
J'espère bien qu'il en sera de même quand j'arrêterai (les antidépresseurs, pas la course à pied!)

Je vous souhaite à tous une bonne santé physique et psychologique et de trouver de la force et du bonheur avec la Course!
A défaut d'être un "médicament", c'est à coup sûr un très bon accompagnement!
DamaParis
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar Free Wheelin' Nat » 25 Mars 2013, 22:27

Hou lààà, je me retrouve dans ton témoignage DamaParis!
Oui, c'est certain, il faut trouver la bonne personne qui saura écouter , mais aussi faire accoucher du malaise (la fameuse maïeutique!) , pour ma part c'est une psychanalyste qui m'a sorti le nez de la mouise, avec beaucoup de dialogue, de questionnements, de fils tirés... Je suis tombée sur la bonne interlocutrice , celle avec qui le courant est passé.
Le cheminement pour trouver le bon "pêcheur" est parfois long et décousu, mais ça vaut toujours le coup de continuer à chercher.
Pour finir tu parles de coupole, moi je verrais l'image d'un bâtiment mal construit et qu'il faut détruire pour reconstruire pas seulement du neuf, mais du solide et sain :wink: , des fois les fondations sont mal foutues... :lol:
Je trouve que tu as une bonne partie des outils pour t'en sortir, et l'ultra en fait partie, ne lâche rien!
En tout cas un grand grand bravo pour l'Ă©cotrail, chapeau!
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar philtraverses » 25 Mars 2013, 23:04

je ne veux pas parler de moi donc.

Juste par rapport à l'entourage du dépressif, quand ce dernier n'a pas fait le vide autour de lui, eu égard à la propension bien naturelle et compréhensive des gens en général à se protéger pour préserver leur bien être.

extrait d'un dialogue type
Le dépressif : "ca ne va pas ma vie n'a aucun sens etc je suis nul, grosse merde etc "
l''ami : "mais tu as tout pour être heureux, t'es en bonne santé, tu fais de la cap, t'as un beau métier . Regarde pense aux gens malheureux malades" .

Résultat des courses : le dépressif se sent coupable, donc encore plus nul et que les paroles bien intentionnées sensées lui apporter du soutien l'enfoncent un peu plus .

En conséquence, je ne pense donc pas que le chemin de la guérison passe par la culpabilisation du dépressif, présenté comme fermé, égocentrique, comparé aux autres,prétendument ouverts, non égocentriques etc . Les autres ont aussi leur part contrairement à une idée recue et peuvent par leur attitude cristalliser la situation..

allez courage et bravo
la bonne nouvelle, c'est qu'il ne se passe rien, la mauvaise c'est qu'il ne se passe rien.
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar Free Wheelin' Nat » 26 Mars 2013, 11:03

Hé oui, c'est là le piège, en exhortant les gens à bouger, on ne fait que les culpabiliser plus...
De quoi a besoin une personne dépressive, difficile à dire puisque toute notion de plaisir est absente, mais déjà, les rassurer et être là est une excellente chose...
Comme l'entourage ne comprend pas ce que vit la personne (pas possible pour qui n'y est pas passé...) les réactions sont souvent décalées et inappropriées...
Pas simple, et même en y étant passé on peut difficilement passer la barrière qui l'isole du monde extérieur.
C'est pour ça que pour ma part un soutien extérieur et neutre me semble indispensable.

DamaParis, je pense que quoi qu'il arrive bon jour ou pas tu aurais assuré pareil :wink:
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar DamaParis » 26 Mars 2013, 20:55

Free Wheelin' Nat a écrit:DamaParis, je pense que quoi qu'il arrive bon jour ou pas tu aurais assuré pareil :wink:
A la limite, peu importe que j'ai la réponse à ma question du départ, cet échange me semble bien riche et méritait d'exister pour elle même! Merci à vous.

Je trouve qu'il y a trop de silence autour de cette délicate question de la dépression.
A défaut de pouvoir se mettre à la place du déprimé, l'entourage pourrait au moins avoir quelques billes sur le sujet, pour ne pas faire trop de mal ; au moins.

De mon côté, mes proches se demandaient un peu pourquoi autant de course à pied, alors que je n'étais pas du tout sportif jeune. Mon médecin et ma psy en ont bien compris l’intérêt, eux.
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Re: antidépresseurs et moral sur course

Messagepar cloclo » 26 Mars 2013, 21:24

DamaParis a écrit:De mon côté, mes proches se demandaient un peu pourquoi autant de course à pied, alors que je n'étais pas du tout sportif jeune. Mon médecin et ma psy en ont bien compris l’intérêt, eux.

Rien de mieux pour améliorer l'estime de soi. Donc continue sur ta lancée. Les proches sont souvent les plus mal placés pour juger réellement du degré de gravité du mal, je suis bien placé pour le dire, ça m'a couté un divorce, car j'avais du mal à capter tous les symptômes de détresse de mon ex-épouse :?
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