Récit de la course : Marathon de Lyon 2004, par L'dino

L'auteur : L'dino

La course : Marathon de Lyon

Date : 25/4/2004

Lieu : Lyon 01 (Rhône)

Affichage : 2601 vues

Distance : 42.125km

Objectif : Pas d'objectif

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Le récit

Salut le Zoo et la Net Team,

Préliminaires.

mi février 2004 je termine avec une certaine satisfaction la transju.
5h30 d'effort bien géré, je finis fatigué mais pas cassé et dans un
temps que je n'osais espérer.
Dans la semaine qui suit je programme ma saison 2004. Un marathon, ce
sera Lyon (je veux moins de monde qu'à Paris et un parcours roulant)
puis que du trail. Objectif de la saison : l'UTMB avec comme objectif
n°1 faire une plus longue ballade que l'an dernier, aller plus loin
que Courmayeur. Entre les deux, les allobroges en mai, le marathon du
mont blanc en juin et la 6000 D en juillet.

Je démarre la prépa marathon début mars, même plan que l'an dernier,
j'ai du temps pour faire les séances et celle-ci se passe plutôt bien.
Plus souvent dans le froid que l'hiver qui revient constamment nous
apporte que dans des températures printanière.

A 10 jours de Lyon je fais des séances de spécifiques dans les temps
de l'objectif (4'40 au km, 3h16). Les voyants sont plutôt verts que
rouge. Un passage chez l'osthéo (chiropracticien !), la semaine
avant course me voit reprendre le boulot et me coucher un peu plus
tard que ce que j'aurais voulu. Mais bon faut faire avec.

Samedi, départ de Thonon avec les gars du Tac (10 à courir), arrivé
sur lyon vers 16h00. On pose les sacs dans les chambres de l'hotel et
on file chercher les dossards à 15' à pieds. Il fait soleil, et plutôt
chaud. Dossard 466, j'ai bien mis mon bérêt mais personne ne
m'interpelle. Retour à l'hotel vers 18h00. Photo du groupe et mon
estomac me rappelle qu'il fait faim. Je me sens vaseux, petite hypo.
Je monte dans la chambre et avale une barre de patte d'amande.

Pas de pasta party de prévue, nous nous rabattons sur le menu "spécial
marathonien" proposé par l'hotel....je m'attends à la dose de
spaghetti, déception, il y a à peine de quoi nourir ma fille de 4 ans.
Je redemande 3 fois une assiette et pense être rassasié quand je monte
dans ma chambre vers 9h30...Dodo vers 10h30

Jour J

Le sommeil fut plutôt bon, j'avais mieux dormi chez l'électron l'an
dernier, et le petit déj me permet de me réveiller un peu plus. Un
morceau de carbo cake que Christophe veut bien partager avec moi (j'ai
oublié le mien !!) et je monte m'habiller.

Nous nous rendons à pieds au départ, l'ambiance est bonne dans le
groupe et je suis plutôt serein. Il fait déjà bon et le soleil est
présent, les arbres bougent peu.

Les objectifs du jour sont :
- battre mon record : 3h26'40"
- passer sous les 3h20
-s'approcher des 3h15

Léger échauffement et je rentre dans le sas.

Pan c'est parti. Je passe la ligne 8" après le départ.

Je laisse passer du monde. Je ne veux pas partir trop vite. 1ier kil
en 4'48, bon c'est pas vite mais c'est pas lent non plus.
D'ailleurs quand nous passons au 5ème kil nous avons récupéré les 8
secondes de rab.... 23'20 au 5ème. Dans la tête je suis bien, serein, le marathon
ressemble aux entraînements à vitesse spécifique. On discute un peu en
tournant autour de Gerland. Après le 5ème je crois, je regarde le
public et lance un "lapinos", il me reconnait (?) semble t il et me
fait signe.

Passage à coté de l'hotel et 10 km en 46'40, exactement dans le timing
prévu. A mon avis c'est un peu tôt mais nous nous sentons bien. Un gel
dans la carcasse pour commencer à alimenter la machine.
Le parcours est en fait peu roulant, souvent en faux plat montant,
pourtant nous tenons le rythme.

Passage au 15ème en 1h10'20" pour 1h10...je mets les 20" sur le compte
du ravito du 10 et des faux plats. Je m'arrête pour vidanger la
vessie et je retrouve plus de facilité à courir par la suite. Nous
suivons la saone (?) et pouvons admirer les collines du vieux Lyon.
C'est sympa. Au passage sous un pont j'apperçois le milles pattes que
je vais saluer en passant..deux zanimos que je connaissais déjà. Merci
à vous d'avoir été là.
Nous contournons la vielle ville pour arriver en grimpant au 20ème.
C'est pas la montée du col du bonhomme mais pour passer sur le pont ça
monte vraiment. Je suis toujours bien et je me dis qu'il commence à
faire chaud. Je prépare mon gel mais le ravito n'arrive pas vite...
Encore quelque secondes de prises pour boire et avaler mon gel. 20ème
en 1h34'10. Dernier 5000m en 23'50.

Passage au semi en 1h39' au lieu d'1h37'50. J'ai perdu un peu de
terrain sur le plan prévu mais j'en ai encore suffisamment et je n'ai
pas encore accéléré.

Au passage devant le Mc D.. Christophe qui a quelques pb gastriques me
laisse pour utiliser les toilettes..je suis de nouveau seul et j'aime
pas bien.. Au 22ème je vois Eric, un gars du club arrété sur le coté,
il voulait faire 2h50.. Je prends un coup au moral. On passe au centre
de lyon, les spectateurs nous encouragent, c'est cool. Je suis moins
bien mais je n'ai pas l'impression de ralentir. Les jambes ne sont pas
dures. Pourtant j'ai l'impression de compter les km.

25ème en 1h58'. dernier 5000m en 23'51. C'est toujours bon comme
rythme. Dans 1h20 je devrais être arrivé. J'attends le parc de la tête
d'or, je sais que c'est là bas qu'il me faudra penser à accélérer.

Nous y voilà, on y entre par un escalier de quelques longues marches.
Dans le parc les promeneurs sont plutôt indifférent à notre passage.
Faut dire que les gens se promènent avec les gamins et c'est plutôt
pour eux qu'ils sont là. Je trouve le temps long avant le 30ème. Il
arrive pourtant au bout de cette gande courbe. Je passe en 2h22'20.
Dernier 5000m en 24'20. J'ai un peu ralenti mais rien de
catastrophique.

Je cherche l'ombre, je n'ai pas chaud, plutôt des frissons à
l'ombre...étrange. Je prends un gel au ravito du 30ème..
Ici c'est pire que le circuit de monaco, ça tourne tout le temps
..enfin c'est mon impression.

Je commence à piocher un peu, après le ravito du bout du parc je vois
le Lapinos qui fait son footing en sens inverse...je lui fait signe et
lui fait part de ma situation de plus en plus difficile. Il me dit de
bien boire il fait chaud, et qu'après le pont, la montée, c'est tout
droit vers Gerland... Il ne savait pas que ce serait mon calvaire du
jour. MERCI DE TES ENCOURAGEMENTS ET DE CES QUELQUES M COURRUS AVEC
MOI !

Je sors du parc et regarde si je ne vois pas arriver en sens inverse
des coureurs du club.

Je suis fatigué , je prends un coup de bambou monumental
mais me persuade de continuer sur ce rythme. Le 35ème arrive, j'ai
déjà marché un peu. D'autres coureurs m'encouragent à repartir mais je
n'ai plus d'énergie...ils ont reconstruit le mur à Lyon...c'est
certain. Je prépare mon dernier gel, un coup de fouet, dont j'attends
l'énergie nécessaire pour terminer dans les temps prévus.

Je passe au 35ème en 2h48'20". 26' pour les derniers 5000m. Je pioche
c'est certain...le cardio est toujours bien mais je n'ai plus de jus.

A partir de ce moment je vais alterner les longs moments de marche et
les courses à allure très lente. J'ai abandonné rapidement tout espoir
de faire moins de 3h20 et me bats pour essayer de passer la ligne en
moins de 3h26'40..

C'est un calvaire, et je n'y parviendrai pas...j'ai déjà la tête dans
le trail des allobroges dans un mois. J'y vais plus.

Je passe au 40ème en 3h22...33' pour 5000m...oups. C'est fini, enfin
pas encore, il reste 2200m. Près de la ligne le public encourage mais
je suis défait, un coureur me relancera un peu dans le dernier km.
Je passe la ligne en 3h37'51. J'ai terminé mon 5ème marathon couru.
C'est bien là la seule satisfaction immédiate. Aucun autre objectif
n'est atteint. Je ne réalise pas vraiment pourquoi j'ai pris le mur de
face.

Je m'assied sitôt la ligne passée. Me relève difficilement et fait
enlever la puce. Prend la médaille pour mes filles. J'ère dans l'aire
d'arriver, Christophe me sort de ma dérive. Il est arrivé aussi. Je le
félicite d'avoir fini, mais il est déçu aussi.

Je vais me faire masser mais n'arrive pas à remonter la pente. Mon
estomac veut faire le vide plusieurs fois mais il n'a rien à vider.
J'ai déjà connu çà après la 6000D en 2001 et le marathon de Migennes
en 2002. Sur le semi de Bourg aussi. Je me relève difficilement de la
table de massage, sors de la salle et m'assied 50 m plus loin. Ca ne
va pas. Je dis à Christophe que je vais voir les médecins....

Prise en charge rapide et efficace. Le diagnostique est vite fait
: hypoclycémie sévère. 0.5g de sucre par litre de sang. A 0.8 on est
en hypo. J'étais à la limite de la perte de connaissance.

Je passe 1h30 sur la table avec une perf de glucose dans la main. Rien
de mieux pour récupérer rapidement...

Au final :
J'ai préparé cette course comme Paris l'an dernier. Les indicateurs
étaient au vert la veille sauf que j'ai manqué de carburant. C'est
une certitude.
Je suis parti trop vite, il aurait fallu partir en 5' sur les 7 ou 8
premiers km.

J'ai perdu cette fois ci mais je recommencerai...

Maintenant place aux trails.

Merci d'avoir lu jusque là.


L'Dino_1h00_en_montagne_aujourd'hui. :-)

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