Récit de la course : Marathon de Lyon 2008, par Gibus

L'auteur : Gibus

La course : Marathon de Lyon

Date : 27/4/2008

Lieu : Lyon 01 (Rhône)

Affichage : 1659 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Pas d'objectif

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Le Lyon est mort ce soir

 

Le Lyon est mort ce soir 

 

C'est parti. Il est 9 heures. On est bien placé dans le peloton grâce à nos licences. Nous franchissons rapidement la ligne de départ.

 

Derrière ça bouscule. On est plus de 3000 sur le marathon. Sur la partie gauche de la route, il y a le 10 bornes, 3000 aussi. J'ai vu Belet au départ. Un petit coucou vite fait. On s'est reconnu avec nos casquettes kikourou.

 

Avec Fabien, on a décidé de partir sur 4'30/4'20 au mille. Xavier, Pétar et Ismène sont avec nous. On est donc 5 du club. Fabien me confiait avant le départ que finalement ça arrive vite. 3 mois de prépa, on dit qu'on a le temps et ça y est c'est aujourd'hui que ça se passe.

 

Xavier est parti devant comme d'hab, il part toujours vite. Il a eu du mal de récupérer son dossard car il a oublié ses papiers. Un peu trop pointilleux les bénévoles d'ailleurs.

 

 

 

 

 

 

Bref, pendant ce temps là Fabien ne suit pas trop. Je perds ma bouteille de mon porte gourde. Tant pis. "Eh Gibus !" C'est Fabien qui la ramassée. Je la remets pour la reperdre 2 minutes plus tard. Pétar est avec nous. Je décide de partir car on passe au 1° kilo en 5'20.

 

Le 10 kms a bifurqué à gauche. Nous continuons tout droit avant de virer 2 x à droite pour revenir vers Gerland. Je me fixe à une fille de fort bonne allure avec sa queue de cheval qui rythme sa foulée de droite à gauche.

 

3° kilo en 4'15. Oh là doucement les basses. Je ne force pas donc je reste à ce rythme qui me paraît bon. 5° kms 22'39, pile poil pour 3h10. Fabien ne doit pas être loin derrière.

 

Je rattrape un gars de l'USO, d'Oyonnax. On taille la bavette un moment. Il espère 3h30. Ouh là, lui dis je on va trop vite là. Plus loin nous passons dans le stade de foot. Mais ils sont où, mais ils sont où, mais ils sont où les ly o nnais.

 

Photo Gazel 

 

C'est sympa quand même. Ca me rappelle le semi de St Denis, quand on passe dans le stade de France.

 

Nous allons repasser près du départ. On s'est garé pas loin de là. Je vois la voiture de Pétar sur la droite. Il y a une heure on se préparait là.

 

 

 

 

 

 

 

On se refait donc la ligne de départ. C'est sympa car il y a du monde.

 

Photo Vial 

 

 

Avant le demi tour là bas au bout c'est le panneau 10, 44'35, toujours nickel. Les coucous à Fabien, Pétar et Ismène. C'est cool de voir les autres.

 

On taille maintenant sur la droite vers le pont Pasteur. J'y vois Vial que j'ai vu avant le départ avec Patcap21. Il me tire le portrait et m'encourage. Sympa.

 

Photo Vial 

 

Nous sommes cours Charlemagne le long du tram. A chaque fois que passe là, ça me rappelle l'arrivée de la SaintéLyon avant, à la patinoire. Gauche, droite, puis longue ligne droite avant la place Bellecour.

 

15 kms 1h06'30. Je suis réglé comme une horloge et mon plan se déroule comme du papier à musique. Je suis derrière 2 gars de Tassin. On est un petit peloton depuis quelques temps, c'est top.

 

Après la Saône, c'est de nouveau le Rhône. Je vois enfin ce fameux arbre à fleurs que j'avais zappé à la STL.

 

Photo Nono l'escargot

 

On passe le pont de l'université, pour repartir vers le nord. Nous sommes sur le trottoir, pas top le revêtement. Epongeage, comme toujours entre 2 ravitos. Le pont de la Guillotière et au loin je vois les kikous. Ils sont là. Je m'écarte du groupe sur la gauche comme c'était préconisé sur le forum. Allez les kikous. Je reconnais Thunder. Les autres, je ne les connais pas de visu mais je me dis qu'il doit y avoir Badgone et Martinev entre autres.

 

Photo Badgone 

 

Je réintégre sagement le groupe et me remet à l'abri derrière mes gars de la demi lune. Tassin, c'est un 10 bornes sympa et performant dont j'avais fait la première édition l'année passée.

 

Nous sommes dans les rues piétonnes. Allez les jeunes !. Salut l'vieux. Rires. Au bout la rue Serlin est étroite, Bbbrrrrrr. Le fameux pont Morand qu'on reprenait en sens inverse il y a 2 ans.  Nous nous dirigeons vers la tête d'or.

 

20°, 1h30'06, six secondes de trop, quelle affaire. C'est le top, J'suis tip top, mais je sais que la traversée du parc est dure et longue. Il faut prendre à boire maintenant car c'est nada jusqu'à la sortie du dit parc, faut pas salir les belles pelouses.

 

Le long, à l'extérieur nous voyons les premiers. Je reconnais Philippe Robin de Bourg. Allez Philippe. Il va terminé 10°. Demi tour et je vois Fabien pas loin. Ca y est, il va recoller.

 

On rentre, enfin, dans le parc, par de grandes portes, grandioses. Je me sens un petit coup de moins bien, mais je garde le rythme. Fabien me tape sur les fesses. Il a recollé. Ca va , ok. On revient vers l'entrée pour tailler vers la droite du parc. Je suis toujours avec les 2 gars de Tassin, mais il y en a un qui commence à craquer.

 

Sur la gauche, un gars est allongé près de 2 secouristes. On passe sans trop regarder. Le pauvre, on saura plus tard qu'il va passé les running à gauche.

 

25°, 1h54'12. On a 1'42 de retard mais on garde une bonne allure. En plus le soleil commence à bien plomber nos foulées. Heureusement que j'ai ma casquette kikourou. D'ailleurs la plupart des coureurs ont un couvre chef.

 

Allez sourit me dit Fabien, pour la photo. Oh tu sais les photos moi. Mais je n'avais pas compris que son épouse nous photographiait. Nous sortons du parc dans lequel les gens au ravito n'ont pas le droit d'entrée. Ils sont à la limite de celui ci et plaisantent sur ce fait juste aux bords des grilles. N'importe quoi. Bref j'attrape de l'eau, enfin. Ce n'était pas la traversée du désert mais tous les ans c'est pareil.

 

On repasse près de l'épouse de Fabien et nous ressortons sur les quais. Il faut aller chercher le demi tour loin, très loin, très très loin, trop loin. Ce n'est pas un pont trop loin, c'est un virage trop loin.

 

Nous croisons la 1° féminine. Applaudissements. Quelle allure. Le demi tour est encore loin car les coureurs en face ne sont pas du tout en peloton. Ca me paraît interminable et un plus il y a des faux plats montants et pas beaucoup de spectateurs et le soleil qui tape.

 

Ca y est, 30° et demi tour. 2h19'06, 4' de retard, ce n'est pas la mort du petit Gibus blanc, qu'est plutôt rouge de coups de soleil en ce moment.

 

Le demi au frein à main va m'être fatal. Le vent est là, de face, affreux, affreux, affreux, comme disait Papin. Et Fabien qui s'en va ou plutôt c'est moi qui reste là, planté. C'est le mur et malgré celui là le vent passe à travers et fait plier ma carcasse de presque 2 mètres.

 

Je me concentre sur les coureurs que je croise et qui sont derrière moi. Un coucou à Pétar, à Ismène, à un kikou. Mais il n'y a plus d'essence dans le bonhomme. Tans pis, c'est pas grave, faut continuer. De toutes façon, le chrono, c'était cuit. Les kilos défilent assez doucement. Plus de 5' maintenant.

 

Je m'arrête. 35° 2h48, les secondes, je m'en tape maintenant. Le dernier kilo en 11'44. Dingue.

 

C'est les quais. Il y a du monde qu'encourage. C'est con avec le vent dans le dos et ce peuple de sortie par ce dimanche enfin ensoleillé, cela aura été top. Là ce sont des pavés, horribles pour les pieds. Ca me rappelle de nouveau la STL dis je à un bénévole. Le passage sous les ponts est le summum car il y a des rafales de vents contraires, tient bon la barre.

 

                        

 

Un coureur remonte à l'envers le flot. L'imbécile. Il fait le malin. Je manque de lui rentrer dedans.

 

Les kilomètres sont bien indiqués maintenant par de grands panneaux nous narguant. Ce ne fut pas le cas tout le long du parcours à part tous les 5. Le décompte est long. Des secouristes me filent de l'eau. Cool. Un peu sur la tête, un peu sur les cuisses, le reste dans le gosier.

 

Le meneur d'allure des 3h30 me double avec une flopée de coureurs. Allez accroche me dit il. Sympa mais j'peux pas. Pétar me rattrape à son tour. De loin il m'appelle. Allez Gibus. Je m'accroche, enclenche la 2°. Je tiens 10 secondes et lâche. 12 à l'heure, trop rapide. On rentre dans le parc de Gerland par un gauche, droite. Ca monte de rien mais c'est une montagne.

 

On en sort avec des encouragements de partout. C'est bien mais ça suffit pas. 41°, 8' le dernier, bientôt si je marche j'irai plus vite. Des tas de gens me doublent. Le maillot avec les taches de peinture dessus. Celui là, il a le tee shirt de la 6000d 2006.

 

On est dans un endroit magnifique pour courir. C'est hyper large, Il y a un mur de 3 mètres de haut à droite. C'est laid. A gauche rien. Aucun repère pour tenir droit. C'est bientôt fini me dit on. Ah bon !

 

Un virage à gauche. Le 42° est au bout. Je le bipe, n'importe quoi, dans 195 m c'est fini. Virage à droite et c'est tout. 3h36.

 

 

Je m'arrête de faire semblant de courir, vacille un poil. Un secouriste vient m'aider. Non, non, merci ça va. Les autres sont tous là à droite. Je vois leurs tronches et comprend que je ne suis pas le seul. Il y a de quoi faire des films à l'arrivée des marathons.

 

     

Fabien, Ismène, Pétar et Xavier 

 

J'récupère enfin après avoir bu un coup. Les mains sur les cuisses, les jambes écartées, je suis à deux doigts de chialer. Xavier est écroulé, il n'est pas loin devant moi. Pétar la doubler avant l'arrivée en 3h30. Fabien est 5 minutes devant eux. Il est pris de crampes et hurle pour qu'on vienne l'aider. Mais c'est quoi ce film d'horreur. Pétar l'aide et il se calme après quelques temps quand même. Ismène arrive en moins de 4 heures pour son 1° 42.

 

Je m'écarte de nouveau et bigout66, que j'ai vu quelques instants avant, vient chercher en me disant que Moumie veut me voir.

 

Bigout66 Photo Moumie 

 

Elle est là bas avec Langevine. Nous faisons connaissance en parlant de tout et rien ce qui me fait sortir (enfin) de ma course. Il y a Vial qu'est là aussi.

 

 

Langevine, Moumie et Vial 

 

 

Photo Moumie 

 

Je suis finalement heureux d'être là, même si je sais que la chute (morale) va être dure par la suite. Le courant passe bien avec l'accent qui chante de Moumie et le sourire de Langevine. Je les quitte très vite, trop vite pour accompagner mes copains de club. A bientôt sur le forum.

 

Le retour à la voiture ne se fait pas sans mal, surtout pour Fabien qui boite bas. De partout des canards boiteux rejoignent leur bercail. Des crampes me viennent en me changeant surtout quand ils faut aller remettre les chaussettes.

 

 

Une petite photo finish du groupe immortalise le moment heureux d'être là, ensemble, tous dans le même panier.

 

 

 

La souffrance unie plus que la joie, paraît-il.

 

8 commentaires

Commentaire de moumie posté le 04-05-2008 à 22:39:00

Même si tu l'as eu dur, bravo pour ton marathon et d'être allé jusqu'au bout.

Comme je te l'ai dit par message privé, j'ai été également contente de pouvoir faire enfin ta connaissance.

J'espère que cette semaine on pourra s'organiser un truc sur la Franqui.

a bientôt
Moumie

Commentaire de patdela posté le 04-05-2008 à 22:47:00

c est vrai ce demi tour au 30 peut etre terrible l annee derneire j avais pris le mur de pleine face mais cet annee avec un depart prudent les dernier km on presque ete facile et je termine en 3h41 50
superbe recit gibus bonne recup et je fais me renseigner pour m inscrire dans ton club
a bientot pour de nouvelles souffrance

Commentaire de Jerome_I posté le 04-05-2008 à 23:05:00

bravo pour ta course et ton CR. On sent vraiment bien l'agonie pour finir ce marathon au mental. Bravo. Bonne récup. Beau CR tout en photo qui donne envie de revenir faire le marathon qui passe dans Gerland maintenant!

Jérome

Commentaire de calimero posté le 04-05-2008 à 23:25:00

Un bien beau récit pour couronner une course pleine de courage!
Bravo encore!!

Commentaire de titifb posté le 05-05-2008 à 05:40:00

Un cr bien poignant...Dur dur !
Remets-toi bien, bravo pour être allé au bout et 3 h 36 ce serait super bien pour beaucoup !!!!!!!!!!!!!!!

Commentaire de laurent05 posté le 05-05-2008 à 08:37:00

bravo pour ton marathon même si tu as fini en serrant les dents c'est un chrono qui me ferait
plaisirs

laurent

Commentaire de lulu posté le 05-05-2008 à 15:11:00

Je savais que ce marathon avait été dur.......mais là à la lecture de ton récit, mes cuisses me picoent encore !!

En tout cas, brvo quand même pour ta course et ton courage !!

A +

Commentaire de bigout66 posté le 07-05-2008 à 23:45:00

Slt Gibus,

et oui que c'est dur un marathon quand on prend le mur de plein fouet !!!
Effectivement on sent bien ta souffrance sur la fin et tu peux être fier d'avoir fini malgré la douleur.
En tout cas j'ai été heureux de faire ta connaissance à la fin même si j'étais naze également et que l'envie de parler n'était du coup pas trop là.
Finalement on a dû finir à 30" l'un de l'autre, ça aurait été marrant de finir en même temps sans le savoir.

@+ ;-)

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