Récit de la course : La Trilogie de Pagnol - 15 km 2016, par alpaco

L'auteur : alpaco

La course : La Trilogie de Pagnol - 15 km

Date : 4/9/2016

Lieu : Aubagne (Bouches-du-Rhône)

Affichage : 997 vues

Distance : 15km

Objectif : Se défoncer

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La Trilogie de Pagnol (15 km)

J'avais un bon souvenir de cette course, en 2o14.
Blessure, impasse et frustration en 2o15 :(


Levé à 6h sur Mars., p'tit-dèj'-douche et vélo jusqu'à Castellane afin d’attraper le bus 100 pour Aubagne, départ 7h30. Durée du trajet : 15 minutes. Prix : 3 € 80.


Le dossard récupéré, j'apprends que l'école qui sert habituellement de douches-vestiaires est fermée "pour cause de sécurité". Dommage parce que j'ai le ventre en vrac depuis la veille. Je remonte l'Huveaune en mode Man versus Wild et rapplique dare-dare quelques minutes avant le départ. Minutes passées à demander qui accepterait de me garder mes affaires. Acceptées à contre coeur, je rentre au dernier moment - et par erreur - par le devant de la ligne de départ. Mais ça se passe très bien, il y a de la place comme s'ils m'attendaient. Bonne ambiance. Les coureurs sont fébriles mais personne ne pousse, ne serre (à par moi ?). Le départ de Dunes d'Espoir est donnée dans la joie et j'enclenche machinalement le chrono. Erreur ou malchance : lorsque le bon départ est donné (avec une légère avance), la montre se bloque.


Donc : je me suis levé avec un mal de tête (presque tenté de prendre un anti-douleur), j'ai le ventre comme trop-rempli-gazeux, je ne me suis pas échauffé, j'ai oublié de mouiller ma casquette (!!!) et ma montre, pour la première fois, ne m'apportera aucune info' pendant la course tandis que ma ceinture-cardio' me serre pour rien. Et j'ai, comme d'habitude, foiré mon repos des derniers jours ; j'ai les jambes en coton.


Alors je me dis : "Et bien voilà de quoi tester mes capacités d'adaptation". Lassé de tenter la tête du chien, j'essaie la queue du lion ; je pars avec les 5/6 gars devant moi. Ça démarre bien, pas trop vite. Je me dis : "C'est bon, je vais tenir". Même à moi je raconte des conn... des bêtises.


Sans repères kilométriques, et focalisé sur mon ventre punk-no-futur, j'ai du mal à me repérer sur la première moitié du parcours. Des petites montées, de courtes descentes un peu rapides, et un jeu de yoyo avec un ou deux coureurs. C'est pas trop compliqué en fait devant : il suffit d'accrocher un gars avec un bon niveau et de se laisser entraîner Du coup, personne ne vient s'interposer. En théorie. Pasqu'en pratique, il faut tenir. Un petit sec au tee-shirt rouge me distance peu à peu. Je trouve qu'il fait trop de mouvements inutiles, je me dis que je le remonterai tôt ou tard. Pourtant, il s'éloigne. (pour info', lui et moi avons le même gabarit :p)


Et là arrive LE TRIATHLETE. Il est barbare, très, trop musclé. Son style mécanique est impeccable mais je suis sûr de le re-dépasser lui aussi. Sa foulée est trop lourde.


Qu'est-ce que je me raconte !
Mais-bon, si ça me fait tenir...


Tee-shirt rouge (T.S.R.) m'a mis quasiment une minute dans la vue (7e) et Barb'Athlète a fini premier de ma catégorie (6e) presque une minute trente devant. Argh. C'est que je ne connaissais pas la façon de courir des gars du devant : ils ne partent pas lentement, se chauffent sur quelques petits kilomètres puis accélèrent tranquillement. Et tranquille je n'étais pas. J'ai perdu de vue T.S.R. devant Barb'Athlète qui a fini par me lâcher aussi au ravitaillement du 7e km (et a dépassé aussi T.S.R.).


Le ravito' du 7e marque les esprits parce qu'il est précédé de la pente la plus raide du parcours (non ?). Aucune montée de cette course n'est vraiment longue ni dure. Mais celle-ci, quand même, il faut se la farcir. Un panneau "7 KM" posé sur le bas-côté remonte le moral tandis que les batteries s'épuisent. C'est là que j'ai vu Barb'Athlète disparaitre. Le salô (respectueusement). J'ai senti qu'il y en avait quelques uns derrière. Je m'ai dit que s'ils y en avaient qui aiment le negative split, j'allais me faire déprimer. Et que ceux qui connaissent le parcours attendent sans doute cet endroit pour attaquer. Alors tant pis. J'y va.
J'ai un mental de mouise et c'est pour ça que je me torture les guiboles. Et elles, sympas, à défaut de répondre et d'envoyer, elles n'ont pas lâché. C'est ma fierté. Je me suis dis empiriquement : "ils sont cinq ou six devant, il y a de grandes chances que je sois 3e vétérans1. S'il y en a un seul qui me passe, je perds le podium". Y croire sans y croire. Amusant tour de passe-passe. J'ai fais ce que j'ai pu durant la seconde moité du parcours, principalement descendante, avec ce qu'il faut de montées pour titiller le moral. À l'arrivée, j'ai entendu le 4e M1M râler ; et il m'a fait le plaisir de me dire : "Tee-shirt vert ? Je t'ai eu en ligne de mire une bonne partie de la course". Ou quèque chose comme ça. Moi, en ligne de mire, me battant pour ne pas être rattrapé... à juste titre !


Plaisir enfantin. Mais.


J'ai vite compris que si un seul "ennemi" remontait à ma hauteur, je fissurerai mentalement et cèderai du terrain. Alors j'ai accéléré-pas-décéleré tant que j'ai pu jusqu'à la fin. Quelques souvenirs d'il y a 2 ans m'ont permis de me situer dans la course là où ma précieuse montre (garmin de mxxxx) m'a lâché. Les "c'est bientôt fini" et "vous êtes presque arrivé" sont des pièges à moral. Ne pas y prêter attention ;)
Un bon moment, vraiment, sur un passage en chemin en commun avec le trail de la Font de Mai. Une vue... magnifique. Des sensations de légèreté malgré tout. Et la vue – encore ! - quel plaisir d'être là ! Merci aux organisateurs. Et au bénévoles schtroumpfiques, toujours souriants et plein d'encouragements.


C'est une chose de l'écrire, de le raconter. C'est une autre paire de manches de le vivre. L’anecdote quelconque d'une petite course de quartier. Mais LA course, L'instant, LE moment que j'avais choisi pour  me défoncer, me donner à fond. C'est un retour très intériorisé, plus que d'habitude encore, avec des sensations négatives et un plaisir gâché. Mais j'ai été régulier depuis janvier dernier. Entre 70 et 110 km par semaine. Je n'ai pas de douleurs excessives ou inquiétantes. J'avais accepté de me ramasser sur trois trails où je n'ai pas brillé. Mais quel plaisir ! Et des frustrations accumulées de ne pas pouvoir faire ce que je sais faire. Un bon moteur, la frustration. Née de blessure(s), de choix douteux, ça se recycle super-bieng !


Résultat : j'ai tenu bon et j'ai fini 8e, 3e vétéran1 (master comme y disent, vieux en vrai). Bilan mitigé pasque 8e avec presque une minute de retard sur le précédent. Aïe ! Toujours cette fierté d'avoir tenu et cette honte d'avoir lâché.
Le but de ce compte-rendu de course est de rappeler un principe de base : souvent, quand ça commence mal, ça finit bieng. Je l'ai beaucoup expérimenté. Il est potentiellement possible, peut-être, qu'ayant été en pleine forme, j'aurai combustionné toutes mes forces bêtement (mais avec plaisir, paradoxalement) et qu'ayant cassé je me sois fait joyeusement rattrapé.

C'était amusant d'avoir couru exclusivement avec les M1M.
Maaiiiiis : je n'ai plus vu aucun des 5 premiers séniors passé les premières minutes. Argh.


Après la course, bonne ambiance. C'est vraiment sympa Aubagne. Je n'ai que de bons souvenirs des courses effectuées au départ d'Aubagne et de la Penne sur Huveaune, sa voisine.
Les pâtes de la pasta partie étaient très bonnes. Vins (rosé ou rouge) à volonté, bière, pastis, wisky ...
Bravo au groupe qui a interprété Un homme pressé de Noir Désir. Une chanson-course, un exploi sportif.


Après avoir visionné avec attention les animés Haikyuu et Kuroko no Basket, j'avais compris que pour avoir de bonnes sensations, pour prendre du plaisir, il faut avoir un bon niveau.
72e en 1h10' il y a 2 ans. 8e en 58' aujourd'hui. Et je me mets une joyeuse pression pour demain.


Et toi ?



3 commentaires

Commentaire de Thénardier13 posté le 05-09-2016 à 12:54:29

Bravo pour ce super temps malgré les petits problèmes gastriques :)

Juste une petite précision puisque tu n'as pas pu courir avec ta montre (désolé, je sais que c'est frustrant, ça m'est arrivé une fois aussi, ma garmin qui se plante pareil), ils ont supprimé la petite boucle dans la ville au début du parcours si bien que la distance totale a été amputée d'environ 700m. On a été plusieurs à mesurer 13.9km, donc ça commence à faire loin des 15km annoncés ! (Remboursez !?) En revanche, ils n'ont absolument pas bougé les panneaux kilométriques par rapport à l'année dernière, donc ils étaient tous faux ! Donc tout ça pour dire que ça ne remet absolument pas en cause ta super perf (bravo encore, je suis à des années lumière de ça), mais ça contribue un peu à la baisse de ton temps ... voilà, il fallait que tu le saches :)

Commentaire de alpaco posté le 05-09-2016 à 13:19:09

Ah-oui ! elle est bieng cette petite boucle de départ pour la mise en jambe :)
Mais le fait d'être partis de suite "en pente" me convenait aussi.
Un bon kilomètre en moins, ça fait quand même une belle différence.
Dommage, je l'aimais mon 15.40 de moyenne...

Les problèmes gastriques, c'était bien fait pour moi. Et si ça n'avait pas été ça, ç'eut été autre chose. Pasqu'il faut bien qu'il y ait quelque choses ! ;)

Commentaire de Pieromarseille posté le 28-09-2016 à 16:47:11

Sympa ton récit ! Et 3ème V1, waouhhh, ça roule bien quand même.
A (re)bientôt sur la corniche !

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