Récit de la course : SaintéLyon 2019, par van

L'auteur : van

La course : SaintéLyon

Date : 30/11/2019

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 469 vues

Distance : 76km

Objectif : Battre un record

4 commentaires

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553 puis 143 puis 26ème dans la bouillie lyonnaise

le récit complet est dispo ici :

jamais-sans-ma-saintelyon-2017-2018-2019

 

La SaintéLyon 2019 - 66ème édition. Il fait nuit. Il pleut. Il fait froid. On attend 2 heures sur la ligne de départ. Le terrain est moche et le paysage aussi entre 2 grosses villes qui se détestent.... De toute façon on voit rien, même pas ses pieds dans la boue. On ne va pas la placer dans les trails, mais plutôt dans “raid nocturne boueux”.
Ce qu'on nous vend / La réalité
 
Voilà c’est posé. Donc non, je ne vais pas mettre des paillettes dans votre vie malheureusement. En revanche, il doit me rester un peu de boue, si vous voulez, façon thalasso gratuite.
 
C’est donc en toute connaissance de cause avec la mention “lu et approuvé”, sans lire les conditions générales et après avoir paraphé chaque page, que je re-signe pour une nouvelle épopée dans un terrain qui s’annonce toujours plus dégueulasse que les années d’avant. (Même si on espère un petit 10° bien sec et qu’on est quand même bien content de se la péter en racontant qu’on l’a faite dans des conditions dantesques (après, parce que pendant, c’est vraiment hard)).

Une Saintélyon, ça se court au mental.

Après l’édition 2017 et sa neige (554 / 5789 cote itra 548 - 72 km en 8h24)

L’édition 2018 et sa purée de gadoue (143 / 5207 côte itra 625 - 82km en 8h45)

Place à l’édition 2019 et sa version duathlon/swimrun (26/5600 côte itra ?? - 76km en 7h20)
 
Pour me repérer sur cette course qui change tout le temps, je me sers de Marseille-Cassis, qui est un mois avant, pour avoir un chrono de référence ; et pour le coup, ça donne :
2017 : 1h28 (1216 km sur l’année 25 000m D+)
2018 : 1h19 (2600 km sur l’année 40 000m D+)
2019 :1h14 (4090 km à ce jour 73 000m D+)
L’objectif était de rentrer dans les 100 premiers cette année.
 
Edition 2019
 
On le sait déjà, il va faire moche. Mais à ce point, je ne pensais pas.
Direction Saint-Etienne depuis Lyon Perrache, où j’ai mon hôtel, à 18h30.
On se retrouve au restaurant Le Flore (merci à eux) avec Pierre et Alexis où je rencontre également Morgan de passion raid qui a fait un petit portrait d’avant course sur moi.
Après un repas au chaud organisé par kikourou, on se rend sur la ligne départ en faisant 4 fois le tour du parc des expos le temps de trouver l’entrée.
Vu qu’il n’y a qu’un Sas pour les élites trié sur le volet, il faut y aller très tôt pour espérer partir dans la 1ère vague. (Les 1500 premiers à la louche)
Ca implique de rester sur la ligne pendant 1h ou 2 en espérant qu’il ne pleuve pas comme l’an passé.
Dans ce chassé croisé de sacs de consignes/ parc/ départ, je perds de vue mes comparses et je me retrouve au milieu de la 1ère vague avec tante Jacqueline et ses copines qui vont certainement se faire rouler dessus par les 4000 personnes derrière elles. Mais après tout, elles ont leur place ici vu qu’elles y sont depuis 16h. Il faut juste aimer les crampons sur le visage au moment du départ.
Il y a peut-être un système à repenser de ce coté là... Ce n’est pas 76 km, mais plutôt 76 km + 2h d’attente. A ce rythme là on va se faire le barbec du midi sur la ligne de départ, ou alors on plantera la tente sur la ligne 4 jours avant façon “avant 1ère mondiale” de Star Wars.... Sans compter que là, on est le 31 novembre, qu’il fait 5° et qu’il est 22h...
Je n’ai pas détaillé cette partie les années d’avant mais c’est toujours comme ça. Soupir.
23h30 Départ

C’est donc dans une météo clémente et habillé ultra léger comme d’habitude que nous primes le départ de cette course dans un piétinement commun sur quelques centaines de mètres.
A la 1ère occase, je passe le turbo histoire de ne pas me faire avaler et c’est donc à presque 17km/h sur 1.5km que je passe le plus gros du peloton dans les rues de Sainté.

Je reconnais quelques têtes bien connus comme Sysy qui m’a laissé sur place l’an passé dans une montée et qui avait terminé 3ème F (j’ai essayé de la suivre l’an dernier mais je n’avais aucune chance) ou Christophe Le Saux qui a un palmarès long comme mes 2 bras et se paye le luxe, cette année, de faire l’Aller/Retour et que je reconnais à sa chevelure. (La LyonSaintéLyon 152km) Il y a donc plus fou que moi.
Soudain le drame.

Ce qu’on attendait, qui devait arrivé, arriva comme on avait prévu que ça arrive, malgré le fait qu’on espère que ce soit le plus tard possible en croisant les doigts mais en fait non ça arrive maintenant....
Je suis très exactement au km 15,785m. Je regarde ma montre après 1h 16 minutes 26 secondes de course, il est minuit 46.
Il se met à pleuvoir.
Bien sur ça dépend d’où vous lisez ce texte.
Pour un sudiste comme moi, il pleut des cordes.
Pour un parisien, il pleut.
Et pour un breton, il fait beau. (Je suis méchant, il fait beau en Bretagne. Ils ont juste un système d’irrigation spécial et permanent leur permettant de garder le paysage bien vert.)

Pour autant il pleut quand même et on sait très bien que ça va être comme ça toute la nuit sans interruption. A cela s’ajouteront des portions avec du brouillard histoire de corser le tout, ce qui soit dit en passant, à la frontale, est très gênant.

D’ailleurs j’ai réglé mes soucis de frontale et de bouffe. J’ai mes piles de rechange et presque rien avec moi profitant au maximum des ravitaillements vu que j’ai la chance d’être aux avant postes et donc il y a très peu de monde. La frontale clignotera à mi course (batterie faible) mais tiendra jusqu’à la fin, 35% restant. Mystère.
Le problème de cette pluie, en m’improvisant météorologue, c’est que c’est la même que l’an passé. Sauf que l’an passé il a plu seulement la nuit de la course, et là, ça fait 3 semaines qu’il pleut et donc l’eau ne s’évacue pas du tout et on est parti pour courir dans des torrents de boue toute la nuit. Je passe le 1er ravitaillement au km 17 où je rempli ma flasque en prenant 2 ou 3 trucs sur la table avant de repartir.
 
Km 17 35ème position 1h20 de course

En direct de Brest, il fait beau. Photo d'un coureur qui est passé au petit matin. J'étais bien au chaud dans mon lit... Courage

A tout cela s’ajoute un parcours bien damé comme ont dit. Après le 30ème km on passe derrière les 3000 coureurs de la saintexpress auxquels on ajoute les 2500 coureurs de la saintésprint au km 53 et les 1300 de la saintétic au km 65. Donc 6800 personnes qui vont labourer le terrain pour nous, pendant quelques heures. Que c’est gentil.
Le festival de splich sploch sous la pluie se transforme donc en SPROTCH SPROTCH SPROTCH au rythme de mes pas dans cette bouillie.
Tu viens on va courir ? Non ça va aller merci...
 
Contrairement à ce que je pouvais penser, les 30 premiers km passent pas trop mal jusqu’à Sainte Catherine où la majorité du dénivelé est concentré. Je suis arrivé au 1er ravitaillement (km17) en t-shirt et ici même si la pluie se fait sentir, la vitesse fait qu’on se refroidit très peu.
 
Km 31 2h34 de course 30ème

La suite se complique on passe sur des chemins très très boueux glissant et dangereux. D’autant que je fais l’essentiel de la course tout seul. En effet avec moi il n’y a que des relayeurs qui font donc 1/3, 1/2 ou 1/4 de la course et qui passent comme des avions ou alors des relayeurs beaucoup plus lent que je passe comme un avion (ça marche moins dans ce sens on est d’accord).
Je croise quelques élites mais globalement peut de monde. Le terrain étant très accidenté il faut jongler entre prise de risque et vitesse.
Manifestement vu la vitesse de certains, on n’a pas tous le même nombre de vie. Personnellement je n’en n’ai qu’une et l’idée d’embrasser le sol plein de boue à 2h du matin sous la pluie, ne m’enchante guère et vu que je ne joue pas la gagne, je lève le pied pour assurer un peu tout ça.

On passe donc dans des descentes ultra dégueux que je fais tant bien que mal sans tomber en glissant sur 50 m dans ce bourbier et qui me vaut un 9/10 des spectateurs sur place, en maitrise de glissade. Ca me redonne le sourire pour la suite vu que je pensais que personne ne m’avait vu galérer comme ça mais en fait si, il y a des gens qui ont le courage de sortir de chez eux à 3h du matin pour encourager une bande de cinglé qui ont décidé d’aller patauger dans la gadoue. Merci à eux. (Vous auriez quand même pu me mettre 10/10 bande d’enf...)
 
Km 40.6 3h27 de course 26 ème

Je continue le chassé croisé avec les relayeurs qui sont de plus en plus frais là ou mon rythme est de plus en plus limité par le combo terrain+fatigue et j’espère arriver rapidement à Soucieu histoire de retrouver un peu de béton.
D’autant que la pluie est en train de me tremper jusqu’aux os (qui ne sont pas très éloignés de ma peau). Fatalement quand on se rend compte qu’on a froid, c’est qu’on est à 2 doigts de l’hypothermie. J’ai enfilé la veste un peu plus tôt, je suis quand même trempé de partout et le terrain limitant la vitesse, on ne peut pas se réchauffer non plus en allant plus vite. Les pieds sont également trempés vu qu’on enchaine les flaques les unes après les autres sans pouvoir récupérer et chauffer un peu.
C’est donc dans un froid humide que j’arrive à l’avant dernier ravitaillement en espérant des jours meilleurs...
 
Km 53 4h26 de course 26 ème

23 km à courir.
J’ai une pensée pour ceux qui passeront ici dans quelques heures après moi.
Pour ceux qui courent toute la nuit.
Pour ceux qui pensaient pouvoir rester au sec (ça m’a fait rire toute la nuit)
On passe dans des petits chemins au milieu des habitations dont 2 grosses flaques d’une dizaine de mètre et qui s’enchainent. Impossible de les éviter. Je passe dans la 1ère flaque et il y a, sans mentir, 50cm d’eau, ça m’arrive aux genoux. J’ai bien rigolé en pensant à celui qui voulait garder les pieds au sec. S’il a tenu, je ne sais pas trop comment, jusque là, c’est perdu, à moins de s’appeler Jésus ou Moïse. (J’ai vérifié dans les résultats, ce n’est pas le cas) Il a fallu faire ça une 2ème fois pour être bien sur. Que du bonheur.
Passé ce fait de course à 2 doigts de la noyade avec mes compagnons de la saintexpress (les coureurs du 44km), nous arrivons au dernier ravitaillement.
 
Km 65 6h05 de course 25 ème

Au final pour toute cette nuit, je n’ai bu qu’un litre d’eau et niveau nourriture, j’ai trouvé mon bonheur aux ravitaillements. C’est donc très bien niveau gestion. J’augmente donc le rythme sur cette dernière partie qui me correspond beaucoup plus étant, à la base, un routard. Surtout qu’ici je connais les difficultés. Je retrouve un compatriote qui visiblement ne connait pas la redoutable montée de Montray après le viaduc. Une belle montée de 800m à 15% après 65km de course. Redoutable la 1ère année. Il m’annonce qu’on est dans le top 30, chose que j’ignorais complètement vu les nombreux relayeurs qu’on a croisé et les derniers des autres distances. On fait la montée ensemble et je pars devant pour le dernier bois ainsi que la dernière montée avant d’attaquer les quais et le pont Raymond Barre en vue de l’arrivée.
Course terminée. Un classement auquel je ne m’attendais pas du tout et une gestion au top malgré la pluie glaciale.
 
Km 76 7h20 de course 26ème.
 
avant avec la team TDR / après... moins frais dis donc

4 commentaires

Commentaire de BouBou27 posté le 03-12-2019 à 00:48:30

Bravo van ! Superbe résultat

Commentaire de Sony5478 posté le 03-12-2019 à 06:31:37

Bravo, chrono énorme. Costaud. Et puis, tout est dit. Ça fait plaisir aussi de voir que les coureurs de tête en chient aussi :)

Commentaire de Arclusaz posté le 09-12-2019 à 14:42:04

pff, ça va vite, c'est impressionnant.

Commentaire de van posté le 09-12-2019 à 16:22:46

merci :)
il n'y a que le 1er qui prend le micro à l'arrivée qui va dire que ça c'est bien passé et que c'était facile ;) tous les autres galèrent !!

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