Récit de la course : Le Touquet Raid Côte d'Opale 2009, par Rag'

L'auteur : Rag'

La course : Le Touquet Raid Côte d'Opale

Date : 4/4/2009

Lieu : Le Touquet Paris Plage (Pas-de-Calais)

Affichage : 1714 vues

Distance : 95km

Objectif : Pas d'objectif

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Pas d'autre récit pour cette course.

Je l’aurai, un jour. Je l’aurai…

Je l’aurai, un jour. Je l’aurai…

 

Quatrième participation à ce raid multisports qui me tient à cœur pour de multiples raisons.

 

Il y a quelques années, avant de basculer totalement dans le monde monomaniaque de la course à pied, j’avais suivi un reportage sur SPORT+ où il était question de ce raid. Cela m’avait tout de suite interpellé : « tiens, c’est cool, ce genre de trucs. C’est varié, y’a même du roller et du canoë. Mais cela doit être réservé à une « élite »… » Bon, faut dire qu’à l’époque, tout sport autre que le rugby s’apparentait à mes yeux à une plongée dans l’inconnu, un monde étrange où il fallait soit avoir de l’endurance -je pensais n’être bon qu’à courir 45 minutes !- soit de la technique -mon rôle sur un terrain consistait à foutre ma gueule là où d’autres n’auraient pas foutu un doigt de pied, et après on s’en foutait plein le cornet, histoire d’anesthésier les coups pris dans la gueule. Autant dire que dans le style Bourrin décérébré shooté aux hallucinogènes, j’avais du répondant. Donc, à la vue de ce reportage, j’ai décidé de …….. ne rien faire !

Quelques mois plus tard, après la mise en stand-by de ma carrière de deuxième-troisième « latte » et la mise en marche de la fabrique de chair à saucisses abdominale, il a fallu prendre le taureau par les couilles. Oui, par les couilles, car l’heure était grave, ma brave dame.  La petite rengaine sur la balance du style « Jusqu’ici, tout va bien… » ne faisait plus beaucoup d’effets. J’en étais arrivé à « Houla, ça craint ! ». Il fallait que je me bouge, que je me remue, que je « shake my body » comme disent les rappers californiens. Malheureusement, si courir après une baballe, pour foutre un coup de tronche à un adversaire (ou à un coéquipier…) ou pour lacérer des cuisses, un dos à grands coups de « 18 » est naturellement motivant (n’est-il pas ?), courir pour « de rire » ne me semblait pas du tout naturel. Il fallut donc que je me trouvasse (notez l’utilisation du subjonctif imparfait, ça en jette) un objectif après lequel courir. Ce fut ce fameux Raid du Touquet. En  6 mois, je dus donc me forger un physique prêt à endurer un raid multisports de 100 kms en deux jours.

Durant ce semestre, je fis connaissance avec M. Chrono et Mme Perf’, Tata Tendinite, Tonton Coup d’mou, Pépé Kiné et Mémé Sécu. Toute cette charmante famille vint me saluer à leur tour avant l’épreuve du Touquet.

Depuis cette première participation, nos fortunes furent diverses. Je dis « nos fortunes » car je faisais et fais toujours équipe avec Fab’. D’ailleurs je ne me vois pas faire ce raid sans lui ! C’est dire que nous sommes très attachés à cette épreuve… Donc, depuis 2006, nous avons alterné le médiocre avec le « très très moins bon à chier ». Et c’est peu de le dire…. Voyez vous-mêmes.

2006 : On n’a rien compris aux pénalités de retard et on fait « mumus » jusqu’à pas d’heure sur la CO. Oh, les boulets ! De plus je cours la deuxième journée sur une jambe (tibia déplacé), ce qui ne facilite pas notre progression. Surtout la mienne.

2007 : Une première journée pas trop mauvaise mais un ÉNORME coup de mou le dimanche nous fait mordre la poussière. Ou le sable plus précisément. La honte s’installe.

2008 : Bérézina durant le samedi (crevaison, coup de mou, CO de merde, pénalitéssssssssssssss), ce qui ne nous met pas spécialement en confiance pour la suite…. Verdun le dimanche : pétage de dérailleur dès la première étape en VTT. De pire en pire. On va finir par faire des tournois de belote, c’est moins risqué. Quoique…

2009 : c’est mon année, notre année. Physique en béton, vélo en acier carbone titane fluoré bio équitable aux enzymes gloutons. En un mot comme en cent : « ON VA TOUS LES ÉCLATER ! » comme dirait Coco. Passage chez l’ostéopathe, chez le podologue, chez le kiné, révision des 10 000, vidange, pot Ninja, kick, guidon torsadé, le plein est fait : va y avoir du sport, c’est bibi qui vous le dit !

Bon, côté sport, y’en a eu. Même un peu trop… Côté perf’, je ….. on ….. nous …… euh euh…. C’était…..comment dire ?..... bien….(sic). On n’a pas cassé nos VTT.

 

4 avril 2009 :

15h00 : départ de chez Bibi avec tout mon barda. Du lourd, j’vous dis ! Trois kilos de barres de céréales, dix litres de gel « coup de fouet » (des gels SM, oh ouiiiiiiii, j’ai été méchant, maîtresse. Très méchant.), deux mètres de sandwich jambon-beurre-saindoux-comté-tomate-salade-graisse d’oie et des tenues pour toutes les conditions météorologiques car comme le dicton le dit si bien (et ma grand-mère aussi) :

« En avril, ne te découvre pas d’un …...

Complète à l’aide d’un des mots proposés : nombril, fil, gorille, mandrill, baril, goupil, Clinton Bill, Buffalo Bill ».

Je suis prêt à tout endurer afin de ne pas avoir de regrets. J’avais volontairement omis ma tenue de Carnaval ainsi que ma tenue SM car, après étude technico-tactique du programme concocté par Karine Baillet (organisatrice et raideuse à ses heures. J’ai dit « raideuse » pas « hardeuse »), je suis arrivé à la conclusion qu’une épreuve de chahut carnavalesque dans un raid multi n’aurait pas sa place. Et qu’en ce qui concerne ma tenue SM, je n’ai pas envie de la déchirer dans les ronces. C’est qu’ça coûte cher du bon matos ! En plus, courir avec un masque en cuir, j’aime pas. C’est comme ça. Les hauts talons, passe encore… Mais le masque en cuir, non merci, ça déteint avec la sueur.

Et là, c’est le drame ! On est tellement en avance qu’on finit par être en retard. Oh, les boulets ! Derniers à retirer les dossards, à se présenter pour la vérification du matériel, pour déposer les rollers. Est-ce un signe ? Les premiers seront les derniers, paraît-il…. et vice-versa.

18h00 : après les dernières recommandations de l’organisatrice (que je n’écoute pas comme d’hab’), les quelques 280 équipes se dirigent en VTT vers le départ qui sera donné sur la plage du Touquet. Ça fait de belles photos avec hélicoptère, quads, 4x4. Pour un raid nature, ça fait beaucoup de voitures… Allez comprendre.

18h30 : le départ est donné. Cela commence par un « prologue » où nous devons pointer une balise située à 1500 m et revenir sur nos pas, enfourcher nos VTT pour quelques kms sur le bord de mer. 95% des raideurs choisissent de courir dans le sable, personnellement, j’opte pour la digue. Option qui a le double avantage d’être moins « sablonneuse » et qui me permet d’être plus précis pour l’orientation. En effet les cartes distribuées sont des cartes IGN donc peu précises en ce qui concerne les chemins dans les dunes. Nous courons à bonne allure et pointons la balise très facilement. Troisième avantage à l’option « digue » : nous évitons l’embouteillage monstre sur le sentier dans la dune. Durant le retour vers nos montures à deux roues, certains spectateurs nous accusent de tricher car nous ne passons pas par le sable. Je suis concentré sur la course et n’ai pas la présence d’esprit ni le temps de leur expliquer notre choix ou d’exposer mon point de vue. Point de vue qui pourrait, en substance, se résumer en ces quelques mots : « ta gueule, gros con ! » ou « v’t’faire enculer, trou duc’ ! ». Mais laissons aboyer les chiens tandis que ma caravane passe. Parler de « caravane » à ce moment du récit est fort à-propos car à peine suis-je monté sur mon VTT que j’ai l’impression –ce ne sera finalement pas une impression…- que je tracte une caravane ! P…. ce que j’en chie, je n’avance pas, j’ai beau mouliner de toutes mes forces, l’on me double de tous côtés ! Faut quand même pas déconner: le VTT n’est peut-être pas ma discipline de prédilection, il n’est pas normal que les trois-quarts du peloton me déposent comme une grosse bouse de dromadaire au milieu du Sahara ! Tant bien que mal, j’essaie de ne pas me laisser distancer par Fab’, il ne me pardonnerait pas d’être déjà dans le rouge alors que cela ne fait que 20 minutes que le départ a été donné. La difficulté de ce genre de tracé sur la plage est que l’on doit trouver les meilleurs trajectoires afin d’éviter le sable mou. Le sable mou a ceci de particulier qu’il n’est pas du tout fait pour le VTT ! Alors qu’il suffirait de balancer quelques milliers de tonnes de ciment et de gravillons pour nous faire une belle piste bien dure. Faudra que j’en parle aux organisateurs.

Durant cette dizaine de bornes en VTT, les cuisses me brûlent, et les concurrents me grillent la politesse. J’ai faim, je mange une barre de céréales, je m’hydrate et j’arrive à la conclusion que mon coup de mou est dû au fait que je n’ai rien mangé de vraiment consistant de la journée, préférant grignoter un sandwich par-ci par-là. N’arrivant pas à régler le problème, je cherche la cause. C’est déjà ça…

Finalement nous arrivons à Stella Plage (quel nom à la con ! Pourquoi pas « 33 Export » Beach ? Ou Kronenbourg sur mer ? Y’en qui ont de ces idées…) où nous échangeons le VTT contre les rollers. Je remarque que beaucoup de VTT sont déjà rangés dans le parc à vélos et ce n’est pas le roller qui va me rassurer ! Je n’en fais qu’une fois par an et c’est pour le raid du Touquet. Autant dire que ma progression, bien que linéaire, n’est pas très satisfaisante. Quoique… À peine nous avons chaussé nos « patins » que les sensations reviennent ou arrivent plus précisément. Nous doublons énormément de monde et j’ai de bonnes sensations de glisse sur le bitume de Stella. Quand ça glisse ainsi, quel plaisir ! Nous doublons une bonne centaine de concurrents en 5-6 bornes. Le moral revient.

Nous rejoignons la CO qui aura lieu dans les dunes au sud de Stella. D’après nos estimations, nous avons deux bonnes heures pour cette CO. Trop cool. Oui, trop « coule » plutôt.

La moitié des balises sont assez faciles à trouver. Pour la balise 2, nous perdons 20 minutes à jardiner après un prisme que nous ne trouverons jamais. D’ailleurs personne ne l’a trouvé étant donné qu’un petit malin (ou un gros connard) l’a dérobé ! J’avoue que j’ai des difficultés à « attaquer » les balises sur ses cartes IGN. Échelle trop grande, peu ou pas de détails significatifs et nous voilà à jardiner et, de ce fait, à perdre du temps. Le pompon revient à la balise 9 que nous ne trouverons jamais et ce n’est pas faute d’avoir essayé ! Faudra que l’on m’explique. Un autre mauvais choix nous oblige à traverser deux cents mètres d’un bois très épineux, très flagellant. Merdique, oui ! Tous ses mauvais choix et ses hésitations nous obligent à zapper une ou deux balises supplémentaires pas si difficiles que ça à priori. Ca commence à faire beaucoup…

Nous revenons au départ de la CO et nous sentons bien seuls car la grande, très grande, très très grande majorité des concurrents ont déjà rechaussé leurs rollers. Au passage, je me goinfre de raisins secs, me baffre de chips et sirote tranquillement un verre de Coca fort-à-propos. Le roller se passe très bien mis à part le fait que je me rends vite compte que même si j’ai fait des progrès en vitesse, s’arrêter efficacement sans exécuter de figures acrobatiques non homologués par la Fédération Internationale de Valdinguage Pas Artistique du Tout est une toute autre affaire… Je vous explique en deux points :

-          Je grille un Stop comme même les « Dirty Sanchez » n’auraient jamais osé le rêver. Je ne l’ai pas grillé, je l’ai carbonisé, atomisé, détruit. Mais j’ai prié, prié-é, pas pour qu’Aline revienne mais pour qu’aucun véhicule motorisé ne vienne, par le plus grand des hasards, croiser ma course folle et incontrôlable. Pour être honnête, je me suis un peu chié dessus !

-          A l’arrivée de l’étape Roller (le parc VTT), je dois évidemment m’arrêter pour récupérer mon « cheval ». Sinon j’ai l’air d’un con… Je tente un arrêt brutal. Pour brutal, ce fut brutal ! Voire bestial, démoniaque. J’explique à nouveau : l’arrêt fut un succès pour mes rollers qui se sont plantés instantanément dans le bitume.  Mais -car il y a un « mais »- tout ce qui se trouvait au-dessus de mes rollers, c’est-à-dire moi moins les pieds et les chevilles, a continué sa course en se rapprochant inéluctablement du sol si bas. Et si dur. Dans ces cas-là, la douleur physique est secondaire tant la honte nous étreint. J’ai tenté de retrouver une certaine contenance en me rétablissant tant bien que mal et en faisant comme si rien ne s’était passé. Si j’avais eu une clope, j’me la serai bien grillée accoudé sur une barrière, à la James Dean… Sauf que là, c’était James…. après son crash ! NB : pour les incultes, James Dean ne s’est jamais explosé en roller mais en voiture. Ou alors on nous a menti.

 

Voilà en deux épisodes ce qui m’amènera un jour ou l’autre à travailler le freinage en rollers. Je déchausse ces derniers pour enfiler mes trails et empoigne mon VTT. HORREUR ! Que se passe-t-il ? Mon biclou émet un couinement effroyable et n’avance pas. Fichtre ! La roue arrière est bloquée par les freins à plaquettes ! Je soupçonne tout d’abord mon éclairage avant d’exercer une pression sur le câble des freins. Dans la panique, j’arrive à péter la moitié de mon éclairage. Bravo, Ducon ! Parbleu ! Le couinement persiste ! Je vérifie la mollette de serrage des plaquettes et m’aperçoit qu’elle est serrée au maximum. Mille milliards de mille sabords ! Quel énergumène s’est amusé à me jouer ce tour de cochon ? Je rectifie le serrage et monte sur le VTT tout en maudissant le petit rigolo qui m’a fait cette vilaine blague. Trente secondes plus tard après moult insultes en mon for intérieur, tout s’illumine ! Alleluïa ! « L’énergumène », le « petit rigolo », c’est Bibi, moi ! Je vous explique une fois de plus : deux ou trois semaines auparavant, j’ai eu la mauvaise idée de balancer un grand coup de lubrifiant sur les freins. Quelle connerie ! Lubrifier des freins ? Résultat, à chaque sortie en VTT, je devais serrer les plaquettes pour obtenir un soupçon de ralentissement. Or, le sable de la plage a eu vite fait de nettoyer les plaquettes qui ont retrouvé leur pouvoir freinant. Cela explique bien des choses ! Entre autre, la caravane que j’ai tractée durant la première partie en VTT ! J’aurai pu crever mes pneus pendant qu’j’y étais ! Trop facile le VTT !

Cette dernière partie en VTT n’aurait dû être qu’une formalité car il s’agissait de suivre un itinéraire tracée sur la carte IGN (putain de carte IGN !) et de poinçonner quatre ou cinq balises cartées et une balise sauvage. Par balise « sauvage », entendez bien une balise placée aléatoirement sur un parcours donné et non pas une balise poilue avec des dents prête à fondre sur sa proie innocente. Sauf que… Notez que la première phrase de ce paragraphe commence par le mode conditionnel. Cela « aurait dû » n’être qu’une formalité…

Exemple : Claude François dit : « j’aurais dû appeler Darty. » ou Daniel Balavoine dit « j’aurai dû prendre le 4x4 plutôt que l’hélico. ».

J’espère que ces exemples vous aident à saisir toute la valeur du conditionnel. Je reprends donc la narration. Nous suivons l’itinéraire sans trop de difficultés car il y a des rubalises accrochées un peu partout aux branches des arbres. C’est même grisant de rouler dans les sous-bois en pleine nuit ! Quelle impression de vitesse ! Fabrice me gratifie même d’un superbe salto avant avec réception faciale. Plus de peur que de mal. Tout se déroule comme prévu, nous sommes encore plie-poil dans les temps. Nous arrivons sur la Plaine de la Licorne ( ?) submergée par la brume et pointons une balise. Notre dernière balise. La suite est un long chemin de croix où nous suivons bêtement un groupe de raideurs et nous retrouvons complètement à l’est de la carte ! Après quelques palabres avec Fabrice, nous décidons de tailler la route et rentrer directement à l’Hippodrome afin d’éviter les pénalités de retard. Nous bourrinons durant dix minutes dans les rues du Touquet et arrivons à bon port à 23h59, soit une minute avant le gong final.

Déçus mais heureux d’être à l’heure, nous rejoignons notre chambre d’hôtel où nous pouvons goûter au confort que ce mode d’hébergement procure. Les années précédentes nous avaient vus opter pour le bivouac sous tente, chose assez « ludique » mais d’un confort spartiate. Et ce soir, y’a même un film de boules à la télé. Que demander de plus ? Une bière ? C’est prévu. Une pipe ? Jamais avant une course ! Il nous faut donc nous reposer pour attaquer la deuxième journée.

 

5 avril 2009 :

Après une nuit très légère mais reposante, nous nous pressons pour découvrir le classement provisoire et là, c’est le choc ! Notre équipe n’apparait pas dans le classement ! Je ne vois pas notre équipe dans les 150 premiers. Je relis et par réflexe prolonge ma lecture jusqu’à la 200ème équipe. Toujours pas notre nom ! C’est quoi ce bordel ? Y’a des coups de boule qui s’perdent ! On croit rêver, ma p’tite dame ! La réalité est bien pire encore…. Nous sommes 220ème sur 280 équipes. On n’a jamais fait pire alors que, physiquement nous n’avons jamais été aussi bien ! Quel coup de massue !

A peine remis de notre déception, Fabrice et moi nous résignons à prendre le départ dans l’espoir de remonter un maximum de places durant cette deuxième journée qui s’annonce beaucoup plus physique. Tant mieux étant donné que le « tactico-tactique » n’a pas vraiment fonctionné la veille…

Le départ de cette journée est donnée près de la base de voile du Touquet où nous devrons pagayer quelques kms afin d’aller chercher nos VTT que nous avons déposés la veille. Il fait beau, le soleil a choisi son camp. Peut-être un signe ? Faut bien se raccrocher à quelque chose…

Je dois vous signaler que chaque année une ou plusieurs personnalités sont présentes sur le Raid pour le suivre (en bagnoles évidemment) ou participer à une étape. Depuis 2006, j’ai pu voir PPDA (qui court), Francis Lalanne (qui chante), Bernard Laporte (qui perd la Coupe du Monde) et en 2009, le gros Cauet (qui grossit). Si je dis « gros » Cauet, ne voyez pas là une quelconque animosité envers cet animateur talentueux, cultivé, spirituel. Non,  si j’avais dit « gros CONNARD de Cauet », vous auriez pu m’attaquer en diffamation car Cauet n’est pas un CONNARD mais un ABRUTI. Fermons la parenthèse. Cauet est gros et ça se voit. Soit disant qu’il aurait pris le départ du Kayak? De toute manière, je m’en foutais comme de ma première carte de France. C’est vous dire…

Les six kilomètres en ….. « Je voudrais au nom de…. 

-          Mais, madame, qui êtes-vous pour m’interrompre si grossièrement ?

-          … toute la France…

-          Madame Royal, que faites-vous là ? Dans mon CR ? Sur Kikouroù !

-          … présenter des excuses à Monsieur Sébastien Cauet…

-          Mais cassez-vous ! C’est mon CR ! Et si j’ai envie de dire du mal de quelqu’un, c’est mon droit !

-          … qui est un grand animateur. Talentueux, cultivé, spirituel.

-          Casse-toi, pôv’conne ! (tiens, ça me rappelle quelqu’un. Mais qui ?)

-          Pardon, pardon, pardon.

-          Tu l’auras voulu ! »

Scènes de pugilat (par souci de préserver l’innocence de nos plus jeunes lecteurs et lectrices, d’un commun accord avec moi-même, j’ai décidé de m’auto-censurer. Les scènes de violence ne seront donc pas décrites. Désolé.)

           

Où en étais-je ? ….. ah, oui ! Les six kilomètres en kayak sont une formalité même si nous avons un peu tendance à zigzaguer. Ma faute encore une fois : je ne suis pas très régulier dans ma manière de pagayer et Fabrice, en bon barreur, est obligé de corriger mes coups de bourre et mes coups de mou. Le plus difficile n’est pas de « naviguer » mais plutôt de tirer l’embarcation une fois que nous avons atteint la vase.

 

VASE (selon mon pote Wiki) : Dans les bassins portuaires, la vase rassemble, en un amalgame impressionnant, des rejets et déchets suspendus ou agrégés au sable. Sédiment onctueux, jamais uniforme, souvent travaillé par des micro-organismes, se gorgeant à l’occasion d’hydrocarbures, d’azote, de phosphore, de métaux lourds, la vase de mer perturbe la fluidité des chenaux.

 

Pour faire plus court, la vase, ça pue, ça colle, ça ralentit. Ça fait chier, oui ! Donc, nous voilà avec de la merde jusqu’au cuisse pour enfourcher nos bicyclettes avec pour objectif de rejoindre une carrière de craie, propriété de HOLCIM, fabricant de ciment. En effet, HOLCIM est le sponsor de cette édition 2009 et dans sa grande générosité, nous autorise à fouler une énorme carrière de craie. Spectacle post-apocalyptique, cette carrière permet à l’organisation de proposer une mini-CO. De merde. Une CO sur moins d’1km², qui plus est dans une carrière, y’a vraiment plus intéressant… Carton rouge à Karine Baillet sur ce coup-là ! Mais ce n’est pas le pire cher lecteur ou  chère lectrice, car je m’adresse aussi à toi, jeune demoiselle. Oui, toi qui frémit à la lecture de mes navrantes mais non moins trépidantes voire hilarantes aventures, je pense à toi. Le pire se matérialise sous la forme d’une « étape » VTT qui consiste à faire deux fois le tour de la carrière soit 6 kms sur les pistes en craie. Pendant 15 minutes, j’ai eu l’impression d’être un hamster perdu sur le tournage de Mad Max 4. C’était chiant mais chiant…. Et vous me direz : « eh, Rag’ ! Que vient faire une usine à ciment dans un raid Multi-sports ? » et je vous répondrai : « t’as pas une aut’ question ? ». J’ai bien tenté quelques associations d’idées pour justifier ce partenariat :

-          Évitons d’emblée le côté « Respect of ze nature » car béton et nature n’ont jamais fait bon ménage.

-          Les épreuves sportives cimentent les liens entre les hommes et les femmes ?

-          J’avance tellement vite qu’on a l’impression que mes godasses sont en béton ?

Décidément, j’ai beau retourner le problème dans tous les sens, je ne comprends pas le pourquoi du comment de ce partenariat. Le fric, peut-être ? La bonne conscience ?

A bien y réfléchir, heureusement que le Raid n’a pas été sponsorisé par DUREX, l’organisation nous aurait obligés à tous nous enfiler en pleine nature. Sponsoring oblige ! Ou si les Charbonnages de France existaient encore, ils nous auraient envoyé faire une CO par 200 mètres de profondeur avec une bonne silicose à la clef !

Suite à cet épisode qui, sur l’échelle du « Fendagedegamellitude » (si cher à Ségolène) qui compte 10 degrés, mérite un bon 0,5, nous enchaînons avec du Run’n Bike. Tout se déroule comme sur des roulettes mis à part quelques passages bien boueux ou sableux qui nous empêchent l’un et l’autre d’avancer efficacement lorsque nous sommes en VTT. Mais passons. Nous arrivons sur la partie « trail » du raid. Petit trail de 5 kms assez plaisant car en forêt et avec une petite ascension « pas piquée des hannetons » pour aller pointer une balise. Après coup, je pense qu’il n’était nécessaire de se taper cette montée d’un point de vue tactique car s’y rendre nous prenait, au bas mot, 20-25 minutes et beaucoup d’énergie. Sachant qu’une balise non pointée n’était pénalisée que de 30 minutes, le gain en temps était minime et la perte d’énergie plus que conséquente ! Enfin, c’était sympa de faire un peu de grimpette et de constater que, physiquement, nous n’étions pas tant à la rue que çà !

Après le trail, le reste est un enchaînement de partie en VTT, en course à pied et en Run’n Bike. Fabrice et moi avons eu de très bonnes sensations sur la partie VTT, prenant chacun notre tour, des relais efficaces le long de la plage. Cela change des années précédentes où je ressens une réelle baisse de forme sur la deuxième journée. C’est une satisfaction personnelle.

Nous arrivons à l’hippodrome très en avance sur l’horaire, convaincu d’avoir réussi cette étape. Nous terminerons 60ème sur 280 la deuxième journée.

Bilan du raid :

-          Au classement général, nous remontons de 60 places et nous classons 160 sur 280. Résultat très en deçà de nos possibilités. Si, si !

-          Les CO ont été peu ou pas sélectives, nous n’avons pas pu tirer notre épingle de ce point de vue.

-          Nous avons, une fois de plus, suivi une équipe qui nous a mis dans la merde et nous n’avons pas su réagir à temps.

-          Nous sommes contents de notre potentiel physique. Toutes les épreuves ont été courues à un « bon » rythme.

-          Aucune blessure, ni casse matériel à signaler.

 

Ce fut un beau week-end passé avec Fabrice, coéquipier de choc pour ce raid. Raid qui aura toujours une saveur particulière car il jalonne toutes mes saisons depuis que je me suis mis à la course à pied. Le fait de courir en équipe décuple ma motivation et j’attends avec impatience le jour où je pourrai m’aligner sur le Raid Normand avec une équipe de 3 amis (j’ai déjà ma petite idée…)

En espérant que vous ayez passé un bon (un long) moment à me lire, je vous donne RDV dans quelques semaines pour mon CR sur la BOUILLONNANTE .

15 commentaires

Commentaire de _azerty posté le 01-05-2009 à 18:33:00

Félicitations !!!

pour le Cr que j'adore et surtout pour avoir participé à ce raid.

Qu'on se le dise, c'est pas un raid de tafioles ...
C'est du lourd, du costaud organisé par une gonzesse qui s'y connait en machins un peu corsés, et qui ne supporte pas trop les mous du genou

Alors bravo d'avoir terminé, car moi, j'ai jamais une les corones de m'inscrire.


Un jour peut-être, j'irai perdre définitivement mon VTT dans la conche


Commentaire de shunga posté le 01-05-2009 à 18:53:00

YEs un long moment vi. Un bon moment aussi. N'a bien rigolé. Bien fait de foutre les gosses dans le bain, sauf que l'eau doit être gelé maintenant. Pas grave c'est ça l'éducation. Pas eu le temps de faire à bouffer, donc on mangera comme ce midi et hier soir. Pas grave, c'est mieux que de bouffer des galettes de terre. Rien que de te lire, ça met toute ma minutieuse organisation en péril. C'est grave docteur ? Si un jour on doit courir dans la même course... Je donne pas cher de...
PS tes références m'ébouriffent.

LA bouilonnante avant noël ?

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 01-05-2009 à 19:00:00

En lisant ton CR, j'entends ma femme qui se marre dans la pièce d'à côté. Elle est en train de lire la même chose que moi.

Maintenant que je me suis planté grave sur un raid, je sais ce que c'est et je suis favorablement impressionné.
Ragondin, t'as la queue ronde mais pas molle !

Commentaire de Mustang posté le 01-05-2009 à 19:52:00

sympathique cr sur les charmes de la côte d'Opale

Dis, "Ils" t'obligent vraiment à faire tout ça ????

Commentaire de claude 34 posté le 01-05-2009 à 19:59:00

Pas mal.
Mais c'est "le Touquet raid" ou "le tout qu'est raide". En tout cas c'est sûr qu'il ne faut pas être mou pour s'y inscrire. Bravo pour tout (raid et cr).

Commentaire de jepipote posté le 01-05-2009 à 21:31:00

merci pour ce grand moment de vie...
je bouillonne d'impatience de lire ton prochain CR^^

Commentaire de la panthère posté le 01-05-2009 à 22:45:00

c'est du costaud!.....
j'ai rigolé comme une baleine, (ça se dit, ça?),
en imaginant les scènes.....
merci!vivement le prochain, qu'on se marre!

Commentaire de taz28 posté le 03-05-2009 à 17:39:00

Heureusement que Domi m'a parlé de ton récit, j'ai failli le rater !! Et cela aurait été bien dommage pour moi ...

Merci Ô Grand Rag' pour ce récit hilarant, tu décris avec tant de bonheur cette aventure épique !!
Mais surtout bravo à toi d'avoir réussi cette course difficile où il faut maitriser tous les engins possibles (sauf celui utile pour Durex, là aussi j'aurais adoré les détails que tu aurais pu conté avec plaisir)

Je crois que je vais encore le relire, histoire de me fendre la pêche, ou la poire ...

Taz

Commentaire de grandware posté le 03-05-2009 à 22:15:00

Mais qu'il est con... si tu cherches un troisième branleur...

Commentaire de Jihem posté le 04-05-2009 à 13:42:00

C'était pas plus cool les bourre-pif sous la mélée ?

Commentaire de Epytafe posté le 10-05-2009 à 18:27:00

Un tout grand moment ce récit... Merci l'Rag' ! Par contre, pour le podium, il font une catégorie V4 ?

Commentaire de Francois dArras posté le 10-05-2009 à 21:43:00

Quel modeste ce ragondin !
Il est incomparable pour nous relater de manière hilarantes ses galères et nous faire croire qu'il n'est qu'un bras (pied) cassé.
On va finir par en redemander.

Et encore une fois tu me donne envie. J'irais bien y faire un tour rien que pour te voir sur des rollers, je sais pas pourquoi j'ai du mal t'envisager sérieusement dans cette discipline.

Première étape je me procure un VTT avant la fin de l'année, et après tout est imaginable...

Commentaire de philkikou posté le 13-05-2009 à 22:31:00

J'ai bien fait de mettre les C.R. du Ragondin Senior dans mes favoris, c'aurait été dommage de louper celui-ci !!! Hilarant ....

Bravo pour le c.r. et le raid

Vas-y molo sur les freins du VTT et à fond sur ceux des rollers...

Au plaisir de te relire....

Commentaire de idec59 posté le 01-06-2009 à 11:32:00

Extraordinaire!!!
je n'avais pas autant depuis longtemps
Merci L'Rag'

Commentaire de ch'ti vincent posté le 08-07-2009 à 22:24:00

Nul besoin d'images pour illustrer ton Cr, on voit tout dans tes mots.
C'est un bon scénario de film dramatico-comique, quelle poilade !

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