Récit de la course : Trail des Aiguilles Rouges 2009, par manu26

L'auteur : manu26

La course : Trail des Aiguilles Rouges

Date : 27/9/2009

Lieu : Vallorcine (Haute-Savoie)

Affichage : 843 vues

Distance : 51km

Objectif : Se défoncer

4 commentaires

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Le récit

TRAIL DES AIGUILLES ROUGES 2009

   

53.94kms

3706mD+  /  3943mD-

Source : Garmin FR 305 / SporTracks 2.1.3478. Technique, le gars.

La météo chamoniarde prévoit un temps dégagé le matin avec de bonnes pluies l’après midi. On aura exactement l’inverse. Albert Simon me manque terriblement.

10H06mn (c’est mon temps).

 

C’est vrai, le truc faut_bouffer_des_pates_même_la_veille, c’est totalement dépassé. Les pasta-party  C’est un truc d’organisateur de courses. On s’en ai déjà mis plein le tarbouif toute la semaine, des pâtes. On va pas se faire le chemin de croix pour le dernier repas...

Car c’est avant, les 3 derniers jours, le dernier mois, l’année écoulée, qu’il s’agit de faire le nécessaire.

Maintenant c’est ridicule.

Faudra trouver autre chose pour évacuer la culpabilité de manger comme des cochons toute l’année. 

Donc, fort de ce nouveau savoir, il nous a fallu pas mal de temps pour choisir le meilleur reblochon du samedi soir. Un qui puisse être à la hauteur du Haute côtes de Beaune, du Vacqueyras 2007 (Burle) et du Cairanne 2007 (Oratoire St Martin). Parce qu’ici, les soucis commencent bien en amont de la course.

François, fort de sa récente grande traversée des Alpes en solo, leader du groupe, propose sans rire un reblochon des Bauges. Las, sa culture crémière n’est pas à la hauteur de sa culture mentale. Le gage tombe, sans concession : pas de TAR Fanfoué, il sera notre accompagnateur. Nous emmènera, nous chérira, prendra des photos, nous accueillera à l’arrivée. Le reblochon, lui, restera local.

Les autres forces en présence : Phil, autre potUFO, l’ultrafondu en chef. Venu en visiteur mais quand même entraîné hein, il va pas nous la faire. Ne ratez surtout pas son article sur le TAR au prochain mag.

Mathieu, Pierre Olivier et Thomas les neveux. Seul le dernier a une expérience de trail (TGV 2008), mais Pioli viens de se taper St Jacques… de Compostelle. Une semaine à 50 bornes par jour en trottinant. Et Mathieu est celui qui connaît le parcours jusqu’au Col de Salenton pour avoir fait la reco avec moi en août.

Vincent le frangin. Entraîné aussi difficilement que scrupuleusement. Dire que je le badais quand il triathlonait dans ma jeunesse, et que là je sens bien qu’il a les mains toutes moites. Hé hé…

Steph, le boss, un coefficient de ralentissement à faire pleurer. Un qui rigole même quand c’est dur (dossard 84 c’est lui).

Franck, tailleur de pierre acrobatique massif, le pied gaillard en montagne. Coureur depuis… 6 mois.

Et puis moi. Le chalet est chaud. La pela de Franck est top. Le vin est très bon. Le bonheur peut être peu de choses. Ça cause de tout, passionnément, les yeux carrément humides de désirs : VO2, le périnée au bout de 5 heures de course, l’oxygénation du vin, nos femmes qui croient qu’on s’amuse, « plus fines les tranches de patates », les 600 bornes en autonomie du Fanfoué, le magounet du philou…Coucher à 22H00 après une pré-vérification de sac. On fait semblant d’être inquiet là-dessus mais je crois qu’on pense surtout au lendemain… 

Le lendemain commence on ne peut mieux : les chants de Noël. « Minuit chrétien » à fond à 2 heures du mat, satyre du lit… Et puis « il est né le divin enfant », « papa Noël »… que des bonnes choses. Départ du Chalet à 4H10. Constat d’une poche percée, un sac récupéré in-extrémis laissé dans le jardin…La montée du col des Montets en 2ème, Tous les 9 dans le Scudo, sympathique véhicule, On arrive à moins 10, on se gare à 100 mètres. On assure comme des bêtes.

Une pensée pour Séverine avant le départ.

Le départ. 

 

Vallorcine-Col de Salenton : 16,5kms / 3H12

 

 Très vite (3 minutes ?..) je suis seul. On s’est quitté avec un impératif : on fait comme on veut.Donc seul sans le vouloir, sans le souhaiter, sans le redouter. On était si bien ensemble…

Mais bon, les moments entre nous, famille, potos, ils sont bien à l’intérieur de moi, tout prêt du cœur et aussi pas très loin de l’estomac qui finit de négocier la pela. Je sens bien que je cours à 9. 

Ça commence bien je vois tourner. Si ça se trouve c’est des conneries : à chaque début de course, je me trouve un petit truc embêtant mais pas trop. Comme si j’avais besoin de ça pour me centrer sur ma course, pour pas m’éparpiller.

C’est plat exprès pour étirer le peloton. Mais dans les bois ça bouchonne. Pénible. Avant je m’en fichais total mais en fait c’est pénible. Et c’est toujours un peu un mystère les embouteillages du début : qu’est ce qui fait qu’un coureur freine boudiou ?  Sans doute un détail, comme sur les autoroutes quand un type jette un œil sur l’accident d’en face. Ici, un coureur cherche son pote, une autre fait tomber son gobelet, une frontale posée sur les sourcils qui s’affaisse…et ça suffit pour foutre le bordel.

Passons sur ceux qui doublent quand on bouchonne (style je prends la bande d’arrêt d’urgence le premier W-E d’août) et posons la question sans réponse : Est-ce que le temps perdu est vraiment perdu, ou est ce qu’il se transforme en gain d’énergie pour plus tard (et donc en temps, pouf pouf) ?  Ça aussi ça occupe drôlement la tête ces trucs-là… 

Il faut quand même rudement se méfier du chemin en dévers, avec ses racines humides prêtes à nous faire riper le pied. Les frontales ont intérêt à bien jouer leur rôle.

Des gens sont déjà à nous applaudir dans les hameaux. Ça sent le café dans les ruelles.

Globalement, les gens apprécient de voir les autres courir. Je sais pas si c’est l’effort, l’ambiance, la curiosité, ou pour voir passer le tonton, mais c’est marrant. Avant de découvrir la course à pied, il ne me serais jamais traversé l’esprit de me lever pour voir courir des types déguisés en sapins de Noël. 

On repasse par Vallorcine et on monte enfin un peu. J’avoue que ça m’ennuie de me sentir ralenti. Deviendrai-je un brin compétiteur ?   

Oh zut, on passe au dessus de la cascade de Bérard. J’aurai apprécié un ravito dans la grotte à Farinet, le robin des bois faux monnayeur. La niche fiscale du Buet. Et dire que Woerth crèche pas loin !…

Le jour se lève dans le vallon de Bérard où on peut courir plus régulièrement. Ah si le ciel se dégageait, ça permettrait à chacun de découvrir cet endroit champêtre magnifique, un peu hors du reste.

Je me dis que courir ça sert à rien et que c’est peut-être pour ça que j’aime.  Et puis je me dis plus rien plus rien. Ça vient tôt l’état alpha, c’est bien.

La roche est rouge par ici. Le gros crachin accentue la coloration. Intuition incroyable : Ah c’est donc pour ça « les aiguilles rouges ». La teinte renvoi plutôt au rouge du Bourgogne de François hier. Pas très loin de la roche vineuse, terre de mes ancêtres… 

Je ne m’arrête à Bérard que pour mettre du coca dans le bidon. Pas court-circuiter la félicité.La montée est technique. Content de pas avoir pris les bâtons. Dans ces passages, je vais bien plus vite. En mettant les mains on n’a pas l’équilibre à gérer. Et puis moi les majorettes…

 

Un micro groupe se forme pour évoquer le fondamental entre grimpeurs: Est-on plutôt Chamonix ou Saint Gervais ? ... Un peu comme « Beatles ou Rolling Stone », « Brel ou Brassens », « Résistance ou collaboration »…  

 

Col de Salenton - Moëde-Anterne : 24.1kms / 4H23

 

 Les premiers mètres sont excellents et me rappellent les marnes noires de l’extrême sud-est de la Drôme. On peut faire de la ramasse. Las, ça ne dure que 2-300 mètres.

On cause ; Je sais plus de quoi. Je me souviens juste avoir été bavard, plus soucieux de passer du bon temps que du chrono. J’accélère un peu quand même...

Au 20èmekms, c’est le balcon jusqu’au refuge de Moëde-Anterne. Des petites montées et petites descentes, jamais plus de 50m de déniv. L’aval à gauche. Traversée de ruisseaux, premières glissades. Et du plat.

Ah le plat, vla que je suis en train de m’y faire sérieusement. C’est bien d’apprivoiser ses cauchemars.

Au départ, c’était une énigme : à part l’ennui, il n’y a aucune raison objective de détester le plat. Et puis j’ai trouvé la raison : c’est que j’étais pas bon sur le plat. Ça suffisait à me le faire détester.

Avant, j’était bête. Je me sens guère mieux à présent, mais fier d’avoir découvert tout seul la technique du chi-running avant de savoir que c’était du chi-running  (sur une très très bon magazine). C’est mon coté bourgeois gentilhomme. Et puis j’ai rajouté le balancement des bras.

Donc voilà : en fait foin des idées reçues,  c’est des conneries de croire que les jambes portent le corps (comme le coup des pates au dernier repas) ; C’est le haut du corps qui pousse les jambes à avancer. Essayez avant de rigoler : d’abord le buste droit pour sentir l’équilibre. Vous y êtes ?  Ensuite, on incline le buste. Légèrement pour pas solliciter les reins. Et là on fait quoi ?  Eh bien on est en déséquilibre, et on avance le pied pour pas tomber. Juste pour pas tomber. Mais le corps continue, lui, et l’autre pied doit aussi s’avancer également pour éviter la chute, puis l’autre, puis l’autre etc…    

C’est une chute perpétuellement remise au pas suivant. A chaque fois, le pied vient lui sauver la mise.

La foulée devient rasante par la force des choses. Chaque foulée résonne comme un miracle de se retrouver là.

Il faut aussi garder la mâchoire relâchée sinon on perd encore des kilojoules. Du coup on bave un peu parfois. Heureusement, ma chérie est loin et les photographes sont annoncés par panneau 200m à l’avance.

Au total, la gestuelle n’est pas aphrodisiaque.Le nouveau truc, pour passer de 7km/h à 8,5km/h sans aucun effort, c’est le balancement de bras. Certes, point trop n’en faut sous peine de trop contracter les épaules, mais il est important d’accompagner le mouvement du coté opposé au pied qui avance. Et puis ne pas oublier que c’est les bras qui commandent la cadence. C’est fou, on appelle ça de la course à pied mais les pieds ne font rien.  Et ainsi, petit à petit, comme dit Vincent, on cours sans s’en apercevoir. Le rêve.

Courir comme on respire.

Le gain de l’exercice n’est pas que physique. Il est visualisable psychiquement : la force du minimalisme. L’énergie du vide, l’absence qui me met en mouvement. Bienvenue au Tao-te-king.  

 

Moëde-Anterne – Brévent : 33,8Kms / 6H23

 

Je m’arrête encore moins qu’au refuge Bérard. J’étais bien avec Lao-Tseu et là ppffff ! 70 personnes au ravito.

Je branche un MP3 considérablement rajeuni : Mika a remplacé Jean ferrat. Je dois à Mika de m’avoir aidé à exploser mon record du Ventoux. Je l’ai convoqué aux aiguilles rouges pour service rendu.

Après les fatals picards et les fils de Teuhpu dans la descente au pont d’Arlevé, c’est Jean Louis Aubert qui m’accompagne dans la montée du Brévent. La voix de mon enfance. Quand je l’écoute j’ai 14 ans. J’ai grandi avec cette voix, sur fond de rouges limés et de dimanches emmerdants.

 

Chaque portion de plat m’est profitable : je cours.

J’ai du doubler 30 coureurs dans la montée du Brévent. Je la fais un peu vite cette grimpette pour un 50 bornes. Mais je me dis qu’après j’aurai une grosse heure de descente alors…

Je me met à regretter les bâtons. Y’a pas une majorette dans le coin ?

 

 

Et qui donc au Brévent qui n’en finissait pas de pas arriver (le Brévent) ?  Not’Fanfoué, armé de son appareil formidable. Un joujou extra qu’il fait tournoyer à l’envie. Clic Clac. Je me suis revu sur la photo : j’étais livide…

Il me dit tout : Stéphane 10mn devant , Dawa et Pommeret qui viennent d’arriver, sa matinée, les variations climatiques, les neveux, le frère, le Franck… Il s’inquiète quasi pour ma descente ; ça me fait rigoler : c’est mon exercice préféré. Hé hé.

 

 

  Brévent - Servoz : 45,5kms : 8H27 

 

Elle ne vient pas tout de suite la Vraie descente qui tue la mort.

Je connais jusqu’à Bellachat. Ça va bien. Je me sens aérien. Je le prouve au photographe par une figure inutile, mais au prix d’une crampe post-cabriole des familles. Je ne suis pas si bien...

 

La chaîne du Mt Blanc est dégagée. Et c’est vrai pour les aiguilles jusqu’à l’M.

 

Mais ça devient quand même un peu long avant d’aborder la descente. Franck m’a dit que ses 3-4 kms étaient un moment de félicité pour lui. Ben dis donc…

C’est pas que c’est énervant mais j’étais pas prévenu.

Ça y’est c’est parti. Et là, surprise. Les jambes sont nazes !..

1700mD-.

 

C’est énervant, mais j’étais prévenu.

 

Passons sur l’étroitesse des petits chemins pentus et en Z que ma foulée de canard apprécie modérément, mais les genoux punaise, au dessus des genoux j’ai mal et ça me fait comme si ça menaçait de péter.…

Je descends à 6 à l’heure, rarement plus. Je me fais doubler au total par sans doute 40 coureurs (comment le site Internet peut me donner la même place au Brévent qu’à Servoz ?). Je regrette mon entraînement inexistant depuis 3 semaines. Je piquerai bien un bâton de majorette aussi.

C’est assez vexant de constater que son exercice préféré se transforme en cauchemar. Que l’on perd du temps là où on en gagne habituellement.

Tiens, y’a un type que je n’aurai jamais doublé et qui vole ! Qu’est ce qu’il fout là en milieu de tableau ?.. Peut-être qu’il a un niveau de descente qui le situe dans le top 5 mais une vitesse ascensionnelle… peut-être qu’il les monte sur les mains.

 

C’est le seul endroit du parcours où je vois si peu de monde ; Disons que ceux qui me doublent se retrouvent quasi immédiatement hors de ma vue. Le bitume que j’ai normalement en horreur se présente comme une promesse. La promesse du ravito, d’une chaise et d’un coca frais. Je ne sais pas encore que c’est là que Mathieu va laisser son ménisque. Je me trompe de route et perd 200 mètres. C’est la première fois. Une bonne moyenne pour moi qui trouvais généralement moyen de me paumer 2 ou 3 fois 5mn par course...

J’arrive.

Pour moi ça sera une chaise et un coca frais.

Et 20mn d’arrêt.

 

 

Servoz – Les Houches : 53.9kms / 10H06

 

Je repars avec des tucs que je garderai dans la main jusqu’à l’arrivée, par pur attachement. Ça a l’air de rien, et puis une fois qu’on les a dans la main c'est un peu comme une seconde peau…

2 petits kms bien agréables au bord de l’eau et puis la montée.

J’y rejoins Xavier, voisin ardéchois qui m’accompagne dans cette montée dévorée à 300m/Heure !.. 

Je râle un peu. Un peu par conviction et beaucoup pour l’ambiance. Ce qui faut pour se donner du courage.

 

Ceci dit, cette montée bitume vers Vaudagne n’a pas de sens. Mais ça soude notre petit groupe de 4 maintenant. Petit à petit, un peu avant les chalets de Charousse, l’idée émerge de faire moins de dix heures. Un truc qui donne un peu de sens, justement. Seul Xavier s’en approchera en faisant un rush magnifique.

 

Et puis toujours ces gens qui nous promettent plus qu’un quart d’heure, puis plus qu’un quart d’heure, et enfin, bien plus loin, un quart d’heure et c’est fini, courage, vraiment.

 

Le lac des Chavants. L’arrivée. François. La douche glacée ; Et la joie de voir arriver notre équipe égrenée. Pierre Olivier 40mn plus tard, puis les autres… sourires radieux, poings serrés, airs hagards…

Mathieu partagé entre l’IRM à venir et la joie d’en être.

Thomas, plus fatigué que déçu, toujours avec la banane.

 

Et l’organisation elle nous a préparé quoi ?…. une tartiflette.

Le reblochon commençait à nous manquer furieusement.

 

Les chéris, vous avez été énormes.

A un moment, j’ai franchement culpabilisé de vous avoir emmené là.

4 baptêmes de feu sur ce parcours (Franck et Vincent n’avaient pas courus plus de 30 bornes sur un dénivelé bien moindre…)… vous avez attaqué par du gros d’entrée.

Cette course, je l’ai trouvé très éprouvante, très exigeante, plus que bien des 100 bornes fait auparavant.

J’arrive une grosse heure après ce que j’espérais, Stéphane une heure et demi après son objectif… même les premiers ont eu ½ heure de retard sur les prévisions. Sans doute que les 4 heures de pluie ont rendu le sol plus délicat. Les bouchons du départ. L’altitude moyenne de la course…

 

Retour au chalet.

On a pas envie de partir.

Le crémant de Pioli.

Faut partir.

Pourquoi , y’a un truc de mieux à faire la semaine ?!..

Qu’est ce qu’on fout ailleurs plutôt que d’être là ?!

 

4 commentaires

Commentaire de Yvan11 posté le 03-10-2009 à 10:18:00

Merci de nous faire ainsi partager ta course et tes sensations.
Très agréable CR...(j'adore ton écriture)

Commentaire de Xavhië posté le 05-10-2009 à 08:23:00

Merci pour ton CR, faudra nous montrer un jour le "chi-running"!
Bonne récup!

Commentaire de TomTrailRunner posté le 07-10-2009 à 21:22:00

Un joli parcours sur un si beau parcours.
Bravo
Tom

Commentaire de Cédric74 posté le 08-10-2009 à 02:25:00

Très sympa ton CR !!
Lecture très agréable et plein de ressenti pareil que toi sur cette course.

Bonne continuation et bravo

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