Récit de la course : Saintélyon 2012, par eowyn69

L'auteur : eowyn69

La course : Saintélyon

Date : 2/12/2012

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 900 vues

Distance : 69km

Objectif : Terminer

8 commentaires

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Mon précieux

-          Dis donc maman, tu comptes porter ce maillot encore longtemps ?

-          Non, non, je ne veux pas l’enlever, il est à moi, à moi mon Précieux maillot de finisher.

Comme beaucoup, à la fin de ma quête, je me dis plus jamais…mais j’y repense et je me vois cette fameuse nuit du 1er décembre 2012 et je  me remémore les 1er pas qui m’ont conduit à cette folle décision de participer à la Saintélyon.

L’an 2010 : j’accompagne mon mari pour sa première Saintélyon . J’ai décidé de passé la nuit à l’encourager et le soutenir .Je trouve ça super fun et regarde avec amusement les préparatifs de la course et tous ces barjots prêts à affronter une nuit glaciale. Je me demande ce qui les pousse à faire ce genre de chose.

J’assiste au départ en compagnie de Nini qui est là pour son mari également. Nous allons les suivre jusqu’au bout de la nuit et… du jour.

Ce que je n’avais pas prévu ? L’émotion qui m’a étreint toute la nuit, la magie de la course, l’envie de faire la même chose et le virus qui passait par là. Parce que la saintélyon, ça s’attrape comme une grippe qui ne vous lâche pas.

Moi , faire la Saintélyon, hum… c’est que je cours pas du tout, je préfère la douceur du canapé avec un bon livre qui parle de quête, de héros, d’héroïne. Qu’à cela ne tienne , je la ferai en rando.

L’an 2011 : je m’aligne sur la course en mode rando,  je ferai ce que je peux , je veux juste découvrir la distance et puis en marchant ça devrai le faire. Optimiste , je commence ce voyage  qui doit me mener  à Lyon, tranquillement sans pression et juste pour le plaisir. C’est sans compter que la Dame Saintélyon ne se laisse pas apprivoiser et je réalise en abandonnant sur un banc du parc de Chaponost  que la Saintélyon est une course qui se conquiert de haute lutte.

Fin décembre 2011 : La décision est prise. La Saintélyon, je la veux et je l’aurais. Le défi  est lancé. Bon, c’est pas tout mais par où je commence ?

J’enfile mes baskets , débute mes premiers entrainements de course à pieds , 3, 5 , 10 km. Un trail par ci, un autre par là, j’avale des kilomètre doucement, lentement , surement.

Juin est déjà là, je veux me lancer sur un 42, la nuit des cabornes en septembre  me semble une belle course et rentre dans la logique de ma préparation,  malheureusement  avec les kilomètres apparaissent aussi les blessures. Tant pis, je fais l’impasse.

Fin septembre commence la préparation de la Saintélyon,  VMA, côtes ,vélo,  sorties longues, très longues. Début novembre , je fais une reco avec des Offeurs Lyonnais , un merveilleux souvenirs avec des gens chaleureux et attentionnés. Je fais aussi le bilan. J’ai une TFL au genou gauche, je suis crevée physiquement  et moralement. ! Je doute beaucoup, je pleure aussi. Mon mari et mes enfants me manquent , on se voit en coup de vent. C’est que cette Dame Saintélyon est exigante. Heureusement, mon clan me soutient autant qu’il le peut.

L'an 2012

J – 7 : Après tous ces mois d’entrainements, mon corps me lâche, j’ suis crevée comme je l’ai jamais été,  TFL sur le genou gauche, tendon douloureux sur la cheville droite, un torticolis extrêmement douloureux qui me font souffrir toute la journée. Des nausées, des maux de ventre, bref ! J’arrête là la litanie.

j-4 : j’ai le moral dans les chaussettes, j’appelle Nini, j’ai besoin de savoir si c’est normal de se sentir si mal et d’avoir le trouillomètre à zéro. Elle me rassure comme elle peut, ça me fait du bien.

j-3 : Enfin, une merveilleuse nouvelle, mon mari me fait un superbe cadeau, il vient avec moi et participe à la course, je suis émue et touchée.

Arrive, le jour  tant attendu et redouté. J’ai mis toutes les chances de mon côté, mes amis, ma famille et surtout mon mari me soutiennent.

C’est à moi de jouer ma partition. Serais-je au RDV, à la hauteur de mes espérances ? Mon corps tiendra-t-il ? Cette Saintélyon tiendra t-elle toutes ses promesses ?

H-1h00 : j’arrive trop tard pour rencontrer les coureurs au Flore, tant pis, j’ai une pensée pour tous ceux que j’ai déjà rencontré et leur souhaite bonne chance, je m’installe tranquillement pour me préparer et me mettre dans ma bulle. Mon mari me fait remarquer que je suis assise à côté de Christine Aaron, je ne m’en étais même pas aperçu ! J’envoie un message à Nini, je la retrouve dans le sas un peu plus tard. On discute un peu, on prend des nouvelles.

Enfin, voilà le départ, je suis très émue et en même temps pressée d’en découdre avec Dame Saintélyon qui  me semble à ce moment-là  très accueillante et bienveillante .J’ai les larmes aux yeux et la joie au cœur, heureuse de  partager  avec mon mari et Nini un moment émouvant.

On fait la course tous les trois jusqu’à la croix de Sorbier, je suis attentive à tout ce qui se passe dans mon corps et fais le check point jusqu’ici ça va et même très bien. Je suis étonné de me retrouver au milieu de plein de coureurs moi qui ait passé des mois au fond des pelotons de course, très souvent seule. On va vite, trop vite par rapport au road book, alors je me tempère, je réduis volontairement l’allure.

Mon chemin se sépare de celui de Nini dès les premières plaques de verglas, je sais que je ne la reverrais pas avant l’arrivée. Je suis de tout cœur avec elle, je lui souhaite bonne chance et la vois s’élancer comme une fusée.

J’entame alors une nouvelle course et réalise que Dame Saintélyon a bien relevé le défi .Elle m'offre durant cette nuit les mets les plus fins: neige, froid, vent glacial,  verglas, boue, chute, douleur,  je relève le gant. A chaque étape passée, je ressens du plaisir, chaque difficultés surmontées m’exalte, j’avance déterminée mais prudente.  Les pièges sont nombreux, le vent glacial me prive d’eau  et m’oblige a passé 10mn sous une souffleuse d’air chaud pour dégeler mon tuyau, quand je sors de la tente de ravito, j’ai l’impression de geler instantanément, je cours comme si le diable était à mes trousses pour me réchauffer le plus vite possible. Le bois d’Arfeuille de sinistre réputation envoie tous les coureurs par terre, je ne ferais pas exception à la règle, mais je chuchote  en me relevant : tu ne m’auras pas cette fois, il va falloir trouver  mieux,  je tombe  une fois, deux, trois, je ne compte plus. Le temps passe, je ne sais pas trop comment, je n’ai plus la notion de l’heure et puis à vrai dire je m’en fous.

J’arrive à Soucieux sous la neige, en forme, mieux que je ne pouvais l’espérer. Là, je réalise à quel point la nuit a été difficile pour beaucoup. Je continue, je passe le banc de Chaponost ou j’avais dû abandonner l’année dernière ce petit bout de moi et je le reprends au passage.  A ce moment- là,  je me tourne vers mon mari, mon chevalier blanc qui m’accompagne en silence et je suis heureuse qu’il soit avec moi à cet instant précis.

Cependant, Dame Saintélyon n’en a pas fini avec moi. Quoi ? La neige, le froid, la glace n’ont pas eu raison de sa détermination ? Voyons ce que les coulées de boue vont faire. Là, j’avoue que le temps me semble s’étirer à l’infini, Beaunant est une citadelle imprenable, on n’y arrive jamais, je sens la lassitude prendre le pas et une part de moi se  révolte. Pas question de baisser les bras. J’accélère pour le défi.

 Enfin à Beaunant, je sens une profonde émotion m’envahir lorsque je vois le panneau 60 km, elle me submerge, m’éclate le cœur, les larmes coulent de joie et puis je réalise qu’il faut  surtout finir, ne pas se laisser aller, tenir, encore un peu.

Les derniers kilomètres ne sont pas aussi long que je le croyais, je cours encore, j’ai encore de l’énergie, je me sens vivante, pleine de joie, je sais alors que j’ai réussi lorsque je vois nos 3 enfants qui nous attendent à 800 mètres de l’arrivée. Nous finissons tous ensemble et passons la ligne d’arrivée en famille, heureux et fier de nous.

Nos amis nous attendent, ils pleurent de joie et leur émotion me touche. Je réalise alors à travers leurs yeux que je peux être fière de moi et de mon parcours.

Dame Saintélyon  s’est finalement  laissé dompter, j’ai payé ma dîme. J’ai droit à mon trésor, mon précieux T-Shirt, ma bannière.

-          Dis maman t’exagères quand même un peu ça fait une semaine déjà !

Finalement, je le lave et le conserve comme une relique, il ne faudrait pas l’abîmer tout de même parce que ce sera peut -être le seul que je possèderai....ou pas.

8 commentaires

Commentaire de freddo90 posté le 18-12-2012 à 20:14:26

Un beau récit plein d'émotions, bravo !

Commentaire de Byzance posté le 18-12-2012 à 20:29:22

Juste ... Whaoooouuuuuuu !!!!!

Commentaire de tidgi posté le 18-12-2012 à 21:26:17

Tu peux être fière de toi en effet.
Et pour ce tee-shirt de "gagneuse", le 1° d'une longue série...

Bonne récup.

Commentaire de Jean-Phi posté le 19-12-2012 à 11:25:58

Superbe récit ! Bravo pour ta course et ton courage ! Tu peux être fière de ton "Précieux" ! La Sainté, c'est quelque chose la 1° fois. C'est d'ailleurs toujours quelque chose !
Dommage de ne pas t'avoir croisée au Flore et sur un off. En espérant avoir ce plaisir là un jour !
Bonne récup !

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 19-12-2012 à 17:20:52

C'est beau...

Commentaire de Arclusaz posté le 19-12-2012 à 22:10:28

ben, mince j'ai (une fois de plus !) les larmes aux yeux.
Super CR d'une course incroyable.
Ce n'est pas te faire offense de dire que tu ne faisais pas partie des concurrentes les mieux préparées : mais tu avais une telle envie de réaliser ton rêve que rien ne pouvait t'arrêter.

merci de m'avoir permis de participer un peu à ta prépa, ce sera un des meilleurs moments de mon année sportive.

Ah, les femmes, quand elles ont un truc dans la tête !

Commentaire de eowyn69 posté le 20-12-2012 à 14:18:03

Merci à tous pour vos chaleureux commentaires.

Freddo90, j'ai lu que tu as été sérieusement bléssé durant cette épopée , je te souhaite un bon rétablissement à défaut d'être rapide.
Tidgi , mon seul regret est de ne pas avoir pu faire le trail de la nuit des cabornes mais ce n'est que partie remise. Un bonjour de ma part à ta gentille épouse et félicitation pour ce lyonsaintélyon.
Jean-phi, je ne te connais pas mais j'ai vu que tu es Saintéd'argent , félicitation, on pourra se rencontrer sur un off si tu ne crains pas de courrir avec une tortue.

Arclusaz, ton nom est assoscié à jamais à Soucieu, tu as raison la course commence à ce moment là, j'ai courru du bois de la Dame jusqu'au ravito en me disant , quel contraste, si Arclusaz était là il serait étonné , moi qui avait fait cette partie quasiment en marchant lors de la reco. Heureusement, j'étais un excellente compagnie.
Cette reco, avec des offeurs tel que toi, je la refais sans hésiter.
Le lutin d'écouves et byzance... 4 mots qui me vont droit au coeur.
A tous bonne récup et bonne fête de fin d'année.

Commentaire de lisou69 posté le 28-12-2012 à 14:04:44

très chouette récit, il est vrai que l'émotion était au rendez-vous à l'arrivée !! Il ne me reste plus qu'à m'entraîner pour la saintexpress de décembre 2013.. Une formalité pour toi !!

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