Récit de la course : Trail des Aiguilles Rouges 2014, par erik74

L'auteur : erik74

La course : Trail des Aiguilles Rouges

Date : 28/9/2014

Lieu : Chamonix Mont Blanc (Haute-Savoie)

Affichage : 614 vues

Distance : 50km

Objectif : Terminer

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Le récit

Home sweet home

 

Dimanche 28 septembre, 3h45, je récupère mon pote Aurélien chez lui, direction Chamonix pour le départ du TAR. Après 15 minutes de route nous voilà sur la place de l’église. Il y a déjà foule, c’est pas très intimistes tout ça, j’arrive toujours pas émerger, les paupières pèsent une tonne. Bonne nouvelle, il ne fait pas trop froid et une météo magnifique annoncée pour la journée

4H30 c’est le départ, simple, sobre pas de flonflons, 5,4,3,2,1, c’est parti, un peu trop vite d’ailleurs.

 

 

Problème de wagon

Et bin oui ca part un peu fort à mon gout. je vous ai pas dit mais avec mon pote Aurel’ on habite à  Servoz (lieu de l’arrivée du TAR) et le profil on a bien eu le temps de l’étudier et je me dit que la journée risque d'être longue voir douloureuse si on on part à cette allure. Je pense mettre 11H30 et Aurel 9H, juste avant la Floria il me rejoint «oh t’es parti fort», «oups t’etais derriere ?» , en effet j’ai pris le bon train mais le mauvais wagon et dans la montée sur la Flégère je passe de la 1er classe à la seconde. Un long serpent de frontale s'étend, c’est beau.

J’ai une petit boule au ventre depuis une bonne demi heure, le gatosport est resté entre le premier étage et le rdc, ca veut pas descendre. Arrivé au lac blanc Il fait encore nuit, on ne verra rien du lac sauf le refuge partiellement éclairé par les frontales, je pointe à la 279ème place, pffffffff c’est plus la seconde classe c’est le wagon marchandise. Bref je me ressaisi je met ma petzl en mode full light et gaz. Après un passage d'échelle je décide de lâcher les chevaux. Oh!!! garçon t’as oublié qu’il fait nuit, et après un triple loots et un bel avertissement je décide de calmer mes ardeurs, l’objectif est de terminer cette course et pas de se ramasser au bout de 2 heures de course. Le jour se lève, c’est magnifique, les aiguilles se détachent dans le ciel. La descente se poursuit donc un peu plus calmement.


Une histoire de bulle 

On passe le col des Montets et après une légère descente le long de l’Eau noire nous voila arrivé au premier ravito du Buet à Vallorcine, il est 7h42. Ca se bouscule un peu, je prend un verre de coca et en voulant remettre ma veste dans mon sac j’y met également mon   coca. Les deux bénévoles me regardent et ne savent pas si il faut rire ou me demander combien je vois de doigt.Conclusion ne jamais faire deux choses en même temps. Je m’énerve un peu et je passe en mode jour, adieu bonnet, frontale, et veste cocalisé.Le gatosport est toujours entre les deux étages, j’ai pas faim. Tcho je me casse.

C’est reparti en direction du col de  Salenton. Le chemin serpente le long du torrent de Bérard, il fait encore un peu frisquet. On débouche sur le vallon de Bérard, un long replat avec au fond le refuge du même nom. Le ciel est d’un bleu magnifique pas un seul nuage, et des belles couleurs d’automne.

Je lève le nez, et là ça va commencer à causer, on est au pied de Salenton je rentre dans ma bulle.

 


Sacré Salenton

 La montée est longue, bloc, pierriers, je cherche les meilleurs passages pour éviter les marches trop hautes j’essaye de m'économiser. Ca discute pas trop dans le peloton, une sacré bavante. 9h52 Voila enfin le col, pour l’avoir fait plusieurs fois, aucun souvenir que s’était aussi casse-patte. Au col, changement de décor, face à nous s’offre la vallée de la Diosaz, super sauvage, je ne m’en lasse pas. Une légère brise, ça fait du bien.


Je vide les graviers qui se sont accumulés dans les godasses et j’entame la descente mais on ne peut pas dire que c’est la grande forme. Je suis dans le dur, j’ai laissé pas mal de jus dans la montée et je ressens les premières douleurs aux quadriceps, j’essaye quand même de trottiner jusqu'à la chavanne de Willy, arrêt buvette au bassin, pendant que d’autres coureurs font le plein des gourdes dans des ruisseaux «Et t’es pas fou y a des moutons dans le coin». Je finirai par marcher jusqu’au refuge de Moede - Anterne en perdant une cinquantaine de place. 

 

 

 Arret buffet

11h23, j’arrive au refuge de Moede je suis a peu près dans mon timing avec les douleurs en plus. Je tends mon verre «coca???», «Nan y a plus» quoi? Je me dis que je dois être dans les bons derniers si le buffet tant espéré est dépouillé. Je prends une rondelle de sauc’, klong! il tombe dans un estomac désespérément vide. Je vous ai pas dit mais le gatosport avait fini par descendre dans la descente du col, donc maintenant j’ai les crocs.

Quelques tucs, un bout de tomme et zou. Je repart avec un gars, on trottine en direction du pont d’Arlevé, dans la descente je pète ma science « Et tu vois le Brévent c’est là haut», pas de réponse forcément cette dernière montée c’est un peu un mur. La descente est assez rapide on retraverse le torrent de la Diosaz sur la seul partie plane de cette portion, le pont....

Lé début de la montée est à l’ombre, ca fait du bien, on traverse les ruines d’Arlevé, c’est toujours aussi sauvage. Un bruit rauque se fait entendre derriere moi, ah! un gatosport qui n’est pas passé? Non ce sont les cerfs qui brament dans la diosaz, impressionnant.

C’est long cette montée, pas mal de coureurs s'arrêtent sur le bord du chemin pour faire une pause, je sais que si je fais de même j’aurai beaucoup de mal a repartir. Pour faire passer le temps, je vise les balises plantés le long du sentier comme objectif et hop à la suivante, je reprends une trentaine de place.

 

‘Tain de cailoux

Le sentier s’efface pour laisser place à une carrière de bloc, des dalles, et des cailloux encore des cailloux, on passe le col du Brévent et on file sur la droite pour rejoindre le Brévent. Passage avec des échelles, histoire de bien finir de t’achever. 

14h07 ravito, je tends mon verre avec un peu d'appréhension, coca ou pas? Un bénévole m’en met pour 10cl, «C’est bon les bulles sont descendus vous pouvez en remettre», «Non on rationne on en aura surement pas assez pour les autres coureurs». Hein???? Je pointe  à la 328 place, y a encore autant de coureurs derriere moi, comment peut-on etre juste en ravito à ce point là....... Je ne dis rien, les benevoles n’y sont pour rien. Je me console sur une soupe de vermicelle et hasta la vista.

Le chemin continue a descendre sur des dalles, ca me plait bien je gratte une dizaine de place avant la petite remontée sur l’aiguillette des Houches, et là misère....

 

La descente infernal

 

Probablement la portion que je redoutais le plus, 1447m de dénivelé négatif sur 7km, Servoz est tout en bas. Le chemin serpente le long d’une crète, impossible pour moi de courrir, les lacets de mes baskets me cisailles le cou-de-pied, les quadri chauffent. La descente s’est vraiment pas mon truc. Le chemin s’enfonce dans la foret, on arrive à Pierre Blanche, ouf le chemin s'élargit et est surtout moins raide, j’arrive à retrottiner doucement. Et là mauvaise surprise, je pensais que les organisateurs auraient opté pour le chemin en foret qui longe le chalet de Grosses Pierres et non on prend la piste forestière et là ouille ouille ouille c’est raide ça tire de partout, ça glisse sous les chaussures. On débouche sur la route de Monthvautier, la descente se termine, enfin, on retraverse une dernière fois le torrent de la Diosaz (oui, celui que l’on a traversé à Arlevé). Au bout du pont je vois mes enfants et mon épouse qui piaffe d’impatience depuis une demi heure. La traversée du village se fera en trottinant gentiment avec une arrivée entre la salle des fetes et l’eglise de Servoz.



Après 12h14 de course, 349 ème place, délivrance, j’ai l’impression d'être partis il y a deux jours. Heureux, super heureux d'être arrivé au bout. Aurelien aura mis 10h59 avec lui aussi de bonnes douleurs au jambes. 

De tous les parcours proposés sur le TAR, c’est surement le plus beau, le plus sauvage et peut être le plus technique. Pleins de belles images dans la tête sur ce trail qui est le plus dur que j’ai fait pour le moment. Mon seul bemol restera les ravitos que j’ai trouvé un peu «light».

 

 

 

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