Récit de la course : Trail des Allobroges 2016, par xian

L'auteur : xian

La course : Trail des Allobroges

Date : 15/5/2016

Lieu : Bellevaux (Haute-Savoie)

Affichage : 664 vues

Distance : 60km

Objectif : Pas d'objectif

13 commentaires

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une virée entre copains au pays des pentes raides

Pour commencer la saison des « grosses courses » en 2016, j’étais partant pour retourner à l’Ultra des Coursières du Lyonnais, début mai, dont l’édition 2015 (mon premier ultra, à la maison) avait été un très bon souvenir. On échange nos envies, objectifs, rêves… avec les copains en essayant, tant qu’à faire, de trouver des courses à faire ensemble (c’est tellement marrant de se charrier avant, pendant et après !)

Les Coursières sont en concurrence avec le Trail des Allobroges, dans le Chablais (Haute-Savoie), que Jano a déjà fait il y a quelques années. Courses pas vraiment comparables, puisque les Allobroges, c’est la montagne : 60km pour 4200m d+ environ.

Allez, ça sera destination Allobroges avec Fildar, Anthodelb et Jano. Et en plus, comme on est joueurs, on campera sur le terrain à côté du stade, à 400m du départ.

C’est décidé, donc yapuka : inscription, entraînements (l’édition boueuse des Cabornis en mars s’avérera une très bonne répétition…), choix du matériel (ah… il faut que je trouve des chaussures pour la montagne. Mafate speed / ultra raptor ? j’hésite, je perds du temps… et finalement je reçois mes xodus 10 jours avant la course… 2 sorties de 2 h et 30km au total, ça sera laaaaaargement suffisant pour les tester), prépa de la logistique pour le « camping »…

Je ne connais pas du tout le coin. Jano a trouvé l’édition 2012 très technique. Le profil de la course montre qu’effectivement, ça ne sera pas particulièrement roulant. Je lis attentivement le CR de Tidgi, avec de superbes photos, mais il faisait beau l’année dernière, alors que cette année, c’est tout pourri… les webcams de la station d’Hirmentaz montrent de belles plaques de neige à quelques jours de la course.

Pas de stress particulier mais bon :

  • Pas trop d’idée sur le temps de course. Je me suis bricolé un roadbook avec course generator en bidouillant des valeurs un peu par défaut : 11h18. Ça ne me dit pas grand-chose, mais au moins, j’emporte un bout de papier avec le profil, les distances / cumul d+ et BH des ravitos. Je table sur une douzaine d’heures. Je n’envisage pas de ne pas être finisher.

  • Mais quand même, ça va être un gros morceau pour moi. Depuis bientôt 3 ans que je cours, toutes mes courses se sont bien déroulées, mais jusqu’à présent, mes plus longues courses ont été l'Ultra des Coursières 2015 en 14h20 et la saintélyon 2014 en 8h39. Ça fait peu de références. Côté d+, jamais fait autant, mais globalement, je me débrouille pas mal en montagne.

  • Non, le point qui me titille le plus, c’est la météo : printemps pluvieux, boueux. Les coups de froid se succèdent régulièrement et la semaine avant la course, les prévisions sont assez mauvaises pour le jour J. Le passage par la pointe d’Ireuse est annulé. Pas envie de passer une demi-journée à marcher sous des trombes d’eau – ni à ne rien voir que des nuages : tant qu’à faire d’aller en montagne, autant profiter du paysage.

 

Départ de Lyon samedi en début d’après-midi, ce qui nous laissera du temps pour installer notre campement.

Installation à côté du stade de Bellevaux, récupération des dossards. Le temps est changeant : éclaircies, nuages, averses. Tripotage régulier des smartphones pour tester toutes les applis météo et espérer tomber sur une convergence de prévisions favorables pour le lendemain.

Une veille de course, c’est comme une veille de sortie en montagne en refuge (et là, j’ai plus d’expérience) : une fois qu’on est installé, on glande, on attend, on vérifie 15 fois le matériel, on se rassure pour le lendemain. Passage au bar de Bellevaux. Les copains attaquent à la bière, moi je reste à la mentalo (j’essaie de faire attention à mon alimentation / hydratation la semaine avant la course, je ne vais pas tout foutre en l’air à boire de l’alcool maintenant !!!).

Retour à la tente, préparation des pâtes. Super installation dans le vestiaire du stade : assis, au chaud, au sec (dehors, nouvelle grosse rincée). Courotaf, qui dort dans sa voiture à côté, vient nous rejoindre et on passe un bon moment.

confort 4* pour préparer les pâtes

Nuit assez courte mais confortable (même si mon matelas s’est dégonflé).

Réveil à 3h15, pour un départ de la course à 5h. Pile ce qu’il faut pour prendre un bout de petit dej’ et se préparer.

4h50, je suis dans le sas (on ne se bouscule pas, c’est tranquille). Pas de stratégie particulière de course, mais comme tous les 4 on a grosso modo le même rythme et que c’est le début de saison, on se dit qu’on va y aller ensemble et on verra bien.

Départ. Comme d’hab, « ça part super fort » : sur la route et en descente, pas évident de courir au frein à main.

départ, avec les copains (une photo au smartphone de nuit, en courant, ça rend très bien...)

4 bons kilomètres pour s’échauffer et on entre dans le vif du sujet : première montée. C’est long, c’est parfois raide, c’est boueux, mais c’est sympa. Le basculement montée / descente est réduit à la plus simple expression : ça monte et d’un coup, ça redescend, le tout en forêt et dans les nuages (j’espère que par la suite, on aura plus de vue, parce que là…). Début de la descente avec un max de concentration : le terrain est gras, c’est raide (mais pas exposé) et il faut s’habituer à la position de descente. J’ai laissé les copains un peu derrière à la fin de la montée, je ne les ai plus en visuel, mais ils ne sont certainement pas loin. En bas de la montagne, on traverse un petit village (Lullin) et je vois la suite du parcours : remontée sur la crête des Monts d’Hermone. Ok, de toute façon, je suis là pour passer la journée à yoyoter : monter, descendre. Et recommencer.

ça monte en face

Au milieu de la montée, Fildar, Anthodelb et Jano me rejoignent. On avance, on monte, on grimpe, on papotte. C’est ambiance « off » comme on en fait assez régulièrement dans les Monts du Lyonnais. Arrivés à la longue crête, cette fois, on a de la vue sur le Lac Léman et sur la Vallée du Brevon, là où on s’apprête à redescendre vers le premier ravito.

la fine équipe sur la crête, sur fond de Léman

(c Jano 2016) pause photo : c'est comme dans un off !

On engage la descente – assez longue et peu technique. Au ravito, je m’arrête pour remplir les bidons, mais je n’ai pas bien anticipé et je galère un peu pour sortir mes sachets de poudre. Bref, je suis concentré sur ma logistique et quand je relève la tête, j’aperçois Jano qui est déjà loin et Fildar qui met lui aussi les voiles. Coup de speed : vu la tête de la montée qui s’annonce, j’aime autant éviter de la négocier en solo. Je choppe 2 tucs et un bout de banane et je bourre pour me remettre dans la roue de Fildar que je rejoins. Lui aussi a été surpris par l’attaque de Jano (qu’on sait être un spécialiste de l’optimisation du temps au ravito). Pas vu Anthodelb, mais comme il reste encore 40km, on a le temps de se rejoindre.

On enquille sur une descente très raide pour aller toucher le Brevon qu’on traverse sur une passerelle.

(c Jano 2016) la passerelle, avant le mur !

En face, Jano prend des photos (ouf, on l’a rejoint) et surtout, il y a un mur à gravir. Les presque 1000m de D+ qui viennent débutent par une séance de grosses marches boueuses, avec des racines un peu partout. Et c’est à cet endroit, particulièrement inconfortable (pas la place de se mettre de côté) que je suis pris de crampes aux mollets et aux cuisses. Super ! mais comme je ne veux pas laisser repartir Fildar, j’avale un sportenine et je serre les dents ! C’est dur pendant 5’, puis ça passe.

On monte, on monte, on monte. On monte, on monte, on monte. Je n’ai plus trop de souvenirs de cette section, si ce n’est que j’ai bien consciencieusement laissé Fildar gérer l’allure (merci à toi) : comme il a beaucoup plus d’expérience que moi et que l’épisode des crampes m’a échaudé, j’ai préféré jouer la sécurité (je te dois donc la revanche pour une prochaine course).

Les paysages sont certainement jolis, mais on traîne dans le brouillard.

Arrivée au ravito de la Buchille : comme Jano est parti devant, on prend (un peu) notre temps pour faire les pleins et manger. Anthodelb nous rejoint (il était donc derrière).

Le tracé évite la Pointe d’Ireuse (cachée dans les nuages) par une route bien… roulane qui surplombe la vallée du Brevon et Bellevaux (tiens, je vois le stade et j’aperçois la tente) ; on voit aussi les crêtes empruntées au début de la course, de l’autre côté de la vallée.

Bellevaux, tout en bas...

Nouvelle montée, pour rejoindre Niflon d’en haut. Je ne sais plus trop à quel moment ça c’est passé, mais Anthodelb est de nouveau distancé (il avait eu des problèmes de crampes, j’espère que ça n’a pas recommencé). Je suis toujours avec Fildar, on monte maintenant dans la neige. Ca va, elle est parfaite pour avancer (ni glace, ni soupe).

la neige. on vient de se faire déposer par la coureuse devant juste devant Fildar

Je suis un peu paumé sur l’itinéraire, mais tout d’un coup, ça redescend. Et comme pour la plupart des descentes dans le coin, c’est assez raide et rendu glissant par des bancs de calcaire inclinés (heureusement, il n’y a plus de neige). Direction le Lac du Vallon et le 3° ravito.

 decente : carrément raide

Lac du Vallon, sous le soleil : la température monte, le moral est au top.

on vient d'en haut derrière moi, au niveau du vaste col

Pas de trace de Jano, Anthodelb ne nous rattrape pas au ravito. Le tour du lac, plat, dans l’herbe printanière et sous le soleil permet de reposer la machine et de gringnoter. 40km de passés ainsi qu’une bonne partie du D+, même s’il reste encore 2 gros morceaux à avaler. C’est reparti pour la grimpette en direction de la pointe des Follys, par une gorge bien étroite avec franchissement du torrent de la Dionnaz : l’eau est fraîche dans les pompes, mais ça fait circuler le sang !

Bon. Je monte, tu montes, nous montons. C’est bien joli (le paysage), mais c’est un peu lassant : je suis pris d’un petit coup de moins bien au moral : le profil de mon roadbook laisse penser qu’arrivé à la pointe, juste devant, là, après, ça redescend un peu, puis un tout petit peu de montée et on se laisse glisser au dernier ravito. Mais comme toujours dans ces cas là, la réalité est différente : il faut monter encore. En encore un peu jusqu’à 1773m. Puis s’engager dans une descente courte mais bien raide avec du gaz sur la droite juste derrière les arbres. Puis enchaîner avec une descente sur un large chemin, puis remonter encore. Ah, ok : là on est seulement au point haut que je pensais avoir atteint tout à l’heure. Ça signifie qu’il faut ENCORE se taper une remontée avant la descente dans la vallée. Mais comme ça ne sert pas à grand-chose de se plaindre et de pester contre le profil pas précis, ben… je serre les dents et les mains sur mes bâtons et je marche derrière Fildar. Et on monte. La dernière bosse fait mal au moral, puisque de la bosse d’avant, on voyait les coureurs monter péniblement. Mais finalement, ce n’est pas si long que ça et je retrouve la caisse en arrivant au sommet.

 Fildar attaque le descente vers le ravito.

On plonge dans la vallée, direction le ravito « chez Martin ». Ravito super sympa, chez des particuliers. Le moral étant remonté dans la descente, je profite de la pause pour m’envoyer plusieurs morceaux de tarte maison (point de vue énergie, je ne sais pas ce que ça vaut, mais ça fait sacrément du bien). Pendant qu’on se « prélasse » avec Fildar, j’entends une voie connue qui nous interpelle : « vous pensiez vous débarrasser de moi comme ça ? » Anthodelb vient d’arriver : il nous avait en vue depuis la dernière bosse (celle qu’on voit depuis la bosse d’avant !) et il a dû faire une sacré descente. Bravo !

Du coup, ambiance sereine mais concentrée quand même pour attaquer la dernière montée. Pas grand-chose : juste 700m de D+, après 50 bornes dans les pattes et près de 4000m de D+ déjà avalés. Heureusement, pour une fois, le début de la montée n’est pas raide : le chemin serpente dans la forêt, on est à l’abri du soleil, avec une belle vue sur l’endroit d’où l’on vient.

Anthodelb et Fildar : la puissance en marche !!!

A force de mettre un pied devant l’autre, on finit par déboucher sur le haut des pistes de la station d’Hirmentaz : fin des montées ! champagne ! il ne reste qu’environ 6km, globalement descendant, on voit même le tracé : descente dans les pistes jusqu’au début du village d’Hirmentaz, puis on vire à droite sur le petit mamelon (ah, ça devrait encore monter un peu…), puis on ne voit pas la fin, mais on devine Bellevaux en dessous.

 c'est fini : on ne monte (presque) plus

Allez, go ! La descente commence par un peu de technique, limite desescalade expo : attention à ne pas s’en mettre une maintenant. On enchaine par les pistes caillouteuses et une petite surprise : on file sous un téléski : c’est bien raide pour mes jambes et je n’apprécie pas plus que ça.

Le mamelon, puis dernière descente dans la forêt jusqu’à la route. Cool, c’est fini, on voit le clocher de Bellevaux à 500m. Les foulées s’accélèrent, c’est fini, je me vois déjà passer l’arche dans une poignée de secondes.

« Hé, à droite » ! pris dans mon désir de fin, je n’ai pas fait attention à la marque orange qui barre la route : la trace quitte la route, on file entre les maisons. On descend : mais qu’est ce qu’on va foutre en bas, vers le Brevon ??? Y vont pas nous faire une nouvelle boucle ? On franchit le torrent. Merde, cette fois, on est bon pour filer jusqu’au niveau du stade, puisqu’il y a une passerelle là bas. Bref, j’en ai ma claque, je ne goutte pas trop la plaisanterie de ce petit détour de toute fin de course. Mais bon, on avance, on traverse finalement de nouveau le cours d'eau (avant le stade, ouf!!!) et on voit enfi l'arrivée juste en haut d'une dernière petite pente.

C'est fini, on franchit l'arche sur la même ligne tous les 3, devant l'objectif de Jano, qui nous a pris une vingtaine de minutes.

 

(c Jano 2016)

C'était dur, c'était long, mais ça vallait quand même bien le coup : belle course, bonne ambiance et encore une super journée avec les copains. Le finish à 3 était un petit bonus pour bien terminer un bon we !

 

 

 

13 commentaires

Commentaire de philippe.u posté le 31-05-2016 à 07:00:07

Bravo à vous trois, très sympa ce petit off !
J'ai également cru qu'on allait se taper la passerelle du stade avant l'arrivée, ouf que non.

Commentaire de anthodelb posté le 31-05-2016 à 10:06:41

Ah, je l'attendais avec impatience ton compte rendu (vu que moi j'ai pas le courage d'en faire un).
Bravo pour ta course et pour ton compte rendu.
C'était sympa de finir à 3 (dans ma tête j'étais parti pour finir seul donc c'éatit une belle surprise).
Ultra Lozère l'année prochaine ??

Commentaire de xian posté le 31-05-2016 à 20:20:11

allez, banco pour l'ultra lozère 2017 :-) maintenant qu'on est rodés sur le camping, ça va rouler !

Commentaire de Papakipik posté le 31-05-2016 à 12:11:56

Trail d'enfer et finish convivial avec le(s) sourire(s)...what else ?

Commentaire de Jean-Phi posté le 31-05-2016 à 14:03:49

Belle balade que vous vous êtes payés ! Bravo les warriors !

Commentaire de fildar posté le 31-05-2016 à 19:12:20

Je n'aurais pas fait mieux pour le CR (normal je n'en fais jamais).
ça résume bien notre WE et bien content de l'avoir partagé avec vous.
A refaire sur une autre course.
@+

Commentaire de xian posté le 31-05-2016 à 20:20:58

tu as mené le rythme, je pouvais bien faire un bout de CR :-)

Commentaire de tidgi posté le 31-05-2016 à 20:48:34

De belles photos, de belles bosses, une belle course quoi...
Yapluka enchaîner cet été :)

Commentaire de xian posté le 31-05-2016 à 21:33:26

tu as noté la mise en valeur des Monts d'Or comme terrain parfait pour un entraînement (boueux) aux Allobroges :-)
cet été, c'est [globalement] roulane...

Commentaire de jano posté le 01-06-2016 à 13:54:39

arghh, t'as été plus rapide que moi...pour le CR... ;-)
bon, faut que je termine le mien, qui va ressembler au tien a priori, avec même des photos identiques.
c'était bien sympa cette virée dans la yaute, quoique un peu boueuse. Éclatement de l'équipe cet été avec chacun son Graal mais notre Allobroges nous aura tous servi pour réussir nos courses.
Sinon, assez partant dans l'absolu pour la lozère.

Commentaire de xian posté le 05-06-2016 à 12:39:18

à défaut d'être devant sur la course, je l'ai été sur le clavier !
mais t'inquiète : un jour viendra où je te laisserai derrière en course (je ne parle pas de la STL, c'est pas vraiment une course)... tiens ça pourrait être l'année prochaine à l'EB !!! :-)

Commentaire de Trixou posté le 03-06-2016 à 14:24:27

Bravo à vous 3 ! (sauf Jano qui n'hésite devant aucun bluff pour finir devant ;o)

Commentaire de xian posté le 05-06-2016 à 12:35:49

ouaips... on avait beau s'y attendre, mais là, il nous a mis une sacrée attaque dans le pentu !

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