Récit de la course : Trail de la Galinette 2005, par cigaloun dupuy

L'auteur : cigaloun dupuy

La course : Trail de la Galinette

Date : 27/2/2005

Lieu : Peypin (Bouches-du-Rhône)

Affichage : 1766 vues

Distance : 25km

Matos : sac à dos Lafume avec poche d'eau 2 l bidon 600 ml Raidlight avec pipette

Objectif : Pas d'objectif

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T'en voulais du trail ??

Trail de la Galinette
Dimanche 27 février 2005

Distance :
25 km dénivelé + 1200 m
Départ et arrivée de Peypin Bouches du Rhône
Heures de départ : 9 heures

Ah t'en voulais du Trail et bien t'en as eu !!!
Dans mes bonnes résolutions 2005, j'ai décidé de me lancer dans le trail, c'est-à-dire la course à pied dans la nature.
Par rapport à mes problèmes de pied c'est pour moi, quasiment un miracle de courir dans les sous bois.
Mes trois derniers entraînements sur ces terrains là se sont soldés par une chute à chaque fois, sans gravité heureusement car j'en ai l'habitude et je commence à maîtriser la technique de chute, c'est-à-dire que plutôt que d'essayer de me retenir, je fais une roulade avant, ce qui limite énormément la casse.
Donc je m'aligne ce dimanche au départ du trail de la Galinette vers Aubagne.
J'ai été tellement nerveux ces derniers jours, que je suis retombé dans mes excès alimentaires, car j'affiche 2,5 kilos de plus sur la balance, ce n'est pas bon du tout ça.
La veille je prépare mon sac en prévoyant pas mal de choses car je ne sais pas encore comment je vais m'habiller.
Le départ étant à 9 heures, je prévois large en arrivant sur place vers 8 heures, je trouve à me garer rapidement, et je vais chercher mon dossard dans la salle d'accueil chauffée car il ne fait pas très chaud, avec un petit vent froid pas agréable du tout, qui me transperce.
J'appelle l'Dingo, un des Kikoureur zanimos, ces espèces de sectes très bizarres qui sont apparues sur internet, mais il est sur boite vocale.
Je commence donc à me préparer tranquillement, je choisis l'option light, avec mon sac à dos pour le tester en condition réelle, une veste à manche longue de vélo avec des poches derrières, un caleçon long, une casquette et des gants légers. Je ne me couvre pas trop car je sais que je me réchauffe assez facilement et rapidement, donc ce n'est pas la peine que je m'encombre.
Tiens un message sur ma boite vocale, décidément, c'est l'Dingo qui ne m'a pas eu lui aussi, bizarre ce pays, il me donne son numéro de dossard et la couleur de son maillot de club, je vais le guetter.
Je commence un échauffement léger car j'ai vu que le parcours attaque de suite par un raidard, je m'économise donc un peu et en trottinant je croise l'Dingo et je cours un peu avec lui.
Moi qui cours toujours seul, je suis émerveillé de voir un club se déplacer si nombreux, c'est vraiment sympa.
Bon, c'est pas tout ça, mais faut y aller le départ est donné, le présentateur nous a annoncé que les 6 premiers kilomètres étaient "durs" je pars donc tranquillement et effectivement au bout de 100 mètres, premiers coup de cul d'une longue série. Le premier chemin est tellement étroit que ça provoque un étranglement et donc un ralentissement, pour les derniers, dont je suis comme d'habitude.
Nous marchons au pas pendant pas mal de temps, et puis la file s'allonge doucement.
Je peux donc commencer à courir, un peu, un tout petit peu, car la pente est raide et il est plus prudent de marcher, c'est ce que fait la majorité des concurrents. J'ai mis mon cardio fréquence mètre je suis à 170 pulsations c'est haut, trop haut, mais je ne cours pas, je marche !! je ne peux pas aller plus doucement à part marcher à reculons !!!!
Que c'est dur, je ne parviens pas à courir, les pourcentages sont raides, alors je fais comme les autres, je marche.
Rares sont les portions où je peux courir.
J'ai beaucoup de mal avec mes pieds, j'ai des fourmis que c'est pas possible, c'est la première fois que ça me fait ça, je m'arrête pour défaire et détendre mes lacets, mais rien n'y fait, je cours et marche sans sentir mes pieds, et bien sûr pas sur un plan odeur !! (je précise)
J'arrive au premier ravitaillement en 46 minutes, mais comme je ne sais pas combien de kilomètres j'ai fait ça ne me sert pas à grand-chose. Tiens les fourmis sont parties, braves bêtes va, je repars plus motivé, mais ELLES reviennent peu de temps après plus féroces encore.
Que c'est désagréable de courir comme ça, je m'énerve, et ce qui devait arriver arriva, je m'embronche mais pas comme je m'y attendais avec mon pied droit, mais avec le gauche, je réussi à ne pas tomber. Je continue donc, toujours en marche plus que ce que je ne cours, même dans les descentes qui sont très techniques je ne peux pas courir, mon pied droit est trop instable. Je fais ce que je peux, et je me dis que si le trail se résume à de la marche à pied alors ce n'est pas pour moi.
Je suis tellement concentré sur le sol que je ne peux même pas regarder le paysage, c'est râlant. Le parcours passe de partout même là où ce n'est pas possible, des marches, des rochers, des pierres, de l'escalade…
Comme l'avais annoncé l'organisateur, les 6 premiers kilomètres étaient effectivement très durs, mais après, j'estime cela après le premier ravitaillement, certaines portions tant en descente qu'en montée sont plus praticables, et je commence à courir plus souvent, avec toujours mes copines, les fourmis, je m'arrête plusieurs fois pour refaire et détendre mes lacets mais rien n'y fait.
Entre ces problèmes de pied et l'attention permanente que je porte à la nature du sol, je perds un maximum d'influx nerveux. Je suis complètement perdu, incapable de savoir ni d'estimer combien j'ai fait de kilomètres, je demande aux ravitaillements une estimation, et je sens bien que je n'avance pas vite.
Je prends conscience que si je marche beaucoup, comme pas mal de concurrents aussi, c'est tout simplement parce que ma préparation n'est pas bonne, je réalise que ce que j'ai fait jusqu'à maintenant ce n'est pas du vrai trail, de simples courses en colline, avec un peu de pourcentage, mais par rapport à ce parcours là, ce n'est rien du tout. Je demande à une concurrente qui, à son équipement, semble habituée des trails, si celui-ci est normal ou dur, elle me répond qu'il est pas mal.
Je suis donc, un peu, rassuré, je n'ai pas choisi le plus facile pour débuter, car je considère que le trail que j'ai fait fin janvier était plus une course en colline qu'un vrai trail.
J'en bave méchamment avec ces fourmis, j'essaie même d'embaucher le chien d'un concurrent du club des Pennes Mirabeau pour faire la chasse à mes fourmis mais il ne veut pas.
Et pour ne pas faire de jaloux, cette fois ci c'est avec mon pied droit que je m'embronche, du coup, sentant comme une prémonition, je garde mes gants, pour me protéger en cas de chute, car je ne sais pas pourquoi, mais je sens que je vais m'en payer une belle aujourd'hui avec la fatigue.
Je m'énerve encore plus lorsqu'au hasard d'une descente, je trouve parterre une emballage vide de produit énergétique, quel sagouin, jeter ça dans la nature, du coup je m'arrête et le ramasse, sur le principe ça me gène car je ne suis pas là pour ramasser les détritus des autres, mais lorsqu'il s'agit de nature, je crois qu'il faut savoir mettre son amour propre de côté.
J'arrive, après une portion d'escalade, à ce qui me semble le point le plus haut du parcours, avec une table d'orientation et un vent froid qui m'oblige à ne pas m'arrêter pour admirer le paysage.
La descente en revers de cette partie est aussi très périlleuse car très escarpée, et re-belote, je m'embroche encore… à gauche et cette fois ci j'évite la chute vraiment de très peu, et vu le relief je me serais vraiment fait mal. J'arrive au ravitaillement suivant en annonçant : "appelez moi la Chèvre"
Mes arrêts aux divers ravitaillements sont plus psychologiques que nécessaires, car j'ai prévu à boire et à manger, de ce côté-là je suis paré. Peu après celui-ci, je vois un concurrent couché au bord du chemin en se tordant de douleur, une autre "personne" était avec lui mais dès qu'elle a vu que je m'arrêtais pour prendre des nouvelles, elle est repartie alors que le gars se tordait toujours de douleurs en raison de crampes. J'essais de lui étirer le mollet doucement, mais seul je n'y arrive pas, deux autres concurrents s'arrête aussi et à trois nous arrivons à le soulever pour lui étirer au maximum le muscle douloureux, un autre a appelé les secours du ravitaillement juste avant.
Bon ça va mieux, le gars est debout il marche à peu près, et il juge plus prudent d'abandonner ce que nous lui conseillons également de faire.
Je continue dès qu'il est embarqué dans un 4*4 des secours, les pistes sur ces parties là sont plus agréables, plus "roulante", mais dès qu'il y a un petit raidar il est pour nous.
Mes fourmis partent doucement, pour ne plus revenir cette fois ci, que c'est agréable de sentir enfin ses pieds toucher le sol. Au hasard du parcours je m'aperçois que j'ai à peut prêt le même rythme qu'une concurrente, je cours donc avec elle, et discute un peu tranquillement, ça fait du bien de parler un peu, je me sens un peu moins fatigué et plus détendu. Plus habituée des trails que moi elle m'annonce qu'elle devrait finir dans les 3 h 30, donc grosso modo il devrait nous rester 1 heure de course.
En parlant et cachés par des marcheurs, nous loupons, le tracé, mais nous le récupérons plus bas non sans avoir fait 1 à 2 kilomètres de plus, mais quand on aime on ne compte pas.:D
La fin du parcours est commune avec la fin du parcours marche à pied, et nous doublons les marcheurs et marcheuses, tous très sympas.
Entre temps j'ai encore fait la voiture poubelle car j'ai ramassé deux emballages de "Squeezy", un de barre énergétique quelconque, un tube neuf Overtsim, et une petite bouteille d'eau.
Je suis tellement énervé par ça que je me promets de les remettre à l'animateur à l'arrivée pour qu'il fasse une annonce d'objet perdu. C'est lamentable, certes c'est peu, c'est vrai, mais c'est toujours trop lorsqu'on se veut près de la nature et qu'on en profite pour courir dedans. Si j'en vois un je lui envoie l'Toro voisin il va comprendre sa douleur.
Bon c'n'est pas tout ça, mais faut finir coco, et je finis, à l'arracher, avec, encore et toujours des cuisses fracassées, je suis incapable de monter la moindre montée, alors je marche. Après coup je ferais le calcul qu'il y avait à peu près 14 kilomètres de montée sur 25 et que j'ai marché les 90 %.
Je ne suis pas le seul à marcher c'est tout le monde dans la même galère, nous étions un petit groupe de 4 avec la féminine dont je parlais au dessus, mais après nous être perdu une nouvelle fois car la fatigue nous fait perdre de la lucidité, ils me lâchent, car je ne peux pas suivre le rythme, pourtant pas très élevé.
Je finis donc à mon allure, avec des cuisses en feu, en 3 h 37 minutes 19 secondes.
Je suis anéanti, tant physiquement que moralement. Je ne savais pas ce que c'était le "trail", maintenant je sais. C'est beaucoup plus dur que ce que je croyais et pourtant je suis dur au mal.
L'accueil à l'arrivée est très chaleureux, le ravitaillement très copieux, pizza, sandwich, fruit, café….. bref parfait et en plus un tee shirt à manche longue, ça change.
Je trouve une chaise dans un coin et je m'y affale dessus juste à côté d'un concurrent avec lequel j'ai fini le parcours, je reste là, KO, je suis là sans être là, je mange sans avoir faim, bref, je prends conscience de la difficulté de l'aventure dans laquelle je me suis lancé, j'essaye d'analyser un peu, et me rends compte qu'à cause de l'instabilité de mon pied droit, pourtant maintenu par un chevillières spéciale, je perds trop de temps et d'influx nerveux.
Je me dis que ce ne serait pas raisonnable de me lancer sur les 42 kilomètres du Trail Sainte Victoire le 20 mars. Je vais me rabattre sur un autre plus court, sûrement le 20 kilomètres au Ventoux.
Voilà l'Dingo viens me voir, je suis toujours sur ma chaise, j'assiste à la remise des prix dans un état second, puis je pars pour me changer.
Je réalise à la voiture que j'ai oublié de restituer à leur propriétaire les emballages vides récupérer sur le parcours mais je n'ai pas la force d'y retourner.
Sur le parking où je suis garé, j'assiste à une scène très particulière, car je vois une concurrente en string se changer, j'ai trouvé ce geste tellement naturel et spontané, que même avec le recul je n'arrive pas à le trouver ni choquant ni provocant ni excitant. Cette fille s'est changée comme moi je le fais régulièrement sur un parking après une course, quoi de plus naturel.
J'aime le sport comme ça, si tout le monde pouvait en faire autant…….

Bon avec le recul je me dis que :
Avec deux à trois kilos en moins, avec 5 bonnes minutes perdues à aider un concurrent blessé, avec 1 à 2 kilomètres en plus j'aurais pu faire un temps légèrement meilleur, c'est sur, mais je crois que j'ai encore beaucoup de travail à faire pour me lancer sur de longs trails


Les chiffres :
Temps 3 h 37 m 19 s vitesse moyenne : 6,97 km/heures

Fréquence cardiaque moyenne : je ne sais pas car j'ai arrêté mon cardio sans le faire exprès

Classement 243ème sur 267 arrivants

Temps de passage
1er ravitaillement 46 21
2ème ravitaillement 25 15
3ème ravitaillement 51 56
4ème ravitaillement 43 07
5ème ravitaillement 50 41 (fin)

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