Récit de la course : Marathon de Lyon 2006, par schlitz

L'auteur : schlitz

La course : Marathon de Lyon

Date : 23/4/2006

Lieu : Lyon 01 (Rhône)

Affichage : 2000 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Pas d'objectif

4 commentaires

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Lyon : mon premier !

Le marathon ca faisait un bail que j'en revais. meme AVANT de faire de la CAP.
J'ai toujours ete fascine par le depassement de soi, ptet un ptit cote maso aussi.
Bref, ca fait 5 ans environ que je coure, j'ai 33 ans et l'envie se précisait.
J'ai fait le 2nd relais de la SaintéLyon en décembre (38 kms en 3h50) puis le trail de Vulcain
début mars (33 kms mais avec 1.300m de D+ et 10cm de neige fraiche en 4h20). Apres le Vulcain, je
me suis dit "allez, tu te lances, le marathon de Lyon est pour toi". Bon, j'ai pas fait de plan d'entrainement,
ca m'emm... Je fais ça au feeling, à l'humeur du moment. Je sais que c'est pas top, je courre très souvent à la
même allure, plutôt foncier, pas de VMA, de frac ou autres. Juste essayé de caler le kilométrage : 50 kilos, 60 puis 50
40 et ... 8 la semaine de la course. Meteo parfaite le WE avant course, bonne nuit du vendredi soir, excellent. Seule
ombre au tableau : les beaux-parents en visite. La veille de la course 22h, enorme clash, on en vient aux insultes, aie aie
aie. Coucher difficile, endormissement à minuit, je crains le pire. Reveil 5h50, un peu dans le gaz mais ca va, il fait
un temps radieux, pas trop chaud, pas de vent, je suis béni côté météo. J'essaie de chasser les mauvaises pensées de la veille,
les beaux-parents dorment ou font semblant.
Mes objectifs ?
1. Arriver
2. Arriver dans de pas trop mauvaises conditions
3. Battre mon pote avec qui je me tire la bourre et qui viens de finir son 1er marathon à Paris en 4h08
4. Finir sous les 4h
5. Essayer 3h45
6. Me rapprocher de mon "potentiel" (style formules semi x 2 + 10%) vers 3h40
Prudent, je me suis fait un tableau de marche en 3h56.
Carbo-cake au ptidej, très bonne digestion, bien meilleure que d'hab, déjà un bon indice !
ca y est, je suis sur la ligne, je suis calme, étonamment calme. Coup de feu, je pars.
Premier kilo fait trop vite, bien trop vite, pas grave, je me dis que je ralentirai apres.
Je m'arrete pisser au 2eme kilo, bu avec le départ, classique.
J'avance bien, le départ n'est pas folichon, à l'image d'une bonne partie du parcours. Deux boucles quasi identiques
dans le quartier de Gerland, qui n'est pas le plus sexy de Lyon. Je pense qu'il y avait mieux à faire mais bon ...
Je passe au 5eme kilo en 26'30 environ, j'ai 1'30 d'avance du mon plan de base, pas grave. J'avais prévu de m'arreter à tous
les ravitos (un peu puis un peu plus). Finalement, je ne me suis arrete à AUCUNE ravito. Juste une bouteille prise au passage
que je garde une borne. Je bois consciencieusement 20 cl et je la jette. Bon, je met toujours longtemps à me chauffer.
Mais ca va, meme routine au 10, je passe en 51'30 environ, 2' trop vite. Je commence à me dire que je suis parti sur des bases
de 3h45 et pas 3h56, mais un coin de mon cerveau me dit, ca va, avance t'occupe.
On passe le Pont Pasteur sur le Rhone, on entame la remontée de la presqu'il par le Cours Charlemagne, la encore, pas folichon,
c'est habituellement plutot le royaume des p... M'enfin, on arrive vers Bellecour, coin le plus agréable. Ravito du 15, je
suis totalement lucide, un peu de gel sans m'arreter à 200m du ravito, bouteille au vol. On traverse le Rhône dans un sens, l'autre,
on remonte vers le Parc de la Tete d'Or. Je retrouve mon pote qui a fait le marathon de Paris et sa copine. Ils roulent en velo
a cote de moi. Ca fait du bien de voir kkun. Il vont me suivre par intermittence juska l'arrivée et ca a été vraiment bien !
Je passe au semi avant le parc en 1h50'30, c'est 6' de mieux que mon plan. Je suis content mais je me dis que je vais le payer.
Mon pote me dit "attention, pour un premier marathon, le negative split, c'est TRES TRES dur". Je commence à croire aux 3h45'
Passage dans le parc, je suis encouragé par un de mes collègues, sympa aussi. Le ravito des 25 se fait attendre, ce sera mon
seul (très petit) moment un peu moins calme du marathon. Il se trouve aux 27,2. Je suis encore extremement lucide, alors qu'
habituellement, aux dela des 20, survient cette perte de lucidité due à l'effort.
Je ressors du parc au niveau d'Interpol, je retrouve mon pote et sa nana, ils me trouvent frais, et oui, je sais que je le suis.
Je suis bien, ma foulée est relachée, je savoure. J'ai toujours peur du mur mais ca roule. J'arrive aux 30 à l'entrée de la
presqu'ile en 2h36. Je commence à me dire que les 4h sont à portée (12,2 kil en 1h24 ...). En fait, je ferai ces 12,2 derniers
en ... 1h02 !! 11,8 kmh de moyenne sur une fin de marathon. Le passage dans la presqu'il est sympa à faire, je crois ma copine
à Bellecour, puis il faut attaquer le pire. Un A/R sur le quai des Etroits, moche, au soleil. j'ai peur du mur, je commence à croiser
des gens qui marchent. Je continue cranement. J'arrive au bout du quai, je continue ma routine gel / flotte meme si je suis
un peu ecoeuré. J'ai un vague tressaillement aux 36 mais le quai passe à l'aise. Toujours pas de mur de 36, je double à tout va.
Je passe un ancien partenaire de tennis plusieurs fois marathoniens mais qui lui marche et s'est pris le mur en pleine poire.
37,38,39, je suis bien, j'ai peine à y croire. Les 4h sont acquis, les 3h45 à portée, les 3h40 jouables. Je ne sens aucune fatigue,
juste un peu mal au pyramidal gauche (comme d'hab !), je double à tout va. Mon pote me hurle des encouragements. 40, 41 toujorus
aussi bien, juste la sensation que les kilos sont plus longs, je double un type qui titube, mon pote s'arrete l'aider. 42, je lance
un sprint, je l'ai lancé de trop loin, la fin est dure mais qu'importe, je suis marathonien merde !!!
Je coupe la ligne en 3h38'10", apparemment 999eme sur 2.800 finishers (et 3.300 ou 3.500 partants ?). Incroyable, j'ai
réussi à faire 1'40 de moins sur le 2nd semi que le 1er. Mon rêve s'est réalisé, j'ai collé 30' à mon pote, j'ai fait un temps
que je ne me croyais pas capable de faire. Je suis heureux mais j'ai du mal à réaliser encore aujourd'hui. Pour moi, le marathon
était un mythe, un sacre qui s'acquérait par la douleur et la souffrance. J'ai eu le Graal mais je l'ai démystifié en meme temps, je
ne vais pas dire que ct "facile" mais bien plus en tout cas que le relais de la Saintélyon par exemple ... Etrange sensation.
Enfin, la joie quand meme de voir l'entrainement (meme au jugé) qui paye, de se sentir bien dans son corps, de le voir tourner
à plein régime.

4 commentaires

Commentaire de schnacka posté le 24-04-2006 à 20:30:00

Un seul mot : bravo

Commentaire de ARIAS posté le 24-04-2006 à 22:18:00

C'est super de finir avec un objectif atteint. Bravo

Commentaire de Gibus posté le 25-04-2006 à 13:11:00

Super avé la météo pas top en +
Au fait, moi vers la fin quand j'en chie, je pense aux gens que j'aime.
Et quand vraiment j'arrive au bout du rouleau de ma motiv je pense aux gens que je n'aime pas (ou avec qui je viens de m'engueuler) et j'ai un finish du tonnerre...

Commentaire de NoNo l'esc@rgot posté le 25-04-2006 à 21:49:00

Encore un beau CR sur ce marathon. A défaut de l'avoir couru, je l'aurai lu et relu !!! BRAVO.
(PS : j'espère que ça s'est arrangé avec les beau-parents !..)

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