Récit de la course : Raid Le Puy - Firminy 2019, par LaBalle Rine

L'auteur : LaBalle Rine

La course : Raid Le Puy - Firminy

Date : 17/11/2019

Lieu : Le Puy En Velay (Haute-Loire)

Affichage : 221 vues

Distance : 69km

Objectif : Pas d'objectif

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Chroniques lunaires

Un Samedi soir sur la terre, au Puy en Velay exactement, vers 23 h environ, par pratiquement 0°c, nous débarquons à 3 larrons au stade de Rugby, d’où le raid le Puy – Firminy va s’élancer dans presque 1 heure.

 

  ZZzzzzzzzzzz

 

 

Il y a bien sûr Dom « Ironman 2019 », Khaled « marathon man » pour une première de nuit sur cette distance, et myself, qui compte bien prendre une petite revanche sur l’épreuve, déjà bouclée 3 ans auparavant mais dans la douleur et les spasmes...(Déjà avec Dom, bien sûr)

Le trio devient quatuor lorsque nous retrouvons Michael sur place. Celui-là même qui nous a mis 40 mn sur le 30 kil Gargomançois début Octobre...et qui veux faire LPF avec nous..

Euh...tu risques pas de claquer ton RP en restant à nos côtés, tu sais...mais pourquoi pas…

Pas vraiment à Minuit mais pas loin, PEW !!! 320 paire de gants s’élancent dans la nuit, ça en fait des mains droites, quand même…

 

 

les 2 premiers kil (plats) sont gérés tranquille, le tout c’est que les 66 autres le soient aussi !

Remontée le long de RN88, pas glamour pour 2 ronds mais faut bien quitter l’aglo...en haut petit pont sur la voie rapide et on repart sur un faux plat descendant gentil comme tout au milieu des pavillons endormis…

 

C’est à ce moment précis, juste là, à la vertical des étoiles brûlantes, qu’ »il » va, à la faveur d’un dépassement, faire son apparition pour la première fois…

D’un gabarit certes modeste mais à la rotondité féerique, idéale, serti de son fourreau lycra satiné, bien posé au sommet d’une foulée suavement rythmée, sans qu’aucun ballottement parasite ne le parcours, trahissant une fermeté musculaire exempt de tous reproches…

 

BEST WINTER BOOTY EVER !!! Langue tirée

 

Du coup, dans notre petit quatuor, qui se retrouve brutalement placé à moins de 3 mètres derrière lui...ben y’a comme un blanc dans la conversation...Quelqu’un, je ne sais plus qui, finira par dire « On est nickel, là, les gars...pas plus vite, pas plus doucement... »

 

C’est aussi cela, courir la nuit, sous les étoiles...parfois elles vous descendent dans les yeux et je ne sais pas pourquoi il me revient alors Brassens en tête :

(Nan mais si, je sais très bien pourquoi, vu le BON DIEU DE MORCEAU que nous avons devant nous!!)

 

« Votre dos perd son nom avec si bonne grâce, qu’on ne peux s’empêcher de lui donner raison »

 

Mais bon...on a un bout de chemin à faire et suite à une pause technique, nous allons à regret perdre de vue ce joli bout d’anthologie charnel…(et le groupe de 4 ou 5 dont il semble faire partie)

 

Nous poursuivons notre chemin, qui monte à présent , dans une obscurité de plus en plus épaisse, jusqu’à ce que la bascule nous fasse redescendre vers le 1er ravito et son 1er pointage…

 

 

Un pain au choc, le plein des flasques, le coup de tampon et ça repart. Tous les voyants sont au vert. Au bout de seulement 12 kil, normal me direz-vous. Sauf qu’en 2016, on avait dèjà un peu tapé dedans pour arriver ici dans les même eaux mais chuuuuuut pour l’instant c’est gestion, gestion et gestion.

La traversée de Rosieres est toujours aussi Dark, pas une lumière, pas âme qui vive. Ambiance village abandonné et frontale, on se croirait en apnée à travers un hameau englouti par un barrage, à 2 doigts de voir passer des Mérous…

La montée qui suit est la + longue et la + sévère. Pour que ça dure moins longtemps, je décide de secouer un peu mon p’tit monde et de partir devant imprimer le rythme en marche rapide. Les jambes sont bien là, ça fait plaisir. Le ciel est + clair que jamais, la Lune + brillante, quel pied d’être là, ensemble !

A peine le temps de bien savourer et on arrive tranquilou au ravito de Coindet

 

Et là….

 

C’est furtif, à peine un éclat de frontale, mais oui, pas de doute…c’est bien lui, là, qui vient de décoller du stand avec son grupetto…

 

AWESOME BOOTY !!!!

 

(Donc nous avons repris du terrain dans la montée hin hin hin)

 

MAIS nous sommes des gentlemen, pas une meute d’excités (ou du moins on ne le montre pas). Donc pit stop-convivialité, plein d’eau, un peu de sucrés, bisoux au bénévoles congelés et vamonos sur les sentiers !

Qui est en fait une route...et la montée n’est pas terminée...jusqu’au 20ème, Saint Julien du Pinet, 880 m.

On commence à sentir la soupe arriver, donc descente à bon rythme, montée de Malataverne et chouette chemin jusqu’à l’entrée de Beaux, on voit de loin le gymnase éclairé.

 

Il fait bon, il y a de la place, la soupe est prête, yeaaah, ici on va un peu souffler…

 

Sans surprise, l’Incredible Butt Team est là aussi …

 

Mais bon...franchement à ce stade, la volupté est clairement gustative...L’emmental fondu dans une soupe aux vermicelles après 3 heures et quelque à galoper dans la nuit glacée...comment dire…non, c’est une plénitude trop dur à décrire, faites-le et vous verrez !!

 

A peine le temps de finir le bol, prendre une ou deux tofs, recharger les bidons et...Wait ...WHAT ??

 

L’astre charnu et son escorte s’est déjà éclipsé... Le nez dans notre bouillon, on l’a même pas vu partir !...FUCK !!!


 

Tant pis on y retourne...Brrrrh, ça pique un peu en sortant mais ça descend alors on est vite chaud, bien calé à un petit 5’30 Okil . Juste avant le pont de Branssac, passage technique au milieu des racines gelées que j’ai trouvé bien pourri. En routard pur jus, Khaled a un peu de mal à suivre mais ça dure pas longtemps.

Sourire en coin quand au milieu de ce nulle part on voit une frontale qui se retourne devant nous et une toute petite voix qui demande « ...euh...C’est bien par là ? »

Lol !

La dame, (apparemment toute seule), ben je crois qu’elle a été bien contente de nous voir arriver !

 

Mais bon, on est pas là pour faire thé dansant alors après l’avoir rassurée, on reprend la traque trace.

 

 

Et ce pont sur la Loire c’est quelque chose...personne devant ni derrière, rien que nos frontales qui font scintiller le givre naissant...grave beau comme disent les jeunes.

 

Remontée sèche sur goudron, on reprend du monde tranquillement. Chacun temporise ou appuie un peu pour que le groupe reste ce qu’il est, c’est cool.

Descente sur Confolent, re 5’30 Okil. Il y a 3 ans ça m’avait paru long, mais long...cette année c’est pépère et ça passe vite...la voie ferée, le restau « l’air du temps » et BOUM on se prends en pleine tronche les 40°c de la fameuse amicale bouliste.

Tampon-carton, café brûlant, pain au chocolat, bénévoles au top, tout y est...miam

 

            Le Puy-Firminy, en une seule image



C’est ici que nous avions perdu les 2 moteurs en 2016…

 

Alors que là on repart comme des cosaques à l’assaut du viaduc et de la nuit bleu nuit (d’où le nom, sans doute), car entre temps, la Squadra Sedere nous a une nouvelle fois devancée…

 

Non mais là y’a pas moyen, faut AB-SO-LU-MENT se les faire avant les gorges de la Semène

 

Puis rester un p’tit moment à 3 mètres derrière avant de prendre le large

 

La montée vers Monistrol se fera au rythme de notre marathonien, qui vient de dépasser d’un bon peu sa distance de prédilection ! Comme annoncé par Dom, nous sommes rejoints par un de ses collègue, régional de l’étape, Charlie, qui a souhaité nous accompagner un bout...ben jusqu’au bout, en fait !

Ouais, un peu plus de 20 bornes, à 5 H 30 du mat’ un Dimanche...ça lui fait sa sortie longue, qu’il dit...Ok, c’est sympa, ça va nous tracter un peu dans la ligne droite qui tue et que Khaled n’a encore jamais éprouvée…

 

Mais ça, c’est ce qu’on pensait avant...avant de débouler dans le long faux plat qui amorce cette grande travée...avant de voir apparaître, là, sous nos yeux embués, l’inoubliable boule potelée, toujours chaloupant d’un pas à l’autre mais sur un rythme bien moins marqué…Tsssss...Mamma mia , pas à dire, ces courbes touchent au divin…

 

« Nul ne peut aujourd’hui, trépasser sans voir Naples.

A l’assaut des chefs d’œuvres, ils veulent tous courir .

Mes ambitions à moi, sont bien plus raisonnables :

Voir votre académie, c’est cela, et puis mourir »

 

Mais la montée a fait des dégâts , fini la Squadra... éparpillés façon puzzle, ce sont à peine des binômes que nous déposons un à un, jusqu’à la divine paire que nous fumons sans sourciller...Et en plus, ça nous fait marrer...Qu’est-ce qu’on est cons à 6 h du mat’ !

 

Pris dans notre lancée, nous voilà au ravito de Monistrol sans même y penser !

 

Nouvelle soupe à l’emmental, du coca tant espéré pour Dom, quelques étirements salvateurs, on profite un peu plus qu’on ne devrait de la gentillesse des préposés… et puis on ressort, histoire de pas louper le lever du jour. Mais il fait encore bien noir, normal avec presque 20 mn  d’avance sur 2016…

Entre temps, « Il » est arrivé, « Il » a soupé et, nous voyant nous préparer, « Il » est ressorti juste devant nous, si près que l’on pourrait presque le toucher…

 

« Que ne suis-je , hélas, un poète de race, pour dire à sa louange un immortel blason »

 

(soupir)

 

 Belle tentative mais cette nuit nous serons sans pitié...en à peine 200mètres l’affaire est faite et nous voilà de nouveau en tête. La douce descente après Monistrol commence un peu à taper mais le coca a fait son effet et Dom prend les commandes sans hésiter .

Viens la modif de parcours, la grande nouveauté : on bifurque par un chemin au lieu de tout faire sur l’asphalte. Sympa d’être dans les bois mais à ce moment-là du parcours, ça m’a moitié convaincu…

Montée sèche vers la Chapelle d’Aurec, j’ai retrouvé Dom devant, on papote tranquillement en se disant qu’il y a 3 ans à cet endroit on était au bout de notre vie...Michael la gère facile, Khaled pioche dans ce D+ mais Charlie est resté avec lui et lui raconte sa vie...j’adore !

 

La jour se lève enfin et ça fait tellement du bien... Chapelle d’Aurec, arrêt express au ravito minuscule et rebelote à souquer vu que la montée, elle est pas encore terminée.

 

Passage ondulant, bien lourd et usant avant de plonger dans le gouffre béant.

 

 

Cette année le single des gorges est bien casse gueule et notre marathonien a le genou qui part en vrac...on y va vraiment mollo pour pas tout éclater, surtout que de l’autre côté faut remonter...Quand même quelques places de gagnées avant de croquer la crêpe bien méritée !

 

 

Pour finir la montée, le groupe commence à s’étirer...la descente derrière m’est familière, c’est mes chemins d’entraînement . J’hésite à laisser Khaled mais on est presque arrivés et il est entre de bonnes mains. Firminy s’offre enfin, on reprend du monde, je rejoins Dom sous la 88 avant de remonter. On essaie de bien terminer (les 9 h sont à portée...) en courant un max dans le dernier dénivelé.

Michael nous avait distancé pourtant on le retrouve à l’entrée de la corniche, arrêté…

A 600m de l’arrivée..il a crevé : une pointe en fer s’est planté dans sa semelle et lui perce la voûte du pied ! Ben merde, c’est pas gagné...On prends quelques minutes pour l’aider et finalement c’est avec les dents que je fais sauter le morceau d’acier...Vu de l’extérieur le tableau devait être marrant…

On repart à donf, on dévale les escaliers et voilà, terminé !

 

En entrant dans la salle, applaudissements traditionnels (excellent!)

 

9 H 06 mais sans souffrance.

 

Khaled et Charlie sont à peine 5 minutes derrière.

 

Alors Bières, on refait la course, je vais faire une bise aux kikourous que je reconnais et puis massage (offert)

 

Le sommeil commence à plomber, il est temps de rentrer…

 

Et, bizarrement,c’est une Lune qui m’a bercé, pas Morphée.


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