Récit de la course : Raid 28 2020, par bubulle

L'auteur : bubulle

La course : Raid 28

Date : 18/1/2020

Lieu : LA QUEUE LES YVELINES (Essonne)

Affichage : 555 vues

Distance : 70km

Objectif : Pas d'objectif

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Pour quelques bleues de plus….



Septième Raid 28 d’affilée : deux en tant que débaliseur (2014 et 2015), un en off parce que l’édition officielle avait été annulée (2017), un en format à 3 (2017) et, jusqu’ici deux en équipe à 5 avec la Mordor Rire(s) Team (2016 et 2019).

Comme en fait, faire le Raid à 5 avec Sab, Fa2, Bert et Raya, c’est seulement tous les trois ans…. il fallait que je trouve une autre équipe pour remettre cela cette année.

Déjà, notre Rayator l’Indestructible, l’homme qui court même au bout de sa vie, était partant pour venir à nouveau mourir sur les chemins du Mordor profond. Et de un.

Ensuite, fallait que je trouve « la fille ». L’objet rare pour faire une équipe. Et remplacer Sab est un challenge pas facile à relever. Notre amie Chococaro a été la première sollicitée par les Hautes Autorités, mais son calendrier de Ministre de le lui permettait pas et c’est rapidement que j’ai sollicité MagLV parmi mes innombrables admiratrices secrètes (aïe, chérie, non pas la tête !). Mag connaît bien le Raid 28 pour y avoir fait une tentative l’an dernier (et sur l’Ultra !), elle a un moral à tout épreuve, elle est capable de maîtriser quotidiennement une horde de hobbits, ce ne sont pas quelques loups, orques et autres trolls du Mordor qui vont l’effrayer. Bon, c’est sûr, elle est bien bavarde, mais j’ai déjà une arme secrète pour lui donner du répondant, en la personne d’un de mes candidats suivants. Et, de toute façon, j’ai aussi l’habitude avec Raya. Et de deux.

Manquent deux. Fallait forcément que je « tape » dans le Mordorien pur jus, du vrai de vrai qui connaît les pièges des Sombres Forêts auprès desquelles Fangor est Disneyland. Des qui savent parler l’Ent Ancien, qui sont capables de se défendre contre une horde de Uruk Haï. De l’éprouvé à doses massives d’Origole. Du rustique. Du tatoué. Du guerrier mordorien à l’armure hérissée de piques en acier, aux bottes à clous.

Patfinisher, alias Patoche, alias Hashtag Power, s’imposait en premier lieu. Il a tout vu, le Pat…sauf un Raid 28, et j’attendais l’occasion de le faire entrer dans la Confrérie des Grands Initiés du Losange en Ferraille. En plus, il a un CrossCall, donc on est parés pour faire les baroudeurs. Ni une, ni deux, c’est vendu.

Le compère usuel de Patoche, n’étant pas particulièrement chaud pour avoir froid une nuit entière, il me reste un dernier guerrier à trouver. Et un guerrier, j’en connais un qui sait se battre contre l’adversité : le pourfendeur de BH du GR73, le finisher fringant du GRP220. Celui qui n’abandonne pas même quand on lui dit que c’est mort pour passer la BH suivante, j’ai nommé Soffian, alias « l’Etoile du Mordor ». Et là, pareil, c’est vendu dès septembre.

Il reste à trouver un nom. Il n’est pas question de réutiliser « Mordor Rire(s) Team » qui est réservé au Canal Historique. Après moult cogitations, c’est « Mordor Dehors » qui s’impose ce qui, outre constituer un jeu de mots d’une finesse quasi Spirienne, représente relativement bien la réalité.

Et, bien sûr, nous sommes inscrits les premiers, débuggant même le système d’inscription qui refusait de prendre en compte que Mag est une fille. Et donc, cela nous garantit de disposer de notre numéro 2 fétiche (dans Notre Bonté, nous acceptons que le 1 reste réservé aux précédents vainqueurs).

Seul souci : à une semaine de la course, Mag tombe malade, finalement rattrapée par les virus rapportés par une coalition de Hobbits Magnycois, et également les aléas de la vie. Elle doit donc déclarer forfait…le jour où nous devions faire un entraînement en situation sur les 20 premiers kilomètres du Raid 2014.

Il n’a pas fallu plus de 5 minutes pour trouver la remplaçante. Je pioche dans mon innombrable collection de 06 féminins qui courent (aïe, non, pas la tête encore !) et c’est Aurore qui me vient à l’esprit en premier. Non pas par la magie d’un ordre alphabétique implacable, mais parce que je soupçonne, à juste titre, qu’un Raid 28 ne lui fait pas peur, elle avec qui j’ai couru le Raid 2018 suite à des réorganisations d’équipe. Aurore n’est pas la recordwoman du monde du semi-marathon (ni même celle des Yvelines), mais elle a un côté « petit diesel » qui paraît inépuisable. Il faudra juste que je fasse attention, cette fois, à éviter de passer dans des ronces de 1m de haut (je spoile : ça, c’est raté).

L’entraînement du vendredi 10 janvier permet bien de mieux caler ce à quoi ressemble un Raid 28, pour nos deux bleus. Vu qu’il y a la même météo que nous aurons le jour de la course, Soffian et Pat vont bien mesurer que ce n’est pas tout à fait comme courir une Origole : on a froid, très froid. La semaine va se passer à échafauder les pires hypothèses d’enfilage de couches multiples. A part cela, cet entraînement me permet de me remettre dans le mode de fonctionnement en orientation par équipes : le parcours choisi comporte de nombreuses recherches de balises bleues (virtuelles, bien sûr) sur des parcelles de forêt : donc, recherche de points d’attaque fiables, prises de cap, navigation au cap en équipe. Je découvre aussi à cette occasion la puissance du mode « faisceau concentré »de ma Stoots Opalo, qui porte à plus de 100 mètres : redoutable pour voir au loin des éléments particuliers qu’on ne verrait pas de si loin en restant dans le faisceau classique concentré sur les 10-20 mètres devant soi.

Voilà, les acteurs sont en place, la pièce peut commencer.          

               

Avant-Départ

Aller au départ est facile depuis chez nous, surtout pour moi : il suffit de prendre le bon train à Versailles, et en descendre 30 minutes plus tard. Et, en prime, nous avons notre Uber qui nous attend à la gare, en la personne de Riri78, venu en voisin pour suivre le départ. Notre compère défricheur de Colline y retrouve l’ambiance du Raid 28 qu’il a connue…. il y a 15 ans.

Comble du confort : un MacDo est situé à 200 mètres du gymnase. Donc, même si la diététique est provisoirement oubliée, nous nous offrons un beau menu, avec Raya, en dédicace à notre compère Fafa dont la passion pour les MacDo est légendaire.

Le reste de l’avant-course se passe en préparatifs tranquilles : pour ce qui me concerne, c’est simple car je suis déjà en tenue et le sac est prêt. Equipement relativement simple car, la météo est favorable : absolument aucune pluie prévue, une nuit dégagée, donc froide, mais sèche.

J’ai donc un collant long simple (mais à plusieurs poches : pratique pour les petits accessoires à avoir sous la main, ou pour mettre provisoirement des gants dans une poche sans se contorsionner avec le sac, etc.). En haut, ce sont deux couches ML relativement légèrement, en fait deux premières couches empilées, comme je fais souvent. Et, innovation pour moi, un coupe-vent Kalenji tout neuf, tout léger, qui me semble une bonne précaution car une petite bise de Nord est prévue en fin de nuit et matinée. Je finis même par éliminer la couche plus chaude supplémentaire que j’avais mise dans le sac : je me connais, je ne la mettrai pas (il est prévu 0°C à -1°C sur les villes, donc au pire -3° à -4° au plus froid)… j’ai toujours assez vite chaud.

Au pied, après avoir hésité à prendre les Tor Speed qui ont été mes compagnes sur les 3 premiers Raid 28 courus, apportant leur étanchéité jusqu’à mi-hauteur, je les ai finalement laissées de côté pour mes habituelles SpeedGoat. En effet, avec un Hallux Rigidus qui ne s’arrange pas, j’ai découvert récemment que les Tor m’appuient sur le gros orteil gauche avec de forts risques d’ampoules. Il serait donc très risqué de les prendre : tant pis pour le besoin de rester au sec le plus longtemps possible.

Je complète le tout avec 3 paires de gants différents : c’est mon point faible, le froid aux mains, donc en plus de deux paires légères Kalenji, qui commenceront la course, j’ai comme l’an dernier les gants de VTT étanches et coupe-vent. Moins simple de manipuler la boussole avec, mais ça peut passer et, surtout, être précieux si jamais les doigts commencent à geler.

Dans le sac, côté ravito, c’est minimaliste : un sac de mini saucissons, 5 compotes Kalenji et…. voilà. Le sac est léger…..d’autant plus léger que je passe ma poche à eau à Aurore, qui a oublié de prendre de quoi refermer la sienne. Je n’ai donc que 1 litre sur moi (je prends une bouteille de Badoit d’origine MacDo dans le sac, pour respecter le règlement….tout en sachant que je n’y toucherai pas). Mais je suis…parfaitement serein. Je ne dis quand même pas trop fort à mes coéquipiers combien je pars léger, je ne veux pas leur faire peur.. :-)

Petite particularité de mon équipement : je vais courir avec 2 frontales sur la tête ! J’ai en effet des soucis avec ma Stoots Opalo. Ses contacts ont été détériorés par des batteries « chinoises » de diamètre trop important et elle ne fonctionne plus qu’avec ces batteries. Sauf qu’une fois insérées, elles sont impossibles à retirer sans pince. Bref, je ne peux pas partir avec cela pour une nuit entière d’orientation. Mais je sais aussi que le spot ultra-puissant et concentré de l’Opalo pourrait bien être d’une grande aide sur les recherches.

Du coup, je ne m’en servirai que pour les recherches de balises difficiles et le reste du temps, je vais utiliser la petite Misti (dont les 300 lumens seront bien suffisants et où je peux changer les batteries autant que je veux). Et pour ne pas faire des manips incessantes, je les empile l’une au-dessus de l’autre ! Un choix qui va s’avérer excellent au final : je me demande si je ne vais pas adopter cela définitivement.

Avant le départ et les traditionnelles photos, je redonne quelques consignes à mes coéquipiers, en plaçant chacun dans son rôle à venir. Patfinisher découvre le doigt de pointage et nous insistons lourdement sur le fait de bien l’attacher (relisez mon CR de 2018 !). Soffian, en capitaine, est chargé de veiller à l’évolution de l’état de forme de chacun, avec Raya, ainsi que de suivre notre moyenne horaire de progression. Il doit m’alerter si on tombe sous les 5km/h de moyenne. Raya sera aussi en charge du roadbook (je sépare toujours les cartes et le roadbook). Aurore, pour être honnête, ne s’est pas vu assigner de rôle particulier (enfin si, « la fille ») : nous savons tous bien que son challenge est de se gérer sur la durée et la distance…ce que nous savons fort bien à l’avance qu’elle va faire avec une immense constance.

Les consignes pour moi sont simples : assurer l’orientation sur toute la course. Mais cela, je sais que je peux le faire. Je suis bien en forme, ni trop, ni trop peu entraîné (j’ai un peu crapahuté aux vacances de Noël, donc la caisse est là). La consigne, ça sera surtout de ne pas toujours de m’enfermer dans mon monde d’orientation et oublier d’informer mes coéquipiers sur notre progression, sur ce que nous cherchons, comment nous le cherchons, ce qui leur permettra de jouer leur rôle. Je ne l’avais pas toujours très bien fait sur les éditions précédentes, donc j’ai une belle marge de progrès.

Départ-PP001

Au briefing, Dominique a prévenu de bien préparer la 3ème spéciale, une histoire d’octogones. C’est donc la mission confiée à Pat, Soffian et Aurore que de chercher à la décoder pendant que Raya et moi faisons le report du début de course.



En écrivant ceci, je me dis que nous avons un peu inutilement perdu du temps en reportant pendant apparemment environ 25 minutes (c’est fou comme on ne voit pas le temps passer). Il est vrai que faire cela me permet de me faire une idée des endroits où nous allons passer, ce qui, à la limite, est encore plus important quand on évolue dans un secteur que l’on connaît.

Et donc, en reportant, je commence à me construire mon idée de ce que sera le parcours : pas de passage en Forêt des 4 Piliers comme je l’imaginais. Au lieu de cela, Dominique l’a annoncé au briefing, une grande boucle dans le secteur Nord-Ouest de la Forêt de Rambouillet, au Nord de Gaimbaiseuil, un suivi (comme je l’avais imaginé) de la vallée du Ruisseau des Ponts-Quentin (l’effluent des Etangs de Hollande), traversée des secteurs au Sud de Montfort l’Amaury (prévu aussi), passage par le Bois des Plainvaux (que je connais encore mieux), retrouver le GR1 dans le coin de St-Rémy l’Honoré (là, on entre carrément dans mon jardin), et, comme prévu, traversée de la N10 à Coignières.

Nous reportons ainsi les 47 premières balises, jusqu’à Coignières. C’est énorme, et la suite prouvera que c’était un peu inutile. Nous aurions pu commencer par reporter jusqu’à la fin de la grande section de balises bleues, donc seulement les 20 premières environ. Ensuite, nous aurions pu progresser en reportant au fur et à mesure et même…. sans reporter.

Mais ça, c’est toujours facile à dire après.

Donc, départ réel à 20h25. Nous ne sommes pas les derniers, ni les premiers sur la vingtaine d’équipes engagées sur ce format (équipes de 3 et de 5).

Le début, c’est facile : c’est le début du Trail des Cerfs, déjà couru plusieurs fois, un grand plat sur chemin facile jusqu’à entrer dans la forêt où se trouve PP001. Curieusement, les bénévoles nous font faire le tour du gymnase au lieu d’en sortir comme on faisait sur les Cerfs. J’espère que tout le monde a bien eu à faire cela, mais c’est étrange.

Pas de navigation jusqu’à PP001, je fonctionne de mémoire et même Patrick se souvient du cheminement. J’en profite pour regarder d’un peu plus près les balises bleues 2, 3 et 4 qui m’ont l’ai un peu compliquées.



 PP001 (verte) : Forêt Domaniale de Rambouillet, entrée Nord-Est dans la parcelle 35 au Sud de la N12

Biiip, c’est parti, premier pointage.

PP002-PP006

Définitions pas simple à reporter :



PP002 (bleue, 20’) : Parcelle 35, altitude 165, passage du ruisseau

OK, le ruisseau est évident, mais on voit vite qu’il n’y a guère de repère terrain à part lui pour trouver la balise. Je commets l’erreur de mal reporter la balise en la mettant un peu trop bas, probablement à la courbe de niveau 155 (petit rond bleu sur la carte). Du coup, l’attaque semble préférable à faire par le bas alors qu’en réalité, comme la position est plus haut (rond rouge), il fallait en fait l’attaquer par le haut (la cote 184). Cela d’autant plus que, le chemin qui monte à la cote 184, je le connais, c’est le parcours des Cerfs, il est évident à suivre. La bonne attaque était donc de partir de là et, au cap, trouver le haut du ruisseau, puis le redescendre.

Au lieu de cela, et comme le chemin orienté NE-SO ne démarre pas, sur la carte, de l’entrée de la forêt, je m’imagine subtil en allant chercher le ruisseau…. à la route et en imaginant le remonter.

C’était sans compter sur le terrain ! C’est un vrai chantier de troncs, de ronces de végétation basse envahissante. Et, surtout, le ruisseau….. ce n’est qu’un simple creux. Et pour couronner le tout, j’oublie d’en prendre, sur la carte, le cap, afin de le suivre au cap si jamais nous ne le voyons pas sur le terrain.

Bref, une succession de petits erreurs qui amène au désastre que l’on voit sur la trace. Nous ne suivons même pas le ruisseau, je « crois » le suivre. Qui plus est, nous voyons des frontales « au-dessus » et j’imagine que ce sont d’autres concurrents qui sont, eux, sur le chemin pointillé….chemin que je pense pouvoir « facilement » rejoindre.

Sauf que ce chemin, nous ne le trouverons jamais (et je pense que personne ne l’a trouvé). Du coup, nous sommes très rapidement dans la pire situation pour un orienteur : ne plus savoir où on est sur la carte.

Je tente un peu désespérément de mettre un cap NO pour retrouver ce satané chemin. A un moment, nous croyons y être enfin (la trace le confirme, mais il était à peine visible), mais je n’ai aucune idée d’où nous en sommes par rapport au « ruisseau ». En fait, nous ne nous rendons même pas compte que nous le traversons. Je finis, en total désespoir, par changer de cap, décider d’abandonner la 2, et aller retrouver le chemin à l’Ouest, que je sais large.

Dans le style « mauvais début », on ne fait pas mieux. Nous venons de consommer 13 minutes pour…. rien.

PP003 (bleue, 15’) : Limite des parcelles 35 et 41 à l’altitude 180

Le pire, c’est que je n’ai aucune certitude de pouvoir trouve la balise 003 puisque je ne trouve pas le chemin pointillé (elle, je l’ai bien reportée). En désespoir de cause, je nous voir retourner à PP005, et éventuellement se recaler pour aller chercher PP003.

Tout à coup, miracle ! J’ai mis le spot de l’Opalo en route surtout pour chercher de signes d’un sentier et….. j’aperçois une balise (ou l’un de mes équipiers la voit, je ne sais plus). Nous venons de trouver PP003 totalement par hasard. La trace qui bifurque vous donne une bonne idée de l’endroit d’où nous l’avons vue, à plus de 100 mètres de son emplacement. Merci, Stoots !

PP004 (bleue, 15’) : Parcelle 41, altitude 165, éperon au « 1 » de « 41 »

Je la juge trop difficile et le fait d’avoir autant jardiné me rend pessimiste sur le fait de la trouver. Pourtant, si on regarde bien, elle devait être facile à trouver au cap depuis la PP003, mais le terrain peu engageant du début m’effraie un peu. Donc, on zappe. Je sens aussi que je dois mettre mes équipiers en confiance et qu’avec un début pareil, c’est raté.

PP005 (verte) : jonction des parcelles 35, 37, 40, 41, 42, 43

Simple, bien sûr. Balise au carrefour. Amusant car la trace montre que nous n’avons jamais trouvé le chemin qui devait y aller tout droit depuis PP003, ce qui prouve bien que ce chemin n’existe que dans l’imagination de l’IGN. Du coup, désorienté comme je suis, à force de ramer dans le sous-bois, je décide d’assurer en prendre plein Sud pour être sûr tomber sur le chemin Est-Ouest. Et, quand nous trouvons un chemin, je vérifie une deuxième fois en en prenant le cap (dans ce type de situation, on a tendance à accumuler les erreurs et finir par partir totalement à l’envers).

PP006 (bleue, 15’) : parcelle 40, à 150m de la mare le long de la rigole non cartée qui part du bord Sud de la mare

Pas si facile que ça. J’ai reporté la balise au rond bleu ci-dessus, mais a posteriori, je me demande si j’avais mesuré les 150m. J’ai du me dire, en reportant, qu’on viserait la mare, qu’on trouverait la rigole et qu’on la suivrait vers le Sud, ce qui est le choix logique. Mais, du coup, encore l’esprit un peu perturbé par la galère précédente, je pars au cap directement sur mon rond bleu. On voit sur la trace que mon cap est parfait…. Sauf qu’évidemment, on trouve la rigole, mais pas la balise et qu’on a l’air malins, maintenant : de quel côté sera-t-elle ?

Il faut assurer, nous revenons alors vers le Nord, comme ça, la mare servira de point d’arrêt et on repartira dans l’autre sens. Ce qui est exactement ce qu’il se produit et nous trouvons la balise là où j’ai placé le rond rouge ci-dessus. Pas parfait, mais ça rassure.

PP007-PP010



PP007 (verte) : Sud du Bois des Fouilleux, ruisseau de la Couarde, sous le pont

En sortie de PP006, je prends un cap Sud-Est approximatif afin de retrouver le sentier qu’on voit à l’Est, puis ensuite nous diriger par les sentiers tracés sur la carte (dont un ajouté par l’équipe Turoom qui n’est pas sur l’IGN d’origine) vers l’emplacement de la 007 (légèrement mal placée sur ma copie d’écran ici, mais elle était bien placée sur mon report !).

Pointage facile et nous poursuivons par le chemin naturel en direction de PP008

PP008 (verte) : GrosRouvre, petit arboretum non carté à 100m au Sud de la cote 171. Chercher le panneau explicatif situé au sud-ouest du parc. La balise est dans le petit kiosque situé à 28m au nord des Quercus Cerris

Définition bien compliquée…. pour une balise finalement assez simple. Mais cela, on ne le sait qu’après ! Toujours faire attention aux pièges. En pratique, nous voyons assez vite ce petit parc depuis la petite route goudronnée où nous sommes et n’avons même pas le temps de chercher un panneau « Quercus Cerris » que Patrick a déjà déniché le kiosque et pointé la balise. Ça c’est du pointeur ! J’aurai à peine eu le temps d’expliquer que « Quercus », c’est le nom latin de « Chêne » (à force de photographier des arbres, on apprend des trucs qui finissent par servir à quelque chose !).

Et c’est parti pour la suite, encore une verte.

PP009 (verte) : Grosrouvre. La Loge Landrin, confluence de ruisseaux la plus proche du sentier longeant le ruisseau de la Mormaire

Pas de grosse difficulté, ici encore. L’objectif clair est de nous faire cheminer par le chemin la plus naturel en direction de la forêt, en évitant le plus les routes. Donc, le seul intérêt de PP009 est de nous faire passer là, et pas de couper par le tracé du Trail des Cerfs.

Mais là aussi, méfiance. Il suffit de pas grand-chose pour louper ce type de balise. Donc, vigilant, et aussi pour bien continuer à impliquer mes coéquipiers en leur expliquant ce que je fais à l’orientation, j’annonce les 550m qu’il y a en principe, depuis la route. Et, par principe, je les mesure à l’ancienne, en comptant mes pas (je ne fais pas confiance aux GPS pour ce type de précision). Pas si facile que ça, de compter, surtout avec des coéquipiers un peu bavards… ! Ma technique pour cela est simple : je compte 10 pas et, tous les 10, je compte sur mes doigts. Basique, mais efficace, surtout en environnement « perturbé ». Je m’entraîne même souvent à cela pendant mes trajets piétaf quotidiens, en essayant d’avoir une foulée de longueur reproductible autour de 1 mètre.

Je dois être bien étalonné car on tombe bien sur la balise au bon moment. Enfin, surtout 4 d’entre nous, vu que Pat, qui est devant, passe à 1 mètre sans la voir. Sacré Pat !

Il s’ensuit une très longue liaison sur chemin agricole, en direction de l’orée de la forêt du Haut-Beaussart où démarre cette grande boucle de balises bleues d’environ 6-7 kilomètres que Dominique nous a recommandée au départ. De toute manière, j’y serais allé car j’adore ce secteur de forêt : souvenir du Trail des Cerfs couru plusieurs fois, mais aussi du débalisage du Raid 28.

On commence donc le tour par une balise bleue :

PP010 (bleue, 15’) : A 2,1km à l’ouest de « La Loge Landrin », Vallée Forée, coude du ruisseau au « o » de « Forée »

Sauf que…

…je me suis trompé au report. J’ai entendu Raya dire « Vallée Forée » et « au o de Forée » et j’ai vu écrit « Vallée Forée » sur la carte, le long d’un chemin. Et donc, j’ai tracé mon report là où on voit le rond bleu sur la carte ci-dessus.

Arrivé un peu avant cela, au niveau du hameau (cote 181) où il y a usuellement un ravito du Trail des Cerfs, je suis déjà occupé à nous mettre sur le bon chemin et je commence à réfléchir comment nous allons trouver l’endroit où j’ai tracé mon report.

Par acquis de conscience, je demande la définition à Raya (préposé au roadbook). Le travail du préposé au roadbook est de constamment connaître le numéro de la prochaine balise qu’on voit pointer et être capable de redonner la définition à la moindre injonction de l’orienteur. Et je dois avouer que j’injoncte très très très souvent, car je sais une chose : CHAQUE MOT COMPTE.

Et là, Raya me répète cette définition et je tilte sur le mot « ruisseau ».

Y’a pas de ruisseau sur ma carte, là où j’ai mis mon rond bleu.

CHAQUE MOT COMPTE.

Ils me disent « ruisseau » et y’a pas de ruisseau. Si je devais chercher un ruisseau qui n’est pas sur la carte, ils me l’auraient dit. CHAQUE MOT COMPTE.

Y’a quelque chose qui cloche.

Regardons cette carte de plus près.

P….. DE B….. de M…… : il y a écrit « Vallée Forée » plus à l’Ouest et là, il y a un ruisseau ! On y voit même un micro-coude ! Elle est là, cette balise, là où il y a le rond rouge sur la carte ci-dessus.

Eh bien, on a eu chaud, car on aurait pu la chercher longtemps, celle-là.

Il ne reste plus qu’à y aller. Tout cela se déroulant avant mon report erroné, nous ne perdons en fait pas de temps.

Je pense cheminer directement par les chemins pointillés de la carte, mais à l’avant-dernier carrefour, nous ne trouvons pas celui qui va plein Ouest. Pas de panique, je change le plan, on contourne par le haut, ça rallonge à peine et ça évite du dénivelé.

Nous nous calons sur le carrefour. Comme il faut faire un aller-retour, je propose à Soffian, Aurore et Raya de nous attendre et nous allons pointer avec Pat. Le ruisseau est vite trouvé par le chemin, le coude aussi, et nous remontons en tirant tout droit dans la pente. 4 minutes en tout. Bim, ça fait plaisir.

PP011-PP018 : le grand tour en forêt


PP011 (bleue, 15’) : Heaut Beaussart, vestiges archéologiques, entre les deux enceintes

« Entre les vestiges archéologiques ». Quand on regarde la carte en ligne, en zoomant fortement, l’emplacement est évident : il y a deux enceintes de forme carrée, probablement des levées de terre qui sont d’anciens murs, on a la même chose dans le Bois des Plainvaux près de St-Rémy l’Honoré, je sais à quoi ça ressemble.



Sauf que, sur notre carte papier au 1/20000ème et avec l’éclairage d’une frontale, et même dans le gymnase pendant le report, je n’ai pas vu les *deux* carrés (tracés en marron). Je n’en n’ai vu qu’un, celui le plus à l’Ouest. J’ai donc pris comme choix de nous caler sur son coin NO, à la croisée des chemins de la carte.

Par précaution, j’ai mesuré la distance depuis le carrefour précédent (cote 182) et je l’annonce à mes coéquipiers en demandant d’être tous concentrés sur la mesure et le fait que nous attendons un sentier à droite et à gauche qui nous servira de repère, au bout de 300 mètres. Je crains en effet les sentiers à cette saison qui sont souvent invisibles, du moins ceux tracés en pointillés sur la carte.

Effectivement, au bout de ce que nous mesurons tous comme plus de 300 mètres, nous n’avons rien vu et le chemin commence à descendre. Or, la carte est claire (même moins zoomée) : l’intersection et le « Vest. Archéo. » sont sur le plat. Nous revenons en arrière, mais toujours aucune trace du sentier/point d’appui. J’ai beau m’arracher les yeux sur la carte, je ne vois pas d’indice. Je suis certain que nous sommes au bon endroit, mais, surtout, je ne vois toujours pas ces 2 carrés si évidents sur le zoom de carte. J’ai revérifié sur nos documents originaux et le deuxième est en fait très peu visible : dans la pénombre et à la frontale et avec une vue de V4….. on ne voit quasiment rien.

Et pourtant, nous trouvons bien la levée de terre, la trace le prouve : je vais même la suivre vers le Sud pendant que mes coéquipiers cherchent un peu à l’aveuglette. Mais personne ne trouvera la deuxième levée de terre et nous devons donc nous résoudre à abandonner. J’ai vraiment un regret sur celle-là qui devait être facile si on a reportait bien, mais ce sont les aléas du Raid 28 : c’est toujours plus facile chez soi, avec un bon éclairage, au chaud.

Nous avons perdu relativement peu de temps et pas vraiment fait de détour, donc ce n’est pas très grave et il faut se concentrer sur la suite.

PP012 (bleue, 20’) : Haut Beaussart, Fontaine du Juif Errant

Evidente à placer sur la carte, cette balise. Et point d’appui évident : l’intersection entre le chemin large au Nord et le sentier qui arrive du Sud-Est. La consigne à l’équipe est donc claire : à partir du carrefour de la Route des Sarrazins (comme toujours, je progresse de carrefour en carrefour en me resituant constamment sur la carte), nous devons compter 250 mètres en guettant un sentier arrivant de la gauche avec un angle très aigu.

Mais, au bout de 250 mètres….rien. Nous faisons 2 ou 3 aller-retours en cherchant à peu près toutes les vagues traces : rien n’est vraiment clair car la forêt est assez « ouverte » à cet endroit et il y a beaucoup de fausses traces. Le plus évident est un sentier que détecte Aurore qui est sans ambiguïté…. mais pas du tout orienté comme il faut (ce que je vérifie au cap).

Après quelques hésitations, la décision est prise : j’avais mémorisé à quel endroit exact j’avais atteint mes 250 pas. Ce sera lui le point d’attaque et, sentier ou pas, on visera la fontaine au cap.

Nous nous déployons sur environ 20 ou 30 mètres en ligne, je prends le cap sur la carte et c’est parti. La trace est éloquente : nous tombons pile sur la balise et filons sans tarder (il y a quelques frontales autour de nous, pas la peine d’aider trop facilement les copains).

Cap grossièrement au Sud pour retrouver le sentier tracé (Route de l’Etang de Vitry) et filer par les chemins vers la PP013.

PP013 (bleue, 25’) : Ruisseau de l’Etang Neuf, le long du ruisseau à 200m en amont du pont situé à la cote 115

Le long du ruisseau de l’Etang Neuf, 200m du pont, facile. On va au pont, on suit le ruisseau, on prend la balise, on revient et hop. Facile.

Mais le mantra du Bubulle revient dans un coin de la tête : « quand t’as rien à faire entre deux balises, pense à vérifier la définition de la prochaine ». « Raya, tu peux me redonner la définition de la 13 ? ». Il est bien dressé Raya : « ….. le long du ruisseau à 200 mètres en amont du pont situé à la cote 115 ». EN AMONT.

Hostie de crisse, j’ai mentalement transformé « en amont » en « au-dessus », donc au Nord. Dans quel sens, il coule ce ruisseau des Ponts Quentin ? Il vient des Etangs de Hollande, donc….il vient du Sud-Est, donc « en amont », c’est au Sud-Est. Et donc, au lieu du rond bleu de la carte plus haut, la balise, elle est vers le rond rouge. J’ai encore failli faire une boulette. D’ailleurs, c’est quand même plus logique au vu de la suite du parcours.

Bref, nous partons le long du ruisseau. Cheminement difficile, c’est très encombré et le terrain est très marécageux (toute cette vallée l’est, elle a une pente très faible). Il est même difficile de bien longer le ruisseau. Du coup, le spot de l’Opalo entre en action et finit par trouver la balise…évidemment sur l’autre rive, au Sud.

Patrick trouve un passage et va pointer. Il nous reste à aller vers PP014.

PP014 (bleue, 20’) : ruisseau de l’Etang Neuf, bord Sud du ruisseau entre les 2 ponts « Bouleau » et « Fontaines »

C’est donc plus loin le long du ruisseau. Mais soyons malins. Avec un terrain pareil, nous allons sévèrement ramer. Nous allons donc prendre cap plein Sud, dans les ronces et les arbres tombés à terre pour retrouver le GR1 (le chemin en pointillé n’existe quand dans l’imagination de l’IGN). L’idée générale est de contourner le terrain difficile par le sentier « roulant ». Je décide même de pousser au-delà de la balise pour rester le plus possible sur le « bon » chemin. Donc, au lieu de prendre la Route du Bouleau, aller jusqu’à la Route des Fontaines. C’est un peu un pari sur le fait que la balise soit plus proche du dernier pont, mais il faut parfois faire de petits paris.

En fait, le GR1 est un peu un cloaque de boue, mais globalement, je pense que c’était un bon choix. Je reste cependant vigilant aux distances et ne me contente pas d’attendre le troisième sentier à gauche comme la carte semble le suggérer ; Il suffirait qu’il y en ait un qui soit quasi inexistant pour nous faire avoir. Donc, on compte les distances entre chaque carrefour, même si compter les pas dans ce tas de boue n’est pas simple.

La Route des Fontaines est facile à trouver, cela dit. Nous repiquons vers le pont et allons chercher la balise avec Patrick. Et hop.

Bon, tout ça se déroule bien. Il nous reste une dernière balise à aller chercher, mais celle-là, je sais qu’elle sera facile.

PP015 (bleue, 15’) : l’Etang Neuf, Fontaine des Bourbiers

Là, trop facile. Non seulement, je connais le secteur de jour avec le Trail des Cerfs, mais aussi de nuit avec….le Raid 28 2014 ! J’avais débalisé tout le début de l’Ultra qui traversait ce secteur et j’ai un souvenir ému d’un tour de plus de 5 kilomètres en un peu plus de 30 minutes, dans ces chemins, pour aller récupérer 4 balises, dont une au fameux « Pin Girafe ».

La Fontaine des Bourbiers est justement pile à côté du parking qui nous avait servi de point d’attaque pour ce périple et elle est très facile à trouver. Cela fera donc une bonne conclusion à cette grande boucle.

Au final, nous avons récolté 1h35 de bonus pour 1h38 minutes et 6,7km, pour la boucle, alors que zapper toutes ces bleues nous aurait pris environ 5 minutes pour 0,5km. Bref, pragmatiquement parlant…. nous n’avons rien gagné, à peine 5 minutes en tout. Bon. Heureusement que, sur place je ne le sais pas !

Les balises nous ramènent sur le parcours pour une assez longue liaison avec trois balises vertes faciles :



PP016 (verte) : L’Etang-Neuf, jonction de chemins au Nord-Ouest de la cote 135 et au Sud du « t » de « Beaussart »

Traversée de la D112

PP017 (verte) : Gambaiseuil, sur le chemin partant de la cote 156vers le sud et à l’ouest du « P » de « Poteau du Roi »

PP018 (verte) : Gambaiseuil, Hêtre des Ponts Quentin

Quand j’ai reporté tout cela, je me suis dit « Cool, je pourrai un peu débrancher ». C’est une longue liaison qui nous attend, pour contourner le village de Gambaiseuil, et nous ramener dans la vallée du Ruisseau des Ponts-Quentin.

En plus, ça me fait plaisir que l’équipe Turoom nous emmène voir le Hêtre des Ponts-Quentin, qui figure en bonne place dans mon album photo des arbres remarquables des Yvelines (et d’ailleurs).

Il y aura donc juste à rester un peu vigilant en route car c’est toujours sur les chemins qu’on connaît bien qu’on peut se faire avoir. Je revérifie donc bien soigneusement les définitions et il n’y a ensuite plus qu’à dérouler, de carrefour en carrefour.

Il me semble me rappeler avoir bien pris soin de tenir mes coéquipiers au courant de notre progression, sur ce passage, en sortant un peu de la bulle où je m’étais mis pour cette succession de balises bleues. C’est aussi l’occasion de faire le point de l’état des troupes. Raya et Patrick ont l’air de n’avoir aucun problème, cela…. s’entend au volume des conversations. Soffian est solide et assure tantôt devant, tantôt derrière. Pour l’instant, le froid ne nous affecte pas, nous sommes dans un bon rythme : je m’inquiète un peu de cela car Soffian y est assez sensible à ce qu’il nous a dit. Et nous veillons tous à notre Aurore Petit Diesel préférée qui assure comme elle sait le faire : le plus souvent derrière (nous savons tous qu’Aurore n’est jamais très rapide, ce n’est pas lui faire injure, loin de là, et il faut donc veiller à ne pas la distancer trop souvent même si nous savons parfaitement qu’elle est d’une endurance remarquable). Soffian assure cela superbement, bien dans son rôle de capitaine qui veille à tous….et il sera plus tard bien relayé par Raya et Patrick avant que…..Aurore ne prenne elle-même le relais par moments quand ce seront les gars qui auront leurs coups de mou respectifs.

C’est cela qui a bien fonctionné dans l’équipe : je savais que je pouvais leur faire confiance pour gérer ensemble les coups de moins bien car je sais aussi que ce n’est pas ma qualité, surtout en faisant l’orientation, que de pouvoir être vigilant à cela. J’espère que ce récit, même s’il est beaucoup focalisé sur le point de vue technique de l’orienteur, arrive à rendre hommage aux qualités mentales et physiques de mes coéquipiers car ils ont énormément assuré dans ce domaine.

Dans tout cela, PP016 est avalée, nous croisons le photographe qui fait de beaux clichés, juste avant la route.


Après la traversée, il faudrait un peu de vigilance car PP017 n’est pas placée précisément : on sait juste qu’elle est « le long du chemin ». Je me méfie un peu toujours de ce genre de ce genre de vertes « faciles » mais non localisables précisément.

Comme nous sommes en fait en même temps, à cet endroit, avec une autre équipe de 5, il n’y a quand même pas trop de soucis. Je veille juste à un autre piège : que l’autre équipe s’engage dans une mauvaise direction et que nous les suivions comme des moutons. Donc, je reprends de temps en temps le cap sur cet assez long chemin sinueux avec peu de repères, qui monte et descend.

Le Hêtre des Ponts-Quentin, lui il est facile à trouver, il est énorme :



Une fois pointée PP018, nous faisons, il me semble, une petite pause : « technique » pour les uns, ravito pour les autres. Cela nous permet aussi de nous séparer de l’autre équipe : je préfère ne pas avoir d’autres coureurs en même temps, non pas pour éviter qu’ils ne nous sucent la roue, mais plutôt pour éviter d’être influencé dans les choix par leurs propres choix. Or, c’est une succession de 4 bleues qui nous attend.

Je fais aussi, avec Soffian un petit point sur notre vitesse de progression. J’estime qu’il faut que nous tenions une moyenne de 5km/h pour ne pas risquer d’être hors délais, si on suppose que la distance complète fera environ 90km (nous avons 18h30 pour les faire, sachant que nous sommes partis au bout de 25 minutes).

A ce moment de la course, nous avons parcouru 18km en 3h30. On est à peine à plus de 5km/h de moyenne. Il ne faudrait pas être plus lents que cela, quand même, mais cela ne me convainc pas encore de faire du zapping sur les balises.

PP018-PC1

La suite du parcours, c’est très bleu : si nous suivions seulement les vertes, nous aurions à suivre le GR sur 4km jusqu’à la route de St-Léger. Là, au vu des reports, je pense que nous pouvons tenter toutes les bleues, à l’exception d’une seule que je ne « sens » pas. Sur la liaison précédente, j’ai regardé la première spéciale qui va arriver et elle semble assez simple à décoder.



PP019 (bleue, 15’) : IVème division, parcelle 24, extrémité de la levée de terre en bordure Nord de la parcelle

La levée de terre n’est pas visible sur la carte IGN standard (en fait, si, mais en marron très léger), mais elle a été mise en évidence par l’équipe Turoom à la main sur la carte que nous avons, donc elle est facile à voir : c’est le trait de limite de parcelle sur la copie d’écran ci-dessus. L’avantage c’est qu’on voit qu’en pratique cette levée de terre nous permettra de traverser le ruisseau. Il faut donc juste bien veiller, sur le GR, à repérer la courbe vers la gauche et on doit trouver la levée de terre quand le chemin commence à retourner vers la droite.

Patrick la pointe rapidement et nous nous « sauvons » assez vite car l’autre équipe n’est pas loin derrière !

J’ai un peu de mal, ensuite, on dirait, à retrouver le chemin qui est au Sud. Je ne me rappelle plus vraiment pourquoi, mais bizarrement notre trace reste plus au Nord. Peut-être avons-nous en fait trouvé une sente que j’ai cru être ce chemin.

Ce n’est pas bien grave car nous visons le pont à la cote 136. J’ai déjà décider de zapper la balise 020 car je n’arrive pas à trouver une bonne attaque :

 


PP020 (bleue, 15’) : IVème division, parcelle 22, promontoire à l’altitude 150 à l’est du rentrant le plus marqué

Un « rentrant », c’est un « creux » dans la courbe de niveau. Là, on le voit bien au sud du « u ». Donc, le « promontoire » doit être l’avancée juste au premier « s ».

En zoomant fort sur la carte, j’arrive à imaginer une attaque depuis le méandre du ruisseau avec un cap assez court, l’alternative étant de déployer toute l’équipe pour trouver ce « promontoire ». Mais la carte sous nos yeux est bien moins zoomée que cela et j’ai vraiment peur de la grosse galère et d’y passer trop de temps. Donc, on zappe.

La suite, par contre, est, je pense, « facile » :

PP021 (bleue, 25’) IVème division, parcelle 14, grand hêtre en partie haute du rentrant du ruisseau

Le prix à payer pour cette balise-là, et la suivante, est de monter les 50 mètres de dénivelé entre le ruisseau et le plateau. Mais pour gagner 40 minutes, cela vaut largement le coup.

Le cheminement depuis le pont de la cote 136 est assez simple, il faut juste trouver les bons sentiers, mais je sais que, sur ce secteur où j’ai déjà fait quelques virées, ils sont bien marqués. Donc, on vise le parking du Carrefour du Grand Baliveau pour ensuite prendre la Route de Grand Maître. Se caler pour aller chercher la balise est trivial : la route fait un crochet pou rcontourner le rentrant. Dans le crochet, il suffit de descendre dans le creux du rentrant, avec Pat, puis descendre le ruisseau en regardant bien pour chercher un « grand hêtre ». Voir que c’est un hêtre n’est pas simple, mais avec le spot de l’Opalo, illuminer la balise est trivial !

Même pas 2 minutes et c’est plié. Pour 25 minutes de bonus, il ne fallait pas la zapper, celle-là.

PP022 (bleue, 15’) : IVème division, parcelle 13, bord sud de la mare

La suite est aussi assez facile. On déroule environ 300 mètres sur la route de Grand Maître, on trouve un carrefour et, de là, je peux prendre un cap sur la mare, je le sais (la forêt est assez ouverte à cet endroit, je le savais à l’avance !).

Cap pris, j’envoie la troupe suivre le cap (assurons avec un cap en équipe : un poil plus lent, mais bien plus sûr). On tombe pile sur la mare, la balise est là. Retour plein sud pour retrouver la Route de Grand Maître. Bim. 2 minutes pour 15 de bonus.

PP023 (verte) : Les Ponts Quentin. Chêne de l’Ascension

Il n’y a plus qu’à « foncer » au Chêne de l’Ascension. Bon, normalement, avec les arbres remarquables, il faut se méfier car le symbole sur les cartes indique souvent leur emplacement de façon peu précise.

Sauf que le Chêne de l’Ascension, lui aussi il était dans ma virée « Arbres remarquables » en VTT de l’hiver 2018. Donc « on descend le chemin, il y aura un petit panneau et il est au milieu de la descente, à environ 20-30 mètres à gauche ».



Bim. Chêne de l’Ascension. Check.

Il est d’ailleurs magnifique, illuminé par le halo de nos frontales, avec le ciel étoilé derrière. Nous tentons des photos, mais je crois qu’elles sont toute ratées car il commence à faire bien froid, donc enlever les gants commence à ne pas être l’idée du siècle.

Nous voici à la première spéciale : « Rus et Ponts du Rompu »

 

Les instructions : partez pour une promenade entre le Chêne de l’Ascension et le Carrefour Montfort en remontant le ruisseau qui frôle l’Etang Rompu. Vous y trouverez 3 balises :

-          Du pont A au pont B

  • Méandre du ruisseau (PP024, bleue, 20’)
  • Pont non carté (PP025, bleue, 15’)

-          Du pont C au pont D :

  • Pont non carté (PP026, bleue, 15’)

Je la sens bien, cette spéciale. Il y a un petit risque que la progression soit difficile : ce secteur est plutôt encombré, si je me rappelle bien, mais les instructions sont bien claires.

La plus difficile est la première. Il faut en fait être vigilant en regardant la carte : le ruisseau principal ne fait aucun méandre, il est tout droit. Par contre, le fouillis de pointillés bleus un peu au Nord (dans le rond rouge ci-dessus, rond que nous n’avons pas sur la carte) semble représenter un ruisseau qui serpente. Et c’est précisément là que la balise est trouvée. Là aussi, le spot de l’Opalo n’a laissé aucun doute. Patrick va la pointer pendant que nous retrouvons le ruisseau principal et le suivons pour trouver le pont qui n’est pas sur la carte.

Evidemment, il est assez loin, sinon ce serait trop facile. Le but du jeu est bien sûr de nous faire galérer dans ce terrain compliqué (et très humide !) le plus longtemps possible. Pile au moment où je commence à craindre de l’avoir loupé, on trouve un petit pont à moitié effondré au milieu des broussailles. C’est quand même impressionnant de voir tous ces aménagements en canalisations anciens qu’il y a dans les forêts de nos Yvelines (pour une fois, ici, ce n’est pas l’alimentation des bassins de Versailles, car l’eau va dans le mauvais sens).

La suite reste toujours relativement facile, nous contournons par les chemins pour retrouver le pont C (tirer tout droit était tentant sur la carte, mais le risque est gros de ne pas pouvoir passer car c’est très touffu).

A partir de là, Patrick remonte le ruisseau en éclaireur, je le suis à distance en éclairant de loin avec ma lampe pendant que Raya, Soffian et Aurore reste à vue, mais en évitant de descendre dans le creux marqué. Il faut remonter assez loin pour finalement trouver ce pont et c’est Patrick qui pointe.

Il ne nous reste plus alors qu’à remonter au PC1. Vu que nous sommes proches, mais en dessous de la route, j’indique à Soffian, Raya et Aurore de remonter à la route…en veillant par contre à ne pas y circuler dessus (c’est interdit par le règlement). Nous faisons de même avec Patrick et nous terminons en longeant la route…sans y mettre le pied (là aussi : connaissance du terrain : il y a un bas-côté très large qui est quasiment un chemin longeant la route).

Et nous voici au PC1, au Carrefour Montfort.

Depuis le Hêtre des Ponts-Quentin, nous avons fait 5km en 1h10 alors que la trace directe aurait fait 4km probablement en un peu moins de 30 minutes. Mais, en route, nous avons ramassé 1h45 de bonus. Bénéfice net : 1h05. Evidemment, ce calcul, il est impossible de le faire pendant la course.

Il me semble me rappeler que nous faisons aussi le point avec Soffian. Ce PC est au km 14 du parcours vert. Nous avons en réalité 23km à nos montres, que nous avons parcourus en 4h42. La moyenne est donc un peu inférieure à 5km/h. Je ne suis pas sûr que nous ayons ce degré de précision, mais je sens bien qu’on est « limites ». Et surtout on ne voit vraiment pas grand monde. Donc, je suis inquiet au fond de moi, j’ai l’impression de prendre des risques, mais je ne peux guère m’empêcher de les prendre : je sais que mes coéquipiers sont costauds.

PC1-PC2 : traversée du secteur Montfort-Etangs de Hollande

Plus nous avançon, plus nous entrons dans des secteurs que j’ai pratiqués lors de longues sorties depuis Maurepas (ou de sorties depuis Montfort l’Amaury), mais également lors de l’Origole (j’ai déjà expliqué un peu plus tôt à Soffian, Patrick et Raya qu’ils avaient déjà fréquenté ces lieux lors de la mythique Origole 2016 de 110km) et même…lors du débalisage du Raid 28 2014.

La traversée PC1-PC2 sur la trace directe, c’est 7km de très longues allées boueuses. Optionnellement trois balises bleues rapportant 55 minutes en tout dessinent une boucle un peu plus large au Nord. J’ai largement eu le temps de regarder tout cela à l’avance : les 3 bleues semblent rajouter 1 à 1,5km de distance et, au moins pour l’une d’elles, elle peut être prise par 2 équipiers pendant que les 3 autres progresseront sur la trace directe, sans risque.

Il est donc évident qu’il faut aller tout chercher.

Je préviens par contre l’équipe que nous allons avoir de longues sections très plates en forêt et que, si on peut, il faut tenter de bien y avancer…en veillant à ne pas s’épuiser, par exemple en faisant un peu de Cyrano.

Cela commence déjà fort pour aller chercher PP027 :


 

PP027 (verte) : Ve division, parcelle 5, intersection de la Route des Deux Buttes et du ruisseau

Bienvenue en forêt de Rambouillet ! Ses allées interminables, son cloaque de boue en hiver, et 5 petites frontales qui avancent, avancent, avancent, de carrefour en carrefour.

Chacun un peu dans sa bulle, chacun à sa vitesse. A chaque carrefour on se rassemble, j’annonce la distance jusqu’au carrefour suivant et on repart. Il commence à faire plus froid, mais comme nous courons beaucoup, nous n’en souffrons pas trop.

Route des Sept Chênes, Route de Bluche, Route Goron (goudronnée !), Route de Bluche. Finalement, le Raid 28, c’est de la route !

Petit salut au passage au Chêne Baudet, qui est considéré comme le plus vieil arbre de la Forêt de Rambouillet (plus de 500 ans) :

 



PP027 est rapidement pointée et nous voici face aux 3 bleues qui vont rendre le parcours moins monotone.

 


PP028 (bleue, 20’) : Ve division, parcelle 7, jonction des ruisseaux

PP029 (bleue, 20’) : Ve division, parcelle 14, jonction des ruisseaux

PP030(bleue, 15’) : Ve division, parcelle 13, coude de la ravine la plus large en limite est de la parcelle

PP031 (verte) : Bois de Pareil, Carrefour de Bazoches

J’essaie d’optimiser l’attaque de PP028. Les entiers ont un dessin un peu complexe, ici, à cause du relief. Je prends l’option de continuer plein Nord jusqu’à trouver le ruisseau qui devrait être évident vu les courbes de niveau, puis traverser sur quelques dizaines de mètres et trouver la piste cyclable goudronnée (bin oui, je connais !).

Le plan marche au petit poil. Il ne reste plus qu’à partir chercher la balise à 2 avec Pat. En un peu plus de 2 minutes pour l’AR, c’est plié.

Pour la suite, le plan est « tirer tout droit ». La piste cyclable et le sentier qui en coupe le lacet sont évidents et tomber sur la Route Belsédène, l’ « autoroute » de cette partie de forêt, est trivial.

Et ensuite, même pas peur : j’emmène tout mon petit monde avec un cap vers le ruisseau qu’il ne reste qu’à suivre jusqu’à la Route Montavale que….nous avons empruntée la semaine précédente lors de notre entraînement…et aussi empruntée plusieurs fois à l’Origole.

A nouveau, Soffian, Raya et Aurore nous attendent, Pat et moi faisons l’aller-retour le long du ruisseau, la jonction est vite trouvée et nous remontons. 3 minutes. Pif.

Liaison facile, ensuite par la Montavale et la Tourette, je pourrais le faire les yeux fermés jusqu’au Carrefour de Bazoches. Même Pat reconnaît par endroits ces coins empruntés par la Nocturne des Flambeaux de Montfort.

En passant, on pointe en avance la verte du Carrfefour de Bazoches. Le plan pour ne pas perdre de temps sur PP031 est évident : Pat est toujours le plus en jambes, assez clairement. Il va donc m’accompagner pendant que j’envoie Soffian, Aurore et Raya au Sud-Ouest sur le chemin en direction du grand carrefour du Comte de Toulouse. Même si c’est assez trivial, je donne tous les détails possibles : 600 mètres à faire en marchant tranquillement, ils arriveront à un immense carrefour et pourront aller se poser tranquillement sous un abri. Encore plus facile puisque nous sommes passés par là il y a une semaine !

Et pendant ce temps, j’emmène Pat à fond de train sur la Route de Bazoches. La ravine sur la carte semble évidente : juste à gauche du chemin au bout de 250 mètres. Nous la trouvons, nous entrons dedans et descendons, descendons, descendons…..

…jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de ravine.

Pas de balise. Et on a bien regardé.

Là, je flaire le truc sournois. Le coup tordu de Papy Turoom ou de Dominique. « Ravine LA PLUS LARGE ». Sur la carte il n’y en a qu’une. Mais sur le terrain ?

Et oui, il y a 2 ravines. Nous allons donc remonter chacun dans la nôtre, en parallèle et…. je trouve bien la balise dans la ravine la plus éloignée, non sans avoir pris une belle gamelle sur l’arrière train.

Balise 30 pointée, et on repart à la montée. Je ne sais pas pour Pat, mais moi je suis survolté et c’est aux taquets qu’on revient vers le carrefour du Comte de Toulouse (je n’oublie quand même pas de confirmer qu’on a déjà bien pointé la 031).

Nos équipiers seraient presque déçus car ils nous ont à peine attendus ! Mais il vaut mieux car le froid est assez saisissant maintenant.

Il reste deux vertes à prendre avant de trouver le PC2 à la traversée de la route du Perray aux Mesnuls :

PP032 : Bois de Serqueuse, Vie division, intersection des parcelles 5, 6 et 9

PP033 : Vie division, parcelle 17, jonction de chemins en partie est de la parcelle

PC2 : Route Goron, traversée de la D191


Liaison ultra-facile, à ceci près que la Route du Chêne Montavale est toujours très boueuse jusqu’au croisement de le tortueuse Route des Mesnuls…qui ne vaut guère mieux. A posteriori, nous aurions dû à nouveau nous séparer : j’aurais probablement pu aller chercher les 2 vertes seul ou avec Patrick, en laissant Soffian, Aurore et Raya continuer à récupérer sur la facile Route Goron (une piste cyclable goudronnée). Je n’y ai pensé qu’après.

Le petit crochet pour PP033, nous le ferons seuls, par contre, là j’y ai pensé.

Et il ne reste plus qu’à terminer cette immense ligne droite jusqu’à la route pour passer le PC2.

Sur cette liaison PC1-PC2, nous avons fait le plein des bleues. 8,9km en 1h38 au lieu de 6,9km que nous aurions fait probablement en 55 minutes. Nous avons donc « investi » 43 minutes pour en gagner 55. Pas hyper rentable, mais, par contre, le fait de faire le plein donne le moral.

A cet endroit, je ne calcule pas la moyenne. Elle est en fait de 5,1km/h depuis le début. On a rattrapé un peu de temps sur les BH.

PC2-PC3 : dans le jardin de Bubulle – Plainvaux-St-Rémy-Coignières

Plus nous avançons, plus nous nous approchons de secteurs que j’ai parcourus des dizaines de fois.

On va commencer par le Bois des Plainvaux, entre Les Essarts et St-Rémy l’Honoré. Haut lieu de l’Origole également, ce bois et ses fameuses fougères.

La trace directe nous ferait faire une longue liaison vers la Buissonnerie, mais 4 balises vertes ont été placées, très tentantes, qui nous feront faire un large détour à l’Est, dans un terrain tourmenté. Je nous sens tout à fait capable de les trouver toutes bien qu’elles ne rapportent que 15 minutes, sauf une. De toute façon, soit on essaie les 4, soit en n’en tente aucune.



C’est parti.

PP034 (bleue, 20’) : Bois Domanial des Plainvaux, intersection de chemins à la limite des parcelles 5 et 11

Celle-ci est en apparence facile à trouver, sur la carte. Une longue navigation sur ces longues allées boueuses jusqu’au Carrefour des Plainvaux puis toujours plein Est jusqu’à trouver un sentier à gauche…. qu’on ne trouve pas !

Eh oui, ça semblait simple…et ça le devient moins. Nous fouillons un peu partout, je regarde la carte plus attentivement, je prends le cap théorique de ce sentier (le pointillé qui mène à la 034). D’après les courbes de niveau, le sentier doit prendre un peu avant la fin de la côte. Au moment où je vais me décider de continuer en faisant le tour plus à l’Est, Raya finit par dénicher une vague trace qui ressemble plus à un layon qu’à un vrai sentier. Mais cela va dans le bon sens, donc nous décidons de le prendre. Et, au bout…il y a bien la balise !

PP035 (bleue, 15’) : Bois Domanial des Plainvaux,, parcelle 4, petite dépression la plus à l’Ouest

Elle n’est pas loin, cette 035. A priori, il suffit de continuer le sentier où nous sommes et prendre un point d’appui là où il se termine. Sauf qu’il se termine…..sur une limite de commune et de parcelle forestière, sur la carte ! Et ça, ça n’est pas écrit par terre sur le terrain ! Je suis encore bien concentré, je l’ai vu, donc j’ai aussi mesuré notre distance parcourue depuis la balise.

Et notre trace montre que nous nous sommes bien arrêtés presque au bon endroit :



Tout est dans le « presque ». Apparemment, notre « sentier » est légèrement plus à l’Ouest que la carte et nous avons poussé un poil trop loin. Du coup, je fais le cap au rond bleu tout en croyant que nous sommes au rond vert. Et, la trace le montre bien, cela suffit à nous amener un peu trop au Nord-Ouest de l’emplacement réel de la balise. Nous jardinons un moment, mais pour une fois, le spot de l’Opalo ne fera pas le miracle, nous sommes trop loin, ou bien la balise est bien cachée. Nous allons même jusqu’à la grosse dépression juste au Nord. Là, petite erreur : j’aurais pu, en fait, reprendre un cap depuis cette dépression et il nous aurait sûrement amenés au bon endroit.

Bref, c’est raté pour celle-là qui sera donc la 5ème bleue non pointée.

Il faut éviter de perdre trop de temps à tout cela, surtout que je sens tout le monde désormais bien entamé. Soffian a toujours très froid apparemment (je crois que Raya me l’a mentionné, ce qui m’a incité à ne pas trop insister). Aurore est toujours vaillante, mais décrochait plus vite sur les liaisons précédentes. Raya est plus silencieux et Patrick aussi, ça c’est un signe qui ne trompe pas !

Heureusement, nous sommes toujours correctement situés sur la carte et je n’abandonne pas la partie pour aller chercher les 2 dernières bleues.

PP036 (bleue, 15’) : Bois Domanial des Plainvaux,, parcelle2, bouleau tortueux au cap 115 de la cote 155

Elle, je la sens bien. Le point d’appui est facile à trouver (cette cote 155) à condition de veiller à ce qu’il y a deux sentiers parallèles au ruisseau (mais ça, je le sais, niark !). Le cap nous envoie droit….dans une côte très très raide et pleine de ces énormes fougères. Pat, qui a encore quelque énergie part en tête sur le cap que je lui indique en le suivant à quelques mètres et le bouleau est vite trouvé. Bingo !

PP027 : Bois Domanial des Plainvaux,, parcelle 2, au centre géométrique du vestige archéologique

« Le Camp Romain ! » m’étais exclamé en reportant. C’est en fait ce qu’il y avait dans les éditions précédentes de l’IGN. Je me rappelle être une fois allé voir à quoi ça ressemblait et être très déçu de ne pas avoir trouvé les tentes de Babaorum ou Petitbonum. C’est juste une grande forme carrée avec une levée de terre de 2-3m de haut.

Pour y arriver depuis nos fougères, ce n’est pas très simple. Il est difficile de garder un cap car on ne peut pas trop passer où on veut. Les fougères sont énormes et par moment je ne vois plus Aurore qui « nage » un peu dedans. La pente n’aide pas.  On finit par tomber sur un sentier, mais j’ai un peu perdu mon cap. Il me faut donc prendre la direction de ce sentier pour trouver duquel il s’agit sur la carte. C’est là que ça aide un peu de se débrouiller un peu avec la boussole….

Il est ensuite facile de se diriger jusqu’au carrefour. J’explique aux coéquipiers que « la balise est dans le grand carré ». Nous y entrons et….. on ne la trouve pas ! Tout le monde jardine une ou 2 minutes. Rien.

Ah non, PAS DEUX FOIS. Y’en a marre de leurs vestiges archéologiques pourris. Tout d’un coup, trait de lucidité qui émerge : « on t’a dit AU CENTRE GEOMETRIQUE, banane ». Chez Turoom, les définitions, c’est toujours précis, c’est pas à la « one again ». Je prends mes jambes à mon cou et….je grimpe sur la levée de terre, bien au coin. Il suffit alors de prendre sur la carte le cap en visant l’autre coin…..d’avancer sur ce cap et BIM. Pile dessus. Ouf.

Allez, on ne traîne pas. Nous sommes de plus en plus lents et j’ai un peu l’œil sur le chrono. J’avais calculé au départ que nous devrions passer à Coignières (exactement la mi-course sur la trace directe) à 4h-4h30 du matin pour avoir une marge suffisante. Or, il est…. 3h50 du matin. Bon, je commence certes à me dire que mon calcul est totalement pourri, mais en 7h20 de course, nous avons parcouru 36,5km, ce qui fait à grand peine 5km/h. Je n’ai pas ce calcul sur le moment, mais la résolution est prise d’accélérer. On va donc changer de tactique.

Il nous reste maintenant une très longue liaison avec 3 vertes, en principe sans jardinage possible. Donc, l’objectif est de « tracer » au mieux.

PP038 : (verte) : Bois Domanial des Plainvaux, Le Parc aux Anglais, source

Il faut tracer, donc je fais le choix de ne pas amener toute l’équipe sur la balise en suivant les sentiers un peu tortueux où je vais devoir faire des contrôles sur la carte pour être sûr de ne pas partir dans de fausses traces (il y en a partout ici, je le sais). Autant profiter de ma mémoire, on va passer par « la descente de la conduite de gaz ». Cette descente est bien connue des coureurs de l’Origole : en conditions boueuses, il arrive qu’on doive la descendre sur les fesses. Mais, surtout, je sais y arriver sans réfléchir et le plan pour la suite est déjà fait.

Je motive un peu l’équipe pour qu’on avance aussi vite que nous pouvons encore et on « fonce » pour sortir de la forêt, puis y réentrer avec le chemin de la conduite. La descente se passe bien et, en bas, je demande à Pat de venir avec moi chercher la balise. Pendant ce temps, Soffian, Raya et Aurore ont pour mission de continuer sur le chemin le long du ruisseau SANS JAMAIS REMONTER LA PENTE, jusqu’à atteindre un petit pont. Ce chemin, emprunté par l’Origole est peut-être dans la mémoire de Raya et Soffian, donc j’ai confiance dans le fait qu’ils ne partent pas dans une mauvaise direction (la carte ne montre pas d’autre chemin, mais il y a quelques vagues traces).



Normalement nous en avons pour 2 ou 3 minutes, avec Pat, donc on va vite les rattraper.

Nous remontons donc le chemin, normalement sur une centaine de mètres et la source devrait se voir sur la droite.

Sauf que non. On avance, on avance, on avance. On n’a pas assez d’essence, mais on avance, dirait Souchon. Mais pas de source. Le chemin oblique vers la droite, on continue…toujours rien.

Je revérifie sur le carte. ANDOUILLE. Il y est pourtant clair que cette source n’est pas exactement au bord du chemin ! Donc, direction le ruisseau et on longe le ruisseau, pas le chemin.

Bingo. Trouvée la source…et la balise.

Sauf que, dans l’affaire, il nous a fallu 7 minutes pour trouver la balise. 7 minutes, c’est une éternité, surtout pour nos coéquipiers qui risquent de se geler à nous attendre.

Je pars donc à fond de train sur le chemin. Je ne me rends pas trop compte que je pète la forme, mais Pat un peu moins. Du coup je ne suis pas certain que ces 600 mètres à 10-12 km/h soient très bons pour lui…. Désolé, Pat.

J’ai un petit stress, quand même. Je leur avais bien indiqué qu’au moindre doute, ils devaient s’arrêter et nous attendre, mais ces 600 mètres vont être TRES longs avant…de les trouver exactement au petit pont prévu, qui nous attendent sagement, en ayant froid. Super équipiers.

Bon, le petit coup de stress est passé mais cela montre bien que notre « marge » se réduit et qu’il faut gérer la suite avec lucidité.

On a encore le temps de réfléchir car la très longue liaison qui se poursuit, je la connais totalement par cœur.



PP039 (verte) : La Pannerie, passage du ruisseau sous la route à la cote 131

PP040 (verte) : Les Houveaux, gué à la cote 102

Ce n’est pas peu dire que je connais chaque caillou. Ce chemin était mon chemin d’accès usuel vers le Bois des Plainvaux depuis Maurepas.

Bref, on suit la petite route de la Buissonnerie comme on le fait sur l’Origole. On prend PP039 au passage. Le tout en alternant marche et course histoire de ne pas trop s’épuiser mais pas trop se refroidir non plus.

Traversée de la route, on continue à travers les champs jusqu’à l’Est du Bout Crottu (j’ai toujours adoré ce nom).

Entretemps, le plan est fait : aller prendre tous ensemble les PP040, les deux bleues 041 et 042 puis la 043, ça va être très compliqué et épuisant. Il faut faire couper à une partie de l’équipe et que je prenne une victime avec moi, par sécurité. Honnêtement, j’irais bien faire tout le tour tout seul, je connais ça tellement par cœur. Mais cela voudrait dire d’abandonner mes équipiers pour au moins 1/4h à 20 minutes : ils vont se geler. Il faut donc faire un compromis entre ne pas leur faire faire tout le tour et qu’ils bougent un peu, quand même.

Vu que j’ai un peu épuisé Patrick, je vais donc m’attaquer à Raya. Arrivés à la maison isolée  de l’Aunay Rogrin, j’indique à Aurore, Soffian et Pat de partir par la route et suivre le chemin qui remonte (flèche noire). Je leur montre bien sur la carte, je leur explique bien chaque détail. Ils doivent nous attendre au carrefour de La Pinsonnière. Instructions : marcher tranquillement pendant que nous allons chercher PP040 avec Raya.

Nous avons 2km à faire pendant qu’ils font 800m. Autant dire qu’il ne faut pas traîner. On ne va pas traîner !

Tout se déroule comme prévu, nous prenons la balise en route. Il nous faut 14 minutes pour faire ces 2km, mais pendant ce temps, une partie de l’équipe peut se reposer et se ravitailler.

On se retrouve comme prévu au carrefour. A la limite, comme nous allons y repasser, nous pourrions à nouveau laisser nos équipiers et monter chercher PP041 que je sais trouver les yeux fermés ou presque. Mais il est préférable qu’ils bougent. Nous montons donc tous ensemble, carrément à l’envers du parcours prévu par l’équipe Turoom et dès que le carrefour où je veux qu’ils nous attendent est en vue, nous repartons le plus vite possible, avec Raya (après avoir bien expliqué ce que nous faisons et que, s’ils veulent, ils peuvent suivre notre trace plutôt que de rester immobiles).

PP041 (bleue, 20’) : Houjarray, Les Bruyères, extrémité NO du chemin situé au Nord de « Rocher Marquant »

PP042 (bleue, 20’) : Houjarray, Mare à Paton, bord Sud de la mare

PP043 (verte) : La Fontaine Yvon, GR11, jonction de chemins à la cote 166

J’ai prévu de prendre PP043 qui est obligatoire et est à 400m seulement….mais aussi PP042 car la Mare à Paton est grande et facile à trouver. Et c’est parti pour une cavalcade avec Raya. Nous prenons PP043, évidente en passant, on prend le chemin vers la mare (pas besoin de regarder la carte !), je me cale au coude, on prend le cap, on trouve la mare, on revient droit sur le chemin et on revient sur nos pas vers nos coéquipiers que nous trouvons en train de monter vers PP043 (ils ont raison de bouger plutôt que reste immobiles).

Et…. je les fais redescendre au carrefour de La Pinsonnière même si la tentation est grande de prendre un raccourci qui doit exister mais n’est pas sur la carte. Malheureusement, je n’ai jamais osé chercher s’il est bien là, les dizaines de fois où je suis passé ici. J’aurais du.

Au final, cette option un peu bizarre nous a pris 43 minutes en tout avec 2km parcourus pour Aurore, Pat et Soffian….et 4,6km pour Raya et moi. Si nous avions fait le parcours naturel, nous aurions tous parcouru 3,6km ce qui nous aurait pris, je pense, à peu près le même temps, à supposer qu’on aille aussi chercher la balise de la mare. Bref, ce n’était pas un gain en temps, mais, je pense, un gain en fatigue pour l’équipe, qu’il fallait impérativement économiser à ce moment de la course.

Il ne faut toutefois pas s’endormir car c’est maintenant une immense liaison qui nous attend jusqu’au PC4 de Coignières, avec seulement 5 balises vertes qui servent à nous tracer le parcours.



Petite erreur stratégique : j’aurais encore plus pu économiser l’équipe en allant chercher PP044 absolument tout seul, par le GR alors que, eux revenaient vers St-Rémy par la petite route, avec la carte au besoin pour se guider. Pour faire ce crochet, je n’avais aucunement besoin de carte. Cela dit, je pense que cela aurait commencé à être « limite » avec l’esprit de la course que de faire « zapper des vertes » à une partie de l’équipe. Il est bien admis que lorsqu’on va à la pêche aux bleues, on peut déléguer quelques fringants coureurs. Mais « tirer tout droit », par une petite route qui plus est…cela commence à tirer sur la corde de la régularité.

Bref, nous montons tous à la 044. Et, le moins qu’on puisse dire est qu’on sent désormais bien le gros coup de barre général (ou presque….). Soffian et Aurore vont sévèrement souffrir dans cette côte très raide, Soffian ayant toujours extrêmement froid, surtout aux mains. Il va nous falloir 19 minutes pour faire 1,3km. Mais pas d’autre solution que d’avancer le plus possible, quitte à marcher tout le temps. Il tarde désormais à tout le monde que le jour se lève.

La traversée de St-Rémy se fait en suivant un itinéraire tracé sur notre carte où nous devons être vigilants car on sait juste qu’on va trouver une balise en route. C’est quand même l’occasion de voir un peu de vie en traversant le village : le seul que nous aurons traversé de nuit.

La balise suivante est le long du Grand Etang, qui est parfois magnifique en hiver :

(c’était notre minute touristique offerte par l’Office de Tourisme du Mordor)

Et il reste encore à mes pauvres coéquipiers une longue remontée dans le Bois des Hautes-Bruyères pour retrouver la dernière de ces balises vertes et…

…l’Allée des Pommiers. Toute droite et 600 mètres de long. Là, je ne leur laisse pas le choix : il faut courir tout le long.

Coup de chance, nous apercevons une autre équipe devant nous. C’est la première fois depuis Gambaiseuil. Nous venons de faire 30 kilomètres absolument tout seuls. Je n’ai jamais vu ça sur un Raid 28.

Surtout cela me rassure : nous ne sommes pas les derniers. Ou, du moins, si nous sommes les derniers, nous ne le sommes pas seuls.

Par contre, il est 6h15 du matin. Très largement au-delà de mes estimations initiales. Autant dire que nous avons toujours mentalement les barrières horaires au cul. Nous avons 6h30 pour faire les 20km (en trace directe) jusqu’au PC de Magny les Hameaux, le PC8. Dit comme ça, ça paraît large. On va vite voir que ça ne l’est pas tant que cela.

Cela dit, je sais aussi que bien que Coignières soit officiellement à mi-chemin sur la trace directe (35km), le nombre de balises bleues qu’il y avait avant imposait des détours plus importants que ce qu’il semble y avoir ensuite.

Entre les PC2 et PC3, nous avons parcouru 18,1km en 3h26, soit 5,3km/h. En tout, nous en sommes à 50,2km en 9h47, donc 5,3km/h. A nouveau, je ne fais pas ce calcul avec cette précision (je me contente de diviser 50km par 10 heures). Mais ce calcul me conforte dans l’idée que nous sommes certes justes, mais pas complètement à la rue. Donc, pour la suite, nous pouvons continuer à prendre des balises facultatives tant que l’équipe avance régulièrement, même lentement, et de façon homogène.

Après avoir passé le PC3, il nous reste encore une assez longue liaison que je connais très bien jusqu’au Pommeret. J’en profite pour prendre les annexes des spéciales de la fin de parcours afin d’essayer de me faire une idée de leur faisabilité et des inévitables impasses à faire :

Spéciale « N’y va pas ! » : facile, c’est lé fléché allemand. Lui, depuis l’année dernière, j’attends de le faire (il n’était que sur le Bures 28 ». Il sera apparemment dans les bois au-dessus du Pommeret. Il est évident que nous allons le faire.

Spéciale « Les deux octogones » : celle-là, Dominique a demandé aux équipes de bien l’étudier avant de partir, mais je ne l’ai pas fait. Et Pat, Soffian et Aurore qui l’ont regardée ne semblent pas trop optimistes. Je regarde quand même et le principe me semble en fait évident. Je pense qu’on peut la faire « à la volée » sans report avec des prises de cap en équipe. On en reparlera.

Spéciale « les secrets de Champ Garnier » : simple, c’est une CO dans l’abominable Bois de Champ Garnier où la carte de CO est un vrai gruyère. Ce secteur ne m’a jamais trop réussi, donc s’il faut zapper quelque chose, c’est elle (haha, vous verrez).

A part cela, nous avions reporté les balises jusqu’à Coignières, mais tout le monde a tellement froid que je ne me vois pas faire un nouveau report. Tant pis, on avancera sans report, c’est en général bien faisable.

PC3-PC4 : on sort du jardin et on passe de l’enthousiasme à la loose



PP048 (verte) : Le Marais, aire de pique-nique au Nord du bassin du Val Favry

PP049 (Verte) : Fond dfe Bellepanne, pont sur le rû du Pommeret, au nord de la cote 133

Rien de particulier à dire sur ces deux balises. Je n’ai aucune navigation à faire, encore, cette partie là étant sur mon ancienne boucle « semi du Pommeret », une boucle de 21km quasi plate au départ de Maurepas. Donc, on avance à vitesse raisonnable jusqu’à PP049, qui marque le départ de la spéciale « N’y va pas ».

Donc, le fameux « fléché allemand » inauguré l’an dernier sur le Bures 28. Mais, de nuit, cette fois.

Le principe est assez simple. Nous avons un schéma qui représente les déplacements à réaliser au fur et à mesure des intersections rencontrées. A chaque intersection sont indiquées les voies A LAISSER, à droite ou à gauche pour continuer.

Exemple :

 


Dans cet exemple, on doit laisser un chemin à gauche et donc…il faut prendre celui de droite.

Autre exemple :

 

Ici, on doit laisser deux chemins à gauche et un à droite. Il faut donc prendre le chemin en pointillé.

 

Et donc, tout le cheminement que nous avons à faire est résumé ainsi :

 

Le départ est indiqué comme étant à la balise que nous venons de pointer, en partant au Nord. Le schéma veut donc dire :

-          Partir du départ

-          Première intersection : laisser un chemin à droite et prendre l’autre

-          Deuxième intersection : laisser un chemin à gauche et prendre l’autre

-          Troisième intersection : laisser un chemin peu marqué à pauche et prendre l’autre

-          Quatrième intersection : laisser un chemin (plus marqué) à gauche, au bout de 20 mètres

-          On trouve ensuite la première balise (nous avons une définition : « Ruine »)) sur la gauche

-          Et ainsi de suite…

Cela paraît très complexe de prime abord. En fait, il faut être vigilant et soigneux. Et aussi se servir des quelques repères supplémentaires qu’on nous donne. Je prends mon Opalo à la main pour être sûr de bien voir les bords du chemin, je suis en tête, et Patrick suit, avec le schéma qu’il lit au fur et à mesure. A chaque intersection (les distances entre intersections sont inconnues, le schéma n’est pas à l’échelle), il me répète ce qu’on doit laisser et de quel côté aller.

Nous n’allons pas vite : on ne peut vraiment faire le parcours qu’en marchant si on veut éviter de se tromper (les intersections sont parfois très très proches). Cela arrange bien tout le monde…. mais par contre nous allons avoir très très froid (cela fait une bonne heure que j’ai les deux mains bien gelées malgré les gants de VTT). C’est le seul moment où j’aurai froid, me mettant même à grelotter.

Par contre, c’est un succès TOTAL. Nous n’hésitons pas une seule seconde et nous arrivons tranquillement à la PP054 en ayant trouvé les 4 balises intermédiaires : 1h20 de bonus pour 45 minutes sur le terrain (le roadbook annonçait 30 minutes, mais nous avons vraiment été lents). Le trajet optimal sans faire la spéciale devait prendre environ 10-15 minutes, donc le gain réel est d’environ 50 minutes, mais évidemment, cela nous consomme aussi du temps sur la barrière horaire.

Le trajet parcouru :

 

Evidemment, je ne peux pas placer les 4 balises trouvées en route puisque, par définition, nous n’avons pas de repère cartographique pour les placer.

Une liaison est maintenant destinée à nous amener au Château du Mesnil Saint-Denis où se trouve la spéciale « des Octogones » :



PP054 (verte) : « Abbaye N.D. de la Roche », lisière de la forêt au Nord au « A » de « Abbaye »

PP055 (verte) : Les Mesnil Saint-Denis, coin Ouest du terrain de sport situé au Sud-Ouest du château

 

Il n’y a guère le choix : on passe dans le lotissement. L’équipe n’est toujours pas bien vaillante car cette spéciale, certes réussie, a refroidi tout le monde. Pendant cette marche, je refais les calculs. Ma montre indique 55km en 11h10, soit un tout petit peu moins de 5km/h. Nous sommes réguliers, toujours à la limite. Il est 7h30, il nous reste 5h15 pour faire la quinzaine de kilomètres d’ici le PC8 et sa barrière horaire. En pratique, il faut se donner 45 minutes de marge et essayer d’y passer avant midi. Soit 4h30 pour 15km. Nous avons encore un peu de marge.

Et donc, on peut tenter les Octogones. Cette spéciale de précision, je suis très confiant de pouvoir la réussir. Voilà le problème posé :



Dans le parc du château, il y a deux bassins octogonaux et un bassin rond, ce dernier entre les deux octogones. Ils sont très très faciles à trouver.

Ces octogones servent de base à un dessin géométrique qui donne les emplacements des 3 balises à trouver. Il « suffit » de partir du « bon » endroit sur chaque octogone, progresser sur un cap pris à l’aide du schéma, et faire cela à deux jusqu’à se rencontrer en principe pile sur la balise. Il faut par contre se méfier car pour chaque balise, il y a deux « fausses » balises dans le même secteur. Il ne suffit donc pas de trouver une balise marquée « 56 » et la pointer.

J’arrive avec tout cela dans ma tête sur la spéciale, mais JE VAIS COMMETTRE PLUSIEURS ERREURS.

1)      J’arrive tellement vite sur le premier octogone que je n’attends pas mes coéquipiers pour leur expliquer TOUT le principe de la spéciale

2)      Dès que j’en ai un sous la main (Raya, je crois), je veux démarrer et, au lieu de prendre le cap ET LUI LAISSER UNE DE MES BOUSSOLES POUR LE SUIVRE en lui expliquant bien qu’il doit avancer sur la droite sans toucher à rien (ni pointer), je le fais avancer jusqu’à l’endroit approximatif

3)      Puis je vais au deuxième octogone avec Pat, arrivé entretemps et je fais pareil en le dirigeant sur le cap, le but étant de croiser la trajectoire de Raya. MAIS JE NE VERIFIE PAS CE QU’ILS FONT et j’ai oublié de leur dire l’info primordiale selon laquelle il y a PLUSIEURS balises et une seule à pointer.

4)      Au lieu de bien terminer la 56, je cherche à gagner du temps en commençant la 57 depuis un des octogones, car je me dis que ça va me ramener là où sont Raya et Pat. Mais comme il y a plein de haies qui bloquent le passage (rendant ma tactique directe sans report bien plus difficile), je ne vois pas qu’ils ont en fait trouvé « une » des balises 56 et l’ont pointée.

5)      Quand ils m’indiquent, de loin, avoir pointé, je crois toujours qu’ils ont bien compris le principe (mais comment auraient-ils pu ?) et je « fonce » sur la 57 où, je crois, je fais pointer Pat « à l’estime » sur ce qu’il me semble être la bonne

6)      Et, complètement dans la bulle et, en fait, très stressé parce que je vois bien que Soffian et Aurore que j’ai laissés à l’écart dans ma précipitation, sont transis, je tente de faire la 58 en prenant à nouveau Raya comme règle depuis un octogone…et moi depuis l’autre. Sauf que, lorsque j’arrive avec mon cap dans le secteur où il est, il m’indique avoir déjà pointé puisqu’il a vu la balise.

« Oui, mais quelle balise tu as pointé ? ». « Ben, celle que j’ai vu » « Oui, mais comment tu savais que c’était la bonne » « Bin, y’avait écrit 58 dessus ».

AAAAAAAARG. En 0,5 secondes, je comprends que Raya n’a pas du tout percuté qu’il y avait des fausses balises !

Bref, il n’y a plus qu’à repartir. Avec un résultat inconnu, mais probablement très mitigé : nous avons peut-être les deux premières, mais probablement pas la troisième puisque Raya a pointé la première balise trouvée sans savoir qu’il pouvait y en avoir d’autres.

Le pire c’est qu’ensuite, Raya et Pat me disent qu’ils ont pointé TOUTES les 56 et 57 qu’ils ont trouvées.

Patatras. Tout foutu, on a passé tout ce temps pour rien. Sur le coup, je suis assez « tendu » (euphémisme) mais, assez rapidement, je comprends que tout est de ma faute et que j’ai commis toutes les erreurs qu’on pouvait faire :

-          Ne pas prendre le temps d’expliquer à TOUT LE MONDE le principe

-          Ne pas expliquer comment j’allais m’y prendre

-          Croire que je pouvais tout faire tout seul (d’où le « j’allais m’y prendre » ci-dessus) alors que nous sommes une équipe

-          Sous-estimer le degré de fatigue de l’équipe

En bref, me comporter, et c’est mon gros défaut sur TOUS les Raid 28 à un moment ou un autre, comme si j’étais tout seul dans cette équipe. Et il y a encore une grosse marge de progrès à faire en ce domaine (je pense d’ailleurs que ce récit très auto-centré le démontre bien, que je le veuille ou non). Donc, les gars et Aurore, vraiment toutes mes excuses, ce ratage est entièrement pour moi.

Je vais d’ailleurs trimbaler cela un bon moment par la suite, on va le voir. Le plus paradoxal, dans tout cela, c’est que…. nous avons pointé la BONNE balise 58 ! Et donc, nous ressortons de cette spéciale avec 20 minutes de bonus pour…27 minutes passées. C’est donc quand même la loose.

PC4-PC5 : suite de la loose

Pas facile de se remotiver à repartir, surtout que les liaisons jusqu’à la forêt de Port-Royal sont longues et barbantes :



PC4 : traversée de la D13

PP059 (verte) : Bois de la Minière, au sud du bois, intersection du chemin et de la limite de commune

PP066 (verte) : Parcelle 25, chemin de Jean Racine, jonction de chemins à l’est de « Fontaine Couverte »

En pratique, entre la 059 et la 066, il y a cette spéciale de CO de Champ Garnier que j’avais décidé de zapper.

Le point au PC5 donne 58,6km en 12h01, soit 4,87km/h. On reste assez limite et Soffian s’en inquiète pas mal, il me le dit.

Pourtant, en refaisant le calcul à l’envers, je considère qu’on a toujours de la marge. Du PC5 au PC8 où nous devons passer à l’extrême à 12h45, à l’idéal à 12h, il y a un peu moins de 10km. Et il est 8h30 du matin. 3h30 pour 10km, on devrait y arriver même si on ne fait aucune bleue en route.

Sur la liaison vers la forêt de Port-Royal, j’ai le temps de gamberger et….je regarde quand même la spéciale « Champ Garnier ».

Bon , désolé, Raya, Soffian, Aurore et Pat, je n’aurais jamais dû regarder cette carte !

Parce qu’évidemment, je vais vous entraîner dans un genre de galère que vous avez certainement détesté sur le coup…. mais qu’en incroyables équipiers, vous avez supporté presque sans broncher.

Et donc, que se passe-t-il ? Pas compliqué à deviner. En regardant cette carte, je vois que les balises 60, 65 et 64 sont relativement alignées et que, donc, il ne paraît pas impossible de tenter d’en aller chercher aux moins 3 sur les 6 qui sont proposées.

Et je suis d’autant plus motivé qu’après avoir pointé la balise verte 59, nous trouvons au bord du chemin….Françoise et 3 de ses équipiers de Cap Bollène qui attendent, le retour de Xavhië qui, lui non plus n’a pas pu résister et est parti tout seul monter sur ce fichu plateau de Champ Garnier la carte à la main !

Si Xavhië le fait, je dois le faire !

Par contre, mon plan est différent du sien. Au lieu de laisser les coéquipiers et aller faire un très grand tour tout seul, j’embarque tout le monde : nous allons monter sur le plateau, traverser vers l’Est et on redescendra vers Port-Royal par le sentier à l’Est de la forêt (l’avantage est que je n’ai pas à le chercher sur une carte, je sais qu’il est là).

J’embarque Patrick comme pointeur et nous voilà partis….. dans la côte qui mène à la 60.

PP060 (bleue, 20’) : Mare, bord Nord-Est

Sur la carte, ce n’est pas très évident. Je cherche comme point d’appui, une dépression sur la droite du chemin après la côte. Nous montons tous ensemble, mais les dépressions sont très très nombreuses. Je vais en fait un peu trop loin sur le chemin et nous prenons certes le bon cap, mais environ 30 mètres trop au Sud. Nous mettons un temps infini, il me semble, mais en se décalant un peu, nous finissons par dénicher cette PP060.

A partir de là, ayant un repère fiable je décide d’aller tenter PP065 de l’autre côté du chemin. Il me suffit de prendre le cap en direct depuis la PP060.

PP065 (bleue, 20’) : mare, bord Est

Sauf que tenir un cap dans ce fouillis de dépressions, c’est mission impossible. Nous progressons avec grande difficulté avec Patrick (les autres sont sur le chemin) et je perds le fil.

Assez rapidement, je vois qu’il ne faut pas insister et surtout ne pas faire trop attendre nos équipiers.

La suite du plan est de faire avancer Raya, Soffian et Aurore depuis le carrefour qui suit, vers l’Est, passer 2 carrefours et nous attendre. Raya me dit bien qu’il n’est pas trop convaincu que ce soit une bonne idée, mais, soyons honnête, je ne l’écoute pas trop. Encore une fois, je suis infiniment désolé pour ce moment où j’ai continué à la jouer perso…

En plus, j’ai changé d’avis ! Tout ce qu’il ne faut pas faire. La carte me montre que la mare où est PP061 a une forme très particulière et il semble y avoir un début de sentier qui devrait pouvoir servir de point d’appui. Nous partons là-dessus avec Pat.

PP061 (bleue, 20’) : Mare, bord Nord

Là, je n’ai toujours pas compris…. et je ne comprends d’ailleurs toujours pas. Nous trouvons clairement la bonne mare. Et sa forme est très exactement, sur le terrain, ce que j’ai sur la carte. Et la balise devrait se trouver dans une mini presqu’île au Nord et… nous avons beau tourner en tous sens, nous ne trouvons RIEN. A croire que la balise a été retirée. Pourtant d’autres équipes l’ont pointée. Il faudra donc m’expliquer ce qu’il s’est passé.

Deux échecs sur 3. Quel désastre. Nous venons de consommer 25 minutes… pour en gagner 20 (et en rater 40).

Impossible de s’y résoudre. Alors, perdu pour perdu, puisque nous avons en principe trouvé l’emplacement de PP061, pourquoi ne pas tracer un cap jusqu’à PP062 qui est de toute manière dans la direction où nous devons aller retrouver l’équipe ?

PP062 (bleue,20’) : Colline

Et c’est reparti avec Pat, toujours aussi positif, même s’il ne doit pas moins en penser devant notre faible productivité. Et, ce coup-là, quand même nous sommes récompensés : presque sans jardinage, nous tombons quasiment tout droit sur la balise. Et elle ne nous coûte que quelques minutes.

Retour au Carrefour des Dames : nos coéquipiers doivent être au carrefour suivant, à 300m environ. Il y a maintenant plus de monde autour car depuis quelque temps les équipes de tête du Semi-Raid nous ont rejoints. Et impossible de résister à tenter « encore une dernière » avec PP064 qui est à quelques dizaines de mètres.

PP064 (bleue, 20’) : entre deux mares, les plus au Nord-Ouest

Là, je fais simple : point d’appui au carrefour, je prends le cap et les 3 mares de la carte sont assez faciles à trouver. Pat déniche la balise, la pointe et nous voilà de retour sur le chemin pour aller rejoindre l’équipe.

Même pas 3 minutes pour 20 minutes de plus.

Nous rejoignons au plus vite Raya, Soffian et Aurore qui se gèlent au carrefour suivant. Je m’excuse très platement auprès d’eux car ils ont attendu longtemps et je pense que ce n’est absolument pas drôle du tout pour eux (je ne suis même plus très sûr de leur dire que nous avons quand même trouvé trois balises bleues). « Allez, on file pour se réchauffer » et nous nous lançons dans le retour vers Port-Royal où nous allons retrouver la trace directe.

Au final, nous consommons 43 minutes sur cette spéciale (un peu moins car il nous aurait fallu quelques minutes pour la trace directe), pour un gain d’une heure. La carte ci-dessous montre que le détour valait le coup, même si pendant la course, même moi je n’y ai pas cru. Après tout, nous partions pour trouver 3 bleues et nous les avons trouvées. Sauf que, bon, en pratique il n’y a que Patrick et moi qui avons fait un truc intéressant : les autres ont attendu et c’est tout. Probablement pas trop ce qu’ils avaient envie de faire à ce moment-là.

Ce qui s’illustre ci-dessous : notre trace est en bleu, en rouge les balises que nous avons prises et en noir celles que nous n’avons pas trouvées. La flèche en noir donne la trace directe que nous aurions faite sans tenter la spéciale.



Tout cela nous ramène au PC5, qui est le passage sous la départementale au pont du Rhodon. Bon, là, c’est un grand classique des Raid 28, ce passage, je me demande combien de fois une des courses y est passée.

Le principe est de nous faire traverser la route… « en sécurité ». Et quoi de mieux pour être en sécurité que de passer SOUS la route. Evidemment, ce passage n’a pas trop été fait pour les piétons : normalement c’est le ruisseau. Et l’équipe Turoom n’a même pas fait l’effort d’enlever le ruisseau, c’est quand même une grosse bande de feignasses.

Bon, déjà, il faut y arriver, au passage. Evidemment, normalement, il n’y a pas de passage : c’est un gros fouillis de ronces, de bois mort, de flaques. Et comme les Turoom sont prévenants, ils nous ont même tracé un « chemin ». Enfin, plus précisément, il y a des rubalises ça et là, et une espèce de vague trace pourrie. Cela s’appelle un chemin, chez Papy Turoom.

Je fais la trace en tête en traversant ronces, troncs, flaques, flaques et reflaques. Et re-flaaaaaaaachplaouf. En mettant le pied de manière supposément aérienne dans une flaque boueuse….mon pied gauche s’y enfonce et je descends jusqu’à mi-cuisse !

Oups.

Et c’est là qu’on croise les doigts pour avoir bien serré les lacets. Je tire doucement, ça fait un immonde bruit de succion (heureusement, le pied droit ne s’est enfoncé QUE jusqu’à la cheville) et…..le pied ressort AVEC une chaussure. Enfin, une espèce de grosse boule noirâtre dans laquelle il doit y avoir une chaussure.

Le temps ne se prête guère à immortaliser ce moment, avec Pat qui est juste derrière moi, mais ça devait valoir le détour, le Bubulle qui s’enfonce dans les sables mouvants de Port-Royal.

Ce qui est sympa, c’est que nos Turoom, si prévenants, nous ont prévus un nettoyage immédiat car, évidemment, le passage dans le Rhodon, on a de l’eau jusqu’aux chevilles. Encore plus sympa, le photographe tient absolument à immortaliser toute l’équipe tous ensemble dans le tunnel donc……on attend l’arrivée d’Aurore et Soffian, les pieds dans 30cm de flotte. Histoire d’être sûrs d’être propres.

« Allez, tous en file indienne ». « Et tous groupés, maintenant ». Euh, t’es gentil, là, mais on ne va pas refaire la montée des marches du Festival de Cannes, en plus !

Bon, l’avantage c’est qu’on a de jolies photos où on croirait presque qu’on est frais comme des roses.





PC5-PC6-PC7-PC8 : vivement Magny

Et la suite du programme ?

Déjà nous avons une liaison facile sur le chemin Jean Racine. J’en profite pour passer un coup de téléphone à Elisabeth, je sais que c’est sympa de recevoir des news. Cela me permet aussi de lui donner des nouvelles plus complètes que le message vocal laissé en début de matinée où je parlais beaucoup du froid assez intense et qui, au final, pouvait donner l’impression que nous n’étions pas au mieux.

C’est en fait simple. Je découvre à cet instant qu’au lieu de monter simplement sur le plateau pour aller vers Magny les Hameaux, nous allons faire un crochet par la forêt de la Madeleine, sur le versant opposé, pour revenir via Milon Le Chapelle. Pas trop cool car nous avons un peu hâte d’arriver à Magny pour y retrouver probablement notre coéquipière initiale, Magalie, qui nous a dit, au départ, qu’elle nous y attendra.

Pour agrémenter cela, on nous a mis une spéciale sur cette forêt de la Madeleine. Je la regarde brièvement mais la première impression n’est pas terrible : encore une carte de CO. Je suis très influencé par le fait que nous en sortons tout juste et que ça n’a pas été très brillant. De plus, il y a une petite complication : on nous parle de balises placées sur 2 lignes droites tracées sur la carte et je conclus un peu rapidement que, pour les chercher, il va falloir entraîner l’équipe à travers bois en suivant virtuellement un cap. Je ne le sens franchement pas, et je décide avec Soffian que nous zapperons la spéciale. Nous sommes en fait trop préoccupés par le timing et, déjà, rien que le fait que nous ayons encore à faire un grand crochet de liaison, nous semble suffisant.

Bref, il est décidé de zapper la spéciale.

Evidemment quand je regarde maintenant, c’est dommage. En fait, en regardant de plus près la carte, les emplacements de balises étaient faciles à trouver avec les définitions : sur chacune des deux droites, il y avait un et un seul emplacement avec la caractéristique décrite. Il suffisait donc de reporter cela sur la carte, ce qui permettait de découvrir que 4 des 5 balises étaient en fait très proches du chemin où nous devins nécessairement passer sur le parcours dessiné par les balises obligatoires. Il y avait donc à portée de main 80 minutes de bonus qui n’auraient quasiment rien coûté (toutes les balises pouvaient être pointées en aller-retour par deux équipiers pendant que les autres progressaient sur le chemin normal).

 

 

Oui, mais voilà. Cela on ne le voit qu’après. Pas pendant la course. L‘état d’esprit en sortie de la spéciale de Champ Garnier n’était pas à l’optimisme et nous nous sommes fait influencer par l’échec précédent (tout relatif). C’est une des leçons les plus difficiles à retenir sur le Raid 28 : ce n’est pas parce qu’une section donnée s’est mal déroulée que la suivante se déroulera mal. Il faut vraiment dissocier les sections successives les uns des autres. Facile à dire, après la course. Moins facile à faire, après 13 heures sur le terrain.

Au final, c’est donc un trajet jalonné de trois vertes (et une belle côte sur le Chemin Jean Racine) que nous réalisons :



PP067 (verte) : Le Moulin de Fauveau, pont sur le Rhodon à la cote 100

PP068 (verte) : Forêt départementale de la Madeleine, jonction de chemins au Nord du 2ème « a » de « Départementale »

PP074 (verte) : Forêt domaniale du Claireau, jonction de chemins à l’est de la cote 156 et au nord de la cote 157

C’est certain que sans prendre la spéciale (dont j’ai représenté le secteur sur l’extrait de carte), c’est terriblement sans intérêt et barbant. Pour nous économiser le plus possible, je prends d’ailleurs, dans la forêt, le chemin le plus au Sud, qui est tout plat, alors que le chemin naturel qui passe par la balise est plus vallonné. Nous irons prendre la balise à deux avec Patrick.

Nous passons à environ 11h du matin au PC7. Nous sommes donc bien dans les temps pour passer à midi au PC8.

 

La remontée du PC7 vers le PC8 à Magny est sans balises bleues, il faut donc juste bien suivre le bon chemin. Il y a simplement trois balises vertes à prendre :



PP075 (verte) : Milon la Chapelle, les Buissons, coude du chemin au nord du « o » de « Buissons »

PP076 (verte) : Milon la Chapelle, passerelle sur le ruisseau au « V » de « CHEVREUSE »

PP077 (verte) Bois de la Haute Tasse, jonction de chemin et du PNR au nord de la cote 161

Encore une jonction simple. Nous passons le Rhodon au SE de Milon et commençons la côte pour contourner le village par l’Est. Je laisse partir les autres devant car j’ai une épine gênante dans une chaussette qui m’oblige à retirer deux fois chaussette et chaussure. Je sais que je vais les rattraper progressivement dans la côte qui monte, monte, monte pas mal. Je finis par retrouver Aurore. Soffian, Patrick et Raya sont 50 mètres devant.

Cette côte est bien longue, quand même.

On est en train d’arriver sur le plateau. Etrange.

Carte.

Cap.

Merde.

Regardez la trace sur la carte, là où j’ai écrit « BUG ». Nous avons loupé une bifurcation. Ma faute, bien sûr. Tout à mes problèmes de chaussette, j’ai oublié de continuer à suivre correctement sur la carte notre progression. J’y aurais vu cette bifurcation à faire quasiment au début de la montée !

Il n’y a pas le choix, il faut TOUT redescendre, et on retrouve la bifurcation. Désolé, les copains…

Cela aura quand même l’avantage de me rendre à nouveau bien vigilant, mais nous laissons 10 minutes dans l’affaire, d’après ma trace. Une demi bleue…

La suite jusqu’au PC8 est heureusement sans histoires. Surtout, en haut, sur le plateau, nous retrouvons Magalie qui est venu voir ses coéquipiers. Cela fait rudement plaisir même si elle trouve quand même une équipe un peu à la peine.



Sur le plateau, nous essayons quand même de relancer, histoire de regagner un peu de temps, même si je sais que c’est bon, pour la barrière horaire, malgré le jardinage.

Nous passons finalement le PC8 à midi pile. Donc, une marge probablement suffisante, même s’il ne faut pas trop cueillir les pâquerettes en route car nous allons certainement aller assez lentement.

PC8-PC9 : Maistre Patoche du Mordor en ses terres

L’équipe continue à avancer avec opiniâtreté. Et pourtant, c’est dur pour tout le monde, on voit bien que les relances se font au mental, mais personne ne se plaint. Et retrouver Mag nous donne à tous un coup de boost.

Patrick retrouve sa volubilité : on arrive sur les terres du Vicomte du Guérin, Sieur de la Mérantaise, il va nous décrire chaque caillou. En fait, notre Pat, il est en reco pour le Off qu’il doit nous faire la semaine suivante.

Pendant toute la traversée des champs avant Magny les Hameaux, j’ai étudié de plus près la fin de parcours. En gros, on va maintenant nous faire tirer tout droit avec un final qui va être quasi identique au Raid 2016, premier Raid 28 de la Mordor Rire(s) Team : Mérantaise, Chateaufort, Rigole de Chateaufort, Villiers le Bâcle, Gif sur Yvettes et Bures. Environ 15km à mon estimation (en fait plutôt 13)… et nous avons 3 heures pour les faire.

En route, nous avons encore deux spéciales. Il est clair que notre seule chance d’aller y grappiller du bonus, c’est que je parte à la pêche tout seul. Largement faisable car j’ai toujours à ce moment de la journée, des jambes qui tournent comme des horloges : il faudrait finir à 10km/h que je le ferais. Sauf que c’est à 5 qu’il faut finir.

Bref, j’étudie de près les 2 spéciales qui restent… ,et notamment la première qui va se présenter très vite. Elle est en fait simple : c’est encore une carte de CO et les balises y sont mêmes placées. Evidemment, comme on est avec l’équipe Turoom, il y a une subtilité ! En fait, sur la carte… ils ont enlevé TOUS les chemins et sentiers ! Pour s’y retrouver, il faut donc jongler entre la carte IGN et la carte de CO. Subtil et sournois….



Mais faisable, je pense, vous allez voir pourquoi… :-)

Bon, pour commencer, une verte sert à nous caler sur le bon parcours :

PP078 : Magny-Village, passerelle sur la Mérantaise, au nord du M de « Mais. Forest. »


Pas de problème particulier, à part aller chercher la bonne passerelle. Mais le parcours à ce moment est une vraie autoroute, avec de nombreuses équipes du Bures 28 qui nous ont rejoint, apparemment à Milon la Chapelle. Il faut juste veiller à rester quand même vigilant car il suffit dans ce type de cas qu’une équipe se trompe pour entraîner toutes les autres à sa suite.

Allez, direction la Maison Forestière pour traverser la carte de la spéciale. :

 



Cette carte n’est pas tout à fait ce que nous avons. Le trait en bleu…..c’est moi qui le rajoute mentalement car je sais qu’il y a un chemin à cet endroit. Eh oui, car l’équipe Turoom elle n’a pas prévu que le Bubulle il s’est déjà fait une fois un entraînement de CO sur ce secteur, avec une vraie carte de CO qui n’a pas été trifouillée par Dominique et Compagnie. Et le plus cocasse, c’est que sur cet entraînement de CO (une vieille édition du trophée de SQY organisé par le GO78), il y avait des postes à un angle de murets et à un Affût. Or :

PP079 : Murets, angle intérieur

PP080 : Muret

PP081 : Affût

Enorme. PP079 et PP081 sont en plus très près de la trace directe (le chemin bleu). Et donc, tout ce que j’ai à faire, c’est mettre l’équipe sur le chemin, leur indiquer d’avancer jusqu’à ce que celui-ci arrive à un pont (celui où il y a PP082) et, pendant ce temps, je vais prendre la 079 et la 081.

Pour la 079, c’est assez simple : trouver la mare bleue sur la gauche du chemin, prendre un cap pour trouver le bas du fossé (pointillés marrons), remonter le fossé, qui amène directement au mur. En 5 minutes, c’est plié. Magalie qui m’a suivi dans les ronces peut même assister à l’orgasme ultime de l’orienteur : prendre un cap parfait, foncer sur sa proie et redescendre sans même sentier les ronces qui lui accrochent les mollets.

Avant cela, j’ai bien sûr du prendre le doigt de pointage et je dois dire qu’Aurore (qui m’a vu le perdre deux ans plus tôt) n’était pas rassurée. Je n’ai jamais autant serré une attache.

Le 080 serait évidemment prenable, mais ce serait risquer de trop faire attendre mes équipiers, donc on va être raisonnable. Par contre, hors de question de laisser 081. L’affût je sais en plus qu’il est trivial à trouver. Il suffit de monter sur la butte dès que le chemin fait un crochet vers le Nord (crochet qu’indique la carte IGN). Je monte donc le plus vite possible et redescends… sur les fesses. En 4 minutes, c’est à nouveau plié… et je peux foncer à toutes jambes vers les coéquipiers qui m’attendent à la balise 082.



Evidemment, ils n’ont pas pu la pointer vu que j’ai le doigt, donc c’est moi qui vais crapahuter sous le pont (car, évidemment, la balise y est soigneusement cachée) en essayant d’éviter de m’étaler alors que des dizaines de coureurs sont déjà passés ici.

La suite du parcours nous fait remonter sur le village de Châteaufort et il y a à nouveau 4 balises bleues sur la carte de CO : les 083 à 086). Mais là, je sens qu’il faut être raisonnable et ne pas stresser toute l’équipe. Nous n’avons pas une marge énorme et je suis un peu moins sûr d’où passe le chemin qui pourrait nous faire avancer d’une balise à l’autre (il est tracé en bleu ci-dessus, mais là, je n’en suis plus certain).

Nous allons donc simplement suivre le chemin bleu… et laisser ces 4 balises. Un peu dommage a posteriori, car elles étaient vraiment très très proches (au moins 83, 85 et 86 car 84 était probablement bien protégée par de la végétation infranchissable).

Bref, on remonte par le « Chemin des Tonneaux » (dixit Patrick). En fait, trouver la bonne trace pour trouver la prochaine balise verte n’était absolument pas évident et j’avais même un gros doute.

Voici la définition de cette balise 87 :

PP087 (verte) : Chateaufort, escalier prolongeant l’extrémité sud-est du chemin longeant la parcelle 84

Et voici la carte :

 


J’ai beau m’arracher les yeux, je ne vois pas d’escalier. Surtout que, je ne sais pourquoi, au lieu de lire « qui prolonge le chemin », je lis « qui prolonge la lisière de la parcelle 84 » (lisière que j’ai surlignée en violet). Et le problème, c’est qu’en discutant dans l’équipe, dès que je parle d’escalier et de Chateaufort dans la même phrase, Pat veut absolument nous faire aller à l’escalier de Chateaufort… cerclé en bleu ci-dessus.

Mais ça ne va pas. Surtout que la suite du parcours nous est donnée sur une des annexes et que c’est le long de la rigole de Chateaufort, qui traverse le village. Donc, absolument pas logique d’aller à l’escalier.

Je transige avec Pat : nous allons monter le chemin qui remonte sur le village et on verra bien.

Ah bin pour voir, on voit…  un petit escalier de l’autre côté de la rue (le microscopique trait noir dans le rond violet, ci-dessus). Et devinez ce qu’il y a le long de cet escalier ? 

Et voilà, une de plus. Nous avançons finalement bien, et sans erreur.

La suite, ce sont des vertes, destinées à nous amener au feu de Chateaufort. Là, c’est l’autoroute car nous avons fait exactement ce parcours il y a 4 ans.

La balise 088 est le long du parcours jaune sur la carte ci-dessous. On ne sait pas où. Donc, il faut suivre la rigole, en pratique… mais rester vigilant pour ne pas louper la balise. Ce serait dommage de prendre 30 minutes de pénalité pour cela.



Evidemment, la balise sera presque à la fin du parcours… afin d’être certains que nous suivons bien la rigole tout le long. Mais nous la trouvons sans problèmes.

Sur ce secteur, avec Raya, nous nous rappelons cette fin de Raid de 2016 où tout le monde était un peu au bout de sa vie et où Le Bagnard nous avait fait une belle photo. Cette fois-ci, nous ne sommes guère plus fringants, mais on sait désormais que cela va aller au bout.

Une nouvelle balise verte (PP089) est prise à une passerelle. Et nous voici donc au PC9, à la dangereuse traversée du feu de Chateaufort. Les bénévoles prennent grand soin à nous faire traverser en sécurité car il y a pas mal de trafic.

Il est maintenant 13h, il nous reste 2 heures pour terminer et il reste 8 kilomètres. Cette fois-ci, c’est sûr, nous serons dans les temps.

Et, évidemment, vu qu’on est dans les temps, je vais maintenant m’intéresser à la toute dernière spéciale. En effet, d’ici l’arrivée, c’est maintenant « tout droit » par quasiment le chemin le plus court. Cela va être long et la grande fatigue de mes coéquipiers exclut d’en rajouter.

Mais… peut-être puis-je la faire tout seul, cette spéciale ? Voyons cela !

Comme souvent, la page de la spéciale est un peu impressionnante et on se dit « houla, c’est compliqué, on va jamais y arriver ». Principe de base : ne JAMAIS s’affoler et simplement LIRE tranquillement les instructions.




En fait c’est simple. La spéciale va démarrer à la balise PP090. Il y a alors une photo qui nous indique la direction à prendre à cet endroit :


 

Donc, à la PP090, on va voir un chemin montant sur la gauche, à gauche d’un panneau en bas et il faut le prendre.

Deuxième photo :



Donc, un peu plus loin, il doit y avoir un carrefour où on voit en face un arbre en forme de croche et couvert de lierre, et il faut prendre à droite…

Troisième photo :



Là, donc, on va trouver un chemin sur la gauche à un moment où il y a en face un arbre dont une branche horizontale semble « barrer » notre chemin en hauteur.

Et la page de la spéciale indique qu’on va trouver la première balise à une borne.

Et ainsi de suite…. En gros, c’est un mini jeu de piste avec des photos. Une fois qu’on a décodé cela, c’est tout simple. Et il y a 4 balises bleues à trouver, avec (c’est indiqué) 900m de distance en plus et 60 mètres de dénivelé.

Et là, cela devient évident, il ne faut pas louper cette spéciale. Je vais donc aller la faire seul, en embarquant les cartes, par sécurité. Comme la spéciale se termine avant la balise PP095, qui est elle-même juste après le PC10 (traversée de route à Villiers le Bâcle), j’indique juste à Patrick (c’est lui qui connaît le mieux le coin) qu’ils doivent juste m’attendre « à la route au bout du chemin ».



En route, nous pointons PP090, qui est au bord du chemin principal. Et je laisse mes coéquipiers pour monter sur la spéciale. En fait, il est assez évident que celle-ci va nous faire faire une boucle dans la forêt de la Tête Ronde, au Sud de Villiers le Bâcle.

Je pars juste derrière 3 équipes du Bures 28 qui partent sur la spéciale. Du coup, en fait, pour les 2 premières photos, et la première balise, je n’ai guère qu’à suivre. Sauf que… eh bien, je vais bien plus vite qu’eux (le monde à l’envers) et donc, je me retrouve assez rapidement en position d’orienteur pour 9 personnes !

Les indications des photos sont parfaites si on veille bien à tout lire (par exemple, à un moment, il est indiqué « Fossé » après une bifurcation… il est donc clair qu’il faut suivre un fossé et non un chemin. Seule la troisième est bizarrement posée car les photos indique qu’on doit bifurquer d’un fossé vers un autre, à gauche, avant de trouver la balise… alors qu’en fait la balise est juste à droite de la bifurcation. Petite erreur de pose, je dirais !

Le tout se fait à vitesse météoritique. Je veux tellement ne pas faire attendre l’équipe que je donne tout ce qu’il reste dans les jambes.

En 1/4h c’est plié.  Je pars à fond, à 10 à l’heure, pour retrouver sans coup férir, le PC10… et mes 4 équipiers (et Magalie qui ne s’est pas résolue à nous quitter et va terminer la ballade avec nous). Triomphe complet. J’ai l’impression que cela n’a pas été trop stressant pour eux, cette attente où ils ont dû voir passer pas mal de coureurs vu que toutes les courses passent à cet endroit.




Dernier mini stress pour PP095 qui est mal posée (on le confirmera plus tard avec Dominique) et donc pas exactement au coude de chemin annoncé. Mais heureusement, elle est juste 20 mètres plus loin.

Il ne reste plus que 4 kilomètres à parcourir, avec des balises vertes faciles en route. On peut donc désormais tout débrancher et dérouler tranquillement. Dérouler essentiellement en marchant car, là, tout le monde est franchement sur les genoux et avance au mental. Je m’offre un dernier run aux taquets pour aller chercher la balise du bassin de la Mérantaise qui fait faire un grand crochet, pour économiser 300 mètres à mes équipiers et les jambes finissent enfin par vraiment déclarer forfait !

Il reste juste à ne pas oublier de prendre les 3 dernières vertes….. et quand même penser à courir pour passer la ligne, 20 minutes avant l’heure fatidique (mais nous avons bien pris notre temps sur les derniers kilomètres).



Cette équipe a formidablement fonctionné, nous pouvons, je crois, être fiers. C’était un peu un challenge et il a parfaitement réussi grâce aux qualités de chacun :

-          Soffian, notre capitaine, bien plus présent que mon récit (réalisé, comme souvent, dans la « bulle » de l’orienteur) ne le laisse probablement voir. Il a eu de gros passages à vide, notre Soffian, souffrant notamment du froid et peu habitué du rythme très lent de la course. Pourtant, il était constamment dans son devoir de veiller aux autres équipiers et a souvent veillé à ce que nous ne distancions pas trop Aurore

-          Aurore, justement, notre « Petit Diesel ». D’une capacité de résistance incroyable, y compris mentalement. Car ça devait quand même être désespérant de voir les 4 zigotos « tirer devant » comme cela, en permanence. Mais c’est bien aussi son rythme régulier, sa constance bluffante, qui nous ont maintenus exactement à cette vitesse ultra-régulière de 5km/h que j’ai passé mon temps à vous calculer en permanence. Rappelez-vous, si vous faites un Raid 28 un jour : c’est tout simple. Si votre vitesse moyenne est de 5km/h vous êtes dans le juste. Et si vous voulez être sûr d’avoir cette régularité-là, embauchez donc Aurore

-          Et que dire de Patrick, notre Patoche national. Son enthousiasme et son optimisme permanents auront rythmé de nombreux moments de la course. Il a aussi été un « pointeur » très efficace pendant une grande partie de la course (pourtant, le « pointeur », c’est sûrement l’équipier qui se fait le plus apostropher sèchement par l’orienteur…enfin, par moi en tout cas). Et il n’a pas oublié (#crosscall) d’immortaliser de nombreux moments de notre épopée

-          Raya, lui, je savais que, quoiqu’il en dise sur son état d’impréparation, il saura faire avancer cette équipe sur la fin. En fait, Raya, il te bluffe dans la partie de jour du Raid 28, quand il est au bout du bout de sa vie et qu’il continue à avancer et relancer mécaniquement, ce qui oblige un peu tout le monde à ne pas baisser les bras. Et puis, pour mettre l’ambiance avant la course, c’est le champion, Raya !

-          Pour ce qui me concerne, il y a bien sûr eu des erreurs. Je m’en veux surtout pour le ratage de la spéciale des Octogones, et aussi le semi-échec de la spéciale de Champ Garnier. Par contre, je suis content d’avoir réussi à rester concentré sur le travail d’orientation tout au long de la course (probablement facilité par le fait d’avoir une bonne connaissance d’une grande partie du parcours). Il resterait sûrement à arriver à sortit plus souvent de cette « bulle » de l’orienteur qui rend probablement le fait de partager la course avec moi moins « fun » que cela pourrait être. D’éventuels futurs coéquipiers sont prévenus : il y a peu de chance que cela change.

Un dernier mot pour le travail énorme de l’équipe Turoom sur cette édition. Personnellement, c’est le parcours le plus amusant et le plus équilibré que j’ai fait, en 6 éditions (dont deux au débalisage). Le fait de limiter l’inflation des distances permet à toutes les équipes d’être un peu moins pressées par le temps et donc aller chercher plus de balises facultatives. Le travail, cette année, était d’autant plus conséquent qu’il a fallu à l’équipe improviser des changements de tracés assez tardifs en raison de l’abandon du départ du Semi à Montfort.

Au final, nous terminons 7èmes sur 11 équipes au départ. Et cela, malgré un taux de balises facultatives plus élevé que sur les éditions précédentes. Le niveau général était en fait vraiment élevé, cette année. Il reste juste dommage qu’il y ait maintenant si peu d’équipes sur la version « historique » du Raid 28.




Et donc, évidemment…à l’année prochaine !

 

 

 

 

 

4 commentaires

Commentaire de caro.s91 posté le 05-02-2020 à 10:19:08

Superbe récit, superbement détaillé et précis comme d'habitude !
A l'année prochaine sur le Raid 28 et avant dans d'autres occasions !

Commentaire de st ar posté le 12-02-2020 à 22:58:29

Quel plaisir de revivre cette course à travers ton récit et au chaud :)
Effectivement, à tête reposée, c’est très intéressant de voir comment tu as géré l’orientation, la méthode, ta bulle et nous. Tu as su être proche de nous au bon moment malgré ton rôle d’orienteur qui demandait énormément de concentration, pendant des heures...chapeau. En « live » je ne me rendais pas bien compte de la méthode et tous les détails techniques de recherche sur la carte. Je comprends mieux maintenant. C’était une première pour moi, tant sur le Raid que de courir en équipe. J’ai encore vécu une expérience unique à tes côtés et avec l’équipe, c’était vraiment top !

Merci pour tout Christian

Commentaire de Sprolls posté le 13-02-2020 à 22:53:39

J'ai tout lu ! Un super récit technique et détaillé qui montre bien le déchirement de l'orienteur entre l'envie de tout tenter et le besoin d'épargner l'équipe et de ne pas rater la barrière horaire. Bravo pour votre course d'équipe et bien d'accord que c'était un parcours particulièrement réussi cette année, en attendant le prochain !

Commentaire de La Tortue posté le 20-02-2020 à 01:09:07

bien joué ! j'ai parcouru rapidement et comme ça m'a manqué cette année, je vais lire ton cr bien tranquillement ce we pour participer un peu à ce R28 de 2020

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