Récit de la course : Raidlight Trail Trophy - 33 km 2006, par Gibus

L'auteur : Gibus

La course : Raidlight Trail Trophy - 33 km

Date : 22/1/2006

Lieu : St Genest Malifaux (Loire)

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Distance : 33km

Objectif : Pas d'objectif

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Une RTT pas de tout repos

 

Une RTT pas de tout repos 

Rendez vous 6h15 au club d’Ambérieu Marathon. OK c’est parti Michèle, Anne et moi même montons avec Christophe direction Saint Etienne. Qu’est ce que t’as fait ? Qu’est ce que tu vas faire ? T’as couru où ? La prochaine, c’est laquelle ? Bref ça cause pas trop course à pied pendant le voyage… Coup de fil sur le sans fil portable de Michèle. C’est Eric, il est 7h15 et il est déjà arrivé à St Genest-Malifaux. Il nous apprend qu’il a neigé la nuit et qu ‘elle tient bien là bas en haut sur la montagne du Pillat. Après St Etienne, ça monte et la température descend jusqu’à –2°. Il y a de la glace sur la route et ça patine. On se gare sur le haut. On retrouve Fred qui est venu en famille. Dans le gymnase c’est au tour d’Eric de nous rejoindre. On nous donne un super tee shirt, un protège oreilles raidlight et un ticket pour le repas d’après course. Puis on s’apprête, gants, bonnets, camelbag.

Nous suivons les consignes de Benoit Laval et d’Alexandra Rousset et c’est le départ en petites foulées. Le peloton s’étire doucement.

Nous restons ensemble, puis Michèle lâche petit à petit, elle fait le 22 kms, un dernier coucou, nous la reverrons à l’arrivée. Fred à son tour nous quitte, mais lui s’envole vers l’avant, notre champion de 100 bornes a du peps. Eric contrôle la situation, on est toujours tous les quatre ensemble, Christophe, Anne, Eric et ma pomme. On est toujours sur de la neige, ça ne glisse pas trop et il ne fait pas si froid que ça, mais on supporte le slip. Nous traversons le superbe château de Pérusel, abritant un institut de rééducation . Eric, au ravito, me demande si Anne est devant. Elle arrive là bas au loin derrière. On repart en se disant que de toutes façons , elle va nous gratter avant l’arrivée. Christophe nous rejoint dans une descente où il faut zigzaguer entre les plaques de verglas recouvertes de neige. C’est technique mais on a l’impression de voler dans ces sous bois. Génial. On n'arrête pas de descendre et Christophe est à nouveau décroché. On voit les premiers là bas tout en bas. On pourrait accélérer, aller plus vite. Eric a envie de lâcher les chevaux. Qu’est ce que ça glisse, affreux. Nous sommes passée de l’autre côté du cours d’eau et nous nous dirigeons vers le gouffre d’enfer. On passe près d’une cascade. Que c’est beau. Eric a le feu sous les trails, il y quatre ou cinq coureurs entre nous deux, il est parti, il a pris la poudre d’escampette. Dans un virage, il me voit et me fait signe. Il est fin heureux. C’est vrai que l’endroit si prête, quel bonheur d’être là. Nous avons fait 11 kms en une heure, un tiers du parcours. Arrive le barrage et les 300 marches à remonter (277 y paraît, j’ai pô compter). Je m’accroche à la rampe. C’est qu'elles sont inégales et il faut lever les guiboles. Le barrage traversé, je m’arrête pour tirer quelques photos.

Eric est parti. Puis c’est une longue montée qui nous attend. C’est là que Anne me rattrape (déjà). Elle est la seule à courir et les autres compétiteurs en ont encore plus les jambes coupées. Elle est forte celle là ! On passe dans des petits villages et l’épouse de Fred nous tire le portrait. " C’est bien toi Gibus ". Elle a du mal à me reconnaître avec le bonnet.

Les plaques de glace sont toujours présentent sous la neige et nos appuis se dérobent souvent. Je commence à taper dans les réserves et on a fait tout juste 15 bornes. Ca va être dur de finir digne. Christophe me rattrape peu avant le deuxième ravito, je suis en train de marcher dans la neige. Je le suis et il me relance. Ravitaillement rapide, coca, chocolat et je m'accroche à lui à distance. Mais ça remonte encore, je glisse et laisse tomber l'idée de le suivre encore. On rattrape le parcours de l'aller et c'est bientôt le retour vers St Genest. J'ai retrouvé la foi et me contente de courir sans me rentrer dedans, ça marche. 3 heures de course, descente, puis bifurcation des 33 kilos à droite. Il y a un gros quart d'heure, je pense que j'aurai été tout droit pour me finir avec 22 au compteur. Je croise des coureurs, ceux des 11 bornes je pense, puis le premier des 33. Purée il m'en a mis 11 dans la vue. Il finira en 3h08. Nous longeons le tour de la Loire, une retenue d’eau par un barrage, encore un, puis c'est la montée dans le bois de La Trappe, si je t'attrape je te mors. Je me sens bien, la preuve, je double des coureurs. 3° et dernier ravito 3h30 puis c'est la dernière ascension vers le sommet de la course. Mais que vois-je ? Eric est devant moi. Il marche avec difficultés. Le même blème qu'à la SaintéLyon, une ampoule récalcitrante lui brûle le panard; c'est pas le pied, mais nous avons les moyens de vous faire marcher, lui dicte son envie de continuer. Nous entrons dans le brouillard, là ça caille vraiment et je suis content d'avoir garder une 3° couche. C'est interminable cette montée. Nous apercevons la croix, c'est notre croix, notre bannière. Tour de celle ci. Tiens il y a une table d'orientation, on l'a voit à peine, alors le reste de la vallée…Un signaleur nous tague le dossard. Ce pointeur se les gèle allègrement. Il doit faire dans les moins 5. Ca y est c'est la descente, Eric arrive à courir et nous reprenons une allure digne de coureurs de fond, sauf que je m'enfonce jusqu'au mollet dans la neige, pas Eric. Y a quelques kilos d'écart. Nous escaladons des clôtures à l'aide de chevalet par dessus les barbelés de la prairie blanche. Nous doublons des coureurs. On a la patate. C'est le début de vidéo gag. Eric va me faire figure sur figure :axel, loops, triple casse gueule en avant, etc A chaque panneau danger verglas, Eric se retourne :"Fait attention à la plaque de verplafff" Il tombe une bonne demi douzaine de fois et j'en ai presque des crampes à l'estomac de rire. "Fait gaffe quand même Eric!" Ok vlan. Bon allez on va faire attention. Arrive un chemin qu'il faut contourner par l'extérieur. Un coureur nous montre le chemin, on n'est plus trop lucide, on allait droit dans la neige. Retour sur la route et c'est l'arrivée, main dans la main "Comme c'est mignon" nous lance Michèle. 4h43'. Ca y est, ça c'est fait. Ravitaillement, puis douche froide, même pas peur. Repas régional tous ensemble dans le gymnase. Puis remise des récompenses. Anne, Eric et moi même, estimons que c'est plus dur que la SaintéLyon. Anne termine 3° et 1° sénior en 4h23’ .

Sa coupe ira dans les mains de la fille de Fred. Ce même Fred qui est passé sous les 4 heures en 3h52’. Christophe 4h32’, Michèle 3h07'12 sur le 22. On repars bien crevé, le soleil pointe son nez.

 

T'étais où toi ? Ce RaidLight Trail Trophy, c'était pas vraiment light, mais raide. Gibus.

 

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