Récit de la course : No Finish Line Paris 2015, par IronKloug

L'auteur : IronKloug

La course : No Finish Line Paris

Date : 28/5/2015

Lieu : Paris 07 (Paris)

Affichage : 427 vues

Distance : 0km

Objectif : Pas d'objectif

10 commentaires

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NO FINISH LINE PARIS 2015 – I’m still standing !

Pour moi 2014 a été une année de totale remise en question. Comme disent souvent les commentateurs rugbystiques : la cabane est tombée sur le chien.

Et là le chien n’avait plus rien pour être bien puisque j’ai eu des soucis dans tous les domaines ; professionnel, personnel, familial, et même associatif…

Janvier 2015 : après 5 mois d’arrêt suite à un problème cardiaque du à tout le stress encaissé et une prise de poids, mon cardiologue me donne enfin le feu vert pour reprendre une activité physique.

 

N’étant plus licencié dans mon club de course d’orientation, je me remets simplement à courir et faire du VTT. Sans vraiment d’objectifs d’ailleurs. C’est aussi l’occasion de revenir vers la famille Kikourou.

Et quand petit Franck mentionne sur le site l’existence de la NO FINISH LINE Paris, je me dis que c’est l’occasion de tenter quelque chose que je n’ai jamais fait, surtout pour une cause humanitaire.

 

Et la participation prend de l’ampleur à tel point que Kikourou devient partenaire de l’événement, le nombre de présents augmente et l’association prend le pari de maintenir quelqu’un tout au long de l’épreuve sur le circuit.

Notre chère Caro et Akunamatata doivent être très chaleureusement remerciés pour tous les efforts qu’ils ont déployés avant l’épreuve.

Un doodle est même créé pour l’occasion afin de voir qui serait présent.

 

Voulant aller jusqu’au bout du concept, je prends le pari de rester sur le site tout au long de l’épreuve, ne sachant absolument pas ce que je serai capable de faire. Certes toutes les épreuves courues depuis 1987 pouvaient m’aider d’un point de vue psychologique, mais 4 jours je n’avais jamais osé. Le physique allait-il tenir ?

Après moult discussions, il y avait un petit risque d’un manque de kikou la première nuit. J’ai donc décidé de m’aligner sur ces tranches horaires.

 

Jeudi 28 mai – 9 heures

En plus l’organisation a pu nous laisser une tente. La famille kikou commence à arriver : Bubulle, Le Bagnard, Caro, et ceux que je connaissais moins : Akunamatata, Jack, Vinch64,…

En y regardant de près j’ai adhéré à l’association en 2007 avec un pseudo légèrement différent. Puis ayant un peu laissé de côté le sport j’avais oublié mon premier pseudo et en ai créé un autre. Pas grave.

 

10 heures : la course est lancée par la marraine de l’épreuve (la présentatrice de Stade 2 Céline Géraud) et le petit train rouge (qui va devenir très grand) se met en place.

On pourrait penser que tourner comme un hamster dans sa cage autour du même circuit pouvait lasser. Cela dépend justement du circuit. Avoir le Champ de Mars comme lieu, ô combien historique et symbolique (cela remonte même à la fête de la fédération le 14 juillet 1790 !), était plutôt agréable. Entre l’architecture de l’école militaire, la tour Eiffel décorée avec une grosse balle « Roland Garros », les innombrables touristes de tout bord (un peu encombrant parfois), et surtout le fait d’avoir un tas d’amis à qui parler, il n’y avait pas de quoi s’ennuyer.

 

Je termine mon premier cycle vers 18 heures avec 52 km au compteur. J’ai marché dans l’après-midi pour ménager toute la mécanique ne sachant si elle allait tenir ou pas.

 C’est l’occasion d’une première visite à la tente des kinés pour un massage. Ils et elles me rassurent sur mon état. Pas d’inflammation au niveau des tendons. Tout est OK.

Un diner, puis direction la salle de repos à côté de la tente Kikourou.

 

23 heures : début de « la ronde de nuit » . Séance noire pour nuit blanche et moi je me fais du cinéma. La fraicheur tombe au fur et à mesure. Je ne regrette pas d’avoir commandé un T-Shirt K manches longues. Vers les 3 ou 4 heures du matin, nous faisons des rencontres « exotiques » et notamment avec ceux qui ont abusé de boissons alcoolisées.

Un qui se prend les barrières de course sans même les avoir vues et se fout la gueule par terre ; un autre qui me demande où il a mis sa voiture… Dans l’état où il était, valait mieux qu’il ne la retrouve pas.

C’est aussi l’heure où le bruit de la ville diminue. On entendrait presque le silence. Je n’avais jamais réellement fait attention ; peut-être que je n’avais jamais été dans ces conditions-là non plus.

Nous tournons en marchant avec Olivier d’Elancourt. Si nous sommes 20 sur le circuit c’est bien le maximum. Sont présents ceux qui finiront dans les premières places du classement et notamment tous les vétérans 2 et 3, plus Luca (le vainqueur de l’épreuve) qui tourne comme une horloge.

 

Vendredi 29 mai - 8 heures : ça fait un moment que nous attendons la relève. Le bagnard arrive à point nommé pour reprendre la flamme. 100 bornes pour les 22 premières heures. C’est l’heure de se reposer.

 

Mais il y a une différence entre se reposer et dormir.

Je n’ai jamais eu la capacité de m’endormir sitôt posé. En fait je vais m’allonger mais je ne vais que somnoler. Quand je reprends la course vers 13 heures je ne me sens pas au mieux. A plusieurs reprises dans l’après-midi je m’arrête pour me reposer.

Cette deuxième journée sera d’ailleurs la moins bonne. Je ne vais faire que 30 kilomètres jusqu’au soir.

C’est même celle dont je me souviens difficilement sur le plan activité physique.

17 h 30 : nouvelle visite aux kinés. Toujours rien à signaler. Pas de bobos.

Petites courses au supermarché du coin pour un petit diner.

Sinon plein de Kikou entrevus sur le circuit ou sous la tente. Le train rouge continue à filer.

 

Samedi 30 mai – 6 h

Je crois avoir dormi, même si il a fait froid et s’il a plu. Un peu comme quand on est en raid d’orientation (l’O Biwvak ou le Bombis) sous la tente. La sensation de se réveiller tout le temps.

Avec 130 kilomètres au compteur je ne sais pas jusqu’où je peux aller.

Je démarre avec un semi-marathon couru, pas à une allure vertigineuse mais qui me fait monter à plus de 150 km. Je stoppe sur les coups de midi pour une visite kiné et un déjeuner.

L’occasion de retrouver Cloclo avec qui nous avons travailler sur le même site quelques années et participer au premier téléthon que nous avions organisé au CEA.

Reprise tranquille vers 13 h 30 et les kilomètres continuent à s’accumuler.

Le train rouge est très présent à ce moment-là de la course. On voit des kikous partout.

Arrêts habituels vers 18 h 30. Et là un semblant de début d’ampoule après 185 bornes.

J’avoue que mes chaussures sont plutôt bien.

C’est sur les conseils d’une amie que j’avais acheté il y a deux mois les chaussures de la marque ON.

Ce sont en fait des triathlètes suisses (dont Olivier Bernhard que je connaissais du temps où je pratiquais le triple effort) qui ont inventé de concept. J’avais trouvé que l’amorti était plutôt bon.

 

Je me dis alors que les 200 kilomètres sont possibles avant minuit.

Le p’tit Michel vient faire un tour sur le circuit. Après son magnifique marathon des sables tout comme les autres kikourou dont Bert qui est présent aussi, le voilà qui fait son apparition. Nous sommes sur le challenge des C.O. Sauf que pour le mercredi 3 je ne devrais pas être en état de courir.

 

L’objectif de 200 kilomètres sera atteint vers 22 heures. Et c’est là où la motivation avec un objectif à la clé, font que le corps secrète des endorphines ou de l’adrénaline, je ne sais pas exactement. Toujours est-il que je fais les deux derniers tours à au moins 11 à l’heure et que le cardio monte à 140 pulses.

De quoi passer une nuit totalement serein et en se disant que le reste n’est que du bonus.

 

Dimanche 31 mai – 6 h

Bis repetitae. La même nuit que la veille.

Et le même démarrage. Un petit 21 kilomètres couru tranquillement. Moi qui voyais mal les 250 bornes, je commence à penser à cette perspective.

Par contre on ne peut que déplorer amèrement l’état du Champ de Mars : ce ne sont que papiers, bouteilles vides et détruits en tout genre laissé par des pique-niqueurs indélicats. C’est le moins qu’on puisse dire à leur endroit. Et on dit que les sportifs ne sont pas soucieux de leur environnement ???

 

Toujours le train rouge que l’on voit inlassablement. Ça aide de voir passer les amis au fur et à mesure.

Même si nous n’avons pas le même rythme et que nous ne discutons pas forcément avec tous, le fait de voir chaque kikoureur et kikoureuse motive pour continuer.

Respect des horaires et des visites font que je repars vers 13 h 30 pour le reste.

Je commence à avoir un peu mal sous les pieds même en marchant.

Je passe les 250 vers 17 heures. Là encore je me dis que le reste c’est du plus.

Nous ferons une petite balade avec mon amie venue me rejoindre vers 18 h et le dernier tour avec les enfants.

 

Remise des prix : Kikourou sur le podium

Caro monte sur le podium pour recevoir le prix du groupe qui a fait le plus de kilomètres : 4346 pour le train rouge.

Au moins 4 d’entre nous à plus de 200 !

Caro visait les 4000 ! Contrat rempli.

Autre contrat rempli : celui d’avoir un kikoureur présent pendant toute la durée de l’épreuve sur le circuit.

 

Un grand bravo à tous ceux qui ont pu venir participer à cette épreuve.

Certes ce n’est pas un trail prestigieux ou une course sur route prisée, mais je crois qu’elle a de l’avenir avec une bonne communication. Et notamment vis-à-vis des écoles, collèges et lycées.

Par contre il faudra y adapter la logistique et penser un petit peu au concept environnement (gobelets).

 

A l’année prochaine puisque je suis le gardien de la flamme.

10 commentaires

Commentaire de caro.s91 posté le 12-06-2015 à 17:26:47

Marc, j'ai été très heureuse de te revoir en course cette fois ci, avec beaucoup de problèmes visiblement derrière toi.
Un très grand bravo et un immense merci pour ta participation. 260km, ca mérite réellement le respect.
Bises,
Caro

Commentaire de Tonton Traileur posté le 12-06-2015 à 20:49:59

BRAVO, BRAVISSIMO ! Mister Kloug !
on s'est croisé (et recroisé) subrepticement dimanche matin. Moi, j'arrivais avec ma tête enfarinée ... et toi tu continuais... avec une tête ... de jeune cadet :-) , tu déjeunais avec le François ;-)
quel score ! respect !
au plaisir de te re-croiser (moins subrepticement ...)

Commentaire de Olivier d Elancourt posté le 13-06-2015 à 09:29:28

Respect et chapeau bas Kloug ! Pour quelqu'un qui partait dans l'inconnu, tu t'es plutôt bien débrouillé :-) Le classement n'a pas beaucoup d'importance dans ce genre d'épreuve mais j'imagine que tu as dû terminer dans le top 10, impressionnant ! En tout cas, je suis content de t'avoir accompagné au cours de cette première nocturne même si au petit matin j'avais dû mal à te suivre ! J'y serai de nouveau en 2016 comme toi à ce que j'ai cru comprendre, alors à l'année prochaine :-)

P.S :au fait ce n'est pas bien de payer les bières en douce ;-)

Commentaire de IronKloug posté le 13-06-2015 à 10:54:54

Ben oui c'est pas bien mais ça me faisait plaisir !

Commentaire de bubulle posté le 13-06-2015 à 13:46:36

Et pendant ces 4 jours, à chaque fois que je revenais, je trouvais un Kloug fidèle au poste, tournant, tournant, tournant. Qui s'est coltiné la flamme des heures durant, inlassablement. Merci pour les quelques tours fait ensemble....et à l'année prochaine (tenterai-je les 4 jours non-stop ? ça fait envie)

Commentaire de vinch64 posté le 13-06-2015 à 14:03:06

O gardien de la flamme kikouresque, merci pour ton récit! ;-)
En tout cas, malgré ton année 2014 chaotique et une inscription à la NFL juste pour voir, tu t'en sors de manière magnanime avec toute la fierté et le respect des Kikourous qui t'ont vu, suivi ou accompagné pour quelques minutes, heures ou jours.
Puis évidemment, ravi de t'avoir rencontré puis revu hors du contexte NFL.
Récupère et porte toi bien! ;-)

Commentaire de Arcelle posté le 13-06-2015 à 14:50:30

Merci Kloug pour ta bonne humeur constante pendant ces 4 jours, et encore bravo pour la performance.
A l'année prochaine

Commentaire de Bert' posté le 13-06-2015 à 15:37:00

Bravo et respect grand Kloug d'acier !
J'ai d'abord été ravi de te rencontrer et voir ta capacité à enchaîner avec autant de simplicité un tel effort !
Découvrant une partie du reste du défi dans ton recit, ce come-back est autant plus remarquable :-)
A bientot j'espère :-)

Commentaire de Tamiou posté le 14-06-2015 à 10:20:25

la force est en toi, Kloug.
Rien qu'a voir ton pseudo s'afficher a l'écran ce sont tant de souvenirs qui remontent, notamment des Raids 28 des années 2000. J'aimerai tant avoir ta volonté et rechausser plus souvent les runnings ...
Encore bravo et merci

Commentaire de La Tortue posté le 19-06-2015 à 23:43:16

et bien ! quand le klougy (je crois que l’ancien pseudo que tu as oublié) sort de sa tanière, c'est pas pour amuser la galerie !
bravo !

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