Récit de la course : SaintéLyon 2019, par BouBou27

L'auteur : BouBou27

La course : SaintéLyon

Date : 30/11/2019

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 348 vues

Distance : 76km

Objectif : Se défoncer

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Debout dans la boue

Pas un compte rendu linéaire et monotone (comme j’en ai l’habitude), mais quelques souvenirs de course. C’est globalement dans l’ordre, mais mon esprit est encore retourné.


Déjà un merci au camelot du Flore qui arrive à me refourguer 2 casquettes, une adhésion à une petite association, et même une serviette de plage…


Première vague au départ, ça part vite, mais je suis pas contre pour essayer de faire mieux que le départ genre gros diesel de l’année dernière (6h de chauffe).


J’ai chaud, trop chaud. Elle arrive quand la pluie ?! J’ai mis la veste de pluie, et c’est pas pour rien… Bon, OK, je l’enlève malgrès ce —bip— de chasuble. Bon ok, j’ai moins galéré que l’année dernière avec ma capuche.


Première ravitaillement de Saint Christo en Jarez en 1h50. Pile dans le roadbook. Ha non, j’ai pas de roadbook. C’est quand le prochain ravito ? Moi qui m’étonnais sur des courses précédentes que certains posent la question ! Ils ne préparent pas leur course ou quoi ?! Bon bah maintenant c’est moi. Rien préparé. Pas regardé le profil ni rien… Je prend une soupe, 4 biscuits salés et 2 pates de fruit et repart après 2 minutes avant d’avoir trop froid.


Le pluie tombe enfin mais pas trop fort au début alors je ne remets pas la veste, mais juste la casquette pour me protéger un peu.


Le pluie tombe de plus en plus fort. Je dois me résoudre à remettre ma veste, mais je n'enlève pas le chasuble. Purée, je caille bien quand même. J’ai les jambes qui commencent à durcir alors que je n’en suis qu’au tier de la course. Je ralenti...


J’arrive à Sainte Catherine (km 31) en 3h37 complètement frigorifié. Je m’enfile des soupes. Les jambes sont au plus mal. Je les étirent. 15 minutes d’arrêt à grelotter. A ne pas savoir ce que je fais là. J’ai rien à prouver, je l’ai déjà terminer cette course toute pourrie. Et puis j’ai des excuses, je suis sous antibio, et tellement j’étais malade que 2 jours avant je ne savais même pas si j’allais venir, et en plus cela m’a empêché de m'entraîner.

Je me décide à sortir de ce mouroir, et passe les bus de la délivrance. Que ce serait bien de s’assoir au chaud en se disant qu’on a eu raison ! Mais quid du lendemain ? Alors je me résigne à continuer au moins jusqu’au ravitaillement suivant (il est a quelle distance d’ailleur ?). Et là, un début de crampe au mollet gauche. C’est le bus qui m'appelle. Il reste encore 45km. 45km avec des crampes ?! Nonmaiho j’ai pas payé pour ca, si ? Je me raisonne. Étire un peu le mollet pour le détendre et je repars en réduisant encore plus l’allure pour gérer au mieux.


De la boue de la boue de la boue, partout. C’est fou ça ! J’habite en Normandie, et la pluie, on en a un peu. La boue aussi du coup. Mais nous, on est un peu plus malin: les chemins, nous les faisons à coté du ruisseau. Pas DANS le ruisseau. Ca dévale, déborde de partout. De la bonne boue bien liquide qui fait splotch quand le pied — qui s’est enfoncé jusqu’au mollet — ressort.


J’ai froid. Que j’ai froid ! J’avais la même tenue l’année dernière dans les même conditions et c’était passé crème ! Même les gants que j’ai mis ne me réchauffe pas les mains. J’essaye d’accélérer, mais je sent vite que ce n’est pas possible. J’essaye de bouger les bras mais en vain. La pluie qui tombe fort par moment, mais elle ne me gène pas plus que ca. C’est le froid… Mais bon, saloperie de pluie quand même...


9,5km jusqu’à Saint Genou. 1h20 pour les faire. 5h10 de course. J’ai compté toutes les centaines de mètre. Chéri toute les portion de bitume ou il est possible de courir et qui font gagner facilement du temps. Ce n’est qu’un petit ravitaillement. Il ne faut pas que je me refroidit encore plus alors je bois un truc chaud, prend 2 ou 3 trucs à manger et je repars en grignotant.


12,8km avant le ravitaillement suivant. C’est long, mais en descente. Enfin bon… des descentes dans la boue… et puis la cheville droite me rappelle à elle depuis un moment sur certains appui mal placé. Elle est fragile. Je le sais. Alors je gère les descentes sans trop forcer, même si j’arrive à m’amuser quand même. Tiens, je m’amuse. La motivation revient. Et puis, il y a des montées aussi. Bon, j’y vais tranquillement. On est pas pressé...


Des nappes de brouillard font que parfois je ne vois pas à 10m. Déjà avant, parfois dans les descentes, la vapeur de la respiration masquait complètement la vue. Cela peut être dangereux (aie la cheville). Mais là, la frontale a du mal à percer. L’impression d’être seul. Peur de rater un panneau de fléchage (qui est parfait). Mais le brouillard ne dure jamais trop longtemps.


1h47 de plus pour atteindre Soucieu en Jarrest. 7h de course. Dangereux ce ravitaillement du fait de son avantage: c’est le premier au chaud dans un gymnase. Je bois et mange un peu. Trop de monde devant la soupe alors je vais trouver un petit coin de banc libre. Autour de moi, ce sont des relayeurs en équipe qui attendent. Ils me voient grelotter comme c’est pas possible. Ils doivent se dire que c’est la fin pour moi. Je resterai là 15’. J'appelle ma chérie pour la rassurer un peu mais mon téléphone à un peu pris l’eau et n’entends presque rien. Quinze longues minutes sans réussir à me réchauffer. Je sais que le seul moyen c’est de repartir. Allez, plus que 23km…


Je me fais dépasser par des fusées. Des qui sont partis dans les vagues suivantes, des relayeurs et ceux qui ont mieux géré leur course que moi. Je me traîne. Marche dès que cela monte légèrement. 8’24” au kilomètre (7,1km/h) entre Soucieu et Chaponost. C’est pas du rapide. Mais cela va tout de même mieux. Je sais que je vais aller au bout, qui se rapproche pas après pas.


Qui c’est qui fait les chemins dans des cuvettes ? C’est bon pour la circulation du sang de plonger les jambes dans 40cm d’eau glacée. Et puis en plus ça lave bien les chaussures. Bon, d’accord, toute la boue qui était sur la chaussure passe dedans, mais c’est bon pour les pieds ! La preuve, pas une ampoule après la course. Mais je crois avoir déjà dis que j’avais froid, non ?


Le jour s’est levé. Enfin pas le soleil que nous ne verrons pas, mais une petite luminosité qui permet d’enlever la frontale. Cela fait du bien et j’ai un peu moins froid et les jambes tiennent le coup.


Dernier ravitaillement de Chaponost en vue après 8h50 de course. Devant la caméra, j'essaie de faire un saut de cabri pour ma chérie que je sais qu'elle va regarder, mais il est ridicule.


J'essai de ne pas trop m'éterniser, mais je reste tout de même 8 minutes pour boire et manger avant de repartir pour les 11 derniers kilomètres. Je sais qu’au rythme actuel je vais en avoir pour 1h40 environ. J’hésite à trouver un coin pour vider la terre de l’intérieur mes chaussures qui commence à me gêner un peu, pensant que maintenant, c’est la civilisation. Plus trop de boue. Mais je n’en fait rien n’ayant pas envie de retirer et remettre mes chaussettes toutes mouillées.


Le panneau “arrivée dans 10km” apparaît enfin. J’y peux rien, je ne peux m'empêcher à chaque kilomètre passé ou presque de calculer le temps qu’il reste. 10x8’30 = 1h25. Il est 8h44. Ca fait une arrivée à 10h09. C’est pas cool pour le bouzin ça ! Alors ca cogite. A quelle vitesse je dois aller pour arriver pour le bouzin de 10h ? Hop, calcul à l’envers: 10h-8h44=1h16=76’ /10=7’42. OK, ca c’est un objectif.


Alors je cours un peu plus vite. Mais c’est sans compter sur des passages encore scabreux à souhait: flaque d’eau qui semble une piscine olympique, boue dans l’herbe piégeante, et la combinaison des deux: bain boueux de pieds. Bref, je perds du temps. En plus je sais qu’il y a une bonne cote un peu après (pour passer l’Yzeron). Elle est longue cette côte. Dans mon souvenir,de l’année dernière elle était plus courte. J’avance bien. Je double. Mais je perds du temps. 


9h23 en haut au panneau des 5km. 39’ pour les 5km passé. Reste 37’ pour les 5 suivants. Alors je cours, enfin trottine, dans les montées qu’il reste. Elles ne sont pas trop raide (enfin vu ce que me dit strava, j’ai pas été plus vite qu’à la marche !). Enfin les escaliers pour arriver sur les quais. L’année dernière, j’avais pris un gros coup au moral en voyant le détour fait pour monter sur le pont. Cette année, je m’y attends, et j’ai un objectif. Alors je fonce à 10,5km/h. Hop hop hop, les escaliers pour monter sur le premier pont. Je continue sur le second pont. Les minutes défilent. Les metres aussi. Le parc. Il reste 3’. La remontée sur le boulevard. La halle est en vue. Reste 1 minute.

J’arrive en même temps qu’un groupe de relayeur qui se met en ligne et m'empêche de passer. Pas grave.

Je passe la ligne. Il est 10h00’10”.


Que ce fut dur. Une épreuve contre moi même. Réussir à continuer quand la motivation n’est plus là et que le diable te dit à ton oreille que le bus, là, juste à côté est si facile à prendre pour ne plus souffrir. Réussir à trouver un objectif pour continuer à avancer aussi vite que possible.

La satisfaction d’avoir fini est là même si j’ai eu beaucoup moins de plaisir que l’année dernière. Je ne me suis pas retourné une seule fois pour voir le ruban magique de frontale derrière moi.

C’est une course très bien organisé. Un balisage vraiment parfait et des bénévoles nombreux qui reste statiquement dans le froid et sous la pluie, toute la nuit, juste pour nous. Merci encore !

9 commentaires

Commentaire de Benman posté le 02-12-2019 à 21:18:08

Le camelot te salue! Bravo pour ta course très très costaude. Bien content d'avoir pu echanger quelques impressions au Flore ensemble. A la prochaine

Commentaire de BouBou27 posté le 02-12-2019 à 21:20:48

Merci Benman ! Ce fut un plaisir pour moi, et la serviette a bien servi pour la douche. Le meilleur moment de la journée ;)

Commentaire de JulioK1 posté le 03-12-2019 à 15:32:02

Oh le salaud il t'a fait le même coup que moi !! ^^
Pareil j'avais prévu ma serviette pour la douche mais j'ai pris la serviette Kikourou finalement. Par contre j'ai eu un mal fou à fermer le sac avec cette surépaisseur ^^

Commentaire de TomTrailRunner posté le 02-12-2019 à 22:56:42

Joliment raconté et mis en musique...
l'avantage de cette édition est qu'on s'en souviendra :)

Commentaire de JulioK1 posté le 03-12-2019 à 15:49:47

Très bien raconté bravo pour ce récit. On a vraiment tous vécu le truc pareil semble-t-il... Et c'est curieux j'ai l'impression qu'on a tous eu un petit moment de mieux au même endroit. Vas savoir pourquoi...

Commentaire de Twi posté le 04-12-2019 à 19:37:59

Joli récit et beau temps palindromique presque tout rond. Bravo !
En tant que Normand, je souscris à 100% à ton étonnement sur la distinction nécessaire entre chemins et ruisseaux que nos amis Auvergno-Rhonalpins n'ont visiblement pas bien intégré.

Commentaire de Arclusaz posté le 04-12-2019 à 22:20:16

Bravo !!!!!! sacré bon temps.
les deux casquettes tu les as prises blanche, j'espère. Elles vont beaucoup plus vite, c'est scientifiquement prouvé. Et dans la boue, elles sont bien moins salissantes que les rouges....

Commentaire de BouBou27 posté le 04-12-2019 à 22:49:14

En tant que normand, je n’ai pas su me décider ! Une rouge et une blanche
J’en ai déjà une rouge à mon nom qui a fait 75% de la course.
La nouvelle rouge est pour ma suiveuse
Et la blanche pour l’entraînement en anonyme.
Mais la vrai, la seule, c’est la rouge

Commentaire de poucet posté le 06-12-2019 à 21:33:36

Bravo le cabri de Chaponost !!! Yapa de doute, on a bien fait la même course !!!

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