Récit de la course : Saintélyon 2009, par yves_cool_runner

L'auteur : yves_cool_runner

La course : Saintélyon

Date : 6/12/2009

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 1746 vues

Distance : 69km

Objectif : Pas d'objectif

14 commentaires

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Le récit


Quelle aventure !

Il y a maintenant une semaine que j'ai bouclé ma première Saintélyon et c'est un formidable souvenir humain et sportif. Pourtant, j'ai bien cru que je ne prendrai pas le départ.

 

Retour arrière.

Le mercredi qui précède le Grand Jour, ma Christine entre à l'hôpital pour une opération sans gravité et programmée. Une anesthésie générale étant prévue, il y a quand même un peu de stress dans l'air. Le soir, retour à la maison, Christine un peu dans les vaps, avec un malaise dès la sortie de l'hôpital ; en résumé, la Saintélyon n'est plus au premier plan de mes préoccupations ! D'autant plus que le lendemain, c'est fièvre de cheval (39°) et courbatures. Cure de Doliprane, sans grand effet, avec toujours une grosse fièvre le vendredi au réveil. Visite du toubib, pas de diagnostic précis, et crainte de notre part d'une bonne grippe. Là, je tire un trait sur la Saintélyon : entre la course et la santé de ma moitié, il n'y a pas photo. Je préviens Gourou et son frère Roland (voir mon récit du Jogg'îles) que je devais retrouver à Gerland le samedi qu'ils joueront probablement sans moi...

 

Jour J - Trajet

Vendredi soir, la fièvre tombe et Christine revit le samedi matin (rustique et solide, la bête). Allez, c'est reparti. J'y vais... Pas très reposé : inquiétude des trois derniers jours et je traîne une espèce de rhume (heureusement, il reste du Doliprane à la maison !). Nouveau coup de fil à Gourou pour lui dire que je suis à nouveau en piste, mais que l'on se retrouvera à Saint-Etienne : les TCL s'étant mis en grève, la ligne B ne circule plus vers Gerland. Donc Plan B : Villeurbanne / Part-Dieu en tram et TER jusqu'à Saint-Etienne. Je prépare mon matos tranquille, et en traînant sur le forum « Kikour' à la saintélyon », je tombe sur ce message de Julien09 (posté à 12h11) :


La loose, je suis arrivé hier soir sur Villeurbanne et je viens de m'appercevoir que mon Garmin 305 c'est déchargé totalement, je ne sais comment, pendant mon voyage...et évidement je n'ai pas pris mon chargeur...pfff


En fait, c'est plutôt lucky que looser sur ce coup là : quelques échanges de messages plus tard, à 13h00, le Garmin de Julien est en charge à la maison (il était à 250 m de chez moi). Sympathique discussion avec ce sympathique kikou qui a le très bon goût de nous amener un saucisson ariégeois (là, j'ai vu que Christine allait vraiment mieux !). En début d'après-midi, Julien récupère son Garmin chargé. Malheureusement, la course se passera mal pour lui et il devra abandonner à Beaunant suite à une entorse.


Vers 16h00, en route, je pars prendre le tram. J'en loupe un de peu et compte tenu des grèves, le prochain est annoncé 25' plus tard. Je remonte tranquillement 2 stations à pied et j'embarque enfin dans un wagon bondé : tout le monde va voir les illuminations. Là, l'aventure continue. Un type aviné ne cesse de marmonner des propos incohérents et d'importuner une dame de couleur. Coincé comme une sardine à quelques mètres j'assiste à la scène. Autant vous le dire tout de suite, il avait mal choisi sa cible celui-là ! La dame commence à lui dire que s'il ne se calme pas, elle va jeter sa bouteille sur la voie. Arrêt suivant : elle lui pique sa bouteille et la jette sur la voie... L'énergumène n'étant pas calmé pour autant, elle lui dit qu'au prochain arrêt, c'est lui qu'elle va jeter dehors ! Arrêt suivant : elle attrape à bras le corps le type et le jette sur la voie ! Véridique... Notre brave dame se tourne alors vers les voyageurs du wagon et clame haut et fort « Plus personne ne parle maintenant ! ». Comme je n'ai pas envie de manquer le départ de la Saintélyon du fait d'un atterrissage forcé sur le béton du quai, je la ferme !


On finit par arriver à la Part-Dieu... Il y a tellement de monde que ceux qui veulent descendre ne peuvent pas, bloqués par ceux qui veulent monter. Résultat, un bon ¼ d'heure pour quand même arriver à sortir de la rame... Et du coup, je manque mon train de 2 minutes... Donc une heure d'attente supplémentaire, heureusement, j'avais de la marge. Par contre, je commence à être cuit ! Enfin , j'embarque dans le TER... Bondé... et je finis par arriver à Saint-Etienne.


Vers 19h00, je suis au Parc des Expos. Récupération sans problème du dossard, validation de la puce, et déjà une très belle ambiance. Je croise Palio, inscrit dans un relais à 3, puis retrouvailles avec Gourou et Roland, arrivés par la navette. Nous partons direction l'AAB, et enfin un grand moment de calme ! Tout a déjà été dit, alors je me contente d'un grand merci de plus à Blob et Mamanpat pour cette organisation. Un moment vraiment sympathique d'échanges kikouresques sur nos « exploits » passés... et à venir ! Quelques mots échangés avec Vial, venu en spectateur, supporter et logisticien.


Tout s'accélère. Derniers préparatifs, dernières hésitations avant de choisir la tenue. Le sac est bouclé et posé dans le bus. Nous rejoignons la ligne de départ... Où Mamanpat bouscule tout le monde pour rejoindre les cadors... Ultimes consignes, allumage de toutes les lampes. Bon, mon ami, cette fois ça y est. C'est le jour d'effacer définitivement l'abandon de 1999 suite auquel je n'étais jamais revenu. J'ai relativement confiance, mais en même temps, je m'interroge sur mon état de forme, assez moyen, et mon entraînement : je suis ici sur la lancée du marathon de Reims, sans réelle préparation spécifique. Le « roadrunner », qui a certes 26 saisons dans les pattes, va-t'il tenir sur ce terrain de jeu ? J'ai atteint mes objectifs cette saison sur semi et marathon, cette Saintélyon, c'est la cerise sur le gâteau et tout ce que je veux, c'est terminer. J'imagine un temps de 7h30 / 8h, mais je manque de repères et je pars dans l'inconnu.

 
 
Jour J - La course

Go, 2 – 3' pour atteindre l'arche de départ. Je n'ai pas cherché à me placer devant. Tout ce qui m'empêchera de partir trop vite est bon à prendre. Donc, départ tranquillou dans la masse. Je sens tout de suite que je suis plutôt fatigué par ces derniers jours. J'ai les jambes durs dès les premiers hectomètres. 5'30'' au kilo sur les 6 premiers avant d'attaquer les choses sérieuses. Je ne prends aucun risque : dès que la pente s'accentue, je marche. Inutile de se griller pour gagner quelques places. Le spectacle est magnifique avec ce serpent de lumières qui s'étire sans fin devant et derrière. J'atteins Saint Christo sans problème en 1:38:40, je bois un peu sans m'attarder. Personnellement, je n'ai jamais trouvé les ravitaillements inaccessibles, ni constaté de bousculades. A ce moment là, tout va bien, j'assure un rythme régulier sans difficulté et j'ai trouvé mon équilibre. Je m'imagine passer en 3h00 à Sainte Catherine, puis 5h00 à Soucieu pour terminer en 7h30 / 7h45... Je vous le dis tout de suite, ça ne se passera pas comme ça...


Direction le point culminant du parcours. Je ne m'arrête quasiment pas à Moreau, juste de l'eau. Avec le Camelback et les gels / barres dans les poches, je suis en semi auto-suffisance et je prévois des arrêts plus conséquents à Sainte Catherine et Soucieu. Petit coup de mou après Moreau : je pense qu'il me reste 47 km... et que je n'ai jamais couru plus long que des marathons (en général de jour, plats et sur du bitume !). Je repasse en mode course-par-étapes et je me focalise sur le prochain ravitaillement. Descente sur Sainte Catherine, où je finis par arriver en 3:00:23. Parfaitement dans mon timing, même si la fatigue commence à faire son oeuvre avec le kilométrage, le dénivelé, l'heure, le manque de repos des jours précédents... Arrêt plus long, boisson chaude. Peu d'échanges avec les autres coureurs : chacun est dans sa bulle, avec ses sensations, ses doutes.


Je repars vers Saint Genoux, dure montée à la sortie de Sainte Catherine. Je commence à me dire que ça ne sera pas si simple de terminer. Je focalise sur Soucieu en me disant qu'une fois là-bas, le plus dur sera fait (naïf le Yves !). Ravitaillement de Saint Genoux atteint en 4:11:39 après une descente du bois d'Arfeuille négociée prudemment et sans problème. Seulement la moitié de fait, 34 km sur 69. Et de nouveau une remontée après Saint Genoux, j'attends la descente sur Soucieu comme une délivrance. Enfin, je bascule, et je retrouve un bon rythme, reprenant pas mal de places. Je redeviens optimiste, si je continue comme ça jusqu'à Soucieu, sans problème particulier, la suite devrait se gérer. Moins de 3 km avant Soucieu, c'est dur, mais je ne m'écroule pas. Je viens de boucler le marathon le plus lent de tous ceux que j'ai fait ! Et là, tout dérape, de terribles crampes intestinales. Probable résultat d'une mauvaise gestion de l'alimentation, avec un mix de boisson énergétique, gel, eau froide sans réelle stratégie. Là, je vois s'envoler la ligne d'arrivée. Ravitaillement de Soucieu atteint en 5:08:07. Je vais y rester 20' ! Longue station dans l'une des petites cahutes opportunément disposées au ravitaillement. J'en profite pour mettre un tee-shirt sec et ainsi essayer ainsi de me protéger le bide de l'humidité. Jusqu'à la fin, je ne boirai plus que de l'eau pour ne pas torturer davantage mes intestins.


Je repars péniblement vers Beaunant, les jambes en coton, et dès les premières foulées, je suis à nouveau traversé de douleurs. Je ne crois plus au « finisher », j'imagine me traîner jusqu'à Beaunant et lancer un SOS téléphonique pour une opération de sauvetage ! Ces 11 km, entre le 45ème et le 56ème seront les pires. Je n'avance plus. Mais je finis quand même par y arriver... en 6:42:25... 1h34 après mon arrivée à Soucieu. Mais tout est rentré dans l'ordre, les intestins sont calmés et j'ai retrouvé du tonus. Je marche d'un bon pas dans la côte après Beaunant et paradoxalement, cette montée raide favorise ma récupération totale.


Sainte Foy. Lyon est à nos pieds, une petite dizaine de km que je ferai pratiquement intégralement en courant. Même la remontée sur Saint Just passe bien. La descente n'est pas trop dure, les jambes amortissent encore ! Je bénis mes Brooks Cascadia (et les conseils de Saint Spode !), aucun souci de ce côté là, vraiment un compromis parfait : superbe accroche dans la boue, alors que je n'ai aucune expérience sur ce type de terrain, excellent confort, et finalement un relatif dynamisme sur route sans être trop raides en terme de confort. Je finirai avec des pieds intacts, grâce aussi aux chaussettes Thyo Running Double. Je vis pleinement ces derniers kilos de ma première Saintélyon. Dernier ravitaillement, le jour se lève, les rues de Lyon sont quasiment désertes, je range le bonnet Transju et la frontale dans le Camelback pour finir avec la casquette Kikourou. Place Carnot, Pont Galliéni, quais du Rhône, parc de Gerland, la lassitude s'envole, seule reste la joie de terminer. Je ne me soucie pas du chrono. Je ressens un réel plaisir sur ce final. Je crois que si j'avais abandonné sur cette édition 2009, comme en 1999, je ne serai jamais revenu !


Virage à gauche au bout du parc de Gerland, dernière ligne droite, virage à droite, arrivée sur le tapis vert. C'est fait. Je suis un finisher de la Saintélyon en 8:07:42, 1014èmè sur 3660 arrivants et 4500 partants. C'est un très grand moment de plaisir humain et sportif. Je croise Vial, Fimbur. J'appelle Gourou qui me félicite et qui a lui, malheureusement, abandonné. Son frère Roland arrivera 10 minutes derrière moi. Plus c'est long, plus il est près ! J'appelle Christine qui a suivi mon arrivée sur le site. Palio arrive à son tour, fin de son relais à 3.

 


 Enregistrement SportTracks

 

Voilà, tous mes objectifs 2009 sont bouclés, et même si j'espérais faire mieux sur cette Saintélyon, je ne suis absolument pas déçu : j'ai terminé, j'ai appris... et je reviendrai !


Il va maintenant falloir penser à la saison de ski de fond : une 20ème Transju m'attend ! A bientôt pour les récits de glisse sur les espaces enneigés.

 

14 commentaires

Commentaire de l'ourson posté le 12-12-2009 à 22:55:00

Bravo !! et n'attend plus 10 ans pour revenir ;-)

L'Ourson_clap_clap_trèèèès_beau_chrono_quand_même_:-)

Commentaire de ThomasL posté le 13-12-2009 à 01:24:00

decidement ce ravito de Soucieux n'est pas facile à quitter. Je plébiscite aussi les cascadia que j'ai pu tester en pompes de marche sur cette course;-)

Commentaire de Gourou posté le 13-12-2009 à 09:18:00

c'est GOUROU

bravo pour ce récit; la saintélyon ça se mérite;mais où peux t'on trouver les résultats complets sur internet

Commentaire de Mamanpat posté le 13-12-2009 à 13:33:00

Effectivement, tu étais dans mes pas jusqu'à Soucieu ! Ma galère a été la même que toi au même endroit mais j'ai du marcher plus vite !!!! ;-)

Un grand bravo à toi ! Et vite un trail 100 % !!!

Commentaire de totoro posté le 13-12-2009 à 15:33:00

Bravo pour cette première ! Et quelle première avec un belle médaille de bronze non ?

Totoro

Commentaire de Palio posté le 13-12-2009 à 16:33:00

Bravo Yves,
L'année prochaine 7:30, ça devrait le faire.

Commentaire de vial posté le 13-12-2009 à 17:42:00

avec un bonnet transju vissé sur la tête, t'en avais déjà sous la semelle
avec une 20ième transju en vue, heu pas de soucis côté cumul des km, même si à pied ça avance jamais tout seul dans les descentes
un meilleur chrono la prochaine fois c'est jouable t'en as les capacités
bravo
michel

Commentaire de tidgi posté le 13-12-2009 à 20:12:00

Tu lui as réglé son compte cette fois-ci ;-)
Bravo à toi !

Commentaire de Pat'jambes posté le 13-12-2009 à 21:43:00

Bravo Yves-le-finisher ;-) Clap! Clap!
Et pourtant, que d'aventures avant et pendant!
Chapeau

Nota: je me suis bien marré avec l'histoire de la dame dans le tram ;-D ;-D

Commentaire de Mustang posté le 13-12-2009 à 22:51:00

bravo!! on est dans les même temps!!!

Commentaire de jean-chris05 posté le 17-12-2009 à 19:49:00

Bravo, belle course et joli chrono.

Commentaire de Land Kikour posté le 19-12-2009 à 17:59:00

Sympa ton récit juste et préçis, un bon chrono, de bonnes sensations bref que du bonheur.
Bravo.
Olivier

Commentaire de caro.s91 posté le 06-01-2010 à 19:36:00

Un récit que je lis tardivement!

Une course riche en émotions variées, que ce soit avant ou pendant la course.
En tout cas, même dans l'adversité, tu n'as pas renoncé et c'est super.
Et maintenant une nouvelle saison qui va commencer !!! celle du blanc !!!

Caroline

Commentaire de Belet posté le 10-01-2010 à 22:49:00

Bravo Yves.

Pas facile de dépasser le marathon, mais tu t'es accroché et prend du plaisir dans le final. Joli coup.

Arnaud.

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