Récit de la course : La Transbaie 2004, par LeSanglier

L'auteur : LeSanglier

La course : La Transbaie

Date : 13/6/2004

Lieu : Saint Valery sur somme (Somme)

Affichage : 2148 vues

Distance : 14km

Objectif : Pas d'objectif

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Une course humide !

Des semaines que j’en entends parler de la Transbaie… Atypique, énigmatique, un peu angoissante, je ne savais pas trop comment l’aborder.
Les conseils techniques glanés sur le net et parmi mes connaissances dans le domaine restent flous : de « prends des runnings spécifiques trail » à « non, non, tes runnings route tiendront le coup », de « oh, il te faudra le même temps que sur semi » à « je l’ai faite trois fois, mais je ne sais pas en combien de temps, 1h, 1h30… », des « surtout lace bien tes chaussures hein ! », des « gare aux chevilles », des « vers le Crotoy, plus moyen de courir, près d’1m20 d’eau »… Bref, tout pour entretenir un climat de mystère… Climat que la charmante ville de St Valéry sur Somme relève, avec sa locomotive à vapeur, ses quais, les gros réservoirs, et la vision de la baie qui nous attend.
Qu’elle est chaude l’ambiance dans cette ville ! Des milliers de personnes arpentent les rues en attendant le sifflement libérateur, sous un soleil de plomb, parfois voilé de nuages qui passent bien vite. Un vent assez fort souffle du Crotoy, au moins nous l’aurons de dos pour revenir ! Et pour augmenter encore un peu la température, un groupe traditionnel africain chante et danse tant qu’il peut, entrainant quelques coureurs dans leurs rythmes endiablés !
Et enfin nous y voilà, massés sur cette ligne de départ. Isabelle est près de moi, Jean-Marc et Lamia devant, pas très loin de l’élite. Nous avons perdu le reste des autres membres du club dans les 5700 participants. La locomotive libère le flot des coureurs d’un sifflement déchirant l’air survolté, et nous nous ébranlons, lentement d’abord, puis de plus en plus rapidement sur les 1,5km de ville. L’allure augmente au fur et à mesure que le cordon de coureurs s’étire, mais que de temps perdu ces 3 premiers kilomètres !
Enfin nous plongeons dans la Baie de Somme, sensations garanties ! Premier passage de ruisseau, première aventure dans la boue, premier sourire en voyant un coureur effectuer une cascade digne d’un clown pour finalement se rétablir et ne pas tomber… Cette course nécessite une attention de chaque instant, pas question de laisser plus de quelques secondes le regard vagabonder sur les paysages au loin, mieux vaut regarder ses pieds et ce qui arrive ! Estimer à l’avance le meilleur passage, veiller à ne pas poser le pied sur des cailloux trop glissants ou trop saillants, prendre garde aux autres coureurs… Je peux vous le dire, le temps passe à une vitesse folle !
Petit coup au cœur vers le cinquième kilomètre : des brancardiers évacuent vers l’hélicoptère un homme qui semble en mauvaise posture, une petite prière pour que tout aille au mieux, et on poursuit notre cavalcade, tendant une main ici pour tirer un pauvre hère enfoncé dans une vase noirâtre jusqu’au genou, saisissant des touffes d’herbe drue là pour se hisser hors d’un canyon.
Passage vers le sixième kilo, nous croisons les premiers déjà en train de revenir à grandes enjambées, encouragés tout du long par nos hourras ! Avant le Crotoy, passage dans de petits bras de mers arrivant jusqu’au genou, une petite pensée aux coureurs plus petits qui doivent bien peiner ! Je croise peu après Lamia et Jean-Marc qui doivent bien avoir deux minutes d’avance sur moi, petit salut, ravitaillement très rapide au Crotoy et demi-tour !
M’étant économisé sur la première partie, je ne cesse d’accélérer sur le retour, la course passe trop vite, pas le temps de savourer ! En sortant d’un bourbier, je reçois une giclée de vase dans l’œil gauche, ouch, ça fait tout drôle ! Résultat, près d’un kilomètre de course l’œil gauche mi ouvert, mi fermé, pleurant comme une madeleine pour chasser toute cette boue !
En approchant de St Valéry, on retrouve la foule dense des spectateurs, impressionnant ! Ils sont réellement des milliers à encourager tous ces gens assez fous pour traverser la baie, jsuqu’à former une haie d’honneur à certains passages, notamment avant de reprendre le pont.
Je double un coureur frappé par l’infortune qui court en chaussettes, sans doute a-t-il jeté sa seconde chaussure après avoir perdu la première dans un bourbier. Combien de paires de runnings la Baie aura-t-elle englouti cette année ?
Je parcours le dernier tour à St Valéry en ne cessant d’accélérer, finissant avec une Alsacienne de France Télécom enthousiasmée elle aussi par ce parcours. Au final, 1 :24:23 au temps officiel, mais surtout un paquet d’images en tête, et une furieuse envie de revenir l’année prochaine !

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