Récit de la course : La Transbaie 2006, par dom1789

L'auteur : dom1789

La course : La Transbaie

Date : 21/5/2006

Lieu : St Valery Sur Somme (Somme)

Affichage : 1715 vues

Distance : 14km

Objectif : Pas d'objectif

4 commentaires

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Ma deuxième transbaie.

Un an ou presque après mon premier dossard, je décide de rempiler pour ces 14 km en baie de Somme.

J'avais pris mon premier dossard l'année passée et j'en garde un souvenir intact malgré une météo très très chaude. Cette année sera différente, c'est sûr. J'avoue une envie de courir en très nette baisse, à cause de la météo exécrable, et de mon premier marathon qui m'a pompé toute ma motivation il y a seulement 6 semaines.
Ma préparation a été aléatoire, j'ai boudé tous les plans, j'ai pas fait d'efforts ni en entrainement, ni en diététique.

Je me suis inscrit juste pour le souvenir d'une belle journée, et parceque cette course est unique. J'emmène avec moi de la compagnie : je vais faire la course avec trois charmantes joggueuses dont celle que mes enfants appèlent maman. C'est leur première transbaie, je vais faire office de guide avec mon ancienneté d'un an... Et ça me donne une bonne raison de laisser partir les garçons devant. J'ai pas envie de me faire mal à essayer de les suivre. A chacun ses moyens.

Départ sous météo plus clémente que prévue, tant mieux. Comme dit la chanson, j'entends siffler le train. C'est le signal du départ. Quelques minutes d'attente, un petit bouchon au départ, je m'en moque car je ne suis pas venu faire un temps. Le parcours a prévu un tour dans St Valery. Sympa les autochtones. Passage sur l'écluse et avancée sur la digue. Les 3 premiers kilomètres nous servent d'échauffement, l'ambiance est bonne, on court à coté de bagnards, de cro-magnons, de canards gonflables, et même d'une cordée de 6 joggueurs ! J'espère qu'ils se sont mis d'accord sur la technique et sur les méthodes de décision pour les trajectoires.... Les premiers sont déjà loin dans la baie.

Et puis, c'est l'instant magique. On plonge dans la Baie. Descente de la digue et entrée directe dans le vif du sujet. A cet instant, c'est du pur plaisir. Courir les pieds mouillés dans la vase, on peut en avoir peur. On a tort, vraiment. La preuve sur les figures des 5500 copains qui barbotent le sourire jusqu'aux oreilles. Ce moment est magique. Nous retournons dans nos souvenirs de kickers dans les flaques d'eau, à celui qui fera les plus belles éclaboussures.

Pour leur première transbaie, les filles se lancent elles-aussi. Y'a pas à faire de détail, tout le monde y passera. On a tous un grain, mais que c'est amusant !

A chaque passage difficile, je me retourne pour tendre la main aux copines. Pour le premier fossé trop large à enjamber, les deux premières passent en sautant les pieds joints dans la vase jusqu'à mi-mollet. La troisième bloque. Elle m'adresse un regard de l'autre côté du fossé, et je lis dans ses yeux toute la détresse du monde... "je peux pas l'faire"... Je prend instantanément mon air le plus sévère et autoritaire. Je fais la grosse voix d'un maître d'école qui réclame le silence "Mais si tu peux, allez tu sautes."... Elle saute. SPLOUTCH. Elle est passée. Elle remonte en me tendant un bras. Je tire. Son épaule est bien accrochée, heureusement. Je la remonte à genou. Et c'est reparti. Son maquillage n'a même pas souffert. Elle reprend son sourir.

La suite est une course unique. Des passages caillouteux, des glissades sur la boue, des passage de fossés gluants, des chevilles dans l'eau, des mains qui se tendent pour l'entraide. Une partie de plaisir. On n'en bave pas comme les spectateurs le pensent, il faut être dedans pour y croire, c'est du bonheur.

Devant, les copains du groupe se défoncent. On les croise les uns après les autres. C'est sympa pendant une course de s'encourager mutuellement. Et cet aller-retour m'a permis d'appercevoir les "kényans", que je ne vois jamais dans les grandes courses, mais dont on parle sans cesse dans les queues de peloton. A ceux qui ne les ont jamais vus, je peux confirmer : ils existent bien et ils vont vite ces "kényans" (en fait, le premier est burundais, et le second est ex-kényan-néo-ougandais).

L'aller jusqu'à la plage du Crotoy se termine par un passage un peu plus profond que les autres. Y'a beaucoup plus d'eau que l'année dernière. Elle me semble pourtant assez bonne, jusqu'à ce qu'elle atteigne ce qui me différencie de mes accompagnatrices. J'infirme : elle est froide !

Sortie de l'eau, des amis sont là pour un ravitaillement sauvage mais néanmoins fort sympatique. Merci à eux.

Demi-tour au Crotoy. La foule est là malgré le vent (mais pas encore la pluie). Ravitaillement officiel. On avait manqué d'eau l'année passée, l'organisation aura pris les mesures qui s'imposent. Y'en aura largement pour tout le monde. Même si la météo avait été chaude, y'en aurait aussi eu assez. Bravo à la logistique.

Repassage dans l'eau jusqu'à la taille. A l'aller, les filles avaient prémédité un soulagement naturel. C'est l'occasion, au point où on en est...

Le retour est en vent de face, avec moins de difficultés de terrain. Je commence à avoir froid, alors je décide de prendre un rythme un peu plus élevé. Les filles sauront retrouver leur chemin, je les laisse. J'avais couru la distance en 2h01 l'année passée. Je suis parti sans chrono ni cardio. Aucune idée du temps que je vais faire. Peut-être vais-je descendre sous les 2h. J'ai pourtant l'impression d'avoir moins donné, et d'avoir un peu pris mon temps.

Malheureusement, chez le copains devant, on comptera un blessé dans une bousculade qui lui provoquera une chute. Et son genou rencontrera violemment un méchant caillou. Le copain s'offrira un tour en hélico pour le prix d'une inscription. Ca va nous ternir un peu la fête, mais il sortira le soir même avec un genou en forme de pastèque. On espère le revoir bientôt à nos côtés.

Je n'apprendrai la mauvaise nouvelle qu'en rentrant au rdv après l'arrivée. En attendant, je me mets en régime un peu plus élevé que la moyenne de ceux qui sont à ce point de la course. Je double constamment, en comptant les copains qui passent derrière. C'est agréable cette sensation d'en avoir gardé sous le pied. Je reprends la cordée toujours encordée, chapeau à eux !

La remontée sur la digue arrive. Nous retrouvons la foule aglutinée à cet endroi, le spectacle doît être amusant. La montée est raide, mais mes grandes guiboles sont un atout qui me permet de passer ça sans problème. Comme l'année dernière, je quitte à regret la baie. Je sais maintenant que j'ai pris un abonnement à cette course. Je reviendrai l'année prochaine par n'importe quel temps. En attendant, il reste 1 ou 2 kilomètres sous une légère pluie pour conclure. Je continue de doubler sur le chemin caillouteux avant l'écluse. Certains spectateurs qui rentrent chez eux ne font plus trop attention à nous, c'est dommage de gêner les héros qui reviennent de là-bas...

Je passe l'écluse qui bouchonne presque. Ca me démange d'accélérer encore. Reste 300 mètres, je finis rapide. J'ai des jambes qui répondent fort. Je n'avais jamais fini une course dans cet état.

C'est toujours une belle émotion de finir une course entre les deux rangées de barrières qui retiennent la foule. Cette arrivée n'aura pas dérogé. On a bien fait de braver les conditions météo qui nous auront tout compte fait épargnés. Je passe la ligne en levant les bras, juste pour m'offrir une petite piqüre de rappel de mon premier marathon le mois dernier... Y'a pas d'mal à s'faire du bien.

Le chrono d'arrivée indique 1h45... Je suis persuadé que cette édition était plus courte que l'année dernière, mais cela n'a pas vraiment d'importance. L'année prochaine, j'essaierai une participation plus rapide, il faut bien varier les plaisirs.

Les belettes arriveront quelques minutes après. Elles sont restées groupées et ont fini en levant les mains ensemble.
Objectif atteint, elles ont fini et elles reviendront c'est sûr.

Parceque cette course on y revient, forcément.


Merci à la météo qui attendra notre retour en voiture pour lacher le déluge retenu durant toute la course.
Merci à l'organisation sans fausse note.
Merci aux bénévoles qui nous offrent ce moment fort à chaque printemps.

4 commentaires

Commentaire de mikesurlenet posté le 22-05-2006 à 16:16:00

superbe compte rendu
et je suis tout a fait d'accord
rendez vous l'année prochaine avec un grand plaisir

a bientot

mikesurlenet

Commentaire de l'ourson posté le 22-05-2006 à 19:42:00

Magnifique CR et bravo à toute la famille ;-) Merci de m'avoir fait revivre l'une de mes plus belles courses !..
L'Ourson_Transbaie_2005_avec_la_Noursette

Commentaire de taz28 posté le 23-05-2006 à 13:53:00

Bravo pour ce CR, j'ai adoré !!!
Je viens de terminer le mien et de le mettre en ligne, le ressenti est le même que le tien, c'est une course fabuleuse....à refaire absolument...
Taz

Commentaire de bob l'éponge posté le 25-12-2007 à 23:05:00

Salut Dominique!
Excellent ce compte-rendu d'une des rares Transbaies à laquelle je n'ai pas participé parmi les 10 dernières.
A bientôt cher collègue de club, je débute tranquillement sur ce site et incité par Fred (Veurb).
Amitiés.
Laurent

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