Récit de la course : Marathon d'Annecy 2014, par arnaudm

L'auteur : arnaudm

La course : Marathon d'Annecy

Date : 27/4/2014

Lieu : Annecy (Haute-Savoie)

Affichage : 754 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Pas d'objectif

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1er marathon: plutôt une réussite

1èer fois que je m'aventure ici avec l'envie de partager cette expérience d'un 1er marathon alors...

J'ai eu beaucoup d'écho autour de moi m'expliquant qu'au 1er marathon "on se chie" généralement. De plus je ne cours même pas depuis 1 an alors je me dis que je risque de bien déguster mais l'objectif est trop beau pour renoncer.

 

Et nous y voilà enfin. Après une longue préparation, la gestion (tant bien que mal) des bobos, le décompte des jours, des heures arrive enfin le moment du départ…

 

Le ciel nous prédit l’enfer à la vue des nuages gris et de la pluie que l’on peut apercevoir de la fenêtre. Qu’à cela ne tienne le départ aura bien lieu et j’y serai ! Je fini de me préparer tranquillement après une nuit blanche (qui me laisse quelques inquiétudes quant à l’énergie laissée avant la course) et c’est parti en route pour le point de départ…

 

1er signe, 10 minutes avant le départ plus une goûte et  nous n’en reverrons plus. La température est fraîche avec 8° mais peu de vent c’est bien là l’essentiel à mes yeux. Mise en place dans le sas B comme prévu et me voilà à attendre le lancement de l’épreuve : ce coup de pistolet qui me dira « Tu es lancé pour devenir un FINISHER ! ».

 

« BANG !!! » 

J’ai fait le choix de partir prudemment à la sensation allure footing rapide sur les conseils d'un collègue et je suivrai ce rythme pendant 3 kms environs afin de laisser la machine se mettre doucement en route et ne pas brûler d’NRJ. Parcours en ville, facile car très frais et la jauge au max avec les glucides emmagasinés depuis 3 jours. Je vois le ballon des 3h15 partir mais je reste sur ce que j’ai décidé. J’entends les gens parlé du ballon 3h30 qui semble-t-il est sur mes talons. Pas d’inquiétude je sais que je suis facile et je décide donc d’accélérer tout doucement avec comme objectif de rattraper le ballon 3h15 autour du 21ème.

 

Je vois une connaissance devant que je rattraperai au fur et à mesure donc je pense le doubler aux alentours du 15eme. Je ne m’arrête pas aux ravitaillements pour le moment car j’ai prévu les boissons dans mon camelback. Rien n’est à signalé jusqu’au 7eme kilo où je ressens mon genou qui m’a empêché de finir ma prépa parfaitement. Mon syndrôme TFL semble toujours présent et je comprends que je vais devoir serrer les dents vers la fin. 8ème kilo et la douleur s’accentue. Mince je vais devoir serrer les dents oui, mais bien plus longtemps et bien plus fort que je ne le pensais ! Tant pis je continu et j’irai au bout car je suis fort mentalement j’en suis sûr.

 

Les kilos suivant passent 1 à 1 avec pas mal de facilité. Je suis un peu au-dessus de mes temps de passages idéals (4’45 au lieu de 4’37) mais tout cela n’est pas bien grave, un marathon c’est très long il ne faut pas l’oublier… j’avance en accélérant légèrement et je double régulièrement des coureurs je décide de me caler sur une femme qui avance bien et à bon rythme…

 

Du 10ème au 14/15ème kilo je vis une période faste. La foulée est très facile malgré mon genou douloureux. Toujours dans la foulée de la femme je trouve le temps long mais rien de grave je poursuis et après le 17ème je décide de partir et de laisser mon lièvre. J’accélère encore un peu d’avantage afin de revenir sur mon ballon des 3h15 comme prévu au départ.

 

18/20ème kilo voilà que les 1ers arrivent en sens inverse à une allure folle. Je progresse toujours même si le rythme ralenti (4’27 au 19ème contre 4’46 au 20ème). De plus autour du 24ème kilo je commence à souffrir fortement du genou et là commence la vraie galère. Autour du 26ème kilo je commence à ne plus doubler beaucoup de monde et me contente du mieux que je peux de maintenir l’allure car je commence à m’épuiser et c’est bien normal.

 

J’étais revenu à 3min environ de mon objectif haut des 3h15, je sais alors que je ne pourrai pas le tenir.

 

Les kilos commencent à devenir longs, je continue à avancer et je commence à subir les évènements mais je tiens bon, tantôt je remets la genouillère pour apaiser le mal, tantôt je serre les dents et essaie de trouver de l’NRJ dans les gens qui encouragent. Le rythme au kilo n’est déjà plus en 4’37 depuis longtemps et il se rapproche des 5’ dangereusement…

 

30ème kilo : j’ai atrocement mal au genou avec quelques ratés au niveau des réceptions qui apparaissent. Je sais que je vais tenir par la volonté mais je ne sais pas comment. Je suis en 4’57… mon objectif est de réussir à finir en moins de 3h27 comme l’a fait un collègue au marathon de Paris. Il me fallait un nouvel objectif pour lutter plus fort encore…

 

33ème kilo : ça y est les 5’ au kilo sont passées (5’06) et je ne le sais pas encore mais je ne redescendrais plus jamais en dessous. Mon lièvre du début de course me double et me dépasse inexorablement. Je ne la reverrai plus et ce n’est pas la seule : quelques têtes déjà vu à l’aller finissent mieux que moi semble-t-il. Je ne m’en rendrai compte qu’en debrief mais je viens de me prendre « le (faux) mur » au 30ème comme cela arrive en général (30/35). C’est tôt pour moi ! Suis-je parti trop fort ? Trop irrégulier ? Quel impacte a le genou sur mon NRJ ? Je ne sais plus trop comment avancer et surtout comment faire pour tenir jusqu’au bout car c’est encore loin et je commence à me demander si la volonté suffira… Cela étant je retrouve un peu de courage en voyant les coureurs, de plus en plus nombreux, arrêtés au bord de la route tantôt se tenant la cuisse, tantôt les mains sur les genoux, ces abandons me font comprendre que je ne suis pas au plus mal et que j’ai encore des ressources.

 

36ème kilo : je suis au dessus des 5’30 au kilo et je continue de ralentir…. Je compte les panneaux 1 à 1. J’attends le 38ème et je vois apparaître… le 37ème ! Je comprends que je ne suis plus lucide à présent et que je vie ce dont on m’a tant parlé, cette lutte contre soi-même et cette bagarre des derniers km.

 

Les gens ont commencé à me doubler depuis quelques km déjà et cela s’accentue au fur et à mesure.

 

Me voilà au 39ème km et je viens de franchir les 6’ au kilo (6’10). Je n’avance plus, l’arrivée paraît encore si loin. Un des gars me double et me dit « aller on était assez con pour le faire maintenant faut aller au bout ! »… et il s’envole comme tous les autres autour de moi. Je continue ma chute, seul.

 

Arrive enfin le 40ème km et l’arrivée en ville ! Les spectateurs se multiplient, les encouragements sont plus nombreux et même si je suis au bout j’essaie d’allonger la foulée comme je peux pour finir sous les 3h30. En effet au détour d’un virage je vois le ballon se rapprocher dangereusement. Lui qui était si loin il y a encore 10/15km… Vieux, jeunes, tous me doublent avec aisance. Non pas qu’ils soient fringuant ou des surhommes mais je suis surtout « dans le dur ». Malgré tout je réussi à redescendre sous les 6’ au kilo et finirai même en 5’34 (comme quoi la tête joue beaucoup). J’accélère ou du moins je le crois, je lutte pour les derniers hectomètres et je vois la ligne et le chrono. 3h29h15… 16… 20… 25… il faut que je termine en dessous des 3h30’00 sans quoi je sais quelle impression d’échec cela va me laisser. Je vois vaguement quelques collègues du club m’encourager mais je ne suis plus lucide depuis bien longtemps.

 

Je termine en 3h29’31s et m’arrête net avec des larmes très difficiles à contenir. Je me sens alors tellement fier de moi ! Biensûr le genou me fait un mal de chien et je n’arrive plus à poser la jambe mais je pense après coup que la joie d’avoir terminé, ce dépassement de soi, cette fierté d’aller au bout et ce résultat sont en grande partie les responsables de ma faiblesse derrière la ligne.

Surtout j'aurai aimé partager ça avec une personne qui a beaucoup compté pour moi et avec qui je croyais (voulais) vivre cette grande aventure mais cela n'arrivera jamais c'est ainsi.

On m’a souvent dit que l’arrivée du 1er marathon s’accompagnée souvent de larmes et je sais aujourd’hui que je ne fais pas exception à la règle…

 

 

Je peux à présent dire que je fais partie des « FINISHER »…

9 commentaires

Commentaire de Benjaminho posté le 03-05-2014 à 20:20:35

Très bien raconté... C'était mon premier marathon également et je me suis retrouvé dans ton récit... ;-)

Bonne continuation.

Benj

Commentaire de arnaudm posté le 03-05-2014 à 20:55:25

Merci c'est gentil de ta part.

Félicitation pour avoir été au bout!

Commentaire de Benjaminho posté le 03-05-2014 à 21:27:26

Merci ! Je suis encore sur un nuage !
Bravo à toi aussi ! On est pas loin ! (3h22 pour moi)
En tout cas, mêmes sensations, même souffrance, même fierté, etc... ;-)
A+
Benj

Commentaire de Berty09 posté le 03-05-2014 à 23:30:49

Bravo. Heureusement t'étais gonflé à bloc dès le départ avec une grande volonté. Ensuite, c'est la dure loi du marathon et ces kilomètres à rallonge. Bravo, tu fais un très bon temps quand même et tu y reviendras sûrement.

Commentaire de arnaudm posté le 04-05-2014 à 08:25:11

Merci Berty09, tu as aussi participé je suppose?
j'ai quand même un souci c'est que j'ai du mal à savoir quoi changer pour améliorer le prochain. Partir plus vite? plus lentement? Ne pas accélérer? changer la prépa? Je ne sais pas du tout même si à condition égales et sans douleur au genou je pense que j'étais sous les 3h20 donc 3h15 ça reste pas si loin que ça...
Je pense que Toulouse sera le prochain (comme j'y ai vécu)

Commentaire de Berty09 posté le 04-05-2014 à 22:15:29

Pour moi, l'idée c'est vraiment de tout optimiser pour un marathon. Une prépa d'au moins deux mois centrée sur l'objectif, de la vitesse, du kilométrage et privilégier la fraicheur avant le marathon. Pour la course, partir sur une allure au km et essayer d'être un métronome. Après il y a l'alimentation, l'expérience personnelle...tout un monde. Perso je viens de faire 3h00'56" et sûrement l'an prochain je remet ça pour passer sous les trois heures. Bonne chance pour la suite.

Commentaire de hyperpronateur posté le 04-05-2014 à 14:07:17

Je penses que tu es parti trop vite. Normalement, il faut passer le semi sans être (trop ) entamé... Enfin, 3h30 pour un premier marathon, c'es bien !!

Commentaire de arnaudm posté le 04-05-2014 à 22:19:36

Merci à vous pour les infos.

J'ai plutôt réussi la prépa je pense, j'ai réussi l'alimentation avec certitude pendant la course, j'ai beaucoup de mal à être très régulier ça je le sais mais je n'ai pas l'impression d'être allé trop vite car au dessus de mon objectif jusqu'au semi quasi, ça fait déjà quelques certitudes... rien ne remplace l'expérience ;)

Bravo Berty, un peu rageant je suppose mais c'est tout proche!

Bravo pour

Commentaire de cyrildedijon posté le 09-05-2014 à 09:48:01

Beau récit !! Pour moi aussi c'était mon premier marathon...Abordé sans préparation spécifique, je me suis contenté de suivre le ballon 3h30 jusqu'au 28eme, puis je suis parti, me sentant à l aise...Mais les derniers kms furent plus dur ! Je fini pas loin de toi en 3h27"44 !!
Quant aux larmes à l'arrivée, à chaque course longue que je fais, j'ai cette montée d'émotion !

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